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Mad Planets
Année : 1983
Système : Arcade
Développeur : Gottlieb
Éditeur : Gottlieb
Genre : Arcade / Shooter
Par JPB (21 mai 2009)
Le flyer. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a une sacrée classe !
Cliquez sur une image pour une version plus grande. Merci au site Arcade Flyer Archive !

Cette salle de jeu, entre la Place Delille et la place de Salford à Clermont-Ferrand, était le seul endroit en cette année 1984 où on trouvait des jeux vidéo dans un environnement agréable : espacé et éclairé. Je n'ai jamais connu le nom de cet endroit, et je n'ai hélas pas pu y aller longtemps : peu de temps après, je déménageais à Cannes. Mais pendant un bon moment, j'ai régulièrement vidé ma monnaie dans des machines aux noms prestigieux, tels que - entre autres - Jungle King, Moon Patrol, Pengo, Mario Bros... et Mad Planets. J'avais lu des infos dans le Tilt n°9 à son sujet (cliquez sur ce lien pour afficher la page correspondante) et le jeu m'avait déjà bien plu ; en tout cas, je l'ai adoré dès ma première partie.

Planètes folles

Le titre du jeu n'est pas là par hasard. En effet, vous dirigez un vaisseau qui doit détruire des planètes surgissant du centre de l'écran. Et si au début elles ne sont pas trop belliqueuses, ça change vite, et je m'en vais vous le conter.

L'écran titre.
Les points.
Les commandes.
Cliquez sur l'image pour une
version plus grande.

Avant tout, le maniement du vaisseau. Les commandes sont identiques à celles de Discs of Tron : une superbe manette avec gâchette sous l'index à droite, qui sert à diriger le vaisseau à l'écran, et une molette à gauche pour la rotation du vaisseau à 360°. Vu ce qui vous attend, on ne pouvait pas faire plus simple.

Les planètes vont commencer à apparaître ("Planètes en Approche" ou "Approaching Planet"), en tourbillonnant depuis l'espâââce infini au centre de l'écran. Au début, elles sont toutes petites, mais il est quand même possible de les détruire. D'ailleurs c'est recommandé : vous obtenez des points bonus si vous arrivez à détruire toute une vague de planètes sans qu'elles aient pu atteindre leur taille de combat ("Round Parfait" ou "Perfect Round"). Le premier round comprend 5 planètes, le second 6, et là c'est encore faisable. Mais par la suite, il devient très difficile d'arriver à les détruire toutes lors de leur phase d'approche.

Le combat contre les éléments

Une fois qu'une planète est arrivée, elle se transforme en "Planète en Attaque" (ou "Attacking Planet") : elle prend sa taille définitive, on peut distinguer son apparence et le nombre de lunes en orbite ("Orbiting Moon") qu'elle possède, entre 3 et 6 selon la taille de la planète. En plus de tournoyer sans but à l'écran, la planète va par moments lancer une de ses lunes ("Attacking Moon"), qui passe à l'orange et quitte l'orbite en ligne droite vers vous. Attention à l'éviter ou mieux, la détruire ! Si vous ne faites que l'éviter et si elle quitte l'écran, elle revient automatiquement en orbite autour de sa planète.

Deux planètes et leurs lunes
(dont une qui m'attaque).
Une planète de moins !

Contrairement à la phase précédente, tirer sur une Planète en Attaque ne sert à rien. Pour arriver à éliminer une planète, il faut d'abord détruire toutes ses lunes. C'est alors que la planète va devenir folle ("Mad Planet"), couleur rouge lave, et qu'elle va tout faire pour percuter votre vaisseau. Un seul tir bien placé suffit à lui régler son compte et à obtenir des points en fonction de sa taille (200 points pour Plutona, 300 pour Marzon ou 500 pour Kryptophan) ; il faut arriver par contre à l'éviter, ce qui devient délicat car ses trajectoires sont de plus en plus rapides et se rapprochent de plus en plus de votre vaisseau.

La difficulté du jeu vient du fait qu'il devient difficile d'arriver à éviter plusieurs planètes et leurs lunes, qui soit virevoltent joyeusement autour de vous, soit cherchent à vous percuter à tout prix. Heureusement, il y a un autofire en laissant la gâchette appuyée...

Les objets supplémentaires

Le premier type d'objets sont les comètes qui apparaissent dès le 3ème round. Elles se comportent comme une Planète Folle, c'est à dire qu'elles essaient de percuter votre vaisseau en le visant systématiquement et en utilisant des trajectoires elliptiques plus ou moins serrées pour le remettre rapidement en joue. Elles sont facilement destructibles, un coup suffit, mais leur rapidité et leur petite taille rend la manœuvre difficile. Elles rapportent 100 points pour la première, et 100 points supplémentaire pour la suivante, jusqu'à concurrence de 1000 points par comète.

L'affaire se corse !
Round bonus : 3 astronautes en perdition,
et une comète qui me prend en chasse.

Le second type d'objets, ce sont les astronautes qui se retrouvent perdûûûs dans l'espâââce et qu'il faut secourir. Ils rapportent de plus en plus de points au fur et à mesure de l'avancée dans le jeu. La première fois qu'on les rencontre, c'est lors du 4ème round, qui est une phase bonus dans laquelle aucune planète n'apparaît : il faut simplement sauver tous les astronautes, et détruire ou éviter les comètes. Dans ce round, ils rapportent 200 points chacun, ces points augmentent vague après vague. Aucun risque de les toucher en tirant dessus par erreur : n'hésitez pas à canarder vos ennemis même s'ils sont présents.

Une fois que vous avez passé le round bonus, vous avez terminé la première vague. Les suivantes respecteront toujours cette configuration : 3 rounds d'attaque, puis un round bonus. Par contre, tous les objets seront systématiquement présents lors de chaque round de combat.

La réalisation

Les graphismes sont très sympas : les planètes ont un look agréable à regarder (quand on a le temps) : certaines ressemblent à la Terre, d'autres ont un look plus gazeux, bref on a une bonne variété d'ennemis. Le vaisseau a une forme pyramidale bien trouvée, le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle tranche avec les planètes sphériques... Il a un petit look "Destroyer Impérial de Star Wars" que j'aime bien... Il a aussi une grande ressemblance avec le vaisseau qu'on dirige dans Asteroïds, ce qui n'est pas un hasard vu que le jeu s'en inspire beaucoup.

Tant qu'il y a au moins une lune,
la planète est indestructible.
Le tableau des scores, ou les
initiales de l'équipe vidéo de Gottlieb.

Pour vous parler de l'animation, imaginez un Asteroïds dopé aux vitamines : ça bouge vite, très vite, et ce dès le début de la partie. Les trajectoires sont parfaitement fluides et on peut arriver à anticiper les changements de direction lorsqu'on est pris en chasse. Le vaisseau répond parfaitement à la moindre sollicitation de la manette, ou lorsqu'on veut cibler une planète précise en le faisant tourner sur lui-même grâce à la molette. Rien à redire de ce côté, c'est du très bon.

Le son est par contre peu intéressant. Autant les bruitages sont très réussis (notamment les explosions des planètes), autant la musique qui accompagne le jeu n'a rien de particulièrement attrayant. Heureusement, si elle est tout le temps présente, elle reste un accompagnement sonore et ne passe pas devant les bruitages.

Kan Yabumoto, le designer et programmer de Mad Planets, semble n'avoir pas participé à d'autres jeux d'arcade. Jeff Lee (pour le graphisme), David Thiel (pour le son) et Terry Doerzaph (pour la réalisation de la borne) ont travaillé ensemble l'an précédent sur Q*Bert, et la même année sur M.A.C.H. 3 (entre autres jeux).

Il n'existe aucune conversion officielle. Par contre, sur C64, sortit Crazy Comets, qui est la conversion officieuse de Mad Planets. Le jeu est réalisé par Simon Nicol, et fait à retenir, la musique bien supérieure à celle du jeu d'origine est signée du Maître Rob Hubbard !

Crazy Comets, ou comment faire une conversion non officielle
de qualité exceptionnelle.

Petite anecdote : au moment de la sortie de Mad Planets, la plupart des jeux vidéo n'inscrivaient pas les noms de leurs concepteurs ou designers, car de nombreuses entreprises craignent que les designers de renom soient démarchés par leurs concurrents. Cette politique atteignit les sommets du ridicule dans une interview du magazine Videogames, en avril 1983 : alors que les concepteurs de Williams y sont identifiés par leur vrai nom, le trio de développeurs de Gottlieb est décrit comme étant Ziner D., J. Walkman, et R. Teeste, en raison de la politique de Gottlieb de garder secrets le noms des concepteurs. Bien que la direction ait continué d'empêcher les employés d'inscrire leurs noms complets dans un jeu, elle a fini par accepter un petit compromis en permettant l'utilisation de leurs initiales (ou de leur surnom) à l'écran des meilleurs scores du jeu. Dans Mad Planets, l'écran par défaut des meilleurs scores contient les initiales de presque toute l'équipe vidéo de Gottlieb.

Au fait, si ça vous tente : le record officiel est tenu par Jean Baudin, avec 507 710 points le 12 août 2001.

JPB
(21 mai 2009)
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