
Par
Shadonic,
juillet 2009
Je
ne pose qu'une simple question : quel possesseur de la
brique noire de Sony, qui se fait respecteusement appeler Playstation
2, n'a jamais lu ou entendu au moins une fois dans sa vie ces
trois mots qui désignent le chef-d'œuvre de la console,
véritable symbole d'une légende du jeu vidéo ?
Un
jeu fait par un passionné

David Jaffe
Né
en 1971, originaire d'Alabama mais résident en Californie,
passionné de cinéma, David Jaffe tente sans succès
d'embrasser une carrière cinématographique. Renonçant
à ce projet après avoir été rejeté
de la section cinéma de l'USC (Université de Sud-Californie),
il devient testeur au début des années 90 chez
Sony Imagesoft. Persévérant et débordant
de créativité, David participe au jeu Mickey
Mania (développé par Traveller's Tales en
collaboration avec des gens de Sony dont Jaffe fait partie)
en 1994, puis sur les jeux Twisted Metal (1995) et Twisted Metal
2 (1996), ce dernier étant développé sous
son entière supervision. S'étant affirmé
sur ces jeux qui se sont tous très bien vendus, il présente
un jour son projet à Sony : un beat them all dans
l'univers de la mythologie grecque. L'éditeur lui donne
le feu vert et Jaffe travaille avec acharnement durant 5 ans.
Il est cette fois-ci le directeur et lead designer du jeu, dont
il assure aussi l'écriture. Voulant que son personnage
Kratos soit une incarnation de la colère, il confie sa
création à une équipe de concepteurs artistiques.
Désireux de s'écarter de l'apparence classique
du héros grec avec armure et casque, ils décident
de lui retirer quelques vêtements jusqu'à obtenir
ce résultat :

Toute l'intensité du jeu peut résumée en un dessin.
Le
jeu terminé, Sony le présente à l'E3 2004
où il fait un malheur ! Plusieurs journalistes y
voient le meilleur jeu du salon, lui décernent de nombreux
prix honorifiques, et le bouche à oreille commence à
faire naître chez une flopée de joueurs une grande
impatience. Une fois sorti (en mars 2005), God of War fait un
malheur, enregistrant plus d'un million de ventes en quelques
mois, chiffre qui se verra tripler au bout de trois ans ! Ce
succès foudroyant et durable est une des raisons pour lesquelles
je souhaite partager avec vous ma passion pour ce jeu inoubliable.
Une histoire très sombre avec un héros très clair
Une
fois le jeu lancé, sans le temps de voir apparaître
le mot « chargement », le voilà, on y est,
le titre God of War, le feu en arrière-plan avec le héros
à droite de l'écran, tête baissée
et bouche fermée, attendant que le joueur émerveillé
par le thème principal magnifique, composé de
chœurs d'hommes et de femmes accompagnés par des trompettes
et des percussions, lance une partie et choisisse le niveau
de difficulté pour assister à une magnifique cinématique
montrant un homme désespéré.

C'est lui, l'homme désespéré au cas où vous
ne le sauriez pas. |

Les actions contextuelles sont d'une brutalité extrême. |
Les
dieux de l'Olympe semblent avoir abandonné Kratos le
Spartiate, et face à ce constat celui-ci se jette de
la plus haute falaise de Grèce pour pouvoir échapper
à la folie. Cette mise en scène originale donne
envie au joueur de savoir comment le personnage que l'on incarne
en est arrivé à vouloir se suicider, et on retourne
3 semaines en arrière pour remettre les pendules à
l'heure. Manette en main, le jeu démarre enfin !
Après un bref tutorial, c'est parti pour la grosse castagne
sur des monstres ! On est tout de suite pris dans le jeu,
Kratos se bat avec deux lames reliées à ses avant-bras
par des chaines, ce qui permet de donner une mandale à
dix monstres à la fois !


Comme dans tout beat'em up moderne, le gameplay fait la part belle aux enchaînements
de coups
On remarque alors que le jeu est formidablement violent et que chaque coup donné
fait couler des litres d'hémoglobine ! Les finish ne font pas dire
le contraire : Kratos peut achever son adversaire en le coupant en deux à
la force de ses bras ! Dans ce joyeux navire que vous parcourez, vous devez
tuer l'Hydre de Lerne, un serpent géant doté de plusieurs têtes
qui repoussent lorsqu'elles sont coupées. Ce boss monstrueusement grand
que l'on bat avec des actions contextuelles - les boutons à presser apparaissent
à l'écran - dont la mise en scène est à couper le souffle
vous donne un avant gout des batailles titanesque que vous aller vivre au cours
de l'aventure.

Une des têtes de l'Hydre, et vous n'avez pas fini
d'en voir !
On
est complètement conquis par le système de combat
absolument prenant qui permet à notre guerrier de faire
au minimum 30 hits à la suite sur une dizaine d'ennemis.
Kratos tape dur et fort ! Chaque combat s'achève
par un finish bien à lui, comme par exemple le Minotaure
qui se prend une lame dans la bouche ou la Gorgone à
qui on arrache la tête... Kratos est terriblement charismatique,
tuant ses ennemis avec brutalité et sauvagerie. C'est
l'antihéros par excellence, il est méchant, il
tue tous ceux qui passent à 5 mètres de sa lame
mais pourtant, on l'adore, on aime son histoire, on prend pitié
de son sort et on se sent concerné par son but. Tout
le long du jeu, Kratos est tourmenté par des flashes-backs atroces révélant un passé peu glorieux.
Votre mission
si vous l'acceptez...
Kratos
bosse pour les dieux depuis maintenant 10 ans et réclame
maintenant son salaire... Euh non, je recommence. Kratos est
au service des dieux depuis 10 ans pour se faire pardonner de
ses péchés et effacer les visions qui le tourmentent
depuis bien longtemps. Après avoir tué l'Hydre
sans pour autant que ces pensées terribles l'abandonnent,
il implore sa déesse protectrice Athena de l'en libérer.
Celle-ci lui demande alors d'accomplir une dernière mission :
Arès est en train de dévaster la cité d'Athènes,
et comme Zeus a interdit aux dieux de se faire la guerre entre
eux, c'est vous, son champion, qui devrez tuer le dieu de la
guerre et sauver la cité.

Votre ennemi principal dont la traduction anglaise du statut sert de titre
au jeu. |

De la violence et du sexe ! Mais n'espérez
rien bande de pervers ! Tout ce que vous verrez ce
ne sera que le pot en haut à droite ! |
Vous
partez donc en route pour Athènes, bien décidé
à mettre un terme à l'agissement de ce dieu méprisable.
Une fois sur place, vous constatez que c'est la panique totale,
les gens courent en tous sens et la cité est en proie
aux flammes. Après avoir frayé votre chemin, vous
voyez le fameux dieu de la guerre détruire tout sur son
passage. Vous iriez alors volontiers lui dire deux mots, mais
il y a un petit problème : sa taille équivalente
à celle de Godzilla et son statut de dieu vous rappellent
qu'il est capable de vous tuer en une pichenette. Vous devez
donc trouver l'oracle d'Athènes, qui connait un artefact
assez puissant pour tuer un dieu. Le jeu n'est donc pas uniquement
basé sur le bourrinage pur et simple, des phases de plates-formes
et des énigmes seront là pour vous titiller pouces
et méninges.

« Arès, vous paierez pour ce que vous avez fait ! » |

La partie la plus dure du jeu. Vous allez piquer une crise sur ce passage,
je le sais, c'est du vécu ! |
Une beauté
digne d'un dieu
God
of War est certainement l'un des plus beaux jeux de la Playstation
2. Bourré de détails, servi par des effets de
lumière hallucinants, et une fluidité permanente.
Et tout ça sans aucun temps de chargement ! Enfin
presque, il y en a bien quelques-uns mais qui durent deux secondes.
La camera étant automatique, on peut utiliser le joystick
droit pour faire des esquives très utiles sans être
dérangé par la gestion des angles de vue, et ceux-ci
sont toujours bien choisis. Je vous tire mon chapeau (même
si je n'en ai pas), messieurs de chez Sony Santa Monica, vous
avez dû faire des douzaines de beta tests et je
vous en remercie du fond du cœur ! Les musiques sont quant
à elles absolument magnifiques et s'accordent parfaitement
à l'environnement dans lequel on évolue. Composées
de chœurs accompagnés par un orchestre, elles sont épiques,
rendent l'action plus intense, nous font savourer la victoire,
émus par la beauté de cette bande-son parfaitement
en symbiose avec le jeu. Une expérience unique.

Des décors sublimes pour un jeu tout aussi sublime, logique ! |

Seul dans le désert des âmes perdues, vous recherchez les sirènes
en vous laissant guider par leur chant. Expérience flippante... |
Tout
au long de l'aventure, Kratos recevra des pouvoirs offerts par certains dieux.
Il pourra donc déchaîner une vague d'électricité, lancer
la foudre de Zeus, pétrifier tous ceux qui regarderont la tête de
Meduse qu'il aura lui-même arrachée ou invoquer l'armée des
morts d'Hadés ! Vous pourrez aussi vous battre avec la lame d'Artemis,
seule arme optionnelle du jeu. En ouvrant des coffres et en tuant des ennemis,
Kratos obtient des orbes rouges. Ces orbes, lorsque vous en avez un certain nombre,
peuvent servir à rendre votre magie ou vos armes plus puissantes, les améliorant
et en leur conférant de nouvelles techniques.
Conclusion et
bonux
Bien
qu'il puisse se vanter de faire partie des meilleurs jeux de
la PS2, God of War n'est pas exempt de défauts, parmi
lesquels la courte durée du jeu. On a beau savourer les
parties, on finit toujours trop tôt. Si vous choisissez
le mode normal, vous en aurez tout de même pour une dizaine
d'heures même en vous dépêchant. D'autre
part les boss, même si chaque bataille contre eux est
absolument dantesque, sont trop peu nombreux. Restent les bonus
qui ont de quoi faire plaisir : vous y trouverez un making-of du jeu, une vidéo présentant les niveaux rejetés,
un cimetière de monstres eux aussi rejetés, les
origines de Kratos, des costumes complètement loufoque
et j'en passe...


God of War fait partie de ces jeux
sur console qui tiennent le 60 images/seconde alors qu'ils sont
tellement beaux qu'on leur aurait pardonné de saccader.
God of War fait partie des titres 128-bits impossibles à
ignorer, son scénario, ses graphismes et son intensité
font de lui une veritable légende de la PS2. Ce succès
n'est pas resté sans lendemain : un deuxième opus
est sorti sur la même console et le troisième épisode
est prévu sur PS3 à l'heure où ces lignes
sont écrites. Kratos est aussi présent sur PSP,
et pourrait même un jour apparaître sur le grand
écran. On peut dire que le fantôme de Sparte a
un bel avenir devant lui.
Shadonic,
qui attend avec impatience God of War III