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Power Instinct Matrimelee
Année : 2003
Système : Arcade
Développeur : Atlus
Éditeur : Atlus
Genre : Jeu de Combat (VS fighting)
Par Dead JFK (25 octobre 2003)

Un nom bien étrange en vérité. Ne parlant pas le japonais et n'ayant pu trouver la notice du jeu, je ne sais pas de quoi il retourne, mais pour le peu que j'ai compris et le plus loin où je suis arrivé, une petite peste organise un jeu, dont elle épousera le vainqueur (Who will find the true hapiness ?). D'où le nom Matrimelee, la baston matrimoniale. Nos amis Japonais adorent les contractions (comme lolicomp ou moga), apparemment, car comme je l'ai dit l'histoire est plutôt obscure mais loin d'être trop sérieuse.

Sachant qu'Atlus édite le jeu, on pourrait s'attendre au pire comme au médiocre. En dehors de trop rares bombes vidéoludique, Atlus est surtout connu pour ses jeux de rôle copiés allègrement sur ceux de Square Soft, ainsi que pour les Power Instinct - Power Instinct (1993), Power Instinct 2 (1994), Power Instinct 3 (1994) et Power Instinct Legends (1995)- , une série de jeux de baston dont Matrimelee est l'ultime séquelle, développée tout comme Rage of the Dragons par Noise Factory.

Il s'agit d'un beat'em up 1 contre 1, et ce jeu est, à ma grande surprise, plus que sympathique. Tout d'abord l'ambiance est survoltée, les personnages franchement charismatiques (le syndrome Playmore), et les musiques entraînantes. On compte surtout beaucoup de gags et clins d'oeil typiquement nippons, car après chaque victoire le perdant se voit peinturlurer le visage en guise d'humiliation (l'un des personnages aura le masque de Lilith, d'Evangelion - je vous laisse la surprise de découvrir qui subit cette humiliation).

Les graphisme sont extrêmement réussis, mais malgré tout on sent que la Neo Geo/MVS commence à s'essouffler et atteindre ses limites. Je suis sévère, peut-être, mais il faut tout de même saluer la vieille dame du haut de ses douze ans (autant dire un véritable dinosaure, "informatiquement" parlant). On est loin d'un Mark of the Wolves ou d'un King Of Fighters, mais le gros point fort du jeu réside dans les animations, plus fluides que celle de Rage Of the Dragons, et surtout d'un style graphique très anime.

Côté son, c'est du tout digitalisé, ce qui donne un léger "crachouillis" pas très joli, mais l'ensemble est audible et agréable. Les musiques, sur fond de guitare et de synthé, sont dans un pur style J-Pop et les voix digit sont de très bonne facture comme d'habitude. On notera que la musique du boss de fin est une marche nuptiale archi-connue (dommage qu'on n'ait pas le droit à un Deus Irae ou un O Fortuna, plus poignant plus dramatique, mais moins drôle ! ^_^). On peut noter qu'il y a peu de variété dans les thèmes, une musique étant souvent utilisée pour deux ou trois adversaires.

En ce qui concerne les persos il y a de tout : du classique et du grand n'importe quoi. Pour le classique, on a des karatekas, des bastonneurs de rue, un moine shintoïste (je ne peux pas dire shaolin, car les marques sur le front de cet auguste personnage ne viennent pas de la province où vivent les moines shaolin), un catcheur indien et un ninja. Au rayon « portenawak » on trouve deux petite vieilles jumelles qui sont en fait les personnages centraux de la série Power Instinct, un vieillard et un homme déguisé en chien. Il y a aussi une « magical girl » qui ressemble à Card Captor Sakura bien que lui étant antérieure (elle fut même l'héroïne d'un spin-off de la série Power Instinct, sur Saturn, intitulé Purikura Daisakusen), un perso qui ressemble à Gendo, d'Evangelion toujours, et un gamin au look sombre mais terriblement classe... Donc en gros des personnage qui ne laissent pas indifférent.

Puisque le développeur est le même que pour ROTD, il n'est pas étonnant de voir en guest-stars des persos de ce dernier, comme Jimmy, Ellias ou Lynn (pour ceux que j'ai pu découvrir) qui servent de gardes du corps tout au long du tournoi. Contrairement aux rumeurs, le jeu n'est aucunement une suite de Rage Of The Dragons comme j'ai pu lire sur certain sites. Pour les décors, on trouve aussi de tout, mais surtout des scènes dans des salles de concert, backstage et loges. On est transporté dans des endroits notables, un lieu de culte shinto et aussi un magasin d'informatique ou un bar cabaret. Le fait que presque tout se déroule « on stage » provoque une redondance un peu énervante... Manque de créativité ?

Je passerai rapidement sur la jouabilité : On connait SNK et Playmore donc on pouvait s'attendre à quelque chose de parfait, et c'est le cas. Pour ce qui est des furies, on peut noter une petite originalité : on ne parle plus de « power bar » ou autre, mais de STRESS qui lorsqu'il atteint un certain niveau fait un effet à la Dragonball Z : Le personnage est entouré d'une aura qui le protège et repousse l'ennemi pendant 2 secondes mais le rend complètement immobile. Original certes, mais ça casse le rythme sans merci d'un combat.

Le jeu se déroule très bien jusqu'à l'arrivée du boss de fin, Princess Sissi ! Hommage à Romy Schneider ? Mais nos amis nippons savent-ils que Sissi en anglais veut dire « lopette » ? De ma vie de gamer je n'ai jamais vu un boss aussi irritant. Elle ferait passer Goenitz ou Orochi pour des rigolos. Sissi a très peu de coups, mais d'une efficacité incroyable, et souvent la défaite est humiliante. On aurait presque envie de casser la borne, mais on se souvient du vigile dépassant le quintal que le gérant de la salle a posté à l'entrée.

Matrimelee, malgré son côté grand bazar du jeu de combat, se place comme un sympathique OVNI de la catégorie. Il est à classer avec Waku Waku 7, le genre de jeu auquel on joue de temps en temps avec les copains pour se taper un pur fou rire et oublier le stress de la journée. On trouve mieux ailleurs bien sûr, mais le jeu figure tout de même certainement dans 10 meilleurs Beat'em up sur MVS.

Dead JFK
(25 octobre 2003)
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