Aux origines :
les Trois Royaumes
Avant
de parler de la saga Dynasty Warriors, il convient
de faire un détour sur ce qui a servi de base à la saga
de Koei : Les Trois Royaumes.
Qu'est ce que Les Trois Royaumes ? Tout d'abord, il s'agit d'une
période de l'histoire de Chine s'étalant de 220 à
265 ap. JC. Commençant avec la chute des Han, voyant
la séparation de la Chine en trois royaume avant d'être
réunifiée par la dynastie Jin. Évidemment,
c'est un résumé de l'histoire que je vous livre, cette
période de l'histoire du pays est très riche en événements
politiques et militaires. C'est aussi dans cette période qu'émergeront
de nombreuses icônes de l'histoire de la Chine et où
l'on retrouve de hauts faits stratégiques comme la
bataille de la falaise rouge ou 60 000 soldat vinrent à
bout d'une armée de 500 000 hommes. Bref, tout raconter en
détails prendrait énormément de temps. Juste
à titre de comparaison, la période des trois royaumes
n'est pas sans rappeler les triumvirat de la Rome Antique
qui conduisirent à la mise en place de l'Empire Romain.
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L'état
de la Chine en 262 |
Mais
les Trois Royaumes, c'est aussi un roman du XIVème siècle
(Romance of the Three Kingdoms) de Luo Guanzhong. L'auteur
relate les événements de la période en romançant
les relations entre les personnages et en extrapolant leurs exploits.
Aussi instructif du fait qu'il respecte la chronologie des événements
que divertissant, le roman des Trois Royaumes est une des œuvres
les plus importante de la littérature chinoise et dont l'influence
a dépassé le pays pour toucher toute l’Asie orientale.
Là encore, il faudrait un temps quasi infini pour détailler
cette vaste œuvre dans ses détails et il n'y a pas vraiment
de point de comparaison dans le genre. Évidemment, l’œuvre
a eu droit à énormément d'adaptations : théâtre,
cinéma... Les énumérer serait ardu, d'autant
plus que peu d’œuvres ont traversé le Pacifique
(ou le territoire Eurasie au choix.).
Dans
le domaine du jeu vidéo, il y a bien sûr eu des adaptations
fondées sur cette œuvre mais là encore, peu ont
quitté le territoire asiatique. Arrivées dans nos contrées,
on retiendra entre-autres Les Trois Royaumes : Le Destin
du Dragon, wargame très inspiré des Ages
of Empire dans le fond et la forme, réalisé
par les studios chinois Object Software.
Mais
le développeur qui a sans doute son nom le plus lié
à l'épopée des Trois Royaumes c'est Koei.
En 1986, l’éditeur sort sur MSX (puis Famicom et de nombreuses
autres machines) Romance of the Three Kingdoms (Sangokushi
en VO), premier épisode d'une grande saga qui encore voit de
nouveaux épisodes sortir aujourd'hui. Dans ces jeux, vous incarnez
un seigneur de guerre, dont vous gérerez la carrière.
Dans les derniers épisodes, il est tout aussi possible de devenir
dirigeant que ministre, ou rester mercenaire. Fomenter un coup d'état
ou conseiller votre maître. Diriger les armées, la diplomatie
ou l'économie. Se lier d'amitié avec d'autres généraux
ou devenir rivaux. Les possibilités sont nombreuses, tout comme
les situations. Un Empereur peut vous récompenser pour vos
résultats en vous accordant une promotion tout comme il peut
vous placer dans une ville éloignée par peur que vous
ne preniez le pouvoir au vu de votre popularité.
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Images
du second épisode sur NES et du neuvième sur PS2 |
Mélange
de Gestion, Wargame et RPG, les Romance of the Three Kingdoms
sont des jeux riches, très riches. C'est à la fois leur
avantage et leur inconvénient. Avantage car on a vraiment l'impression
de participer à l'Histoire à la manière d'un
Civilization (d'autant plus
que l'on créé soi-même son personnage) et chaque
partie offre un déroulement différent.
Inconvénient car cela en fait des jeux pas forcément
accessibles à tout un chacun. D'autant plus que bien que l'on
ait eu droit à quelques épisodes en France (le VIII
sur PS2 et le XI sur PC, parmi les plus récents), ils sont
restés dans la langue de Shakespeare. Or, si ceci ne pose pas
de problème dans un jeu de baston, dans un jeu bourré
de textes, de subtilités, d'éléments importants,
et qui de plus a tendance à employer un langage soutenu, c'est
un autre souci.
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Les
rares épisodes sortis en France ces dernières
années. |
Mais
Koei ne s'arrêtera pas à cette série pour exploiter
la richesse de l'univers et sortira d'autres jeux fondés sur
les Trois Royaumes dont Dynasty Warriors qui est
sans doute la série la plus connue à travers le monde.
Dynasty
Warriors (Sangokumusou)
(Playstation - 1997) |
Cela
peut paraître bizarre, mais le premier Dynasty Warriors
sorti n'est pas vraiment un Dynasty Warriors. Bien que développé
et édité par Koei* et fondé sur les Trois Royaumes,
Dynasty Warriors 1 (appelé au Japon Sangokumusou)
est un beat'em up 1 contre 1 à l'arme blanche à la manière
d'un Souledge. On y retrouvera
cependant les principaux protagonistes de la saga plus quelques invités
comme Nobunaga (oui, le shogun japonais).
Loin d'être mauvais pour l'époque mais pas renversant
pour autant, le jeu ne laissa pas un souvenir impérissable.
*
pour être plus précis, le jeu est développé
par Omega Force, un studio interne à Koei.
Dynasty
Warriors 2 (Shin Sangokumusou)
(Playstation 2 - 2000) |
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C'est trois ans plus tard que sort donc la suite de Dynasty Warriors.
La surprise est double. D'une part, parce que personne n'attendait
vraiment une suite à Dynasty Warriors (c'est tout juste si
on s'en souvenait à l'époque), mais la seconde surprise,
c'est que le jeu n'a plus rien à voir avec son prédécesseur.
En fait Dynasty Warriors 2 invente tout simplement un nouveau genre,
le beat'em all massif (ou Beat 'em all épique).
Dans Dynasty Warriors 2, vous jouez le rôle d'un officier propulsé
en plein champ de bataille et devant faire face à l'armée
adverse. Quand on parle d'armée, c'est au sens littéral.
Ce ne sont pas quelques types que vous affronterez à chaque
niveau mais des centaines. Heureusement, les personnages que vous
maniez sont tout sauf des petits joueurs et la plupart des soldats
ne résisteront pas longtemps à vos assauts. C'est ça
le Beat'em all massif : être seul contre 100 et faire mordre
la poussière aux ennemis par paquets de 10. Tout ceci fait
ressortir un fort sentiment de puissance purement jouissif, un côté
gros-bill immédiat, l'impression de se croire dans
Rambo 3 et de balancer : « J'en ai
tué combien ? 500 ?! J’étais pas en
forme »
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Hop
: 3 d'un coup, les autres vont suivre. |
Bien
sûr, si l'on n'avait qu'à charcuter des sbires qui n'ont
rien trouvé de mieux que de réduire leur espérance
de vie en vous faisant face, tout cela serait un peu trop facile.
Vous êtes dans une armée, et votre but, c'est de lui
éviter la défaite. Et pour cela, il va falloir faire
plus que botter le cul de quelques soldats.
La principale chose qu'il faudra faire, c'est gérer le moral
de l'armée, désigné par une barre bleue et rouge.
Plus la barre bleue prend sur la rouge, plus votre armée aura
du moral, se battra mieux et par conséquent évitera
les pertes et gagnera les combats. À l'inverse, moins le moral
sera grand et plus l’ennemi brisera facilement vos lignes.
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Là,
par exemple, la situation n'est pas glorieuse, plus beaucoup
de PV, Un moral de l'armée bas (en haut a gauche) et
des troupes ennemies qui ont quasiment recouvert la carte. |
Pour
augmenter le moral, il y a plusieurs méthodes.
La première, c'est d'atteindre un palier de 100 soldats abattus.
C'est une méthode qui demande peu de risques, mais ce n'est
pas la plus efficace.
Une autre technique consiste à détruire les zones d'arrivée
de troupes ennemies en tuant les gardiens de porte. Non content d'augmenter
le moral, cette méthode permet de faire basculer le nombre
de troupes en votre faveur. Il y a plus de risques dans la mesure
où, pour être rapidement efficace, il faudra pénétrer
dans les lignes ennemies.
Mais la technique la plus efficace est sans doute d'éliminer
les officiers ennemis. Mais là, c'est une autre histoire que
face aux soldats de base. En effet, les officiers sont plus résistants,
font plus mal et en plus hésitent beaucoup moins à frapper
que leurs sous-fifres. C'est face à eux qu'il faudra user des
subtilités du gameplay.
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Les
flèches représentent les arrivées de troupes,
les trapèzes les officiers. |
Oui,
car si on peut à l'instinct tamponner toujours le même
bouton, le jeu va plus loin que ça. En effet, selon le moment
où vous appuyez sur le bouton des coups forts, vous sortirez
une attaque chargée dont l'effet variera, un élément
à prendre en compte, surtout que certains coups feront place
net.
Il est aussi possible de tirer à l'arc, pas forcément
glorieux mais ça peut être utile dans certains cas.
Mais surtout, ce qui vous sauvera les fesses, c'est le musou.
En dessous de votre jauge de vie se trouve une autre jauge qui se
remplit au fur et à mesure que vous lattez du soldat et donnez
des coups. Une fois remplie, vous pourrez sortir une furie dévastatrice
qui fera le grand nettoyage autour de vous, sachant que plus la jauge
est longue, plus l'attaque durera longtemps si vous laissez appuyé
sur rond.
Prenez aussi en compte les objets laissés par les soldats tombés
qui doubleront votre défense ou attaque pendant un temps limité.
Sachez enfin que les officiers et gardiens de portes vaincus vous
donnent des bonus permanents.
Enfin,
dans la bataille, il faudra faire gaffe aux imprévus, comme
les renforts ennemis ou officiers alliés en difficulté.
Il serait dommage de perdre à quelques coups de la fin parce
qu'un officier ennemi a abattu votre général.
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Le
musou enclenché, notez la barre verte à côté
qui indique la durée d'un bonus de défense X 2 |
Voilà,
on a abordé le gameplay et le principe de Dynasty
Warriors, je vous rassure je ne ressortirai pas ces paragraphes
à chaque fois vu que ces éléments changeront
peu au fil des épisodes. Retournons donc àDynasty Warriors
2 et à sa sortie.
Si
le jeu est une petite révolution à sa sortie, et connaît
un joli succès, il ne faut pas cacher ses nombreux défauts
(rassurez-vous, je ne vais pas parler de la répétitivité
de l'action vu que c'est inhérent à tous les beats).
D'abord, Dynasty Warriors 2 est un jeu dont on fait très vite
le tour, malgré ses 26 persos. Il n'y a pas plus de huit stages,
ce qui fait que l'on se retrouve très vite à refaire
les mêmes batailles. On n'a d'ailleurs pas beaucoup d'incidence
sur les événements de ces dernières. Il n'y a
aucun à côté à part leveler les
persos, les modes de jeu se comptent sur 2 doigts : Musou
(histoire) et Libre. Bref, il n'y a pas grand-chose qui motive le
joueur à s'y attarder plus que nécessaire.
L'autre souci est d'ordre technique : le jeu a un clipping
inouï. On n'y voit pas à 5 mètres et il faudra
souvent se repérer sur la mini-carte pour trouver une sortie
ou une entrée.
Bref, Dynasty Warriors 2, au-delà de sa révolution,
avait plus des allures de démo technique. Mais fort de son
succès, Koei sortira un nouvel épisode à peine
un an plus tard ...