Bon,
il ne faut pas leurrer, le monde des jeux vidéo n’est
pas parfait. On ne peut pas continuer décemment, chez
Grospixels, à encenser les ténors qui ont marqué
notre jeunesse sans évoquer ceux qui se sont méchamment
ramassés. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’une
équipe de développement aussi créative
qu’Atreid Concept (les gens de chez Kalisto, qui ont édité
pendant un temps sous le label Mindscape), se plante. Après
tout, il n’y a pas que mes amis de chez U.S. Gold ; et
Warriors fait partie de leurs projets ratés.
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| L’écran
titre, au logo flamboyant. |
La
sélection des personnages est originale. |
Il
faut tout de même se rendre compte qu’Atreid Concept
s’est attaqué à un domaine ô combien
périlleux sur Pécé : le jeu de baston deuxdé.
Bien peu ont réussi le tour de force qui consiste à
réaliser un jeu soigné, maniable, et intéressant
dans ce registre. A ma connaissance, seuls Mortal
Kombat et One
Must Fall 2097 sont parvenus, jusqu’à
la date de sortie de Warriors, à cet
état de grâce. Devant ce constat, les p’tits
gars de Bordeaux se sont retroussé les manches, à
l’assaut de la montée impossible. Plus dure sera
la chute.
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| Les
combats sont sans pitié ! |
Duel
de femmes dans la salle d’armes. |
Warriors
met donc en scène dix participants à une espèce
de tournoi organisé par ‘The Master’, et
dont le seul but consiste à se défouler, pour
le plaisir de la castagne, et de montrer qui est le patron,
ici, non mais des fois. La grande originalité de la compétition
organisée, je le concède, un peu à l’arrache,
provient du fait que chacun des joyeux compétiteurs est
issu d’une époque et d’un milieu différents.
L’on trouve ainsi pêle-mêle une princesse
égyptienne, un marine américain, un gladiateur
de l’époque antique, un pirate des Caraïbes,
un loubard ventripotent, un guerrier Masaï, une jeune fille
contemporaine, et un alien. Sans parler des personnages secrets,
qui seront évoqués un peu plus loin, et qui valent
vraiment le détour. Une intro extrêmement bien
animée résume le challenge à relever.
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| Notre
serveuse favorite se sert du crochet pour atteindre
le guerrier masaï. |
L’highlander,
quand on l’énerve… |
Le
concept rappelle donc un Eternal Champions
sur Megadrive, et l’idée se veut séduisante.
Les arènes des combat sont neutres, puisqu’elles
sont situées sur une île, et correspondent à
différents lieux de l’endroit : plage, jungle,
ruines, grottes, salles d’un palais... Première
originalité du soft, les décors sont interactifs
: en effet, chaque personnage peut utiliser certains éléments
du décor afin de s’y accrocher. Les environnements
graphiques sont superbes, à base de crobards digitalisés,
du très beau travail à l’image de l’ensemble
du design.
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| Le
boss est infernal, l’alien ne résiste pas. |
On
peut être un vieux pirate et faire preuve de souplesse. |
Côté
manips, en plus des quatre sempiternelles touches de déplacement,
les coups se portent avec un bouton de poing et un bouton de
pied. La garde s’effectue en reculant, selon l’école
Capcom, et il est également possible de sauter et de
se baisser. Les attaques varient selon la direction assignée
au type de frappe, et des coups spéciaux sont à
disposition, à base de quart de tour. De plus, chaque
protagoniste possède sa propre arme, qu’il peut
ranger ou dégainer, et qu’il peut également
lâcher des mains suite à une attaque adverse trop
virulente, et qui gît alors à terre, attendant
d’être ramassée. Des portraits indiquent
l’état de santé des combattants, dont les
visages s’estompent au fur et à mesure que leur
santé se dégrade.
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| Des
petites bio présentent les protagonistes. |
Captain
Warrior file sa trempe au nain de jardin ! |
Mais
le plus impressionnant réside dans le moteur du jeu lui-même,
qui, non content de proposer des scrollings horizontaux quasiment
fluides (on est sur Pécé), dévoile
une technique révolutionnaire créée pour
la modélisation des sprites : la 3D Bio Motion. En effet,
Warriors fait affronter des modèles
en troidé, composés chacun d’un nombre incroyable
de pixels, disposés en volumes, et dont le changement
de position crée l’illusion du mouvement. Le résultat
est sensationnel, avec des animations d’une souplesse
bluffante, malgré une forte pixellisation des personnages.
Un mode caché permet même d’afficher le terrain
en troidé isométrique, modifiant l’apparence
des sprites.
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| Depuis
le temps qu’on voulait latter un basketteur… |
L’écran
des options cachées, très fourni. |
En
parlant des goodies planqués, Warriors
cache un menu spécial qui permet d’activer une
série d’options amusantes, telles que le mode gore,
les mini-sprites, le fameux pseudo-mode troidé, et cinq
personnages secrets, dont le boss, The Master, et quatre autres
absolument délirants : Captain Warrior le super-héros
raté, Pamela la serveuse-lapin, Scottie Pipen le basketteur,
et le plus fort, Tom Teck le nain de jardin. Ces derniers sont
vraiments amusants à voir !
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| Même
le menu de sélection des lieux de combat bénéficie
d’un grand soin. |
Et
là, on pourrait se dire que les complaintes exprimées
lors de l’intro n’ont d’autre intérêt
que de faire un effet d’annonce éculé, ou
que je suis d’une mauvaise foi absolue ; sincèrement,
j’aurais préféré. Car si Warriors
est pavé de bonnes intentions, celles-ci n’apportent
pas grand-chose au jeu. Par exemple, le fait de s’accrocher
au décor ne sert pas vraiment, si ce n’est volontairement
se mettre en danger. Beaucoup de coups spéciaux sont
inefficaces, les combats se résumant rapidement à
des enchaînements poings/pied ; de toute façon,
à cause de sa maniabilité catastrophique, on ne
peut guère mieux faire. Les collisions sont totalement
hasardeuses, les déplacements bien trop lents et buggés,
et l’intelligence artificielle du soft à mourir
de rire. Seuls les graphismes et le design général,
exceptionnels, ainsi que l’intro fort jolie, rattrapent
le coup. Ah, si, les voix sont fréquemment proches du
ridicule.
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| Un
nain de jardin, ça énerve aussi les loubards. |
Le
mode troidé, techniquement impressionnant. |
Kalisto,
connu pour ses idées novatrices, et ses concepts qui
sortent des sentiers battus, s’est ici littéralement
cassé les dents et le portefeuille, car sincèrement,
on sent qu’un bon budget avait été alloué
pour réaliser le soft. On ne retiendra donc de Warriors
qu’une démo présentant les capacités
techniques d’une méthode de réalisation
de sprites qui ne sera jamais remployée depuis. Dommage,
l’idée était séduisante, et le résultat
assez impressionnant, mais également, à mon avis,
trop fastidieuse à mettre en place, le boulot à
abattre étant titanesque.
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| Le
design est poussé, même pour le choix du
niveau de difficulté. |
Le
mode Tiny, par contre, relève de l’anecdotique. |
Warriors
voit ainsi ses qualités esthétiques enterrées
par une jouabilité catastrophique ; un constat qui continue,
encore aujourd’hui à me laisser un goût amer
dans la bouche, puisque au-delà de ce qui s’avère
être tout simplement un manque d’expérience
dans le domaine de la baston, on se retrouve face à un
jeu à l’esprit des anciennes productions Kalisto.
Grrrrrr !!!!
Tonton
Ben, warrior malgré lui.