Namco,
ce sont des ch’tits gars nippons que l’on a surtout
connu pour des titres cultissimes dans le monde des jeux vidéo…
Pac-Man, Rolling
Thunder, Ridge Racer,
Ace Combat… Ces gars ont tout fait.
Et puis, ils se sont attaqués à la baston, avec
la série mythique Tekken. En 1995,
alors que Tekken 2 vient
de sortir en arcade, Namco sort quasiment par surprise un
autre beat’em up à la thématique radicalement
différente… Soul Edge.
« Transcending history and the world…
A tale of souls and swords… Eternally retold…
»
C’est sur ce mots que démarre
une introduction époustouflante qui justifierait à
elle seule l’investissement du jeu sur sa PSX, adaptation
parfaite et même améliorée de la version
arcade, sortie un an plus tard. Sur une composition chantée,
trois minutes d’images de synthèse présentent
l’ensemble du casting dans des situations tantôt
mouvementées, tantôt apaisées. Visuellement
époustouflante, l’intensité et l’excitation
atteignent leur maximum grâce à la musique de
cette scène, un thème qui reste pour toujours
gravé dans les mémoires de celles et ceux qui
y ont goûté. Cette introduction fait sans nul
doute partie des meilleures jamais produites sur PSX, et soutient
toujours la comparaison avec les œuvres actuelles.
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| Une
sélection de personnages qui mise sur la qualité
et non sur la quantité. |
Le
décor grec de Sophitia, fantastique ! |
A
l’époque des grands découvreurs de continent,
en plein essor du voyage maritime, dix guerriers sont à
la recherche d’une épée mythique, la ‘Soul
Edge’, qui selon la légende, possède des
pouvoirs immenses, mais qui semblerait bien être légèrement
un tout pitit peu maudite sur les bords… Ces héros
vont alors parcourir le monde afin de mettre la main dessus,
et vont nécessairement se croiser et s’affronter.
La grosse originalité de ce titre est donc de proposer
des affrontements en troidé de personnages typiques
de différentes cultures, et sachant tous manier une
ou plusieurs armes spécifiques. Tout comme Samurai
Shodown en son temps et en deuxdé, il
se pose ainsi en précurseur dans ce domaine. Pour le
détail des protagonistes, voir plus bas.
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| Soul
Edge déborde d’effets graphiques, sur
les coups portés comme sur ceux des décors. |
Ainsi,
la portée des attaques est visible grâce
aux traînées de couleur. |
Soul
Edge
se caractérise donc par un classique système
d’affrontements en un contre un, deux manches gagnantes
(par défaut, car chez Namco, tout est paramétrable).
Les contrôles se fondent sur un panel de quatre boutons
: carré pour un coup armé horizontal, triangle
pour un coup armé vertical, rond pour les coups de
pied, et croix… pour la garde ! Contrairement à
la série Tekken, Namco a choisi pour
Soul Edge le système de protection
caractéristique de la série Virtua Fighter.
Cependant, chaque coup paré fait baisser la barre de
parade de celui qui se protège. Lorsque cette barre
se vide complètement, l’arme se détruit,
et le joueur doit continuer à se battre à mains
nues !
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A l’instar de la série Tekken, Soul Edge
distingue les attaques basses et hautes. |
Préparation du coup dévastateur de Siegfried
! |
Les
déplacements se gèrent de façon classique,
sur un plan fixe : arrière et avant pour les déplacements
horizontaux, bas pour s’accroupir et pratiquer soit
des attaques basses, soit une garde basse, et haut pour le
saut (avec une petite diagonale pour la direction) ; les personnages
sautent d’ailleurs démesurément haut.
Un double mouvement vers le bas ou vers le haut provoque un
changement de plan, les habitués de l’esquive
apprécieront.
Tout
comme dans Tekken, les variations d’attaque
se font en associant une des huit directions du joystick avec
un bouton d’attaque, voire aussi avec une double direction.
En combinant les deux boutons d’attaque armée,
on obtient, tout comme dans Samurai
Shodown, un coup fort… mais lent. Les projections
se font en associant le bouton de garde avec l’un des
deux boutons de coup armé : deux choppes différentes
sont à disposition (les dégagements se pratiquent
de la même manière, à l’instar de
Tekken), déclenchant des animations
exceptionnelles qui motivent grandement à leur pratique
éhontée.
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| Une
partie de la carte du mode Edge Master, et le Colisée,
le nouveau décor ajouté pour ce mode
de jeu. |
Que
serait un jeu de baston troidé sans ses combos ? Dans
Soul Edge, beaucoup de mouvements s’enchaînent,
avec un timing plutôt tolérant. Les débutants
peuvent donc sortir des séries de coups dévastateurs
avec une facilité déconcertante, ce qui vaudra
au titre une réputation de jeu de bourrin, préférant
à Tekken les joies de la technique.
Disons-le tout net, cette réflexion corporatiste ne
tient pas debout une seule seconde, puisqu’en l’occurrence,
Soul Edge répond bien mieux aux commandes
que son grand frère, aussi bien sur le plan des déplacements
que sur la garde, dont l’activation n’est pas
aussi ambiguë (Tekken pratique la garde
neutre par défaut, mais aussi la garde arrière
; or il arrive trop souvent que la garde arrière ne
soit pas prise en compte dans les temps de réaction).
Des supers coups sont aussi disponibles, aux effets imparables,
mais dont la préparation est suffisamment longue pour
ne pas pouvoir prendre l’adversaire par surprise.
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| Un
autre détail qui crée la forte identité
visuelle de Soul Edge : les décors en mouvement,
comme le radeau de Li Long ou le quai qui se balance
de Cervantes. |
Si,
sur la technique de jeu, Soul Edge présente
de nombreux atouts, c’est sur le plan visuel qu’il
jette un pavé dans la mare ! La modélisation
des personnages est époustouflante : les sprites sont
énormes, détaillés… Chaque personnage
possède trois tenues distinctes, qui ne se limitent
pas à un simple changement de couleur. Mais c’est
grâce à la magie de la troidé que Namco
arrive à insuffler un réalisme convaincant à
son titre. Les animations et postures, spécifiques
à chaque école de combat, sont criantes de vérité,
même si l’on est un peu surpris par l’aisance
avec laquelle Siegfried manie sa lourde épée…
comme une majorette. Il suffit d’admirer les mouvements
d’attaque de Seung Mina au naginata, Hwang au cimeterre
ou Mitsurugi au katana pour se rendre compte du travail effectué
par les modélisateurs grâce à la Motion
Capture sur de véritables professionnels du combat
armé.
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| Quelques
exemples de choppes et de projections, toujours très
visuelles… Ok, je vous vois venir, bande de
pervers ! |
Les
décors ne sont pas en reste, même si l’on
pourrait leur reprocher un certain vide cosmique entre l’aire
de combat et les éléments de fond. Au passage,
signalons la présence, à l’instar de Virtua
Fighter dont Namco semble décidément
avoir repris le meilleur, de ‘ring out’, les sorties
de l’enceinte de combat étant sanctionnées
par la défaite. Mais là encore, l’orientation
artistique couplée à des moyens techniques à
la hauteur des ambitions des ch’tits gars de Namco,
fait que nous assistons à des environnements de combat
de toute beauté. Je songe notamment au radeau de Li
Long en mouvement sur une rivière agitée, à
la plate-forme flottante de Cervantes, sur fond de son galion
mouillant dans un port portugais… Ou à la prairie
de Rock, tapissée d’herbes folles qui, certes,
poussent le moteur graphique dans ses limites, mais qui font
tout de même leur effet. Quant au décor de la
belle Sophitia, très Mont Olympe, il s’inscrit
dans cette ligne artistique si réussie.
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| Le
combat final de Taki contre Souledge s’annonce
ardu, mais si vous l’emportez, une très
belle fin animée vous attend. |
Mais
tout ceci ne serait pas aussi intense si Soul Edge
n’était pas desservi par une bande son digne
de ce nom. Pour le coup, on se régale, puisque les
thèmes musicaux retranscrivent comme il faut ces moments
épiques, et soutiennent parfaitement l’action,
avec une intensité digne des meilleures bandes originales
de flim. Les voix des protagonistes marquent l’identité
de ces personnages au destin troublé et difficile,
et appuient encore un peu plus le charisme très fort
du casting de Soul Edge.
Comme
si le jeu n’était pas assez complet, Namco a
pris l’heureuse initiative d’inclure dans la version
PSX le Edge Master Mode, une quête individuelle qui
va narrer les frasques de chaque personnage dans sa quête
de la Soul Edge. Sur la carte, des destinations doivent être
validées, à travers des combats où les
conditions de bataille comme de victoires sont modifiées.
Ici, le personnage sera empoisonné, et verra sa barre
fondre comme neige au soleil… Là, il ne pourra
battre son, ou ses adversaires, qu’au moyen de techniques
spécifiques… Le Edge Master Mode est un challenge
vraiment relevé, allongeant la durée de vie
du jeu de quelques dizaines d’heures ! De nombreux textes
viennent étoffer les profils des protagonistes, chaque
victoire récompense le joueur en lui offrant une nouvelle
arme pour le personnage choisi, aux caractéristiques
spécifiques, la dernière à récupérer
étant bien sûr la Soul Edge, déclinée
sous toutes les formes. En tout, pas moins de 70 armes supplémentaires
sont à dénicher, et sont sélectionnables
en mode versus !
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| Les
coups portés de bas en haut font décoller
l’adversaire d’une façon très
prononcée. |
Les
costumes alternés sont si variés et
si réussis ! Cervantes se la joue Don Diego
de la Vega. |
Histoire
d’achever le tableau, des personnages cachés
sont à débloquer par le Edge Master Mode, mais
aussi à travers le mode Arcade, où les fins
de chaque personnage sont… interactives ! Des manipulations
sont à effecteur durant les cinématiques, qui
sont en troidé, pour influer sur le déroulement
final… du jamais vu.
Soul
Edge (rebaptisé Soul Blade
en occident sur PSX) est un jeu culte. Malgré son casting
réduit, mais dont tous les membres se révèlent
intéressants à jouer, ce jeu s’est immédiatement
imposé comme une référence, dans un domaine
pourtant déjà gardé par des monuments.
Mais Soul Edge, au style artistique unique,
à la jouabilité exemplaire, à la longévité
phénoménale et à l’ambiance envoûtante,
ne peut souffrir de la comparaison avec les autres jeux de
baston troidé.
Et
lorsque l’on sait que ses successeurs vont faire encore
plus fort, en révolutionnant le genre…
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Hwang
Sung Kyung, le coréen, est un apprenti
de maître Seung dans l’art de l’épée
longue. Mais la guerre contre le Japon éclate,
et Hwang doit partir au front… Mais lorsqu’il
entend parler de l’épée du Salut,
la Soul Edge, Hwang déserte et part à sa
recherche… |
Rock
a débarqué sur le nouveau continent alors
qu’il était jeune garçon d’origine
anglaise. Amnésique, il est le seul survivant
d’un bateau anglais attaqué par des pirates
espagnols, qui cherchaient la Soul Edge que son père
avait trouvé. Désormais, Rock recherche
la fameuse épée afin de retrouver la totalité
de sa mémoire… |
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Taki
est une chasseuse de démons hors pair. Avec ses
talents de ninja, et à l’aide de sa lame
Rekki-maru, elle pourfend les âmes corrompues à
travers le Japon. Mais lorsqu’elle comprend que
la Soul Edge affaiblit petit à petit les capacités
de Rekki-maru, sa seule solution consiste à détruire
l’arme légendaire… |
Sophitia
Alexandria est une jeune apprentie boulangère
au sein de l’entreprise familiale, à Athènes.
Un jour, alors qu’elle se baignait auprès
d’une source sauvage, le dieu des forgerons, Héphaïstos,
lui demande de retrouver la Soul Edge et de détruire
cette incarnation du mal… |
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Heishiro
Mitsurugi, ancien militaire de carrière,
n’a désormais pour seule motivation que de
trouver un adversaire à sa valeur. Jusqu’à
ce qu’il découvre que les armes modernes,
les fusils, peuvent changer le cours de la guerre en défaveur
du Japon. Il part alors à la recherche de la Soul
Edge, l’ultime lame capable de rivaliser avec la
poudre… |
Siegfried
Schtauffen, d’origine germanique, est
le fils d’un valeureux chevalier, qui lui a tout
enseigné de l’art du combat à l’épée
à deux mains. Alors que le géniteur est
parti en croisade, Siegfried se laisse influencer par
le banditisme, et détrousse les chevaliers qui
ont fui les croisades… jusqu’à ce
qu’il tue son propre père dans une embuscade.
Siegfried devient fou, et cherche la Soul Edge afin
de trucider le meurtrier de son père… |
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Seung
Mina, fille de maître Mina, excelle dans
l’art du Zanbatou. Mais dans cette société
féodale, être une fille pose de sérieux
problèmes lorsque l’on veut prouver sa valeur
au combat. Retrouver la Soul Edge semble alors devenir
la seule solution pour Seung Mina de s’affirmer,
qui décide de fuguer… |
Li
Long a pour mission de combattre les pirates
japonais qui envahissent l’Empire chinois de la
dynastie Ming. Lorsqu’il apprend qu’un homme
ressemblant fort à Mitsurugi aurait assassiné
sa compagne, Li Long, aveuglé par la vengeance,
poursuit le ronin… |
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Voldo
est le fidèle vassal du marchand mégalomane
italien Vercci, parti à la recherche de la Soul
Edge. Alors que sa demeure fut pillée durant son
absence, Vercci fit creuser une grotte secrète
sur une île de la Méditerranée, où
Voldo fut enfermé pour garder le trésor
de Vercci pendant que celui-ci continuait sa quête.
Des années après la mort de Vercci, devenu
aveugle et fou, Voldo entend la voix de son défunt
maître qui lui commande de continuer à rechercher
la Soul Edge… |
Surnommé ‘le pirate immortel’, Cervantes
de Leon s’est engagé dans la piraterie
afin de défier la Couronne d’Espagne, responsables
selon lui de la mort de son père. Engagé
par le marchand Vercci, il aurait mis la main sur la
Soul Edge à bord d’un bateau anglais arraisonné…
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Souledge. Le mal absolu. Lorsque Cervantes
est battu, l’épée maléfique
prend le contrôle des restes de son corps, pour
le combat final ! |
Tonton
Ben, en pleine mutation.