Epic Pinball
Année : 1993
Système : PC
Développeur : Epic Megagames
Éditeur : Epic Megagames
Supports : Disquettes |
Mario,
Sonic, et tous les autres, c'est sympa, mais au bout
d'un moment l'implacable combat de l'homme face à la
machine de pistons et de métal se fait sentir : c'est
l'appel du flipper. Tout y est : le bistrot enfumé,
le demi au comptoir, et la clope sur le bord de la vitre ;
tout, sauf... la thune. Que faire lors des fins de mois difficiles
? Une seule solution : Epic Pinball !
Epic
Megagames, qui a forgé sa réputation grâce
au système de distribution si révolutionnaire
du shareware (pratique qui a consisté en la distribution
de jeux et d'applications par correspondance, après
avoir proposé une version bridée mais gratuite),
avec des titres comme Jill
of the Jungle et One
Must Fall 2097, s'attaque au marché florissant
mais monopolisé par 21st Century et leurs Pinball
Dreams et autres Pinball Fantasies.
Pas
évident, alors, de faire son trou alors que la concurrence
est rude : mais Epic va jouer sur les faiblesses des autres
prétendants : la diversité. Grâce à
Epic Pinball, le joueur va avoir accès
à pas moins de treize tables ! Avec des scrollings
moins vastes, qui permettent un contrôle plus facile
de la bille, des flippers aux styles radicalement différents,
à la résolution graphique bien plus fine que
ses concurrents, et un environnement sonore marqué
du sceau des demomakers (ces groupes qui s'illustrent dans
la création de clips sur ordinateur aux musiques électroniques),
Epic Pinball devient rapidement la référence
des flippers en cette année 1993.
Tout
est là : l'affichage digital, les tilts hyper sensibles
au milieu comme sur les côtés, et la possibilité
de jouer à quatre et de sauvegarder ses scores. Il
y a encore des sceptiques ? Jugez plutôt à la
présentation des tables ci-après...

Super Android
Super Android, la première des treize tables d'Epic
Pinball, et qui a d'ailleurs connu des modifications
depuis la première version du jeu (notamment la
pitite cache au milieu à gauche), plaira aux accros
de la rampe. Deux bumpers et trois cibles pour six rampes,
ici le joueur va accumuler de l'énergie au moyen
de séquences précises (suivre les flèches
rouges).
Attention, Super Android est une table rapide, où
la bille en fer peut facilement partir en tout droit...
Une bonne table, qui paraît simpliste au premier
abord, mais qui demande de la rigueur, très bonne
pour s'échauffer. |
Crash 'N Burn
Avec Crash 'N Burn, on aborde une table technique et difficile.
Dans la peau d'un pilote de F1, il va falloir pousser
la vitesse au maximum pour enchaîner les pole-positions
et les victoires. Mais à la manière d'un
champion de grand prix, le joueur doit gérer parfaitement
les angles, particulièrement retors. Avec un panneau
central dégagé, et à l'aide de deux
pâles supplémentaires (dont une ridiculement
petite), ici tout se joue à la capacité
du joueur à claquer la bille dans des angles précis,
et ce avec une forte vitesse.
Dans Crash 'N Burn, les scores peuvent afficher de gros
écarts, selon que l'on soit en forme ou non...
pour des joueurs expérimentés. |

Excalibur
Amateurs
de flippers de la vieille époque, réjouissez-vous
! Voici Excalibur, qui exploite toutes les caractéristiques
des vieux Bally et consorts. Sur le thème classique
de l'épée mythique du Roi Arthur, Excalibur
ne possède aucune rampe élevée, ce
qui la rend caractéristique des tables antiques
; seule la glissière de fond, ainsi qu'un autre
plus petite entourant les bumpers, permettent à
la bille de prendre de la vitesse, et d'enclencher ainsi
le tourniquet. N'oublions pas la bille de force à
son opposé, un autre grand classique des tables
d'antan.
Une table certes sommaire, mais qui présente des
objectifs simples et clairs. Les vrais défis se
relèvent souvent sur cette table, où il
n'y a pas de place pour les artifices. |

Pot of Gold
Pot of Gold est une table déconcertante. Avec grande
glissière extérieure, ses deux rampes plates
intérieures, et surtout sa double boucle imbriquée,
les passionnés des circuits elliptiques seront
comblés. Mais mis à part son design surprenant
et sa palette sonore au goût discutable, ainsi que
son thème de jeu original, Pot of Gold est une
table un peu confuse, où l'on ne saisit pas toujours
très bien les objectifs à remplir.
Table moderne et originale, Pot of Gold compte sûrement
autant de fans que de détracteurs. |

Magic
Ahhhhh,
Magic. Je ne cacherai pas plus longtemps mes sentiments
particuliers pour cette table si atypique. Magic se définit
tout simplement comme l'ancêtre d'Excalibur, qui
brillait déjà par son design vieillissant.
Ici, il n'y a même plus de glissière, juste
six bumpers, un sélecteur de points, et une cible
bonus ; sans oublier, bien sûr, les ineffables lettres
multiplicatrices d'entrée qui ne peuvent être
activées qu'une fois par bille. Et comme il n'y
a pas de coursives de secours aux extrémités
des pâles, la sortie est sanctionnée immédiatement.
Magic, c'est le duel contre la machine, le un-contre-un
technique où chaque point se mérite. Pas
d'effets spéciaux, même pas de musique, ici
c'est du sérieux. Une table géniale, pour
les vétérans. |

Jill of the Jungle
Bon, alors, les p'tits farceurs de chez Epic n'ont pu
s'empêcher de rendre hommage à leur égérie
: Jill
of the Jungle, qui a fait les beaux jours
de la plate-forme sur Pécé. Alors,
entre deux grandes rampes, peintes sur le grand plateau,
on y trouve les principaux ingrédients qui ont
fait le succès de la belle, ambiance sonore comprise.
Malheureusement, l'on s'aperçoit vite que cette
table reste un peu trop vide. Pas de grandes quêtes,
ni de gros défi à relever, ainsi qu'une
certaine répétition dans les actions font
que Jill of the Jungle ne se montre pas à la hauteur
de ses espérances.
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Deep Sea
Deep
Sea, avec ses graphismes tendances bandes dessinées,
ses couleurs bleues pastel, et ses deux grandes rampes,
convient parfaitement aux novices, ainsi qu'à celles
et ceux qui n'en peuvent plus de perdre la bille trop
rapidement. Tout y est fait pour rassurer le joueur :
les bumpers protégés dans leur petit enclos
donnent le maximum de points, les cibles et les trous
engagent les objectifs, et les fameuses rampes qui cassent
le semblant de rythme que la bille, en plastique, pourrait
prendre. Quant aux coursives de sortie, leurs entrées
étroites conjuguées avec les rebonds de
la bille font qu'elles sont rarement empruntées.
Deep Sea propose des parties plaisir d'une incroyable
longévité (à éviter à
plusieurs), où l'on a vraiment l'impression d'être
une bête de flipper. |

Enigma
Jusqu'ici, l'objectif d'un jeu vidéo sur la thématique
des flippers était de coller le plus près
possible à la réalité, en essayant
de proposer des sensations comparables à ces nobles
machines de café.
Mais Epic Megagames, qui ne recule devant rien, ose l'impensable
et crée une table totalement irréelle :
Enigma.
Avec ses formes surréalistes, et ses téléportations
improbables, Enigma demande au joueur de claquer les bumpers
qui apparaissent au gré des niveaux. Avec un challenge
novateur, et particulièrement difficile, cette
table offre un défi intriguant, certes inintéressant
à plusieurs, mais qui peut se révéler
fascinant en solo.
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Cyborgirl
Première
des cinq nouvelles tables ajoutées dans la dernière
version d'Epic Pinball, Cyborgirl marque
la différence graphique, et cherche à équilibrer
la prédominance des tables classiques avec un challenge
plus moderne, remplie de demi-rampes et de couloirs de
fond.
Le thème comme l'architecture rappelle Super Android
; l'absence d'objectifs précis recentre le débat
sur le cumul de points. Cette table se distingue également
par la surprotection de la bille : pas de coursive de
sortie à gauche, et un pont de redirection protège
les premières erreurs sur le côté
droit. Les débutants seront ravis de pouvoir s'exprimer
sur Cyborgirl. |

Pangaea
Malgré son design particulier, et son thème
jurassien discutable, Pangaea justifie clairement sa présence
par sa table rapide, couplée à une bille
particulièrement lourde. Ici, tout se joue à
la rampe, les objectifs se débloquent et se maîtrisent
grâce aux symboles éclairés qui indiquent
les combos à réaliser.
Attention, toutes les rampes sont dirigées, à
leur source, vers le puits central ; toute lancée
qui n'est pas franche revient dangereusement vers la sortie.
Et comme les élastiques latéraux ne sont
pas bien grands, mieux vaut savoir comment contrôler
sa bille. Une table difficile, et intéressante. |

Space Journey
A
l'inverse de Pangaea, Space Journey se présente
de prime abord comme une table très esthétique,
avec moult dégradés de couleurs, et des
formes de rampes alléchantes. Malheureusement,
l'aventure spatiale tourne vite court, puisque l'on s'aperçoit
rapidement que Space Journey souffre de trajectoires implacables,
et ce dès le premier lancement. Alors que la rampe
de gauche est quasiment inaccessible, les coursives de
sortie le sont bien trop souvent. De plus, l'ajout d'un
point de butée, façon Pinball
Dreams et Pinball
Fantasies, déstabilisera les joueurs
qui n'y sont pas habitués, et renforcera l'idée
que cette table fait tout pour raccourcir les parties. |

Toy Factory
Moins expéditive que la précédente,
Toy Factory subit tout de même encore quelques trajectoires
directes inévitables. Ainsi, malgré son
thème prometteur, il faut bien avouer qu'il ne
se passe pas grand-chose dans cette fabrique de jouets.
Dommage, car face aux autres tables présentes dans
Epic Pinball, Toy Factory se retrouve
reléguée au rang des flippers moyens. |

African Safari
Dernière
arrivée des cinq tables rajoutées, African
Safari ne bouleversera pas plus l'ordre établi,
sûrement à cause de son entrée en
matière calamiteuse. Il faut bien avouer, aussi,
qu'en orientant la rampe de lancement directement sur
le puits central, même symboliquement protégé
par un point de butée, ne constitue pas la meilleure
idée de nos amis de chez Epic.
Malgré ses rampes fantaisistes, et ce joli lion
si bien dessiné, African Safari, ainsi que ses
deux précédents collègues, ne valent
pas tripette comparées aux autres tables de la
collection Epic Pinball. |
Silverball
Année : 1993
Système : PC
Développeur : Epic Megagames
Éditeur : Epic Megagames
Supports : Disquettes |

À
quelques mois près, Epic Megagames, devant le succès
d'Epic Pinball, se risque à la sortie
d'une version commerciale, directement distribuée en
magasins, et nommée Silverball. Livrée
avec cinq tables à la base, la dernière version
de Silverball connaîtra deux flippers
supplémentaires transfuges d'Epic Pinball,
soit un total de sept plateaux.
Si la technique n'a pas évolué, le moteur étant
le même que son prédécesseur, Silverball
se justifie par des tables différentes, et au moins
aussi intéressantes que les précédentes...

Fantasy
Fantasy,
c'est un peu l'équivalent de Super Android dans
Epic Pinball : une table standard, ni
mauvaise, ni exceptionnelle. Fondée sur l'univers
héroic-fantasy, cette table propose, selon votre
niveau, soit un bon challenge, soit un échauffement
de qualité.
Fantasy, c'est un savant mélange, très bien
équilibré, entre une belle rampe, une glissière,
quelques trous et des bumpers ; quelques objectifs intéressants
sont à remplir, grâce au livre de magie ;
le but étant de faire grimper au maximum le multiplieur.
Force est de constater que Fantasy est toujours agréable
à jouer, mais il lui manque ce petit plus qui lui
permettrait d'accéder dans la sphère des
tables exceptionnelles. |

Nova
Chose étonnante, certaines versions (dont les dernières)
de Silverball n'ont pas réussi
à intégrer correctement la table Nova. Quel
dommage, car ce plateau est intéressant, du moins
pour celles et ceux qui se concentrent sur la précision
lors d'une partie de flipper. Dans cette reconstitution
d'aventure spatiale, tout est une question de rampes.
Le problème est que ces éléments
sont enchaînés, et que par conséquent,
tout démarre par la rampe centrale, un passage
obligé qu'il faudra absolument maîtriser.
Nova, c'est un peu comme Crash 'N Burn : de la précision,
du timing, avec des objectifs longs à tenir, cette
table est faite pour les minutieux. |

Blood
Blood,
c'est le paradis de la rampe. C'est aussi une table remplie
de fun, malgré son aspect dépouillé,
et son thème assez vague. Tout y est : trois rampes,
des bumpers, une coursive et des cibles, pas de quoi s'ennuyer.
Blood, c'est une table qui ne propose pas d'objectifs
subliminaux, mais qui est particulièrement pensée
pour les points. Cette table propose un challenge à
l'ancienne, mais avec une technologie récente.
Alors, pour celles et ceux qui n'ont pas peur du tout
droit, Blood est un terrain propice à l'affrontement
sans vergogne. |

Snooker Champ
A l'instar d'Excalibur ou de Magic, Snooker Champ fait
partie de mes préférées, puisqu'elle
officie dans un genre que, décidément, Epic
a su maîtriser : le rétro-flipper.
J'irais même jusqu'à affirmer que Snooker
Champ surclasse ses congénères dans le domaine,
tant l'agencement de cette table est réussie :
pas de rampe superflue, pas même une seule coursive,
mais des bumpers, des couloirs, des loquets et une pléthore
de cibles qui constituent le coeur de cette table.
Si l'on ajoute un design particulièrement soigné
(qui rappellera Eightball Deluxe, dans un thème
similaire), et un fun incroyablement présent, Snooker
Champ est LA table incontournable de Silverball. |

Odyssey
Odyssey,
c'est une table qui m'a toujours intrigué. Avec
un design particulier, sur la thématique de la
mythologie grecque, il faudra ici rassembler différents
artefacts symboliques grâce à des combos
de rampes et de coursives. Pas de bumper, à peine
quelques cibles et une pâle supplémentaire,
le joueur devra tout miser sur les rampes et sur leurs
enchaînements..
Une fois encore, il manque un je-ne-sais-quoi pour transformer
Odyssey en une table incontournable. Celle-ci reste tout
de même plaisante, il n'aurait fallu pas grand-chose
pour qu'elle devienne un chef d'oeuvre. |

Warbot
Celles et ceux qui ont suivi cet article avec assiduité
auront aisément reconnu la table Excalibur, qui
a juste subi un lifting graphique pour l'occasion. Aucun
changement n'a été apporté à
la table en elle-même. Personnellement, je préfère
la thématique des Chevaliers de la Table Ronde. |

Duel
Quant
à Duel, il s'agit ni plus ni moins que de Magic,
avec un légère modification dans le coin
supérieur gauche. Rien de fondamentalement bouleversant,
me direz-vous, et vous aurez raison.
Encore une fois, je donnerai l'avantage au premier arrivé,
même si, sur ce coup-là, c'est plus serré.
Il est dommage qu'Epic se soit contenté d'adapter
purement et simplement une table existante, même
si cela signifie que Magic, tout comme Excalibur, méritaient
de figurer dans la version commerciale.
|
Tonton
Ben
Note:
pour de plus amples détails sur ces machines diaboliques
(réelles ou virtuelles) que sont les flippers, n'hésitez
pas à consulter l'article sur les flippers
et simulations de flippers, ainsi que celui sur la Pinball
Extravaganza 2004.
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