Marre
des jeux en troidé avec des grosses textures hyper réalistes ? Assez
des shoots en rézo avec des mecs toujours plus balaizes que vous, qui collent
des headshots à travers les caisses (qui a dit expérience personnelle)
? Ras-le-bol des bandes sons orchestrales symphoniques qui accompagnent les dernières
réalisations ? J’ai ce qu’il vous faut : Par Epic Megagames
(rebaptisé Epic Games), les créateurs ou éditeurs de jeux
tels que Unreal, One
Must Fall 2097, JazzJack Rabbit, Epic Pinball, ou encore
ZZT (leur première production)...


Ah, le doux visage de Jill...
Les pommes permettent de regagner de la vie.
La femme de
Georges de la Jungle ?
Pas
vraiment, enfin, Jill ne fait pas autant de gaffes. Jill of the Jungle
forme une trilogie avec Jill goes Underground et Jill saves the Prince,
des jeux de plates-formes sans prétention mettant en scène une délicieuse
héroïne évoluant dans un univers hostile. Si le premier volet
familiarise le joueur avec les commandes en alternant extérieurs, grottes
et donjons, le second expédie notre plantureuse top-model sur la lune (avec
les lapins !) puis dans des cavités sans fin, pour terminer son aventure
à l’air libre face à démons et consorts. Chaque épisode
contient au moins une dizaine de niveaux.


Une bien belle position.
Des décors psychédéliques.
Un jeu ? Sur
Pécé ? C’est possible ?
Opérant
ici dans le rayon pauvre du Pécé, puisque longtemps considéré
comme incapable d’afficher un scrolling correct, Jill of the Jungle nous
offre tout ce que le jeu de plate-forme propose sur les autres supports : des
niveaux tordus avec moult manœuvres de sauts calculés, des ennemis
coriaces que l’on pourra occire grâce aux deux armes proposées
dans le jeu (couteau-boomerang et lames de jet), des portes, clés, interrupteurs...
avec en plus l’option de sauvegarde à tout moment. Jill peut regarder
en haut et en bas, grimper à la corde, et connaîtra même la
joie de la transformation, notamment en oiseau de feu capable de voler jusqu’à
des passages inaccessibles et de tirer des boules (de feu, bien sûr). Ici,
pas de violence excessive, on explore des mondes étranges et oniriques,
on prend son temps et on admire l’héroïne, qui a le bon goût
de changer de maillot de bain à chaque épisode.


Argh, un démon !
Je ne me lasse pas de la grimpette...
Beurk, encore
du rétrogaming en quatre couleurs...
Graphiquement,
on reconnaît ici la patte du monde du shareware : des graphismes colorés,
des tentatives de dégradés de couleurs, et –Pécé
oblige-, une finesse dans tous les éléments du jeu. Ce qui rend
le jeu souvent épuré, l’absence de décor de fond renforçant
l’impression. Certes, le sprite du personnage est petit, et les environnements
semblent simplistes; mais nous avons ici un jeu fait sur Pécé, pour
le Pécé, le tout en VGA s’il vous plait. La maniabilité
est très bonne si l’on s’accorde une légère période
d’adaptation. On est d’abord surpris par le graphisme, nos pitits
yeux étant habitués aux productions Amiga ou ST; puis on essaie
la bête, on parcoure le premier niveau, et au bout d’une heure on
sauvegarde, en se jurant de le finir. Il y a comme un petit goût de Keen
Commander, mais en plus beau et en moins détaillée (bizarre,
non ?).


Jill meurt dans d’atroces souffrances...
La map, exclusivité de l’épisode 3
... avec une
exploitation ehontée du buzzer PC...
L’environnement
sonore de Jill of the Jungle est quelque peu déconcertant. Donnant l’impression
d’avoir été odieusement hacké, le jeu propose si l’on
possède une Soundblaster (ça fait rire maintenant, mais en 1992
c’était pas évident !) des sons générés
par le 'noise maker' avec moult digitalisations sonores incongrues. Il est possible
de jouer avec, pratique pour énerver le p’tit frère ou les
voisins. Musicalement, on a droit à des mélodies très demomaker,
un style que l’on retrouvera dans Epic Pinball, Silverball
et One Must Fall 2097 principalement. (ndJC: on notera pour éviter
toute confusion qu'Epic Pinball et Silverball ont été développés
par Digital Extremes, une société qui travaille régulièrement
en collaboration avec Epic depuis 1993, et plus récemment sur la série
des Unreal. One must fall 2097 est l'oeuvre de Diversions Entertainment. Par ailleurs
les compositeurs de ces musiques sont des personnes différentes et la ressemblance
tient plutôt du hasard, ou tout au plus d'une volonté de conserver
un certain esprit musical). A propos d’Epic Pinball, sachez qu’une
table nommée Jungle Pinball est dédiée à Jill, reprenant
les divers éléments qui caractérisent le jeu.


Va falloir se farcir le crabe (lol).
Moi je préfère le maillot rouge, et vous ?
Bon ben moi
je retourne sur ma Gamecube...
Si
Jill of the Jungle paraît totalement désuet aujourd’hui, remis
dans son contexte, ce titre a offert la joie aux possesseurs de Pécé
(comme moua) des sensations de plates-formes, avec la marque de fabrique Shareware
: peu de moyens, mais beaucoup de talent. C’est le plaisir de jeu qui prime,
et au vu de la concurrence commerciale de l’époque, avec des boîtes
comme US Gold (cf. l’intégralité de leur catastr... catalogue)
ou encore Ocean (je pense à Terminator 2), les p’tits gars de chez
Epic ont sauvé le plaisir de jouer sur Pécé. Ils confirmeront
leur talent dans ce domaine avec JazzJack Rabbit, surnommé le ‘Sonic’
des ordinateurs personnels. Ca, c’est du titre bien mérité.
Tonton Ben, qui cherche désespérément
le numéro de téléphone de Jill.