F.O.G. est l’un des wargames les plus attachants
de l’histoire des jeux vidéo. Développé en Angleterre et édité par
microprose en 1993, Fields of Glory tranche avec la production de l’époque. De
nombreux joueurs vont alors pouvoir découvrir le wargame à travers un jeu conçu pour
être beau et simple à jouer. Simple dans son ergonomie mais relativement complexe dans ses
possibilités stratégiques.
F.O.G. vous place dans la peau de Napoléon
à une période que les historiens appelleront les 100 jours. En 1815, Napoléon
de retour de son exil de l’ile d’Elbe rentre à Paris en triomphe et rassemble ses forces afin de
vaincre ses ennemis européens : les Anglais et les Prussiens. La campagne de Belgique durera cent
jours et se terminera tragiquement à Waterloo.
F.O.G. se présente comme un jeu de stratégie
temps réel : à l’inverse des wargames traditionnels, tous les ordres sont donnés
en direct et vos troupes les accomplissent instantanément : il n’y a pas de tour par tour. Aucune
gestion logistique n’est présente, le joueur se concentrant directement sur la bataille. Celles-ci,
excepté le premier niveau, sont inspirées de batailles réelles (Quatrebras, Ligny...)
et vont croissant dans la complexité jusqu’à la célèbre bataille de Waterloo
où le joueur peut changer le cours de l’histoire. Pour diriger
votre armée, le jeu permet de donner des ordres à plusieurs niveaux de commandement (Close
Quarter System Combat) : en fonction du zoom avec lequel vous regardez la bataille vous pouvez agir au
niveau des bataillons, des corps d’armées ou même de l’armée entière (à
cette époque les forces françaises étaient organisées en plusieurs armées).
Si vous les laisser, vos soldats continuent à se défendre ou attaquer en fonction du dernier
ordre que vous leur avez donné. Même si l’I.A. n’était pas toujours très brillante,
le système de commandement fonctionnait correctement. Le joueur maîtrisait également
le temps pouvant l’accélérer afin d’avancer dans la bataille.
La hiérarchie militaire, les uniformes,
les officiers et leurs biographies, les formations des bataillons tout est conforme à l’Histoire.
Le souci du détail historique, sans être pesant, est extrême à tel point
que le manuel cite une imposante bibliographie et qu’il est préfacé par un historien. De
plus, le joueur a accès à une base de donnée sur les différents corps d'armée
ainsi que les généraux et officiers en présence, une véritable mini-encyclopédie. Les graphismes sont excellents et permettent une représentation très
fine des batailles, on y voit les soldats se mettre en ligne, les cavaliers charger, les canons tirer,
bref un vrai combat très animé. On y retrouve un peu l’esprit "soldat de plomb" où
des centaines de soldats sont alignés.
Le terrain à son importance dans l’élaboration
des stratégies : on peut planquer ses soldats dans un bois, les retrancher dans une bâtisse,
mettre son artillerie sur une colline… les ponts deviennent des éléments capitaux dans une
bataille. Les différentes formations des bataillons sont prises
en compte ainsi que le moral des troupes : dans la bataille les soldats ne vont pas au casse-pipe sans
broncher. Devant un ennemi supérieur ou un bombardement, une charge de cavalerie, il arrive que
vos soldats s’enfuient.
Pour vaincre et remporter une bataille il faut donc combiner ses différentes
forces (artillerie, infanterie, cavalerie) et planifier une vraie stratégie en tenant compte du
terrain, de l’adversaire et de ses hommes : un vrai challenge.
A l’époque, F.O.G. fut vraiment
révolutionnaire et il reste dans le domaine des wargames napoléoniens une véritable
exception. A la lourdeur du traditionnel système tour par tour il substitue le principe du temps
réel.
A noter que Sid Meir s’inspira fortement de F.O.G.
pour réaliser Gettysburg en 1997, wargame qui connut un grand succès critique. F.O.G.
est donc l’un des plus originaux wargames de l’histoire, un de ces jeux qui, à leur manière,
font avancer les choses…
Enfin la version Amiga parue en 1994 fut une
adaptation un peu ratée surtout au niveau de l'I.A. et du système de commandement moins
performant que sur PC.
Djib