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Marvel Super Heroes vs Street Fighter
Année : 1997
Système : Arcade, Playstation, Saturn
Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : Jeu de Combat (VS fighting)
Are you ready to believe it ? Capcom and Marvel have joined forces once again to bring you... Yes ! Marvel Super Heroes VS Street Fighter ! Une intro culte, il faut l’avoir vue au moins une fois.

On prend les mêmes et on recommence ! Ah, non, en fait, pas vraiment. Mais dans la grande tradition Capcom de sortir chaque année une version modifiée de ses hits de l’année précédente, MSHVSF fait écho à son prédécesseur, XMVSF, et pose un choix cornélien aux amateurs de la franchise : quel est le meilleur des deux ?

Élément de réponse : si vous vous êtes déjà fait un nœud au cerveau avec le dilemme entre les deux épisodes de Fatal Fury Real Bout Special et Real Bout 2, vous n’allez pas en sortir indemne, c’est à peu près le même problème.

SHVSF, le jeu où une écolière balance des kaméha de folie sur Hulk...
... et où l’on peut envoyer Dan dans le décor, déguisé en Spider-Man.

Comme son nom à rallonge l’indique, MSHVSF est une transposition du concept précédent en remplaçant le pack X-Men par les p’tits gars de Marvel Super Heroes (voir deux pages en arrière). Exit donc Rogue, Sabrethooth, Gambit, Storm, Magneto et Juggernaut (les deux derniers étant pourtant présents dans MSH), et bienvenue à Shuma-Gorath, Hulk, Blackheart, Spider-man, Captain America et... euh, Omega Red. OK, c’est le boxon. Notez aussi que Wolverine et Cyclops ont échappé à la purge et restent dans le roaster.

Donc, à deux exceptions près, nous avons un casting pro-MSH.

Côté Capcom, quelques bouleversements plus légers : Dan et Sakura ont éjecté Charlie et Cammy. Akuma fait désormais officiellement partie du cast. Le nombre total de personnages officiel est porté à 18. Enfin, 17 en occident.

En fait, rien n’est simple dans cet épisode.

Les super combinées sont toujours de la partie.
En cas de finish, elles sont nommées, effet garanti !

La version japonaise de MSHVSF a un personnage officiel de plus, le dix-huitième, et qui est également le seul personnage jouable nouveau du jeu : Norimaro. Totalement inconnu hors de l’archipel nippon, d’où son absence du casting occidental, Norimaro est l’avatar d’un comique japonais assez célèbre dans l’archipel, Noritake Kinashi, et qui a eu l’occasion de parodier les jeux de baston lors de sketches. Capcom l’a inclus dans ce jeu. Pourquoi celui-là, je me le demande encore (surtout qu’il bouffe une case des Marvel !), mais voilà, il est là. Norimaro fait passer Dan pour un personnage tragique, tant ses coups sont exagérés au possible : c’est un trouillard qui balance tout ce qu’il peut à la figure de l’adversaire, et qui hurle les coups spéciaux de Ryu. Un concept.

Norimaro est un concept : tous ses coups pastichent Capcom, du shoryuken...
... à Megaman !

L’autre nouveauté au casting est un nouveau boss encore plus improbable : Cyber-Akuma, ou Mech-Gouki en japonais (moins ridicule). Il faudra le combattre après l’affrontement contre Apocalypse, son combat remplaçant celui contre son partenaire dans l’épisode précédent. Attention, cet adversaire mi-démon mi-boîte de conserve est ardu, malgré la supériorité numérique, vous allez prendre des combos à base de boules de feu et de roquettes. C’est une création d’Apocalypse, et finalement, le bougre a plus d’humour qu’il n’en avait l’air. Votre première rencontre avec Akuma en mode Terminator/Robocop/War Machine ne vous laissera pas indifférent.

Mis à part ces changements de casting impromptus, la recette du jeu est sensiblement la même que la précédente : tag battles frénétiques, super combinées, et une seule nouveauté, le tag assist : une pression simultanée sur les deux coups moyens fait apparaître le partenaire qui exécutera un coup spécial, ouvrant quelques possibilités dans les combos et les ouvertures. Ce système prendra de l’ampleur dans les suites.

Le tag assist permet de débloquer certaines situations difficiles.
Apocalypse est toujours de la partie !

En fait, c’est surtout l’habillage qui a le plus changé : si XMVSF était frénétique, MSHVSF vire dans l’épileptique. Flash incessants de couleurs, animations exacerbées, visages énervés, rien que l’introduction, un must du genre, met dans l’ambiance : le speaker ne cesse de débiter son texte à toute allure pendant que les images défilent en accéléré. Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur, ne cherchez pas à régler l’image et le son. Ceci étant, j’en suis très fan.

Le style graphique a beaucoup changé, aux allures très manga, cassant complètement avec le conventionnalisme Marvel de l’épisode précédent, comme une espèce de réponse de Capcom à Marvel. MSHVSF, c’est un côté too much assumé, avec l’espace sidéral qui apparaît en fond d’écran dès qu’il y a une super combinée, du bleu, du rose, enfin toute la palette de couleurs accessible en permanence à l’écran, et un speaker qui annonce les noms des super combinées si elles sont fatales à l’équipe adverse ! Du très grand spectacle.

Moi-tié hom-me, moi-tié ro-bot...
Un écran que vous verrez souvent !

D’où le dilemme annoncé au début : lequel faut-il choisir ? Je n’ai jamais vraiment pu trancher, les deux épisodes étant similaires et un peu complémentaires. C’est surtout une question de casting et de goût artistique. Surtout que comme XMVSF, MSHVSF a été adapté sur les mêmes machines, dans les mêmes conditions. Achetez une Saturn compatible japonais, fuyez la version PSX.

Y aura-t-il une suite à la saga ? Mettra-t-elle tout le monde d’accord ?

Personnages

Norimaro
Voici donc la seule nouvelle recrue du jeu qui n’est ni un personnage Marvel ni un Street Fighter à proprement parler. C’est une création du comique Noritake Kinashi, membre du duo japonais Tunnels avec Takaaki Ishibashi, et qui a fait partie des animateurs d’une émission de radio nocturne très populaire au Japon, All Night Nippons. Noritake animait l’émission le mardi soir, et a eu notamment pour collègue le fameux Takeshi Kitano (qui animait l’émission le jeudi). De fait, Noritake est déjà apparu dans un autre jeu video en 1986 : All Night Nippon Super Mario Bros., la fameuse version Famicom Disk System de SMB modifiée pour l’émission de radio.