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en 1989. L’Amstrad CPC est moribond et l’Atari
ST, micro mythique des années 80 (j’ose même
dire années 90) est à l’apogée de
sa gloire. Les jeux de plates-formes, beat’em all et autres
dérivés font un tabac parmi les adeptes des salles
d’arcade. Vous l’avez compris, Ivanhoe
ne déroge pas à la règle et suit bien la
tendance de l’époque. Bien que ce jeu soit sorti
sur plusieurs ordinateurs, nous nous intéresserons à
la version ST car celle-ci, au vu des limitations évidentes
de la machine reste l’une des meilleures à ce jour.
L’histoire
reste bien évidemment un prétexte au grand défouloir
qui vous attend : le Roi Richard a été emprisonné
et vous seul pouvez le sauver. On a vu mieux dans le genre (d’habitude
on a droit au moins à une princesse à secourir)
mais là ne réside pas l’intérêt
d’Ivanhoe.
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L’écran
du titre et les premières images annoncent la couleur
: malgré les piètres performances graphiques de
l’Atari ST (une résolution de 320*200
en 16 couleurs parmi une palette de 512 teintes), c’est
fichtrement beau. On se surprend à essayer de compter
le nombre de couleurs à l’écran tellement
les dégradés de couleurs paraissent fluides. Ce
style graphique tranche singulièrement avec les productions
à l’aspect plus adulte que l’on peut trouver
quelquefois sur Megadrive par exemple. Ici, les développeurs
d'Ocean France (qui font pour la plupart partie, à l'époque,
de Delphine Software) ont fait le choix d’un style un
peu bande dessinée (marqué par le style de l'illustratrice
Michèle Baque, qui a aussi travaillé sur Operation
Stealth). N’espérez pas retrouver
des personnages charismatiques à la Turrican
ou à la Strider
mais au contraire un rendu beaucoup plus « européen
», en rondeur mais loin toutefois de ce à quoi
les Japonais nous ont habitué. Au final le rendu est
tout bonnement parfait.
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Faute
d’originalité, l’aspect graphique reste toujours
un élément majeur dans ce type de jeu mais le
principal maître mot ici reste l’action avec un
grand A. En effet, le rythme reste très soutenu tout
au long des niveaux et vous n’aurez aucun répit.
Inutile de vouloir se reposer un peu les doigts une fois que
vous aurez nettoyé l’écran… d’autres
adversaires surgiront et vous attaqueront avec encore plus d’acharnement
! Ceux
qui ont connu cette grande époque se souviendront de
la simplicité des commandes de ce style de jeu. L’unique
bouton du joystick est largement mis à contribution et
au bout de quelques secondes, on peut déjà commencer
à jouer ! Les déplacement du héros sont
très simples : avancer, se baisser, sauter ou donner
des coups d’épée. Vous pourrez aussi vous
protéger avec votre bouclier que vous pourrez peut-être
gagner au cours du jeu si vous faites preuve d’assez d’habilité
en massacrant certains ennemis placés à des endroits
stratégiques.
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Au
fur et à mesure qu’on avance dans le jeu on a accès
à une carte qui permet de déterminer sa progression.
Ainsi, les niveaux sont assez classiques avec une bataille dans
la forêt, un bateau pirate et un village. Esthétiquement,
je le répète, c’est presque l’extase,
mais le meilleur est à venir. En
effet, bien qu’Ivanhoe soit un beat’em
all très classique, il associe diverses phases de jeu
très jouissives (excusez du peu). Celle qui va sans aucun
doute mettre vos nerfs à rude épreuve est la course
d’obstacles à cheval. Je tiens à attirer
votre attention sur l’aspect technique de ce niveau :
le ST peut théoriquement afficher 16 couleurs
à l’écran mais grâce à une
petite bidouille (issue probablement du monde de la démo),
ici vous en avez plus du double ! Doublé d’un scrolling
différentiel sur 3 plans et d’une musique très
entraînante, ce niveau reste l’un des plus sympathiques
du jeu.
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Maîtriser
sa monture et éviter les obstacles (rochers, troncs d’arbres…)
ainsi que les projectiles d’un fakir sur son tapis volant
(incroyable non ?), telle est votre mission. Ajoutez à
cela une phase où, armé d’une lance de duel,
vous devez toucher des boucliers afin de gagner un maximum de
points tout en évitant une fois de plus une multitude
d’obstacles, et vous comprendrez le challenge de folie
qui vous attend ! Il
est intéressant de constater que les développeurs
n’ont pas privilégié le combat rapproché
à tout prix et ont judicieusement mélangé
les genres, comme l’esquive et l’adresse lors de
la séquence du cheval ou la phase d’exploration
contre la montre pure et dure dans le dernier passage du château
(préparez une feuille de papier pour faire le plan).
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Enfin,
cerise sur le gâteau, entre chaque stage, on vous impose
un duel dans une caverne souterraine avec un colosse (homme
ou bête) armé d’une épée et
(quelquefois) d’un bouclier, ce qui corse un peu plus
les choses car il n’hésite pas à se protéger
! En cas de réussite, vous accumulez des points de vie
ce qui est loin d’être négligeable vu la
difficulté du jeu.
Ce
jeu a tous les attributs qu’un bon jeu de plates-formes
se doit de posséder. Les graphismes sont vraiment très
bons et bien que le personnage soit un peu délicat à
manier lors des sauts, l’action soutenue et l’originalité
des stages (la course en cheval et le labyrinthe) en font une
référence (à mon humble avis) sur les ordinateurs
16-bits de l’époque. Ne passez pas à
coté de cette merveille car il est vraiment très
plaisant à jouer, bien qu’il n’y ait que
5 stages en tout et pour tout. Sa difficulté reste suffisamment
bien dosée pour qu’on accroche dès le premier
coup d’épée.
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Au
final, ce jeu n’a rien perdu de son attrait, mais avec
le recul il est évident qu’il n’est pas exempt
de défauts. Mon seul regret est que s'il avait exploité
les capacités supérieures du STE (scroll
câblé, musique soundtrack comme sur Amiga,
son digitalisé et utilisation du blitter, un coprocesseur
spécialisé dans le traitement rapide des sprites)
on aurait eu droit à un jeu encore plus dément.
Mais comme ce fut souvent le cas à l’époque,
les programmeurs tablaient sur le parc de ST déjà
implantés et ne se souciaient pas des nouvelles machines…
Pourquoi ne pas avoir fait un programme d’auto détection
?
Notons
enfin que ce jeu est parfaitement compatible avec l’émulateur
STEem.
EdO
/ Sector One