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Digger
Année : 1983
Système : PC
Développeur : Windmill Software
Éditeur : Windmill Software
Genre : Action
Par Tonton Ben (03 septembre 2007)

Il y a bien longtemps, dans une décennie lointaine... un jeu sans troidé, sans images de synthèse, sans scrolling parallaxe, mais bourré de fun. Bienvenue dans les galeries pleines de diamants de Digger !

Le tableau d'accueil résume toute la situation. Les high scores sont remis à zéro à chaque démarrage.
Premier tableau, premiers diamants, et premiers ennuis qui déboulent immédiatement.

Digger, c'est une production Windmill Software, une boîte canadienne bien connue des joueurs sur PC et compatibles du début des années '80 pour avoir proposé des jeux de qualité qui ont pour point commun d'être très fortement inspirés des jeux d'arcade Atari. Ce qui n'est pas forcément pour nous déplaire, question modèle, on aurait pu avoir pire !

Le cas qui nous intéresse aujourd'hui se veut l'un des meilleurs crus de Windmill Software. Digger, car c'est un peu le fils caché de Dig Dug et de Mr. Do. Aux commandes d'un buggy croisé d'une pelleteuse, l'objectif est de ramasser tous les diamants du tableau en creusant d'innombrables galeries souterraines. Le problème vient des bestioles qui débarquent rapidement pour vous dégommer en s'engouffrant dans les passages creusés par le parcours du buggy, et qui peuvent se pointer jusqu'à cinq simultanément à l'écran !

Il y en a qui vont se prendre un sac sur coin de la figure...
Aïe ! Je me suis fait coincer par un Hobbin hargneux.

Comment faire pour avoir le dessus dans cette situation périlleuse et déséquilibrée ? Avant tout, la rapidité est votre meilleur atout. Tel un Pac-Man souterrain, le parcours doit être soigneusement élaboré afin d'éviter le maximum de mauvaises rencontres. Mais nos charmants ennemis ne nous lâchent pas les baskets aussi facilement. Deux options se présentent alors pour se débarrasser des vils.

Et hop ! Fallait pas me coller de trop près.
Les sacs crèvent les parois de galeries trop fines, et ceux qui sont en dessous.

La méthode directe, tout d'abords, celle des vrais cow-boys : faire parler la poudre. Un tir bien ajusté grâce à la touche F1, et pan ! C'en est fini de l'affreux. Il y a juste un problème : chaque tir met trente secondes à recharger. La méthode sournoise, elle, se veut plus pratique, mais demandera un peu d'astuce. Dans chaque tableau, de nombreux sacs de dollars sont accessibles. Lorsque l'on creuse juste en dessous d'eux, ils tombent au bout de quelques secondes en ensevelissant ceux qui se trouvent en dessous. Attention, si les sacs ne tombent pas d'assez haut, ils sont réutilisables, aussi bien par le joueur, que par les ennemis, qui savent exploiter les galeries creusées pour user de la même technique. À ce propos, il y a deux sortes de monstres : les Nobbin, la version simple, qui ne fait que vous poursuivre dans les galeries creusées ; et les Hobbin, la version améliorée, qui est capable de creuser directement pour vous attraper ! Les Nobbin se transforment en Hobbin au bout d'un certain temps, et reviennent ensuite à leur état initial.

Moi, lorsque je m'énerve, je tire !
Nouveau tableau. Bon courage pour récupérer tous les diamants !

Puisque j'évoquais plus haut le mythique Pac-Man, il y a un bonus, plus exactement une cerise, qui apparaît une fois les premiers ennemis éliminés, et qui donne les mêmes effets qu'une Pac-gomme ! Digger, le jeu aux multiples influences. Détail amusant, la musique s'emballe alors pour nous jouer un air endiablé bien connu, puisqu'il est tiré de l'opéra Guillaume Tell, dont la version de Spike Jones de 1971 est universellement connu, spécialement dans les cartoons, notamment dans les scènes effrénées de course-poursuite. Tagada, Tagada, Tagada, Tsoin Tsoin !

La musique, voilà sûrement l'élément que l'on n'oublie pas de Digger ; le thème récurrent du jeu est le fameux Popcorn de Gershon Kingsley (1969), dont la version que nous connaissons le mieux en France est celle de Jean-Michel Jarre (1973). Le thème colle à merveille au jeu, rien que pour ce morceau, Digger vaut la peine d'être lancé ! Lorsque l'on perd une vie, une tombe apparaît à la place du défunt buggy, sur fond de marche funèbre. L'ambiance sonore est géniale, je vous dis !

Vous voyez, les cerises, en haut à droite ?
Une fois gobées, l'écran clignote, la musique s'emballe, on est en mode Pac-Man powaaa !

Graphiquement, on nage en plein CGA (il faudra correctement paramétrer Dosbox pour le faire tourner sur une machine récente) ; alors, forcément, il ne faut trop lui en demander. Néanmoins, Digger tire agréablement parti de sa palette de couleurs limitée pour nous offrir des tableaux colorés, avec une très bonne lisibilité. Les animations se montrent correctes et fluides, même si l'on peut constater de temps en temps un sprite ou deux qui clignotent, notamment lors des collisions. Comme beaucoup de jeux typés arcade de ce style, les dix premiers stages proposent l'intégralité des différents tableaux, les niveaux suivants ne se contentant que de les recycler, en augmentant la difficulté (nombre, vitesse des ennemis...).

C'est le carnage dans les lignes ennemies !
À trop creuser de galeries, les bestioles vous atteignent plus rapidement...

Digger, c'est tout ça, du gros fun en barres. Ce jeu représente également pour moi quelque chose de très particulier, puisqu'il s'agit de l'un de mes cinq premiers jeux. Je devais avoir environ sept ans lorsque l'ai découvert ce titre sur lequel j'ai passé énormément de temps avec mon frangin (Fabrice, si tu lis ces lignes, souviens-toi !).

Pour en savoir plus, allez donc faire un tour sur www.digger.org, un site qui est totalement consacré à Digger. Le webmaster est à l'origine de plusieurs versions récentes sur de nombreux supports, y compris en Java.

Tonton Ben
(03 septembre 2007)
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