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Sonic Drift - La Série
Année : 1994
Système : Game Gear
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Jeu de Course
Par DSE76 (17 octobre 2016)

En 1993, Nintendo sort un gros succès sur la SNES : Super Mario Kart, jeu de course avec la licence Mario. Ce spin off a très vite dépassé le stade de jeu secondaire et est parfois mieux considéré que la série principale. Une telle réussite a très vite engendré un grand nombre de copies qui ont tenté de surfer sur la vague du succès de la série, avec plus ou moins de bonheur. Et évidemment, SEGA, grand rival de Nintendo, va s'y essayer.
SEGA est loin d'être un bleu en matière de jeux de course. De Monaco GP à Daytona USA, la firme d'Haneda est à l'origine de nombre de racers qui ont eu plus ou moins de succès, qui ont exploité divers gameplays et univers. Sega est à l'origine du premier jeu de course en Super Scaling (Turbo) et du premier véritable jeu de course en 3D (Virtua Racing). Mais curieusement, SEGA fera le choix de sortir un jeu de courses sur la série Sonic sur Game Gear, avec une équipe toutefois très habituée au hardware de la console : la série Sonic Drift.

Les écrans-titre de chaque jeu. Le premier n'est sorti qu'au Japon tandis que le second a vu une sortie mondiale, mais a quand même gardé le 2 dans son titre.

Sonic Drift est un jeu de course dans lequel Sonic et ses amis font la course dans des circuits fermés (et ouverts dans le deuxième épisode). Le but consiste à faire trois tours et à arracher la première place. Avant de continuer et pour désamorcer les blagues sur « Sonic dans une voiture est saugrenu », je vous renvoie à Sonic R et ses courses à pied, où sélectionner le hérisson bleu suffit généralement à gagner la course.
Le jeu utilise une vue de derrière type « Super Scaling » : le décor défile sous le véhicule et ce dernier ne peut qu'avancer devant lui. L'écran est divisé en deux : au-dessus, la carte du circuit qui indique le tracé (et qui sera très pratique) et en bas, l'écran du jeu. Oui, le jeu n'utilise que la moitié de l'écran, pas très spacieux, de la Game Gear. Du coup, la carte est très utile pour voir venir les virages.

L'écran de jeu de chacun des épisodes. La carte du circuit prend la moité de l'écran, mais compense le clipping assez dense du jeu. Seul l'affichage des personnages diffère.

Le jeu se contrôle à l'aide du pad directionnel et des deux boutons. 1 permet de freiner, 2 d'accélérer et les touches droite et gauche permettent d'aller dans les directions respectives. Une astuce veut que freiner en tournant et en accélérant permet de faire un dérapage, ce qui permet de prendre facilement les virages serrés. Mais attention de n'en pas trop en abuser, car vous finirez dans le décor.
Le premier jeu ne contient que quatre personnages. Heureusement, le 2 augmentera ce roster à 7 grâce aux personnages de Triple Trouble. Chaque perso a une conduite différente et un pouvoir spécial qui peut l'aider à remporter la victoire. Seuls 4 pilotes prennent part à la course. Voici la liste :

- Sonic the Hedgehog : Fidèle à sa réputation de fonceur, la voiture de Sonic, le Cyclone, est ultra rapide et accélère bien mais n'est franchement pas maniable. Son pouvoir est un boost qui le rend encore plus rapide et encore moins maniable pendant un certain temps.
- Miles "Tails" Prower : Tails, dans les jeux de course, à l'habitude d'être l'inverse de Sonic. Et en effet, le Whirldwind du renard est hyper maniable mais manque cruellement de vitesse. Son pouvoir est de survoler la piste pendant un court instant, pratique pour jouer à saute-moutons avec les concurrents mais aussi de sauter les virages.
- Amy Rose : L'éternelle fiancée dispose d'un étrange véhicule assez vieux jeu, le Breeze. Elle accélère vite et a une bonne maniabilité mais manque cruellement de vitesse. Son pouvoir consiste à balancer un cœur sur la piste qui rendra gaga celui qui le récolte, ce qui réduira temporairement sa vitesse.
- Dr. Robotnik : Le savant fou participe lui-aussi à la course avec son fameux EggMobile, hyper maniable mais pas super efficace au plan de la vitesse et encore moins en accélération. Comme il est fourbe, il a une fâcheuse tendance à balancer des mines pour stopper ses adversaires.

Et les trois nouveaux personnages de Sonic Drift 2 :

- Metal Sonic : Dans son véhicule, le Blue Devil, il représente l'extrême du hérisson bleu : encore plus rapide, encore plus vif et aussi encore moins maniable. Il a le même pouvoir de boost que Sonic.
- Fang the Sniper : La Belette-loup de Triple Trouble chevauche sa fameuse moto, le Marvellous Queen. Il a bizarrement les mêmes caractéristiques que Sonic, accélération et vitesse élevées mais maniabilité faible. Comme Robotnik, c'est un lâche et un fourbe qui n'hésite pas à balancer des boules d'huile pour ralentir ses concurrents.
- Knuckles the Echidna : Enfin, le gardien d'Angel Island. Knuckles a toujours été considéré comme un « All Rounder » dans les jeux de course et pilote généralement des tout-terrain. Dans Sonic Drift 2, il n'échappe pas à la règle et son véhicule s'appelle le Tempest. Son pouvoir consiste à puncher l'adversaire à portée. Dans le cas où il n'y a pas d'adversaire, son pouvoir agit comme Tails.

L'écran de sélection des personnages. Comme il n'y a que quatre persos dans le premier épisode, ils concourent tous mais dans Drift 2, vous serez amené à choisir (automatiquement ou manuellement) vos adversaires.

Le jeu propose trois modes de jeu : Chaos GP, Free Run et Versus. Chaos GP est le mode championnat classique où vous courrez contre trois autres adversaires. Votre objectif est de vous hisser à la première place au bout de six courses. Le premier arrivé gagne 3 points, le second 2, le troisième 1 et le dernier 0. Le coureur qui a le plus de points gagne et, en cas d'égalité, c'est celui qui a décroché le plus de premières places (symbolisé par des émeraudes), qui est sacré. Il y a trois championnats de difficulté croissante : vert, jaune, rouge pour Drift 1, Violet, Blanc et Bleu pour Drift 2.
Le mode Free Run, est comme son nom l'indique, un mode libre qui sert à faire péter des chronos mais aussi à entraîner le novice aux circuits pour mieux les appréhender en championnat. Le versus, quant à lui, permet d'utiliser le câble de liaison de la console pour relier une autre Game Gear pour jouer à deux, mais cela demande une autre cartouche.

À la fin de chaque course, les points sont comptabilisés et les persos adoptent une humeur en conséquence : joyeux quand ils sont en première place ou très mécontents en lanterne rouge.

Les circuits sont tous inspirés des jeux Megadrive : pour Drift 1, c'est Sonic 1. Pour Drift 2, Sonic 2 et Sonic 3 & Knuckles. Évidemment avec six zones de disponibles, les thèmes des circuits du premier épisode ne sont pas très variés et les circuits sont un peu basiques. En revanche, le deuxième épisode a quasiment un thème par circuit et en plus des circuits fermés, il y a des circuits ouverts où il faut se rendre jusqu'au bout pour gagner la course.
Il y a des obstacles un peu partout sur la route, et il faudra éviter le bord pour ne pas être ralenti. Le jeu étant inspiré de Mario Kart, des moniteurs contiennent des bonus divers : le rouge donne un bonus de vitesse, le bleu une invincibilité. Drift 2 ajoute un moniteur jaune qui permet de sauter et le noir lâche une mine sur terrain. Ajoutons des ressorts et d'autres objets plus ou moins nocifs comme les étoiles qui aveuglent, un R qui inverse les commandes du véhicule ou les fameux anneaux. Ces derniers sont importants car ils permettent d'activer son pouvoir spécial en appuyant sur « haut ».

Les moniteurs apparaissent sur la piste et il suffit de rouler dessus pour les récolter. Dans Drift 1, ils sont malheureusement utilisés tout de suite. Dans Drift 2, ils sont stockés mais empêchent l'utilisation du pouvoir des persos.

La technique est certainement le point fort du jeu : l'équipe a réussi à créer un racer qui ne saccade pas une seule seconde, et on soupçonne la moitié de l'écran et le gros clipping d'y être pour quelque chose. En plus, le jeu dispose d'une vitesse de défilement assez impressionnante pour la console. Le jeu est aussi très coloré, comme le veut la tradition de la série, avec des sprites assez bien réalisés et animés.
Le côté sonore, en revanche, pêche un peu : les bruitage sont à peu près les mêmes que les jeux Aspect mais les musiques ne reprennent pas les niveaux dont ils s'inspirent. Il s'agit de musiques toutes neuves, qui restent dans l'esprit Sonic, avec toutefois une reprise de « You can do Anything » pour l'invincibilité. Cependant, les musiques sont franchement trop courtes et finissent par lasser à force de boucler.

Il n'y a pas à dire, les décors des Drifts sont très jolis. Et tandis que Drift 1 a peu de thèmes mais des décors assez détaillés, Drift 2 montre des paysages différents avec des effets météos qui influent sur la course, comme ce passage humide de Rainy Savannah.

En revanche, les deux Drift souffrent de quelques problèmes qui les empêchent d'être d'excellents jeux : dans le premier épisode, les circuits sont peu techniques et assez faciles à appréhender pour peu qu'on maîtrise le dérapage. Mais surtout, et cela est aussi valable pour sa suite, l'ensemble est bien peu sophistiqué au profit du fun, mais au détriment de la maîtrise de la manette.
Autre élément assez déconcertant, les deux épisodes sont incapables d'équilibrer correctement la compétition : Drift 1 est trop facile car les concurrents sont vraiment trop lents et même en se payant les obstacles, il est très facile d'atteindre la première place et de la conserver. Drift 2 a quant à lui des adversaire coriaces et rapides mais en réalité, ils ont été reprogrammés pour rattraper le joueur, le dépasser et puis ralentir pour que le joueur les rattrape et les dépasse. Il en résulte un jeu de saute-moutons bien plus désagréable que la foire aux carapaces des derniers Mario Kart. En parlant de foire, dans Drift 2, c'est plutôt celle des collisions, l'IA vous percutant pour vous faire ralentir. Une collision frontale vous stoppe complètement, ce qui rend les dépassements hasardeux à cause des nombreux virages de la piste. En revanche, vous pourrez vous mettre sur le chemin des adversaires, et ils stopperont net (bon courage pour y parvenir cependant, car vous n'avez ni rétroviseur, ni vue arrière).

Dans Drift 1, j'ai généralement un demi-tour d'avance sur mes adversaires. Dans Drift 2, je passe mon temps à doubler et à me faire doubler, ce qui devient vite frustrant quand on combine aussi les collisions.

Jeu conçu pour surfer sur la vague de Mario Kart, la série des Drift aurait pu donner des racers sympathiques mais ils ont souffert des limitations de la console sur laquelle ils tournent et d'un certain manque d'ambition de SEGA. Restent des jeux sympas à deux, et bien optimisés pour la Game Gear.

DSE76
(17 octobre 2016)