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Mickey Mania
The Timeless Adventures of Mickey Mouse

Année : 1994
Système : Megadrive; Mega CD; SNES; PSOne; PC
Développeur : Traveller's Tales
Editeur : Sony
Support : Cartouche / CD

 

En 1994, quand sort Mickey Mania sur MegaDrive et SuperNes, on ne compte plus le nombre de transpositions en jeux vidéo qu'a déjà connues la célèbre souris de chez Disney sur chacune de ces consoles (Castle et World of Illusion sur celle de Sega, la série des Magical Quest sur celle de Nintendo, pour ne citer que les plus réussies). Mais si pour Traveller's Tales il s'agit d'une première adaptation, la firme, qui s'illustrera de nouveau l'année suivante avec Toy Story, s'en sort avec brio et livre avec Mickey Mania un excellent jeu de plates-formes.

Ce titre est en fait composé d'une succession de niveaux inspirés par certains courts et longs métrages des aventures de Mickey. De Steamboat Willie de 1928 au Prince et le Pauvre de 1990 en passant par The Mad Doctor de 1933, Moose Hunter et Lonesome Ghosts de 1937, Mickey and the Beanstalk de 1947 et enfin The Band Concert de 1935 (stage bonus), c'est en tout 7 dessins animés sur lesquels se sont appuyés les développeurs pour créer chacun des mondes de Mickey Mania. Le jeu n'est donc pas véritablement doté d'un scénario - il est simplement indiqué que Mickey doit sauver Pluto et se défaire de l'ignoble Pat Hibulaire -, mais est plus un prétexte à faire évoluer Mickey dans le temps en reprenant très librement la trame des dessins animés correspondants.

Ces voyages cartoonesques amèneront Mickey à évoluer dans une forêt canadienne, une maison hantée, un château lugubre, un monde peuplé d'hostiles insectes... La progression dans ces niveaux s'effectue de manière classique : tout en se méfiant des ennemis et en prenant garde aux pièges que comportent les décors, Mickey doit traverser chaque monde en récoltant des projectiles, des étoiles pour regagner de la vie (qui se compte sur les doigts de la main...  de Mickey) et, plus rarement, des vies supplémentaires.
Chacun des mondes est bien sûr doté d'ennemis spécifiques comme des squelettes, des élans, des gardes à la solde de Pat Hibulaire ou des fantômes méchamment farceurs, et réserve son lot de situations variées : Mickey aura par exemple à s'échapper d'un donjon en flammes ou devra fausser compagnie à un élan...

La prise en main est quant à elle immédiate : pour se débarrasser de ses ennemis, Mickey peut soit leur sauter dessus, soit leur lancer des billes. Et même si Mickey peut en récolter régulièrement dans chaque monde, ces dernières sont néanmoins à utiliser avec modération, leur quantité n'étant pas illimitée. Enfin, Mickey peut aussi se coller au sol, et, lorsque l'occasion se présente, pousser certains éléments du décor ou s'agripper aux cordes.
Cependant, si la prise en main est immédiate, finir le jeu ne l'est pas forcément... Malgré les points de sauvegarde - des feux d'artifice, placés régulièrement sur le parcours et que Mickey déclenche lorsqu'il s'en approche - le jeu ne se termine pas facilement, la difficulté étant bien dosée et devenant même assez élevée dans certains niveaux (en particulier le dernier) et d'autant plus que le joueur ne dispose que d'un « continue » (ou deux?...).

Du côté des graphismes, Mickey Mania est une réussite totale : Mickey évolue dans des environnements sublimes, au son de musiques très vite prenantes. Sans même parler de passages tels que la poursuite avec l'élan, de nombreux effets 3D impressionnants parsèment les décors du jeu. De plus, à l'exception du Mad Doctor qui a bénéficié d'un tout nouveau design, les personnages de Mickey Mania sont vraiment fidèles aux dessins animés dont ils sont tirés.
Néanmoins, des différences entre les versions existent. Sur Super Nintendo, les couleurs sont un peu moins réussies et surtout, cette version est un peu gâchée par des temps de chargement assez pénibles entre les niveaux ! Il est préférable de jouer à la version MegaDrive sur laquelle Mickey Mania peut être classé parmi les plus beaux titres de la ludothèque de la console (les screenshots de cet article sont tirés de cette version).

Au final, Mickey Mania tient la comparaison face aux très réussis Castle of Illusionet World of Illusion de Sega. Et s'il n'est peut-être pas aussi enchanteur que ces deux titres, il bénéficie, avec ses niveaux inspirés de dessins animés différents, d'un concept vraiment original.
À noter que Mickey Mania a aussi été adapté sur PC par Data Design et sur Playstation sous le titre Mickey's Wild Adventure. Enfin, une version Mega CD de Mickey Mania a aussi vu le jour, doté d'un niveau supplémentaire et d'une bande son de meilleure qualité, Mega CD oblige.

Benjamin Decavel


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J'ai beaucoup aimé Mickey Mania, que j'avais acheté sur Megadrive à peu près deux ans après sa sortie, et après l'avoir vu tourner au stand Psygnosis du Supergames à côté de Misadventures of Flink. C'est un exemple de virtuosité technique qui fait en plus preuve d'une certaine créativité niveau level design.

Tout le monde se souvient de la tour à la Nebulus (deux fois dans le jeu) qui surpasse largement son équivalent dans Super Ghouls'n Ghosts (au niveau 3). Mais il y aussi la seconde phase du 3e niveau avec son scrolling frontal-tapis roulant, quand Mickey est poursuivi par un élan, superbe de fluidité.

Le style Psygnosis est omniprésent, surtout dans le détail des animations : le nombre d'étapes de décomposition dans les caisses en chute libre ou dans les grues au premier niveau, les plates-formes en bois dans les tours...Luxe absolu au début du quatrième niveau quand Mickey entre dans la maison hantée : les programmeurs se sont amusés à concevoir un effet de relief aussi inutile que magnifique. J'aime bien remarquer ce genre de détails parce que ce sont des choses que les graphistes ne peuvent plus se permettre aujourd'hui : des caprices d'esthètes. Les sprites des persos et des ennemis, si je me souviens bien, ont été dessinés par des gens de Disney, ce qui explique leur fidélité avec leurs équivalents DA.

C'est bien d'avoir cité Toy Story, titre à l'occasion duquel Traveller's Tales a poussé encore plus loin les limites des deux 16-bits. L'intérêt de Toy Story n'est pas fabuleux, mais le jeu était plus un prétexte au challenge technique. Je me demande encore comment ils ont réussi à faire certains passages avec si peu de puissance.

L'intérêt de Mickey Mania, lui, est bien réel. Les situations et le rythme du jeu sont très variés : wagonnet, ascenseurs, tours en rotation, phase frontale... et même un zeste de réflexion. J'ai pas trouvé le jeu si difficile que ça, sauf au 6e et dernier (long) niveau, où l'on retrouve toutes les petites mesquineries made in Psygnosis avec des rangées de pieux qui sortent soudainement du sol, ou des passages plates-formes bien rageantes.

Notez que la version MD avait un niveau caché au 5e niveau (le plus beau du jeu à mon avis), mais j'ai jamais réussi à y accéder. La 6e photo de l'article en montre un passage.

Bref, un des meilleurs plates-formes de la Megadrive, même si je lui préfère moi aussi assez nettement Castle of Illusion, pour son ambiance et son aura (ainsi que ma plus grande sensibilité aux univers japonais, sans doute).

Lyle

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