Je
déteste Donkey Kong Country 3. Pas pour ce
qu'il est, un excellent jeu de plates-formes qui repousse encore un
peu plus loin la folie du second, mais pour ce qu'il a représenté
: la couverture du dernier numéro de feu Ultra Player
avant son arrêt définitif et son transfert dans Player
One, qui lui aussi s'arrêta, hélas fort décrépit,
quelques années plus tard. Quand j'y pense : ils étaient
à un numéro de tester la Nintendo 64, qu'ils
avaient reçue dans leurs locaux, quel gâchis...
Mais bon, vous savez ce que l'on dit : blâmez le message, non
le messager. Hélas, là aussi, c'est au-dessus de mes
moyens, car d'où que je regarde, je ne puis raisonnablement
pas haïr ce jeu-ci même s'il n'est pas exempt de tout reproche.
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Bouh ouh ouh... Merci au site http://www.abandonware-magazines.org ! |
Tout
comme une année séparait Donkey
Kong Country de sa
suite, une année sépare les épisodes
2 et 3 de la célèbre
série de jeux de plates-formes de RareWare. De nos jours, cela
ne semble rien ; mais c'était un délai parfaitement
raisonnable alors. Et l'éditeur n'a pas chômé,
car encore une fois la volonté de multiplier les bonnes idées
se fait sentir. Je passerai très rapidement sur
l'histoire qui fait véritablement doublon vis-à-vis
du dernier épisode (cette fois-ci, ce sont Donkey ET Diddy
qui ont été enlevés par K. Rool, devenu entre
temps un scientifique fou) pour me concentrer sur les différents
attraits et nouveautés de cet épisode. Son cœur
n'a pas changé d'un iota : deux singes, sept mondes dont un
secret, des pièces bonus à ramasser dans des stages
spéciaux, des pièces DK à trouver un peu partout,
des animaux à chevaucher/incarner et des tonnes, des tonnes
de bananes à ramasser.
Les mecs, les singes poilus sont de retour !
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| Cette fois, il faudra répérer les jetons DK d'un ennemi à bouclier, qu'il faudra toucher dans le dos. Réflexion en perspective ! |
Ces ours vous vendront des objets ou vous aideront à progresser dans les mondes. |
Commençons
par évoquer la différence majeure de cet épisode,
les protagonistes. Diddy enlevé, Dixie fera équipe avec
un petit cousin de la famille, Kiddy Kong. Quand je dis « petit »,
cela est bien entendu imagé (hypochoristique diront les spécialistes),
car le nourrisson qui se balade en grenouillère est déjà
un beau bébé, aussi lourd que Donkey Kong à son
époque. L'on retrouve donc ici un duo de singes de même
type que le premier épisode, avec une modification de taille,
la façon dont les barils sont transportés. Si Dixie
les porte toujours haut au-dessus de sa tête grâce à
sa queue de cheval, Kiddy va les transporter devant lui, à
la façon d'un bouclier : ouf, l'équilibre est respecté
! Enfin, pas tout à fait : Kiddy conserve malgré tout
la vélocité de Diddy dans ses déplacements et
ses sauts, et n'a donc pas le côté massif de Donkey.
Encore une fois alors, j'ai toujours préféré
jouer le garçon plutôt que la fille, je dois vraiment
être plus tracassé que je ne le crois.
La seconde nuance qu'apporte cette composition réside dans la façon dont les singes interagissent entre eux une fois sur les épaules l'un de l'autre. Donc, lorsque Kiddy transporte Dixie, il est capable de la lancer haut et loin comme on s'en doute ; mais lorsque Dixie porte Kiddy, elle ne peut réellement se déplacer ou le lancer en hauteur. En revanche, lorsqu'elle l'envoie contre un mur, Kiddy va demeurer en boule et Dixie va alors pouvoir rouler sur lui, tout comme elle le fait sur les barils en acier, qui signent leur grand retour ; et sur le sol, il va ainsi pouvoir le détruire pour accéder, parfois, à quelques secrets.
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| Les tonneaux bonus sont toujours là. | Kiddy étant plus gros, il rend les niveaux aquatiques plus délicats. |
L'autre
différence majeure de cet épisode est le principe de
cartes : pour la première fois dans l'histoire des Donkey
Kong Country, il ne s'agit plus de simples points sur des
images fixes, et nos héros vont pouvoir réellement se
déplacer comme ils le désirent... du moins dans la zone
globale distribuant les différents mondes. Dans ces derniers,
Dixie et Kiddy se déplacent toujours selon un chemin délimité
et progressent de niveau en niveau sans qu'un autre choix leur soit
offert. En revanche, dans le hub, les singes seront relativement
libres de leurs mouvements grâce à Funky qui s'est ici
reconverti en mécanicien de génie : au fur et à
mesure de la progression des Kongs dans l'aventure, et grâce
à des objets qu'ils lui ramèneront de leurs combats
contre les boss, il leur construira de nombreux véhicules :
bateau, hovercraft capable de franchir les récifs, jet-ski
remontant les cascades comme un saumon et ce jusqu'au « gyrocoptère »,
qui récompensera votre ténacité à trouver
les nombreux secrets que le jeu recèle. Ce nouveau système
de cartes apporte une réelle dynamique à l'exploration
du jeu et vient corriger le dernier réel défaut des
épisodes précédents : leur linéarité.
En permettant au joueur de découvrir son environnement au fur
et à mesure, il lui devient possible, même si dans les
faits cela ne sera possible qu'à une seule occasion dans le
jeu, de choisir le monde qu'il voudra bien faire.
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Petit montage personnel représentant l'univers de DKC3, « le kremisphère nord » et les différents mondes. Tout n'est pas montré ici... |
Comme symbole même de cette nouvelle liberté, les développeurs ont introduit un nouvel élément à collecter en sus des jetons bonus et des pièces DK : ce sont les « oiseaux bananes ». Quelque part dans le monde de DKC3 se trouve une reine qui a perdu ses petits du fait de K. Rool ; elle demande alors au joueur de tous les récupérer pour qu'elle puisse enfin mettre un point final à toute cette affaire. Ces oiseaux sont cachés dans des grottes dérobées, accessibles en explorant un peu partout avec les véhicules. Les récupérer exige à chaque fois de résoudre une petite énigme musicale à la façon d'un jeu de Simon, et ce sont eux qui permettront d'atteindre non pas 101, non pas 102 mais bien 103% de complétion, histoire d'achever la trilogie en beauté.
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| La reine en question. | Le jeu de Simon. Chaque couleur correspond à un bouton de la manette. |
Dans son esprit et les environnements qu'il propose, DKC3 a un petit goût de DKC premier du nom : on y retrouve des zones précédemment traversées, bien que modifiées pour l'occasion comme l'usine ou les pics recouverts de neige à côté d'autres, comme les granges, la cime des arbres ou les montagnes. Il est dommage cependant de constater, au-delà de cette reprise d'anciens univers, que leur qualité graphique semble légèrement moindre que celle de Donkey Kong Country 2, remarque qui peut s'étendre, du reste, à l'ensemble du jeu : que ce soit pour les décors, les ennemis ou les boss, il semblerait que la grandeur majestueuse de Diddy's Kong Quest soit loin d'être égalée comme en témoignent ces ennemis au design parfois douteux, ces animations saccadées ou le manque de détails des parcours.
Cela n'est en aucun cas dramatique, ni préjudiciable
au jeu car l'on reste, malgré tout, dans le haut du panier
de ce que la Snes a à offrir
; et ce n'est qu'un petit regret, car le jeu a, à côté
de cela, tant de qualités que l'on serait bien stupide
de bouder son plaisir.
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| Des singes belliqueux vous canardent. Heureusement, le tonneau vous protège. |
« Étoile des neiges, mon cœur amoureux... » |
Il
est vrai qu'encore dans l'épisode précédent,
l'on pouvait se plaindre d'une façon de redite ou, du moins,
d'un manque d'idées parfois : il est vrai que certains niveaux
ne faisaient qu'introduire un nouveau type d'environnement ou se consacraient
à un animal sans réellement apporter quelque chose de
neuf. C'est chose parfaitement impossible pour cet épisode
qui semble se faire d'un défi de toujours surprendre le joueur
avec une idée nouvelle même si, de temps à autre,
la chose ne semble pas des mieux réussies.
Trop rares sont, ainsi et en définitive, les instants où le gameplay s'en trouve véritablement changé : le nombre « d'amis animaux » a baissé mais, surtout, ils se font bien moins présents au cours de l'aventure. Si l'on retrouve toujours avec plaisir Enguarde, Squitter et Squawks (qui a ramené des copains bleus pour l'occasion, qui ne crachent plus d'œufs mais savent saisir des tonneaux entre leurs serres), l'on regrettera en revanche la disparition totale de Rambi, de Rattly et de quasiment tous les animaux supports d'antan (seul un petit oiseau du nom de Parry prend la relève) ; en revanche, un soin particulier a été apporté à la nouvelle venue, Elie, une petite éléphante qui va se servir de sa belle trompe pour transporter des barils, quitte à les aspirer pour les faire venir de loin, et aspirer/recracher de l'eau pour s'en servir comme arme à distance. Cependant, que l'on ne s'y trompe pas : les véritables stars des lieux, ici, ce sont bien les deux singes qui, dès lors, vont en voir du pays !
En vrac, ils devront donc notamment faire la course contre un essaim d'abeilles, échapper à des bûcherons mal intentionnés, nourrir un piranha hargneux, monter une corde qui se brûle au fur et à mesure de l'avancée dans le niveau, nager dans des eaux qui inversent les directions du contrôleur ou prendre garde à la foudre qui toujours menace de tomber. L'on sent véritablement que chaque niveau a fait l'objet d'une réflexion certaine de la part des développeurs même si, comme je l'ai dit précédemment, la chose n'est pas toujours une franche réussite. En réalité, il s'avère qu'au fur et à mesure du jeu un profond sentiment de lassitude finit par s'imposer.
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| La corde se consume au fur et à mesure. |
Le meilleur niveau du jeu, où un sniper vous vise continuellement. |
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| Elie aspire l'eau... |
Elie aspire les tonneaux... |
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| ...mais Elie a peur des rats. |
Parry est un oiseau qui reste au-dessus de vous et ramasse les bonus inaccessibles. Attention, car il s'enfuira s'il se fait toucher. |
Je l'avais ressenti à l'époque, et je l'ai ressenti encore en me replongeant dans cette aventure pour écrice cet article. Peut-être est-ce dû à un peu d'agacement, de « trop plein » : trois Donkey Kong Country en trois ans, il est vrai que cela peut être décevant, surtout quand on s'aperçoit que le fond du jeu n'a, quant à lui, aucunement évolué. Alors oui, les améliorations sont intéressantes, la difficulté est encore au rendez-vous (exception faite des boss, qui sont bien moins difficiles à vaincre cependant) et les secrets abondent. Mais le petit rejet que l'on peut avoir face aux graphismes et à l'univers en règle générale, le manque de soin, parfois, apporté à un décor ou un ennemi et, globalement, l'effet de surprise passé, on pourrait juger cet épisode comme surnuméraire.
C'est cependant quelque chose qui, en toute honnêteté, est sujet à discussion. Quelqu'un qui connaîtrait sur le bout des ongles DKC et sa révolution DKC2 se sentira clairement lésé même s'il y a plusieurs stages qui sont réellement touchés, et aura l'impression qu'effectivement, Dixie Kong's Double Trouble! est l'épisode de trop. Il préfèrera alors revenir vers l'épisode précédent, bien plus audacieux et bien plus maîtrisé dans sa formule.
En revanche, celui ou celle qui aimerait s'initier pour la toute première fois à cette série aurait, à mon sens, tout intérêt à débuter par cet épisode-ci dont il saura apprécier à leur juste valeur les nombreuses qualités, notamment de variété et de semi-liberté, sans être rebuté par une difficulté trop grande ou une linéarité par trop pesante. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourra revenir parfaire sa connaissance de la trilogie par les autres épisodes et jugera véritablement qui, de celui-ci ou de Diddy Kong's Quest est le meilleur, le premier opus étant clairement hors course puisque le plus faible de tous.
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| Swanky vous proposera cette fois des mini-jeux d'adresse. |
Et cette vue sera utilisée pour le boss du monde 5, très sympathique. |
DKC3
a été boudé par les joueurs cependant. Il enregistre
les plus faibles ventes de la trilogie, mais cela est grandement lié
à la sortie, quelques mois plus tôt, de la N64
(excepté en Europe, qui ne l'aura officiellement que quatre
mois plus tard), il faut le dire. Et quand on en entend parler de
la bouche des joueurs qui l'ont connu d'alors, c'est souvent sur un
air mitigé, mi-figue mi-raisin, lui préférant
toujours son frère aîné et ce parfois pour de
mauvaises raisons. L'on ne saurait parfaitement dire quel aurait été
son accueil si la dame noire n'était pas arrivée pour
couper l'herbe sous le pied de la mère grise, mais l'on peut
supposer que son destin fut, finalement, assez similaire à
celui de Secret
of Evermore, arrivé trop tard dans la vie d'une
console superbe mais vieillie et souffrant de la comparaison avec un
grand frère bien trop arrogant.
Que la qualité de Donkey Kong Country 3 soit globalement moindre que celle de Donkey Kong Country 2, cela semble évident sur certains aspects que sont les graphismes, l'ambiance musicale (David Wise s'est associé à Eveline Fischer, pour un rendu sympathique mais bien moins inspiré que sur les deux premiers épisodes) ou l'univers ; mais on ne peut l'accuser de paresse ou de facilité, ce serait lui faire un faux procès.
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| Ici, les hiboux vous canardent du fond de l'écran. Anecdote : en anglais, la musique de l'usine s'appelle « Nuts'n Bolts »... tout comme l'épisode de Banjo-Kazooie qui sortira sur Xbox 360. |
Parviendrez-vous à trouver le tonneau-fusée ? |
Finalement, je ne déteste pas DKC3. Au contraire, j'ai de la sympathie pour lui. Et si vous avez été quelque peu intrigué par cet article, n'hésitez plus : donnez, ou redonnez une chance à ce jeu.
Il le mérite bien.
MTF
Annexe : petite sélection de niveaux sympathiques...
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| Un Kremling armé d'un bazooka, et qui n'hésite pas à s'en servir... (Monde 4) |
Belcha est le premier boss du jeu, et il faut une petite astuce pour le vaincre. Heureusement, la démo du jeu vous livre la solution, c'est comme ça que j'avais fait à l'époque. |
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| Pour la première fois de la série, un boss sous-marin ! (Monde 6) |
Un boss très moche... (Monde 3) |
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| Un des rares nouveaux tonneaux de l'aventure. (Monde 3) |
Les chariots sont de retour, et peuvent maintenant s'agripper à des filins. (Monde 4) |
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| Un charmant effet de transparence. (Monde 3) |
Des tonneaux fantômes, qui apparaissent et disparaissent. (Monde 6) |
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| Gare à la foudre ! (Monde 7) |
L'eau pourpre inverse les directions du pad. (Monde 7) |
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| Il faut nourrir le piranha, mais il a l'estomac fragile. (Monde 3) |
Squawks saisit maintenant les barils. (Monde 6) |