

Déjà vu, a nightmare come true (1985 pour l'original sur Apple II / 1987 pour les
versions Mac, PC, Amiga, ST et C64 / 1990 pour la version NES) est le premier d'une ligne de jeux d'aventure
créés par Icom Simulations et édités par Mindscape, mais c'est le seul auquel
j'ai joué, alors je ne vous parlerai que de celui-là.


Version Amiga
Les jeux Icom Simulations adoptent une présentation à base
de fenêtres et d'icônes, exactement à la manière d'une interface graphique pour
système d'exploitation. La fenêtre principale représente le décor, il y en
a une autre qui contient les divers objets de l'inventaire représentés par des icônes,
et les actions se font par des boutons. Cette présentation très originale permet de comprendre
instantanément le mode de jeu (sur micro on a la sensation d'être toujours sous GEM, Workbench
ou Mac OS selon la version, comme si on utilisait un soft utilitaire). Une fenêtre en bas de l'écran
fait défiler des dialogues et des commentaires qui vous informent sur la progression du scénario,
un peu à la façon des jeux d'aventures textuels d'autrefois. Pour utiliser un objet, il
suffit de le prendre dans l'inventaire (en faisant du "drag'n'drop"), de choisir une action,
et eventuellement de cliquer sur l'objet ou l'élément de décor avec lequel on veut
le faire interagir. Bien sûr, tout ceci est bien joli, mais le gameplay est finalement très
proche de celui d'un jeu aventure en mode texte, à savoir que l'intérêt repose surtout
sur le scénario, même si les graphismes, simples et efficaces, maintiennent un repère
visuel constant et évitent d'avoir à taper des commandes.


Version Amiga
Si je vous parle de ce jeu que tout le monde à oublié depuis
belle lurette, c'est justement parce qu'il est excellent, et se situe dans un genre assez rarement abordé
sur 16-bits (mais plus courant sur PC après l'apparition du CD-ROM) : le roman noir.
Au début du jeu, vous vous réveillez
avec d'énormes maux de têtes dans un bar, désert à l'exception d'un cadavre
tué par balles. Vous avez totalement perdu la mémoire et ne savez plus qui vous êtes.
Commence alors l'inspection du bâtiment et de divers objets qui vont vous aider à reconstituer
le puzzle. Rapidement, vous découvrez que vous êtes dans un mauvais pas, qu'une conspiration
a été fomentée contre vous dans le but de vous faire endosser un meurtre et un kidnapping.
D'autre part, le produit qu'on vous a injecté pour vous faire perdre la mémoire vous tue
lentement. Vos investigations vous conduiront à visiter plusieurs lieux et enquêter sur une
affaire qui met en scène un truand et un riche homme d'affaire. Vos ennemis n'ont en tête
que l'idée de vous envoyer sur la chaise électrique, et même si votre propre identité
est facile à déterminer (vous êtes le détective privé Ace Harding),
le cerveau de l'affaire n'est pas forcément celui qu'on croit. Le temps presse, et bien que mal
en point et incapable de vous souvenir de ce qui s'est précisément passé, vous devrez
remonter jusqu'à la source de vos ennuis, puis accumuler des preuves pour vous disculper.
Si vous y parvenez, vous aurez la vie sauve, serez lavé de tout soupçon
et même honoré d'un diplôme de détective professionnel, que voici :
Etant donné que les versions PC et pour
émulateurs NES, ST, et Amiga sont très faciles à trouver sur les sites d'abandonware
conseillés en rubrique liens de téléchargement, je ne
vous révélerai pas la suite du scénario, car Déjà-vu est un jeu pas
trop difficile ni trop long qui se déguste comme une sucrerie, à condition d'avoir un bon
niveau en Anglais, car il n'a jamais été traduit. L'ambiance fleure bon le film noir des
années 40 (l'action se passe au moment de l'attaque de Pearl Harbour comme l'indiquent les journaux
aperçus dans un kiosque) : chapeaux mous, anti-héros cyniques, truands, femmes fatales,
crimes passionnels et flics peu compréhensifs sont au programme. On se croirait dans un roman de
James Ellroy, d'autant que plus on avance dans le jeu, plus l'histoire s'avère complexe et pleine
de fausses pistes (les clichés du genre sont sans cesse mis en lumière, puis démentis).
Le style dans lequel l'action est commentée dans la fenêtre du bas est excellent, bourré
d'humoir noir. Un seul regret : il n'y a presque aucune phase de dialogue, tout passe par des interactions
(à la souris) sur les objets et décors observés dans les trois fenêtres principales.


Version NES
A la fin du jeu, ça tourne un peu au ridicule
avec une série d'objets qu'il faut jeter dans un égoût (sans en oublier un seul, et
à un endroit bien précis) pour éviter d'avoir des pièces à conviction
sur soi, mais dans l'ensemble Déjà vu est un jeu d'aventure qui mérite le déplacement.
On regrettera simplement que dans la phase finale du jeu aucune indication sur ce qu'il faut faire ne
soit donnée au joueur. Par ailleurs, les énigmes réservent un ou deux pièges
très vicieux (dont un est situé au tout début du jeu, et ne révèle
ses effets néfaste qu'à la fin !) qui peuvent empêcher la réussite de l'aventure,
et on se retrouve souvent bloqué, parfois même au point d'avoir à tout reprendre du
début (on peut toutefois sauvegarder autant que l'on veut).


Version Mac (sur un Classic)
Déjà vu est sorti d'abord sur PC,
Mac, ST et Amiga, puis on le retrouve quelques années après sur NES. Icom Simulations à
par ailleurs édité en 1993, sous le nom d'Infinite Ventures, une version Windows 3.1 avec
des graphismes améliorés qui comprend Déjà vu et Déjà
vu 2 : Lost in Las Vegas, intitulée The Ace Harding Casebooks. En dehors de ces deux aventures
d'Ace Harding, Icom a sorti à l'époque deux titres d'inspiration fantastique, Shadowgate
et Uninvited. Ces quatre titres furent accueillis avec enthousiasme malgré une réalisation
anachronique (graphismes simples et pas de son ou presque).
Par la suite, Icom Simulations a produit divers jeux d'aventure et action, et s'est de nouveau fait remarquer
avec la série Sherlock Holmes Consulting Detective (3 volets sortis sur PC entre 1991 et
1993), enquêtes utilisant le support CR-ROM pour inclure des séquences vidéo. En 1993,
la société a été rachetée par Viacom New Media, puis rebaptisée
Rabid Entertainment, avant d'être finalement dissoute en 1998, après avoir travaillé
sur Violent Seed, un projet de shoot'em up sur Playstation qui n'est jamais sorti.
La version Windows de 1993
Laurent