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mars 2008. Deux ans et demi après le premier opus,
Condemned 2: Bloodshot arrive dans les rayons
des magasins européens. À ce moment-là, le premier
volet de la série, Condemned:
Criminal Origins, est encore présent dans
les mémoires des joueurs PC et Xbox 360, traumatisés
par les aventures du policier Ethan Thomas. Il faut dire que,
comme nous l’avons vu dans l’article dédié
au premier opus, personne n’avait pressenti l’arrivée
de ce nouveau concurrent très sérieux parmi
les grands du survival horror. Sega et Warner Bros
avaient pris tout le monde de court avec ce jeu atypique,
mélange très efficace de jeu d’horreur
et de FPS. Seulement voilà, lors de sa sortie, Condemned
2 doit composer avec un élément nouveau
: Monolith Productions, le studio de développement
à l’origine des deux épisodes, doit à
présent lancer la suite des aventures de Ethan Thomas
sans profiter de l’effet de surprise, tout en accomplissant
la performance de succéder à un jeu qui avait
quasiment fait l’unanimité. Une mission plutôt
délicate… Et pour le coup, Sega prit le problème
à bras-le-corps : Condemned était
à présent une série qui comptait, alors
autant assurer le lancement de ce nouvel épisode comme
il se devait ! L’éditeur fit alors du titre de
Monolith l’un de ses jeux majeurs du catalogue 2008
et pour assurer sa promotion lors de sa sortie sur Playstation
3 et Xbox 360, Sega décida de lancer une grande campagne
marketing autour du titre ainsi que du très underground The Club, un excellent jeu de shoot signé
Bizarre Creations. Le slogan fut lâché : «
Gaming is not a crime ». En ce début d’année
2008, l’éditeur le plus blue sky in
game du jeu vidéo délaissait la
Green Hill Zone quelques instants et jouait la carte
du gore et de la violence avec ce catalogue résolument
adulte et Condemned 2: Bloodshot en fer de lance.

Gros coup commercial de Sega en
ce début d’année 2008, Condemned 2: Bloodshot
a la lourde tâche de ne pas décevoir les ambitions
élevées de son éditeur. Ethan Thomas
est à présent un des nouveaux héros rentables
de la galaxie Sega, au même titre que Kazuma
Kiryu de la série Yakuza.
Poussant le délire jusqu’au
bout, Sega envoie des press kits très particuliers
aux journalistes…
"When a guy like me is your only hope, you got
a big problem…"
Après
avoir assisté à la longue descente aux enfers
d’Ethan Thomas dans le premier Condemned,
on se doutait bien que notre héros aurait du mal à
remonter la pente. Dès la première cinématique
de cette suite, on comprend que l’on était encore
bien loin du compte... Le jeu débute alors qu’Ethan
est en train de boire un verre d’alcool dans un troquet
pourri. Visiblement, ce n’est pas son premier. Les traits
tirés, les yeux injectés de sang et la gueule
burinée recouverte d’une barbe épaisse,
Ethan a sombré dans l’alcoolisme, essayant de
fuir ses démons. Ravagé par ce qu’il a
vécu durant le premier Condemned,
il essaie de mettre fin aux hallucinations dont il est victime
en vidant quelques bouteilles. Soudain, ses yeux le trahissent
encore : une matière noirâtre, ressemblant à
du goudron, semble surgir de son verre… C’est
alors qu’un client du bar le bouscule. Ethan se retourne
alors et regarde ce client dans les yeux. Une vieille connaissance,
hélas... Ethan connaît trop bien cet homme. Reconnaissant
l’un des monstres qu’il a combattu quelque temps
auparavant, il se jette sur lui d’un seul coup et lui
explose alors le visage à coups de poing. Était-ce
une hallucination ? En tout cas, le tenancier du bar ne veut
rien savoir et chasse Ethan de son bistrot avec un fusil.
Vautré sur les marches menant à la porte du
bar, complètement perdu dans cette ville qui poursuit
sa lente décadence, Ethan Thomas est au plus bas, une belle gueule de bois en prime.

Contrairement à beaucoup
de héros de survival horror qui vivent les histoires
les plus horribles sans jamais
sourciller, Ethan Thomas n’as pas réussi à
surmonter les terribles épreuves du premier Condemned.
Cette
réaction beaucoup plus humaine le rend d’ailleurs
nettement plus crédible.
Et
pourtant, il va falloir qu’il réintègre
le Serial Crime Unit, l’unité du FBI
dans laquelle il excellait avant qu’il ne plaque tout,
suite à son enquête sur le Serial Killer X, ou
plutôt SKX comme il était surnommé. En
effet, Malcolm Vanhorn a été assassiné
et son corps a disparu. Ethan connaissait bien Malcolm, ce
dernier ayant été comme une sorte de mentor
pour lui dans le premier Condemned. Dans
l’un de ses derniers messages, Vanhorn suppliait le
SCU de prévenir Ethan Thomas. De le prévenir
que tout ceci n’était pas fini… Metro City
est toujours rongé par cette vague de criminalité
et de violence sans précédent, et le décès
de Vanhorn ainsi que ses propos n’inspirent rien de
bon. Contraint et forcé, le SCU, en la personne du
directeur Farrell, part retrouver Ethan dans la rue, là
où il vit à présent parmi les autres
sans-abri. Difficile de l’avouer, mais cet alcoolique
névrosé et violent est leur meilleur élément
pour cette enquête, c'est pourquoi le SCU n’a
pas d’autre choix que de demander à Ethan de
reprendre son poste… L’agent Thomas reprend alors
du service pour cette nouvelle affaire et part, par la même
occasion, affronter ses propres démons.

Ce personnage masqué apparaît
de temps en temps lors d’hallucinations. Il s’agit
en fait d’une représentation
des démons intérieurs d’Ethan. En plus
des psychopathes qui attendent le héros dans les pires
recoins de
Metro City, ce dernier devra trouver le courage d’affronter
ce mal qui le dévore de l’intérieur.
Ce
qui frappe le plus lorsque l’on débute l’aventure
Condemned 2, c’est l’impression
d’incarner un personnage différent par rapport
au premier opus, tout en sachant qu’il s’agit
en réalité du même héros. D’un
point de vue scénaristique, on l’a vu, ceci s’explique
tout à fait : l’enquêteur hors pair et
méticuleux du premier Condemned a
disparu, laissant sa place à un alcoolique particulièrement
agressif. Le plus gros changement apporté par ce nouvel
Ethan Thomas est le nouveau système de combat. Endurci
par sa vie dans la rue et par ses déboires passés,
Ethan est maintenant un combattant très efficace et
le gameplay de combat s’est du coup largement étoffé.
À présent, on se bat en utilisant les deux gâchettes
de la manette : la gâchette gauche pour le poing gauche,
et celle de droite pour le poing droit. Ainsi, toute une panoplie
de combos apparaît, laissant apparaître des combats
plus techniques qu’auparavant. En plus de cela, de nouvelles
possibilités lors des rixes font leur apparition, comme
par exemple les crochets (des coups circulaires), les coups
en courant (permettant de charger l’adversaire) ou encore
le fait qu'Ethan puisse à présent jeter l’arme
qu’il a en main. Enfin, cerise sur le gâteau,
la brute qui sommeille en vous pourra se délecter d’un
nouveau système de mise à mort… Quand
vous avez assez cogné sur un ennemi, celui-ci tombera
à genou, complètement à votre merci.
Dans ces cas-là, d’une simple pression sur les
deux gâchettes simultanément, vous vous emparerez
du malheureux et vous pourrez choisir de l’achever de
différentes manières en fonction des éléments
présents dans le décor. Libre à vous
alors de lui exploser le nez sur un coin de table, de lui
éclater le visage avec un couvercle de benne à
ordures ou de lui faire passer la tête à travers
un écran de télévision….

Un bon coup de poubelle sur la
tronche, ca devrait lui passer l’envie de vous titiller…
Complètement sauvage,
ce système de mise à mort souligne encore une
fois la violence qui se dégage du personnage d’Ethan.
Parmi
les éléments qui avaient le plus marqué
les esprits lors de la sortie du premier volet de cette série,
on retiendra surtout l’extrême diversité
de l’arsenal du héros. Toute une multitude d’objets
contendants étaient mis à la disposition du
joueur. Pour cette suite, le panel d’armes qu’Ethan
peut utiliser a été largement revu à
la hausse. Les très classiques haches à incendie,
pelles et autres tuyaux ont été rejoints par
des armes plus surprenantes, comme des béquilles, des
cuvettes de W.C. ou encore des bois de rennes… De plus,
on remarquera qu’Ethan peut utiliser nettement plus
d’armes à feu dans ce Condemned 2,
alors que le premier jeu faisait de ces armes-là une
denrée rare. Elles sont encore en nombre très
limité dans Bloodshot, mais elles
ont un rôle plus important que dans l’épisode
précédent… Enfin, pour compléter
ce tour d’horizon des différents moyens de défense
que le jeu met à votre disposition, impossible de passer
sous silence les combos spéciaux que l’on obtient
en multipliant les victimes. Pour en lancer un, une double
pression sur une des deux gâchettes suffit. Ces combos
se présentent sous la forme de séries de coups
à reproduire en Quick Time Event (demandant
au joueur d’appuyer sur les gâchettes avec le
bon timing) afin de martyriser votre ennemi. D’une violence
très crue (un des combos demande par exemple de marteler
la gâchette droite pour forcer sur le coude d’un
ennemi afin de lui casser le bras), ces combos démontrent
encore une fois le talent de Monolith Productions lorsqu’il
s’agit de jouer avec la vue subjective, vu que tout
cet enchaînement de coups s’observe au travers
des yeux du héros. Du coup, le joueur est au premier
plan pour contempler les dégâts infligés
par Ethan, ce qui renforce encore plus l’impact des
assauts. On l’aura compris, Condemned 2
est encore plus violent que son prédécesseur
et ce grâce à un système de combat très
riche et vraiment nerveux. Chaque combat est ainsi un vrai
pic de tension, chaque coup porté étant particulièrement
dévastateur. Aujourd’hui plus que jamais, Condemned n’est définitivement pas un jeu à mettre entre toutes les mains.

La série Condemned se distingue
des autres jeux d’horreur en basant son système
de combat sur ces confrontations
vues à la première personne durant lesquelles
le corps à corps et les armes de fortune ont un rôle
prépondérant.
En insistant autant sur les armes contendantes, Monolith oblige
le joueur à s’approcher des ennemis, ce qui
provoque forcément de fortes montées d’adrénaline.
Abattre un ennemi de loin est un luxe qu’on ne se permet
que
très rarement dans Condemned…
L’autre facette de Condemned
Bien
sûr, Condemned, ce n’est pas que des phases de
combat, et les scènes d’enquête du premier
jeu n’ont pas disparu. Mieux que cela, elles ont été
profondément retouchées et considérablement
améliorées. À présent, lorsque vous arrivez
dans une phase d’investigation, le jeu vous prévient
que vous êtes dans un périmètre où
il va falloir user de vos talents de fin limier. Là,
contrairement au premier Condemned dans lequel
on vous mâchait tout le travail, vous aurez à
utiliser les instruments de votre choix pour trouver des indices.
Vous aurez à votre disposition un appareil photo numérique,
un GPS pour avoir un plan du niveau, un spectromètre
pour détecter d’où proviennent les sons
émis par les émetteurs (ces derniers sont des
objets à trouver dans chaque niveau pour gonfler votre
score) et enfin vous aurez également la possibilité
de jouer avec la fameuse lumière bleue qui révèle
des éléments invisibles à l’œil
nu, joujou technologique popularisé par Grissom et
ses comparses dans la série télévisée
Les Experts... Une fois que vous repérez
un indice, le jeu vous demande de l’interpréter.
Vous avez décelé un impact de balle sur le corps
de la victime ? Parfait. Mais en examinant cette preuve, pouvez-vous
savoir si la balle entrait ou sortait du corps par cet orifice
? Et du coup, pouvez-vous deviner l’endroit d’où
a tiré le meurtrier ? Les séquences complètement
scriptées du premier Condemned laissent
place à des phases de jeu plus intéressantes,
vous demandant d’essayer de clairement analyser la situation.
C’est plutôt efficace et ça met vraiment
dans l’ambiance : vous allez devoir jouer au criminologue,
et autant l’avouer, c’est assez enivrant. Bien
sûr, la liberté dont on jouit durant ces phases
n’est qu’illusoire, car vous devrez trouver les
indices pour progresser mais cela fonctionne plutôt
bien. De plus, si vous vous trompez complètement sur
votre interprétation des indices décelés,
non seulement votre score en fin de niveau en pâtira,
mais en plus vous perdrez certains éléments
du scénario, car vous n’aurez pas réussi
à comprendre l’intégralité de la
scène de crime. Clairement en progrès par rapport
à Condemned: Criminal Origins, les
phases d’enquête apportent une ambiance toute
particulière au soft et font clairement partie de ce
qui définit l’esprit Condemned.
Une fois arrivé sur la
scène d’enquête, à vous de jouer…
Sortez votre mallette à outils et mettez-vous au travail.
Cherchez chaque élément vous permettant de comprendre
ce qui s’est réellement passé.

Une fois ces indices débusqués,
il va falloir les interpréter et comprendre la situation.
Par un système très
astucieux basé sur des questions à choix multiples,
le jeu vous jugera afin de savoir si vous avez vraiment
compris la scène que vous étudiez.

De votre réussite dans
cette démarche dépendra votre compréhension
du scénario. Là, par exemple, votre contact
vous explique que vos découvertes laissent présager
qu’un de vos vieux amis pourrait faire son grand retour…
En
proposant de très nombreux ajouts, Condemned
2: Bloodshot est une suite qui apporte beaucoup de
nouveautés à la formule initiale. Au niveau
du gameplay, que ce soit lors des combats ou durant
les enquêtes, la recette du premier volet a été
considérablement enrichie. De plus, Ethan gagnera tout
au long de l’aventure de nouveaux objets venant étoffer
ses possibilités. Vous trouverez alors tour à tour
un holster permettant de porter une seconde arme, un taser
pour immobiliser les ennemis, un gilet kevlar pour avoir une
barre de vie plus conséquente… Niveaux après
niveaux, le jeu prend de l’épaisseur et ces petits
ajouts successifs pallient par la même occasion certains
éléments un peu frustrants du gameplay du premier
Condemned (Ethan peut enfin porter deux armes
!). Mais c’est également du côté
des situations de jeu que Monolith Productions a fait de gros
progrès. En effet, alors que l’on reprochait
au premier titre de la série la redondance de certains
décors (tout du moins durant la première moitié
de l’aventure), Condemned 2 propose
de nombreux niveaux se situant dans des environnements très
divers. Ethan vous entraînera dans des endroits toujours
plus effrayants : une usine de poupées désaffectée
(un des moments les plus terrifiants du jeu), un parc naturel
à l’abandon, un refuge sous la neige, un musée
plongé dans l’obscurité de la nuit…
On notera également l’apparition de phases de
jeu complètement nouvelles durant lesquelles le héros
devra prendre ses jambes à son cou pour fuir un ennemi
invulnérable. Très bien mises en scène,
ces fuites effrénées ont le mérite d’apporter
un rythme très soutenu au jeu. C’est d’ailleurs
durant l’une de ces séquences que le soft propose
l’un de ses meilleurs passages (spoiler : dans
ce passage, Ethan doit échapper à un ours gigantesque
qui le bloque dans un refuge. Il vous faudra alors éviter
les puissantes griffes de l’animal dans les dédales
àsouhait…)

Une des autres nouveautés
de ce second opus : les combats contre les boss. À vous de
trouver un moyen d’échapper
à ce chevalier en armure.

Pris dans les flammes, Ethan devra
trouver un masque à gaz pour s’échapper
du bâtiment sans succomber
aux gaz émis par l’incendie. Une excellente phase
de jeu, mise en valeur par le gros travail sur le son de la
respiration d’Ethan à travers le masque.
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