Les
fameuses aventures d’Astérix et Obélix,
les irréductibles gaulois imaginés par René
Goscinny et dessinés par Albert Uderzo, ont connu moult
adaptations vidéoludiques sur la plupart des supports
connus. À ma connaissance, seules deux versions valent
le détour : Asterix
de Sega sur Master System (sans accent aigu sur la
lettre ‘e’), dans un format très classique
de jeu de plates-formes, et Astérix
de Konami, un beat’em all particulièrement réussi,
en exclusivité pour les salles d’arcade.
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Et
une belle photo de famille ! |
On
ne peut pas sélectionner Idéfix, dommage… |
Konami,
l’une des pierres angulaires du milieu arcade, avec des
titres devenus cultes comme Gradius,
Parodius, Salamander ou Contra,
n’en est pas à son coup d’essai aussi bien
en matière d’adaptations d’œuvres, ou
de beat’em all : entre Teenage Mutant Ninja Turtles
(1989), sa suite Turtles in Time (1991), le
plus surprenant The Simpsons (1991), mais aussi
des jeux hors licence tels que Crime
Fighters (1989) et son excellente suite Vendetta
(1991), mais aussi l’exceptionnel Sunset
Riders (1991), et sa parodie Wild West
C.O.W-Boys of Moo Mesa (1992), Konami a acquis une
forte expérience dans le domaine, et sait réaliser
des jeux funs emprunts de graphismes type cartoon.
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Le
point de départ classique des aventures gauloises…
le village ! |
La
déformation des ennemis sous le poids d’Obélix
est très réussie. |
Pas
de scénario explicite dans ce jeu, puisque Astérix
ne comporte pas d’introduction, à peine une photo
de famille en guise de titre ; dommage, quand on voit que
les titres précédemment cités avaient bénéficié
de ce genre d’attention. En tout cas, l’objectif
est clair : nos deux héros vont aller jusqu’à
Rome, pour démontrer à Jules César que
la bravoure ne manque pas dans le petit village d’Armorique ;
et tant qu’à faire, autant en profiter pour revisiter
des lieux qui seront familiers aux bédéphiles
et aux amateurs de la série.
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Les
écrans de présentation des niveaux, en français
s’il vous plaît !
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Si
le premier niveau consiste en la sortie du village, avec ses
bois remplis de romains, de sangliers, et de son carré
de légionnaires à la sortie (qui fera office de
boss), les stages suivants vont aborder chacun une thématique
différente, avec à chaque fois une petite transition
préliminaire tirée des ouvrages de la série,
couverture à l’appui, le tout en anglais ET en
français ! L’idée s’avère excellente,
on n’aurait pas rêvé mieux pour se plonger
dans l’ambiance, surtout que les pages présentées,
à deux exceptions près, sont réellement
puisées des bouquins.
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Si
le vil serviteur Tournevis se relève, il en prend
une. |
Amonbofis
se marre, mais en attendant, c’est le mage qui dérouille
! |
Ainsi,
le deuxième stage propulse le joueur en Égypte,
au cœur du chantier de Numérobis, envahi par les
légions romaines et où soufflent les tornades,
puis dans une des fameuses pyramides, remplie de pièges
mortels (boules de pierre, précipices), pour finir en
extérieur. Là, il faudra faire face à Amonbofis,
le vil architecte qui a engagé le mage égyptien
que l’on voit dans "les 12 travaux d’Astérix",
et qui manie les éclairs et l’hypnose.
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Gaffe
aux requins ! |
Le
romain a de quoi s’inquiéter. |
Le
troisième stage, à la thématique vaguement
rapprochée de "Astérix chez les Bretons",
se déroule uniquement sur les flots, tout d’abord
sur des barques cernées de requins, puis sur une galère
romaine, où les deux chefs esclaves à la solde
du commandant romain, le fouetteur et le batteur, vont se prendre
une bonne roustée. Le niveau est assez court, dommage
qu’il n’y ait pas de scène chez les grands
bretons.
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Et
on dégage de là, plus vite que ça
! |
Tout
le monde y a droit, à sa correction. |
Le
quatrième stage m’a toujours laissé perplexe
: alors que Konami avait eu la bonne idée d’inclure
"Astérix en Corse" dans la liste des
albums source (n’est-ce pas Laurent !), il s’avère
que les pages d’introduction du niveau n’ont absolument
rien à voir avec l’histoire originelle, et la balade
en Corse se résume en une grimpette de santé,
en évitant les nids d’aigle, et en corrigeant une
bande de voleurs tziganes qui apparaissent furtivement dans
un autre volume, et dont le chef se montre particulièrement
féroce au sommet. Petite consolation, le niveau se termine
sur une descente en wagonnets digne de la Foire du Trône,
un passage assez fun.
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Les
soldats paniquent, les généraux s’énervent
: c’est l’effet potion magique ! |
Mieux
qu’à Intervilles ! |
Et
on traverse la Méditerranée à l’horizontale
pour rejoindre la péninsule ibérique, puisque
le cinquième niveau est dédié à
"Astérix en Hispanie" ! Nos joyeux
héros vont filer une trempe aux garnisons romaines stationnées
dans la pampa, en compagnie d’un arsenal militaire conséquent,
avec des tours d’assaut et des balistes. Le tout s’achève
dans une arène, ou bien évidemment il faudra calmer
les ardeurs d’un Auroch enragé, tradition oblige.
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On
ne marche pas sur le tapis avec ses bottes sales ! |
Mercikhi,
pour les baffes ? Pas de quoi. |
Le
sixième niveau se veut particulièrement original,
puisque celles et ceux qui ont apprécié "Astérix
chez Rahazade" vont retrouver le tapis volant de l’ascète
Kiçàh, pour un niveau tout en mouvement où
Astérix et Obélix vont devoir éviter les
foudres qui s’abattent sur les mers, avant de filer une
dégelée aux bandes syriennes, pour enfin avoiner
les gardes du palais royal où se terrent l’infâme
Grand Vizir Kiwoàlàh, et son fidèle acolyte
Mercikhi. Le stage se veut dur et assez long, il n’est
pas rare d’y laisser quelques vies, car il est très
facile de tomber du tapis volant.
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Couché,
vilain matou ! |
Tu
veux t’batt’ ? |
Mais
tout ce périple a une fin, et comme tous les chemins
mènent à Rome, le dernier niveau intitulé
Astérix contre César arbore curieusement la couverture
de l’album "Les Lauriers de César",
là où un Astérix Gladiateur m’aurait
paru particulièrement adapté. Mais bon, ce n’est
pas très grave, car ce stage très court qui commence
dans les rues de Rome n’est qu’un prétexte
à une suite de confrontations acharnées sur le
terrain poussiéreux du Cirque Maxime. Nos deux gaulois
devront prouver leur supériorité face à
plusieurs adversaires… sous l’œil attentif
et exaspéré de l’ami Jules.
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Les
épreuves bonus de char empêchent à
la monotonie de s’installer. |
Mais
pour quoi n’ont-ils pas clairement inscrit ‘Astérix
en Corse’ ? Lolo, sois fort. |
Histoire
d’alimenter une certaine compétition entre les
joueurs, entre certains niveaux, des épreuves bonus se
déroulent, sous deux formes. La première consiste
en une course de chars, en écran splitté, où
il faut fouetter les chevaux tracteurs tout en esquivant buissons,
rivières et romains ; le sens de l’anticipation
et les réflexes sont ici nécessaires. La seconde
va mettre en rivalité directe les deux joueurs, puisqu’ils
devront, sur le pont d’un navire, trouver le plus de bonus
cachés dans des caisses ; ici, une certaine stratégie
de progression doit être élaborée pour réussir…
Non, je plaisante, on a le droit de bourriner l’autre,
alors ne vous privez pas ! En mode solo, la compétition
se fera plus contre la montre.
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En
public, c’est toujours un peu gênant. |
Une
épreuve qui demande de l’agilité et
du réflexe… |
On
savait les p’tits gars de Konami capables du meilleur,
ils le prouvent une fois encore, avec un beat’em all à
la réalisation impeccable. C’est bien simple, on
croirait que les sprites et les décors ont été
réalisés directement par Albert Uderzo lui-même
! Le rendu est magnifique, coloré, et les proportions
vraiment bien respectées. Avec des animations nombreuses
et hilarantes, les personnages prennent vie, et l’on se
prend réellement à regarder une espèce
de dessin animé interactif. Les musiques collent parfaitement
à l’action, et respectent l’esprit de l’œuvre
; les bruitages, essentiellement à base de baffes, ajoutent
à l’ambiance, avec une mention particulière
pour les voix digitalisées, essentielles. Si les gaulois
et leur environnement s’expriment en anglais, les doubleurs
ont fait l’effort de coller aux intonations originelles
de Roger Carel et de Pierre Tornade.
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Concours
de baffes sur le bateau pirate ! |
À
la fin, ils sont toujours perdants… |
Ce
qui fait l’autre force de ce jeu, c’est la variété
des coups proposés en seulement deux boutons. Les coups
de poings assénés au corps à corps forment
un combo automatique qui, mené à son terme, donne
la possibilité au personnage d’empoigner l’ennemi,
afin de lui faire voir du pays ; en fonction des touches de
direction utilisées, le mouvement sera différent.
En maintenant la pression sur le bouton de frappe, les deux
compères donnent de la vitesse à leur bras ; en
relâchant le bouton au bon moment, le coup part et expédie
la cible en orbite. Astérix peut glisser, et fondre sur
les adversaires ; Obélix peut les écraser de tout
son poids. Enfin, trois mouvements sont réalisables en
duo synchronisé ; même s’ils n’ont
pas beaucoup d’intérêt lors des confrontations,
ils sont toujours amusants à faire. Les commandes répondent
immédiatement, les enchaînements s’exécutent
facilement, le gameplay est un plaisir.
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Sale
temps sur la méditerranée… |
Une
aventure d’Astérix finit toujours par un
banquet. Voui Môssieur ! |
Mes
seules réserves concerneront la variété
des ennemis, trop faible à mon goût, et la difficulté
trop élevée, surtout lorsqu’il est possible
de perdre des vies entières à cause de chutes
mortelles, le cauchemar des joueurs de Double
Dragon. De plus, le nombre de continues étant
limité par défaut sur les bornes d’arcades…
Au-delà de ces légers défauts, Astérix
constitue l’une des plus belles expériences de
beat’em all en arcade, et qui n’a souffert d’aucune
adaptation ratée. Par Toutatis !
Tonton
Ben, ‘engagez-vous, rengagez-vous, qu’y
disaient !’