Voir
aussi : L'interview d'Éric
Chahi
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La
boîte du jeu (merci au site Hall of Light !) |
Minuit
: le professeur Lester Chaykin se rend à son bureau pour
des essais d’accélération de particules quand
la foudre frappe son installation et projette celui-ci dans…
un autre monde !
Quelques
temps après l’acquisition de mon Atari 1040 STE,
et après avoir fait 13 millions de parties à Arkanoïd,
un ami me prêta un jeu appelé Another World.
Tout
commence par une cinématique style dessin animé
et non pas par un slideshow, ce qui déjà est surprenant
pour l’époque. Le jeu démarre et je me trouve
confronté à quelque chose d’inhabituel pour le
moins, un mélange de plates-formes, d’action et de réflexion
dans un univers extraterrestre assez spécial.
C’est
ce jeu qui a fait naître la passion que j’ai aujourd’hui
pour les jeux vidéo (pour les bons jeux !)
Après
s’être fait la main sur quelques jeux, Éric Chahi
avait en tête l’idée d’en créer un qui sortait
un peu de l’ordinaire. Quand il montra la scène cinématique
d’introduction qu’il avait réalisée, celle-ci
provoqua l’engouement de certaines grosses têtes de l’époque
(Phillipe Ulrich par exemple), mais les graphismes étaient
trop déroutants et du fait que les premières consoles
faisaient leur apparition, personne ne voulut s’investir dans
ce jeu.
Hé
oui, en 1990, l’ordinateur c’était fini et l’avenir était
dans les consoles… Même
Virgin repoussa les « avances » de Philippe Ulrich
qui voulait faire connaître son poulain.
Éric Chahi termina donc
la programmation du logiciel tout seul dans le pavillon de ses
parents.
C’était
l’époque des gros pixels, mais ce qui fit la particularité
d’Another World, c’est que Éric Chahi
décida d’utiliser cette fois des polygones, permettant
d’avoir un design nouveau et une ambiance spéciale. Ce fut le premier jeu à
utiliser des polygones mélangés à de la
2D. Delphine
Software édita Another World, qui fît
un vrai carton. Le succès fut international, le jeu étant
même numéro un des ventes au Japon.
Un
an plus tard, Virgin versera plusieurs millions de francs pour
acquérir les droits d’Another World.
Et
le jeu dans tout ça ?
Après
la séquence d’introduction où j’ai vu la foudre
entrer dans le laboratoire et frapper Lester assis à
son bureau, je me retrouve dans l’eau. Des tentacules arrivent
du bas et m’attrapent, je suis mort. Je recommence et cette
fois je nage vers le haut et sors de la piscine. Je me dirige
vers la droite et me fais mordre par une sorte de serpent, je
suis mort. Je recommence, je tue les serpents et arrive devant
une sorte d’ours pas commode qui me court après, je m’enfuis
vers la gauche, je passe trois écrans et tombe dans un
trou. Il fallait sauter pour s’accrocher à la liane et
repartir vers la droite, tant pis, je suis mort. Je recommence…
Et ainsi de suite.
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Dès
le début le ton est donné : ce jeu de plates-formes
est composé de petites énigmes qui permettent
d’avancer. Après chaque tableau, si l’on perd, on recommence
au début de celui-ci sans refaire tout le jeu, ce qui
donne un certain rythme sans jamais lasser. Le
jeu est ponctué de scènes intermédiaires
en pseudo 3D/2D qui viennent donner du punch au moment où
l’on s’y attend le moins.
C’est
une aventure linéaire mais qui ne se répète
jamais, les mouvements sont simples (marcher, courir, sauter)
et on possède un pistolet Mc Gyver qui peut tirer un
laser, un méga-laser ou faire apparaître un écran
de protection.
Un
ami alien nous vient en aide plusieurs fois dans le jeu à
des moments où l’on croit être bloqué. On
a l’impression d’être dans un film…
Mais
revenons sur terre. Ce jeu a quand même plus de dix ans
et cela se ressent sur les graphismes qui sont certes dépassés
aujourd’hui, mais ont gardé un je-ne-sais-quoi de spécial.
Malgré le peu de couleurs utilisées et des dégradés
en 2 ou 3 tons, l’ensemble est agréable à l’œil
car l’architecture des endroits visités dans ce jeu est
vraiment dépaysante, un autre monde quoi. Mais un bon
jeu n’est pas forcément un beau jeu, non ?
Le
seul problème est la jouabilité : sur ST,
il fallait souvent recommencer à cause des problèmes
de maniement. C’est un peu mieux sur la version Megadrive.
La
durée de vie est moyenne et une fois le jeu fini on peut
le refaire en 3/4 d’heure environ, mais la première
fois c’est une autre paire de manches !
Enfin,
à choisir entre un superbe jeu en troadé qui en
jette utilisant à fond les GeForceVoodooTnT54 mais qui
au bout de 5 minutes partirait à la poubelle si le graphisme
n’était pas si beau, ou un jeu sobre, graphiquement dépassé
mais où l’intérêt est présent, j’ai
fait mon choix.
Éric
Chahi : l'après Another World
Après
avoir travaillé avec Paul Cuisset sur l'excellent Les
voyageurs de temps, il sort Another World
sur les machines de l’époque, Amiga et ST
(Le jeu ressortira plus tard sur PC, Megadrive
et Super Nintendo avec un niveau supplémentaire).
Paul
Cuisset réalisera en 1992 Flashback,
largement inspiré d’Another World, qui
fera l’objet d’une distribution internationale, ainsi que sa
suite en 3D Fade to Black. Éric Chahi
participe par la suite à la création d'Amazing
Studio, qui donnera naissance à l'un des jeux qui se
sont le plus fait attendre (5 ans) : Heart of Darkness.
Dans l’esprit
d’Another World et nanti de fantastiques séquences
cinématiques, ce jeu a souffert de sa sortie tardive
et de son gameplay old-school, en pleine expansion de la 3D.
Steven Spielberg s'est déclaré intéressé
par une adaptation filmique, mais malgré le succès
commercial du jeu (1 million et demi d'exemplaires vendus),
la chose ne s'est jamais faite et Éric Chahi s'est retiré
des jeux vidéo, qu'il espère retrouver un jour.
Another
World est ressorti en 2008, en version haute définition
pour Windows XP. Pour l'occasion, un site officiel est présent
ici : http://www.anotherworld.fr/index.htm.
Si ça vous tente, vous pouvez y télécharger
la démo, ou y acheter le jeu en ligne pour 7 euros (septembre
2009).
Prix
décernés à Another World:
· "Tilt d'Or" Meilleur
jeu d'aventure / action 1993
· "4 d'Or" Meilleur
jeu original 1993
· "4 d'Or" Meilleure
animation 1993
· Gold Award "Enchanted
Realms" Adventure (USA) 1993
Kwor