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God of War
Année : 2005
Système : Playstation 2, Playstation 3, PSP
Développeur : Sony Computer Entertainment
Éditeur : Sony Computer Entertainment
Genre : Action / Beat'em all
Par Shadonic (13 juillet 2009)
La boîte du jeu version PS2. Cliquez sur une image pour une version plus grande.
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Je ne pose qu'une simple question : quel possesseur de la brique noire de Sony, qui se fait respecteusement appeler Playstation 2, n'a jamais lu ou entendu au moins une fois dans sa vie ces trois mots qui désignent le chef-d'œuvre de la console, véritable symbole d'une légende du jeu vidéo ?

Un jeu fait par un passionné

David Jaffe.

Né en 1971, originaire d'Alabama mais résident en Californie, passionné de cinéma, David Jaffe tente sans succès d'embrasser une carrière cinématographique. Renonçant à ce projet après avoir été rejeté de la section cinéma de l'USC (Université de Sud-Californie), il devient testeur au début des années 90 chez Sony Imagesoft. Persévérant et débordant de créativité, David participe au jeu Mickey Mania (développé par Traveller's Tales en collaboration avec des gens de Sony dont Jaffe fait partie) en 1994, puis sur les jeux Twisted Metal (1995) et Twisted Metal 2 (1996), ce dernier étant développé sous son entière supervision. S'étant affirmé sur ces jeux qui se sont tous très bien vendus, il présente un jour son projet à Sony : un beat them all dans l'univers de la mythologie grecque. L'éditeur lui donne le feu vert et Jaffe travaille avec acharnement durant 5 ans. Il est cette fois-ci le directeur et lead designer du jeu, dont il assure aussi l'écriture. Voulant que son personnage Kratos soit une incarnation de la colère, il confie sa création à une équipe de concepteurs artistiques. Désireux de s'écarter de l'apparence classique du héros grec avec armure et casque, ils décident de lui retirer quelques vêtements jusqu'à obtenir ce résultat :

Toute l'intensité du jeu résumée en un dessin.

Le jeu terminé, Sony le présente à l'E3 2004 où il fait un malheur ! Plusieurs journalistes y voient le meilleur jeu du salon, lui décernent de nombreux prix honorifiques, et le bouche à oreille commence à faire naître chez une flopée de joueurs une grande impatience. Une fois sorti (en mars 2005), God of War fait un malheur, enregistrant plus d'un million de ventes en quelques mois, chiffre qui se verra tripler au bout de trois ans ! Ce succès foudroyant et durable est une des raisons pour lesquelles je souhaite partager avec vous ma passion pour ce jeu inoubliable.

Une histoire très sombre avec un héros très clair

Une fois le jeu lancé, sans le temps de voir apparaître le mot « chargement », le voilà, on y est, le titre God of War, le feu en arrière-plan avec le héros à droite de l'écran, tête baissée et bouche fermée, attendant que le joueur émerveillé par le thème principal magnifique, composé de chœurs d'hommes et de femmes accompagnés par des trompettes et des percussions, lance une partie et choisisse le niveau de difficulté pour assister à une magnifique cinématique montrant un homme désespéré.

C'est lui l'homme désespéré, au cas où vous ne le sauriez pas.
Les actions contextuelles sont d'une brutalité extrême.

Les dieux de l'Olympe semblent avoir abandonné Kratos le Spartiate, et face à ce constat celui-ci se jette de la plus haute falaise de Grèce pour pouvoir échapper à la folie. Cette mise en scène originale donne envie au joueur de savoir comment le personnage que l'on incarne en est arrivé à vouloir se suicider, et on retourne 3 semaines en arrière pour remettre les pendules à l'heure. Manette en main, le jeu démarre enfin ! Après un bref tutorial, c'est parti pour la grosse castagne sur des monstres ! On est tout de suite pris dans le jeu, Kratos se bat avec deux lames reliées à ses avant-bras par des chaines, ce qui permet de donner une mandale à dix monstres à la fois !

Comme dans tout beat'em up moderne, le gameplay fait la part belle aux enchaînements de coups.

On remarque alors que le jeu est formidablement violent et que chaque coup donné fait couler des litres d'hémoglobine ! Les finish ne font pas dire le contraire : Kratos peut achever son adversaire en le coupant en deux à la force de ses bras ! Dans ce joyeux navire que vous parcourez, vous devez tuer l'Hydre de Lerne, un serpent géant doté de plusieurs têtes qui repoussent lorsqu'elles sont coupées. Ce boss monstrueusement grand que l'on bat avec des actions contextuelles - les boutons à presser apparaissent à l'écran - dont la mise en scène est à couper le souffle - vous donne un avant-goût des batailles titanesques que vous aller vivre au cours de l'aventure.

Une des têtes de l'Hydre, et vous n'avez pas fini d'en voir !

On est complètement conquis par le système de combat absolument prenant qui permet à notre guerrier de faire au minimum 30 hits à la suite sur une dizaine d'ennemis. Kratos tape dur et fort ! Chaque combat s'achève par un finish bien à lui, comme par exemple le Minotaure qui se prend une lame dans la bouche ou la Gorgone à qui on arrache la tête... Kratos est terriblement charismatique, tuant ses ennemis avec brutalité et sauvagerie. C'est l'antihéros par excellence, il est méchant, il tue tous ceux qui passent à 5 mètres de sa lame mais pourtant, on l'adore, on aime son histoire, on prend pitié de son sort et on se sent concerné par son but. Tout le long du jeu, Kratos est tourmenté par des flashes-backs atroces révélant un passé peu glorieux.

Votre mission si vous l'acceptez...

Kratos bosse pour les dieux depuis maintenant 10 ans et réclame maintenant son salaire... Euh non, je recommence. Kratos est au service des dieux depuis 10 ans pour se faire pardonner ses péchés et effacer les visions qui le tourmentent depuis bien longtemps. Après avoir tué l'Hydre sans pour autant que ces pensées terribles l'abandonnent, il implore sa déesse protectrice Athena de l'en libérer. Celle-ci lui demande alors d'accomplir une dernière mission : Arès est en train de dévaster la cité d'Athènes, et comme Zeus a interdit aux dieux de se faire la guerre entre eux, c'est vous, son champion, qui devrez tuer le dieu de la guerre et sauver la cité.

Votre ennemi principal, dont la traduction anglaise du statut sert de titre au jeu.
De la violence et du sexe ! Mais n'espérez rien, bande de pervers ! Tout ce que vous verrez, ce ne sera que le pot en haut à droite !

Vous partez donc en route pour Athènes, bien décidé à mettre un terme à l'agissement de ce dieu méprisable. Une fois sur place, vous constatez que c'est la panique totale, les gens courent en tous sens et la cité est en proie aux flammes. Après vous être frayé un chemin dans les décombres, vous voyez le fameux dieu de la guerre détruire tout sur son passage. Vous iriez alors volontiers lui dire deux mots, mais il y a un petit problème : sa taille équivalente à celle de Godzilla et son statut de dieu vous rappellent qu'il est capable de vous tuer en une pichenette. Vous devez donc trouver l'oracle d'Athènes, qui connait un artefact assez puissant pour tuer un dieu. Le jeu n'est donc pas uniquement basé sur le bourrinage pur et simple, des phases de plates-formes et des énigmes seront là pour vous titiller pouces et méninges.

« Arès, vous paierez pour ce que vous avez fait ! »
La partie la plus dure du jeu. Vous allez piquer une crise sur ce passage, je le sais, c'est du vécu !

Une beauté digne d'un dieu

God of War est certainement l'un des plus beaux jeux de la Playstation 2. Bourré de détails, servi par des effets de lumière hallucinants, et une fluidité permanente. Et tout ça sans aucun temps de chargement ! Enfin presque, il y en a bien quelques-uns mais qui durent deux secondes. La camera étant automatique, on peut utiliser le joystick droit pour faire des esquives très utiles sans être dérangé par la gestion des angles de vue, et ceux-ci sont toujours bien choisis. Je vous tire mon chapeau (même si je n'en ai pas), messieurs de chez Sony Santa Monica, vous avez dû faire des douzaines de beta tests et je vous en remercie du fond du cœur ! Les musiques sont quant à elles absolument magnifiques et s'accordent parfaitement à l'environnement dans lequel on évolue. Composées de chœurs accompagnés par un orchestre, elles sont épiques, rendent l'action plus intense, nous font savourer la victoire, émus par la beauté de cette bande-son parfaitement en symbiose avec le jeu. Une expérience unique.

Des décors sublimes pour un jeu tout aussi sublime, logique !
Seul dans le désert des âmes perdues, vous recherchez les sirènes en vous laissant guider par leur chant. Expérience flippante...

Tout au long de l'aventure, Kratos recevra des pouvoirs offerts par certains dieux. Il pourra donc déchaîner une vague d'électricité, lancer la foudre de Zeus, pétrifier tous ceux qui regarderont la tête de Meduse qu'il aura lui-même arrachée ou invoquer l'armée des morts d'Hadés ! Vous pourrez aussi vous battre avec la lame d'Artemis, seule arme optionnelle du jeu. En ouvrant des coffres et en tuant des ennemis, Kratos obtient des orbes rouges. Ces orbes, lorsque vous en avez un certain nombre, peuvent servir à rendre votre magie ou vos armes plus puissantes, les améliorant et leur conférant de nouvelles techniques.

Conclusion et bonux

Bien qu'il puisse se vanter de faire partie des meilleurs jeux de la PS2, God of War n'est pas exempt de défauts, parmi lesquels la courte durée du jeu. On a beau savourer les parties, on finit toujours trop tôt. Si vous choisissez le mode normal, vous en aurez tout de même pour une dizaine d'heures même en vous dépêchant. D'autre part les boss, même si chaque bataille contre eux est absolument dantesque, sont trop peu nombreux. Restent les bonus qui ont de quoi faire plaisir : vous y trouverez un making-of du jeu, une vidéo présentant les niveaux rejetés, un cimetière de monstres eux aussi rejetés, les origines de Kratos, des costumes complètement loufoques et j'en passe...

God of War fait partie de ces jeux sur console qui tiennent le 60 images/seconde alors qu'ils sont tellement beaux qu'on leur aurait pardonné de saccader.

God of War fait partie des titres 128-bits impossibles à ignorer, son scénario, ses graphismes et son intensité font de lui une veritable légende de la PS2. Ce succès n'est pas resté sans lendemain : un deuxième opus est sorti sur la même console et le troisième épisode est prévu sur PS3 à l'heure où ces lignes sont écrites. Kratos est aussi présent sur PSP, et pourrait même un jour apparaître sur le grand écran. On peut dire que le fantôme de Sparte a un bel avenir devant lui.

Shadonic
(13 juillet 2009)
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