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Infinite Undiscovery
Année : 2008
Système : Xbox 360
Développeur : Tri-Ace
Éditeur : Square Enix
Genre : RPG
Par Erhynn Megid (12 avril 2010)

Comment décrire Infinite Undiscovery ? Par où commencer ? Commençons par tri-Ace tiens. Équipe fétiche de chez Enix, tri-Ace a enchainée les pépites comme Tales of Phantasia sur Super Famicom (à l'époque encore nommée Wolf Team) pour le compte de Namco, puis peu après Star Ocean, toujours sur Super Famicom - alors que la PlayStation est déjà arrivée au Japon. C'est sur cette dernière que tri-Ace va se faire connaître officiellement du public américain et européen. Star Ocean: The Second Story est en effet le premier jeu de l'équipe à arriver en France, et traduit (bien qu'avec de nombreuses fautes – mais moins que dans Final Fantasy VII). La qualité somme toute relative du scénario, assez mal raconté, est vite excusée grâce au système de combat. C'est d'ailleurs une constante chez eux : le système de combat est toujours novateur, il change radicalement de ce qu'on a l'habitude de voir. Et ce n'est pas le chef d'œuvre suivant qui viendra me contredire : Valkyrie Profile met tout le monde d'accord (sauf les Européens qui n'y auront droit que dix ans plus tard sur PsP, mais en Anglais uniquement).

tri-Ace, c'est aussi la musique de Motoï Sakuraba. Depuis Tales of Phantasia où le thème d'introduction est chanté (sur Super Nintendo !) et où certains thèmes musicaux ont marqué (et marquent encore) les esprits, le public commence à reconnaître chez ce bonhomme un grand talent. Ses envolées magistrales dans Star Ocean: The Second Story (Theme of Rena, Venerable Forest, White The Heart, Intragral Body and Imperfect Soul et le magnifique générique de fin, We Form in Crystals, pour ne nommer que celles-ci) ne font que confirmer son talent. Valkyrie Profile enfonce le clou, et plus personne ne remettra ses capacités en doute. L'homme s'occupe aussi d'autres jeux, notamment d'une grosse partie de la série des Tales of, dont on remarquera une qualité malheureusement très inégale. Il se rattrapera énormément sur les deux excellents opus de Baten Kaitos (dont Origins que je n'ai hélas toujours pas obtenu).

Les aventures de tri-Ace continuent sur Ps2 avec Star Ocean: Till The End of Time (qui a semble t-il bouleversé tous les fans à cause de son rebondissement final à donner des envies de meurtres), Valkyrie Profile 2: Sylmeria, et enfin Radiata Stories dont j'ignore tout. Puis, lorsque SquareEnix annonce des projets pour la Xbox 360, un premier jeu est montré, bien que dans un état de développement moyennement avancé. Le ton est donné d'office, ça à l'air très sérieux et la musique a déjà l'odeur d'un Sakuraba, malgré des mélodies très différentes.

Contraint d'être celui qu'il n'est pas, Capell endosse brutalement de très lourdes responsabilités contre l'avis général du groupe. Rapidement, il va comprendre qu'être un héros ne fait pas le bonheur de tous et ne permet pas de rallier tout le monde à sa cause - même ses amis se méfieront de lui. Son comportement changera du tout au tout, et ce jusque dans sa façon de décrire ses alliés sur les fiches du menu (Status > Title) et sa façon de s'exprimer. Un héros comme on aimerait en voir plus.

Puis plus rien sur le jeu jusqu'à quelques mois avant sa sortie. Son arrivée dans les rayons a été une surprise d'ailleurs, je ne l'attendais plus vraiment. Pour un jeu SquareEnix / tri-Ace, c'était très surprenant. Je me suis donc pris Infinite Undiscovery, malgré les avis très négatifs de la presse, sans vraiment savoir dans quoi j'allais tomber, sinon un jeu avec une difficulté mal dosée et un système de combat à dompter. Sauf que c'est pire que ça. Ce n'est pas le joueur qui dompte le jeu. C'est le jeu qui dompte le joueur. Infinite Undiscovery vous fait comprendre que dans la vie rien n'est facile ni ne tombe tout cuit dans le bec.

Bien que le choix du mode Facile soit tentant en raison d'une difficulté somme toute élevée (surtout pour un néophyte), je déconseille fortement ce mode et ce, pour plusieurs raisons :

- La Porte Séraphique, donjon supplémentaire qui se débloque une fois le jeu terminé, est inaccessible, et cela vous prive de combats mémorables.
- Les nouvelles options de création d'objets qui s'y débloquent sont donc inaccessibles également.
- Vous n'y gagnerez aucun Succès liés à la progression et aux exploits. Car en Facile, c'est justement trop facile.

Vous incarnez Capell, jeune ménestrel sans histoires. Ce dernier se retrouve pourtant jeté dans une prison de haute sécurité perdue au fin fond d'une forêt labyrinthique. L'Ordre des Chaînes, un mouvement religieux ayant mis à genoux toutes les autorités de chaque continent, pense en effet dur comme fer que Capell est en réalité Lord Sigmund, le leader de la résistance qui est l'un des seuls à s'opposer à leur Ordre. Il faut dire que le ménestrel ressemble comme deux gouttes d'eau au charismatique guerrier.

L'Ordre des Chaînes porte bien son nom. Menée d'une main de fer par le Dreadknight Léonid et ses fidèles Chevaliers de l'Ordre, le mouvement a crée de monstrueuses et gigantesques chaînes magiques pour enchaîner la Lune à la Terre. Une vingtaine de chaînes relient ainsi la Lune au sol, provoquant des effets dévastateurs sur l'environnement et le comportement des animaux, dont beaucoup sont devenus des monstres. Lord Sigmund est à ce jour le seul capable de détruire les chaînes, et ses actes héroïques, alors qu'il n'a absolument rien à gagner dans cette guerre contre l'Ordre, font de lui un symbole pour la résistance. Plusieurs membres l'ont rejoint dans sa quête pour libérer la Lune.

De l'importance de parler aux équipiers dès l'arrivée dans une ville. Ici, Lord Sigmund va apprendre une nouvelle mélodie à Capell. Si certaines sont inutiles, d'autres se montrent d'une utilité inouïe (et peuvent être ratées !), permettant entre autre de supprimer les états anormaux et d'apaiser les alliés subissant la pluie lunaire.

Mais aux dernières nouvelles, la destruction d'une des chaines s'est mal passée, Sigmund et son équipe ayant été repoussés par le Dreadknight en personne (la vidéo d'introduction du jeu montre ce combat). Les équipiers de Lord Sigmund sont dispersés et la nouvelle de sa capture s'est répandue comme une trainée de poudre. C'est alors qu'intervient Aya, une jeune archère membre de la résistance. Elle aussi, est convaincue que Capell est Lord Sigmund vu à quel point leur ressemblance est troublante. Elle va cependant tomber de haut quand elle s'apercevra que Capell n'a rien d'un guerrier, qu'il est pleutre et préfère rester dans sa cellule plutôt que de tenter de fuir !

Malheureusement, leurs tergiversations vont alerter les gardes, et Aya, blessée à cause de son dernier combat, perd connaissance. Capell ramasse une épée et le combat commence. Comme dit plus haut, tri-Ace oblige, on découvre ici un système de combat tout nouveau et riche. Premièrement, tout est entièrement en temps réel. Tout. Imaginez Zelda : c'est pareil, mais à la sauce Star Ocean (vos équipiers agissent de leur propre initiative). Mais la comparaison avec Star Ocean et Zelda s'arrête ici.

Léonid, le Dreadknight. D'une grande beauté et légèrement maniéré, il est également très cruel. Hélas, ses motivations, tout comme son histoire, restent obscures pendant un paquet de temps. Un adversaire très coriace, comme chaque membre de son Ordre.

Tout se déroulant sans le moindre temps mort (pas de distorsions graphiques menant à une arène fermée ni d'attente pour passer en mode combat), il va falloir prendre le jeu en main très rapidement car se rendre dans les menus ne met pas le jeu en pause ! Appuyer sur Start met bien le jeu en pause mais n'affiche qu'un résumé de l'histoire et le temps passé sur le jeu, c'est tout ! Infinite Undiscovery vous pousse à organiser votre façon de jouer, et à réagir vite et bien.

Le début du jeu vous explique heureusement en images et très brièvement, comment se déroule le gameplay en fonction des situations. Chaque tutoriel est disponible à volonté dans un menu dédié, et ils ne sont jamais intrusifs. Sachez tout d'abord que vous ne contrôlerez, du début à la fin du jeu, que Capell. Vos équipiers pourront être utilisés mais seulement pour réaliser une action ou vous suivre dans un village, mais en dehors de cela, ils seront dirigés par l'IA. Ça fait un choc pour un ancien de Star Ocean et des Tales of. Sachez également que la gâchette RT du pad Xbox 360 permet de dégainer et de rengainer l'arme de Capell. Lorsque l'arme est rangée, impossible de se battre, en revanche vous courez plus vite. Sachez qu'en équipe, si Capell rengaine son arme, TOUTE L'ÉQUIPE rengaine son arme et la ressort s'il la dégaine.

Un exemple de liaison avec un allié : ici, Capell est connecté avec Touma et peut donc lui demander d'effectuer deux voire trois actions (soit des techniques ou magies parmi celles paramétrées dans le menu, soit aller ouvrir une porte,désactiver un piège ou crocheter une serrure voire même utiliser un grappin pour chopper des coffres). Le choix des alliés est crucial pour chaque donjon, car on ne peut y revenir ; ainsi, il n'est pas rare de voir des coffres vous narguer car vous n'avez pas le bon personnage pour les obtenir. Il est également possible de se connecter à un allié dans une ville, cela autorise de nouvelles conversations avec d'autres équipiers et parfois débloque des bonus.

Pour le tout premier combat, vous êtes seul, ce qui permet de commencer tout doucement face aux deux soldats qui se jettent sur Capell. Ce dernier ne peut utiliser de magie. En revanche, pendant et en dehors des combats, il peut utiliser sa flûte qui lui sera très utile bien plus tard.

-A- sert à attaquer. Capell dispose d'un enchaînement de trois coups. Maintenir A permet d'utiliser une puissante attaque spéciale.
-B- permet d'effectuer une attaque spéciale qui ne consomme pas de mana. L'effet varie en fonction du moment où B est utilisé pendant l'enchaînement avec A. Maintenir B permet d'utiliser une puissante attaque spéciale. Il est à noter qu'un coup spécial attribué à B coûte plus de mana mais fait plus de dégâts.
-Y- demander de l'aide aux équipiers. Ce bouton est votre meilleur ami.
-X- jouer de la flûte.
-RT- dégainer / rengainer son arme. Affecte toute l'équipe.
-LT- parer une attaque. Permet d'effectuer une contre attaque.
-RB- connexion à un membre de l'équipe pour utiliser une compétence particulière.
-LB- désactiver la connexion.
-LS- cibler / dé-cibler un adversaire.
-RS- recentrer la caméra.
-Back- affiche le menu avec toutes ses catégories (Objets, Création d'objets, Equipement, Statut, Options, etc).
-Start- pause.

En mode Normal, le combat ne pose pas trop de soucis (c'est une autre histoire en mode Hard, et c'est encore pire en mode Infinite, ce combat devenant alors certainement le plus difficile du jeu) et permet de se familiariser avec le personnage. Le combat terminé, Aya se réveille et commence à comprendre que Capell n'a rien de Lord Sigmund, c'est même le parfait opposé.

La belle Aya est assez jalouse. Elle voue une admiration sans limites à Lord Sigmund mais n'en est pas amoureuse. Elle n'a de cesse de forcer Capell à se battre, ce dernier étant très pleutre et préférant souvent la fuite au conflit (au point de préférer rester en prison). Ses compétences sont très utiles. Plus guerrière que magicienne, ses sorts de soins assez moyens sauveront toutefois souvent la mise quand personne d'autre ne pourra le faire. Ses techniques peuvent faire des ravages à distance grâce à son arc. Petit détail : les cheveux d'Aya sont remarquablement animés et retombent toujours parfaitement. Ne pas oublier son talent de cuisine, dont les plats peuvent soigner bien des soucis !

Commence alors la fuite de la prison. Entre deux tutoriaux vous expliquant comment se connecter à votre allié le plus proche, le jeu finit par expliquer que la touche Y permet de demander de l'aide (en l'occurrence des soins, un remède contre un état anormal ou soigner le groupe) aux équipiers. Je vous présente donc, la touche Y, votre nouveau meilleur ami dans ce monde. En effet, vu qu'on ne peut pas contrôler un autre personnage que Capell, il va falloir se mettre à sa place. Lorsque vos alliés disposent de magie, ils peuvent donc – s'ils ne sont pas en train de se faire poursuivre par un ennemi ou attaquer - lancer une incantation de soins. S'ils ne sont pas magiciens, ils fouilleront dans l'inventaire pour utiliser un objet approprié. Car oui, tous les objets de soins, de guérison aux états anormaux et de résurrection peuvent être utilisés par le groupe, c'est une grande première et dans la majeure partie des cas, cela est bien fait. Il arrive souvent aussi, que vos équipiers vous soignent sans avoir à le demander mais en pleine action, il faut dire qu'ils n'ont pas que ça à faire.

Mais attention, la touche Y a plusieurs failles : si Capell est rendu muet par un maléfice, il ne pourra bien entendu pas crier à l'aide. S'il est rendu KO, il faudra que vos équipiers disposent d'un objet de ranimation ou qu'ils connaissent un tel sort, et qu'ils trouvent le temps de le faire ! Pire encore : si vos équipiers sont rendus sourds, vous aurez beau crier, ils ne vous entendront pas. En revanche, s'ils vous voient dans un piteux état, ou si eux-mêmes vont mal, ils pourront faire quelque chose. Ils peuvent donc également se soigner et utiliser un objet (ce qui doit être paramétré manuellement de A à Z dans des jeux plus récents tels que Dragon Age: Origins).

Même si le système de combat est très bourrin, il faut garder à l'esprit que la moindre erreur peut être fatale : peu de potions achetées avant d'attaquer le donjon, des équipiers mal équipés, aucun soin contre la cécité, le mutisme ou la surdité et le scénario risque de tourner au drame ! Ici, tout le monde est logé à la même enseigne, le groupe se doit d'être bien préparé et disponible à chaque instant dès qu'un membre à besoin d'aide ou que le joueur appuie sur Y. Dans le cas où personne ne peut vous aider, vous entendrez un « Sorry, I can't help you », signant souvent votre arrêt de mort.

Infinite Undiscovery montre donc à quel point vous allez avoir recours à vos équipiers. Un passage du second DVD vous laisse d'ailleurs seul avec Capell, dans une grotte remplie d'insectes géants, histoire de bien vous faire comprendre que sans vos alliés, vous ne valez pas tripette.

En dehors des combats, Infinite Undiscovery se déroule de façon classique pour un J-RPG - comprendre : donjon, ville, exploration sur de grandes zones, parler aux villageois, faire quelques quêtes... (important : les quêtes permettent d'acquérir très tôt des objets d'une utilité inimaginable comme Exp x2 pour toute l'équipe dès le second village !) Lorsque le scénario le requiert, votre équipe au complet vous accompagnera lors des explorations : ce qui fait qu'on se retrouve parfois à 12 personnages qui se promènent et qui affrontent des ennemis librement. Heureusement, si leurs points de vies descendent à 0 et qu'ils n'ont rien pour se soigner, ils ne combattront plus mais ne seront pas morts. Le jeu note d'ailleurs comment votre équipe s'en sort, et attribue de grosses récompenses en Exp et en objets.

Le fameux menu d'Infinite Undiscovery. S'il est pratique loin des combats, en pleine joute il se montre malheureusement pénible si on ne sait pas où chercher. Cela renforce néanmoins la nécessité de compter sur ses alliés. En dehors des combats et quand l'arme est rengainée, le groupe s'assoit quand on ouvre le menu. Il est alors possible de faire de la création d'objets, des enchantements ou même tout simplement de parler à ses équipiers. Parfois, certains personnages s'exprimeront à voix haute, et cela vaut souvent son pesant de cacahuètes !

Au fil des tutoriels, le menu principal fait apparaître de nouvelles possibilités comme la création d'objets. Que serait un jeu tri-Ace sans ce genre de menu ? On se le demande ! Il faut savoir que cette compétence est disponible pour tout le monde sauf Capell, qui lui dispose d'un pouvoir d'enchantement, et que plus vous fabriquez / enchantez, plus ce talent s'améliore et permet de créer plein de nouveaux items. Les Coupons A et B disponibles gratuitement sur le Marché Xbox Live mettent à disposition de tous les revendeurs du jeu les matériaux de base pour la fabrication d'objets, ce qui est un plus inouï quand on réalise a quel point il est difficile et laborieux d'en trouver ne serait-ce qu'une unité de chaque (de base !) ! Il ne faut surtout pas négliger cet aspect du jeu, car en plus d'avoir un équipement très puissant, il permettra de remplir facilement les bourses de Capell, l'argent étant une denrée très rare dans Infinite Undiscovery.

Tiens, des jumeaux dans un jeu tri-Ace ? Le syndrome Final Fantasy IV refait des vagues. Bien que parfois désagréables et ralliés à l'équipe sur une décision que seul Capell (et le joueur pour la même raison) trouve complètement déraisonnable,ils vont aussi se rendre compte que la vie n'est pas toujours tendre et que les héros ne sont pas invincibles. En combat, les deux comparses sont relativement efficaces. Rico est capable de parler à tous les animaux une fois connecté à Capell, ce qui permet de faire des quêtes intéressantes dans certaines villes et de débloquer une zone dans un donjon !

Pour en revenir à la création d'objets, pratiquement chaque personnage possède sa propre technique. Capell, par exemple, peut enchanter temporairement l'équipement avec des bonus très intéressants (Gold +30%, Exp x3, Attaque +500 etc). Plus vous pratiquez la compétence de création d'un personnage, plus elle s'améliore et rajoute à chaque niveau de nouvelles possibilités. Plusieurs équipiers ont une mini quête secondaire leur permettant d'améliorer considérablement leurs dons de création (également renforcés dès l'entrée dans le donjon bonus, la Porte Séraphique). À vrai dire, avec les deux Coupons du Xbox Live, il est possible de se forger un équipement très puissant pour les guerriers dès qu'Edward rejoint le groupe : un marchand se trouve juste à coté, et en fouillant un peu, on parvient à se faire de l'argent sur l'équipement revendu par rapport aux matériaux nécessaires. Ainsi, il devient aisé de s'améliorer à moindre coût, moyennant un peu de temps.

Au rang des regrets (et il y en a), citons : les déplacements à pied, du début à la fin. Bien que pouvoir chevaucher Gustav (un Ours géant dont la fourrure est entièrement modélisée) soit pratique, l'animal chute au moindre pet de travers. La mini map n'est pas particulièrement pratique car elle se remplit très lentement. Les Succès frisent l'impossible (« avoir 10 millions de Fols », « posséder tous les objets du jeu », « faire tout le jeu et vaincre la Reine Éthérée en difficulté maximale »). Citons également la difficulté très mal dosée, notamment au début du premier DVD, qui a sûrement incité beaucoup de joueurs à arrêter là. Citons également le doublage horrible de quelques personnages (Gustav et le gros bourrin en tête de liste) qui heureusement ne l'ouvrent pas souvent, l'écriture hasardeuse du scénario (problème récurrent avec tri-Ace hélas) ou certaines cut-scenes où le doublage n'a pas été rajouté au jeu pour accélérer la sortie aux États-Unis et en Europe ! Enfin, il arrive au jeu de ramer lorsque tout le monde y met du sien en combat, rendant les joutes plus confuses encore, mais ça, dans un jeu tri-Ace il faut s'attendre à ne plus trop savoir ce qui se passe parfois. Point final dans les défauts qui me viennent à l'esprit : l'absence TOTALE de traduction française. En 2008 ça fait tâche M. SquareEnix.

La belle pluie lunaire tombe sur la majeure partie de la planète. Malgré des effets au départ bénéfiques, une surexposition à ce phénomène risque d'avoir des conséquences désastreuses sur les équipiers, qui peuvent perdre la raison et se retourner contre vous !

Ce jeu a failli retourner voir mon revendeur trois fois. Après m'être décidé à reprendre ma partie, j'ai découvert avec joie le second DVD. Ce jeu marque peut-être le début du désaccord entre tri-Ace et SquareEnix. Aujourd'hui, les deux studios ne travaillent plus ensemble (End of Eternity / Resonances of Fate pour le compte de Sega), ce qui est une grande première. Il semblerait que Star Ocean IV: The Last Hope ait été un traumatisme pour tri-Ace, à tel point qu'ils prétendent ne jamais avoir participé au développement du jeu (cf : Interview de tri-Ace et Sega sur GameBlog.fr) !

Pour ma part, Infinite Undiscovery n'est pas le RPG du siècle, mais une première tentative courageuse de la part de tri-Ace, avec des défauts assez gênants mais aussi des qualités indéniables. Le fait d'être un personnage quelconque au sein d'une troupe de héros, de vraiment devoir compter sur les alliés, de se rendre compte à quel point seul on ne vaut rien dans le jeu, provoque parfois de grands moments épiques lors de l'affrontement contre un des Chevalier de l'Ordre. Parcourir une zone gigantesque avec douze équipiers, le tout bercé dans une musique magistrale et entrainante, est enivrant. Les personnages sont attachants et émouvants, bien plus que dans un Final Fantasy moderne : ici on voit l'histoire au travers des yeux de Capell, légèrement obsédé, amoureux (mais pas de celle à qui on pense), lâche mais pas chétif, qui va devenir brutalement héros malgré lui.

Capell dans l'une des dernières villes du jeu, avec la Lune enchainée dans le ciel. À l'instar de Zelda : Majora's Mask, elle est visible depuis pratiquement tous les lieux, renforçant l'immersion.
Erhynn Megid
(12 avril 2010)
Sources, remerciements, liens supplémentaires :
Images et Artworks : squarehaven.com, 360.IGN.uk
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