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Les Jeudis Découverte de Grospixels
Une rubrique de 2008 dont le concept consistait, chaque semaine, à proposer aux lecteurs trois jeux découverts par les habitués du forum lors de l'exploration de leurs romsets.

Pour ce nouveau jeudi-découverte, nous replongeons dans les salles enfumées avec des jeux bizarres et originaux, loin des sentiers battus de l'arcade : le tordu Block Carnival, le questionnant Quiz & Dragons et l'ancêtre Amazin Maze.

Block Carnival
(Visco, 1992)

Block Carnival (a.k.a Thunder & Lightning 2) est un Breakout-like développé par Visco pour les salles d’arcade en 1992. A la manière de l’illustre Arkanoid, ce jeu comporte un embryon de scénario dans lequel vous incarnez un chef cuisinier confronté à une invasion gastronomique en provenance d’une autre galaxie (NdT : un petit air de Cookie ?) : il va falloir mater les plats, légumes et autres ustensiles de cuisine belliqueux en nettoyant différents tableaux aux thématiques culinaires diverses (d’inspiration occidentale comme asiatique), à grands renfort de billes expédiées puis renvoyées par le cuistot situé en bas de l’écran.

Chacun des 4 mondes que compte Block Carnival débute par un court briefing vous exposant le point faible du boss local. Avant d’atteindre ce dernier, il vous faudra traverser 3 tableaux aux objectifs variés : il peut être nécessaire de détruire toutes les cibles présentes à l’écran ou seulement quelques ennemis particuliers, généralement protégés par des barrières. En début de partie, la bille projetée par le cuistot est minuscule, lente et sa force de frappe est réduite : chaque fois que le joueur parvient à la renvoyer, elle grossit et gagne en rapidité et puissance, jusqu’à une certaine limite. Le gameplay est enrichi par la présence de power-ups classiques (extension de la surface de rebond, accélération des déplacements, extra-balls, ...) et de malus (ralentissements, perte de points, ...) présentés sous la forme d’animaux, d'objets ou de personnages comiques traversant l’écran et égayant l’action. La difficulté principale du titre repose sur une jauge de temps diminuant continuellement : si elle tombe à zéro avant que vous n’ayez pu décrocher un bonus permettant de la restaurer, le personnage monte de quelques centimètres, diminuant d’autant plus le temps de réaction du joueur...

Les combats contre les boss sont la partie la plus captivante de Block Carnival, la configuration du tableau où se déroule l’affrontement offrant alors des possibilités tactiques assez étendues : en adoptant le bon angle de tir et le bon timing, il est même possible de placer sa bille dès le début du combat de façon à régler leur compte à quelques boss sans avoir à renvoyer une seule fois le projectile ! Jouable jusqu’à deux simultanément, Block Carnival est un jeu rafraîchissant dans ses graphismes comme ses bruitages. Bien entendu, cet emballage sympathique n’empêche pas que la difficulté soit présente au rendez-vous : comme souvent dans ce type de titre, des pièges sournois apparaissent au fil des tableaux pour vous compliquer la tâche et vont en s’accentuant. Ainsi, si le malus lié au temps écoulé constitue l’obstacle le plus évident à la progression dans les niveaux, les barrières se régénérant automatiquement ou les cibles à endurance élevée contribuent également à épicer le challenge. Block Carnival n’en demeure pas moins un titre plus accessible qu’Arkanoid puisque l’on n’y trouve quasiment pas d’ennemis déviants exagérément la trajectoire de la bille, la vitesse de cette dernière reste raisonnable pour que le joueur conserve la maîtrise de la situation et d’une façon générale la part de chance exigée est plus restreinte que dans le classique de Taito...

Quiz & Dragons
(Capcom, 1992)

Il y a pas de mal de jeux de quiz sous MAME. Le plus souvent, ils sont ou très austères ou en japonais. Quiz & Dragons (1992, Capcom) évite ces deux « écueils ».

Ca fait longtemps que je connais ce jeu. En fait, c’est même l’un des premiers que j’ai pratiqué en émulation. Il y a environ 10 ans, alors que nous n’avions à disposition que Callus pour émulateur, il nous arrivait fréquemment à Xuenilom et moi-même de lancer cette rom, entre deux parties de Carrier Airwing et de Final Fight. Ce qui nous plaisait surtout, c’était le mélange assez cocasse entre quiz, background D&D et réalisation pur Capcom CPS.

Le jeu est divisé en plusieurs stages consistant chacun en un jeu de l’oie. Une fois le dès lancé, on tombe le plus souvent sur un combat. Chaque bonne réponse enlève à l’ennemi un point de vie, chaque mauvaise réponse vous en enlève un. Il vous arrivera de tomber sur des auberges, dans lesquelles une bonne réponse vous redonnera de la vie, ou mieux sur un personnage qui pourra, là encore en échange d’une réponse juste, vous donner un artefact plus ou moins utile (par exemple supprimer une des quatre réponses proposées dans une question). A la fin de chaque niveau vous affrontez - devinez quoi ? - un boss.

Les questions sont de difficulté variable, mais je pense que pour espérer réussir le one-credit, il faut au moins se balader au Trivial Pursuit édition Senior. Et encore, avec Xue on butait souvent sur ces foutus questions de baseball (sachant que le jeu était destiné au marché américain). L’autre solution consiste à jouer régulièrement puisque j’imagine qu’au bout d’un moment, on finit par connaître la plupart des questions qui tombent. Améliorer sa culture générale en jouant à MAME, ça c’est de l’alibi!

Même si les quiz sont pas votre truc, je vous recommande tout de même de faire un essai, ne serait-ce que pour découvrir une curiosité. Ca fait vraiment drôle de jouer à ce genre de jeu sur un hardware notoirement dédié à l’arcade pur. Et le pire, c’est que Capcom s’en est pas mal sorti. D’après mameinfo, le jeu est sorti deux ans plus tard au Japon avec pas mal de modifications et d’enrichissements : on gagne des points d’XP, on lance soi-même le dé et bien sûr les questions sont plus adaptées à la culture locale (beaucoup d’anime et de manga). Je n’ai jamais essayé cette version.

Amazing Maze
(Midway, 1976)

Ce soir je vais vous emmener loin, très loin dans le territoire du rétro, dans un univers où la couleur n'existait pas encore. Chaussez votre... Non, je me suis planté, comme aurait dit Marty McFly, c'est pas le pied ! Coiffez votre meilleur casque de spéléo, vérifiez bien votre lampe, et suivez le guide de près, vous vous perdriez dans ces layrinthes...

Hein ?!? Quels labyrinthes ? Mais ceux de AMAZING MAZE, évidemment !

Quel titre ! Quand je pense qu'ils ne m'ont même pas crédité les graphismes, un oubli, sans doute... Est-ce que cela vous dit d'incarner Thésée, et sans fil d'Ariane, d'arriver à battre le Minotaure en sortant du labyrinthe avant lui ? Attention les yeux !

Chaque tableau se commence à droite, votre adversaire est à gauche. Pendant quelques secondes vous pouvez profiter de la vue pour planifier votre parcours (et ces secondes sont précieuses, croyez-moi !). Et c'est parti ! Le minotaure, au train de sénateur, se dirige sans se presser vers la sortie oposée. Mais attention, il va au plus court sans jamais faire d'erreur. C'est normal, il n'est pas humain ! Alors que vous, des erreurs, vous allez en faire, ça oui ! Mais la supériorité de Sapiens Sapiens a vite raison de lui !

Vexé comme un pou, votre adversaire veut remettre ça, mais sur un nouveau parcours. D'un train de retraité, le minotaure va vers la sortie mais une fois encore, votre supériorité ne fait pas de doute ! Cette fois-ci, je ne vous mettrai pas le trajet gagnant, pouvez-vous le deviner ? Attention les yeux !

D'un train de député, le minotaure file vers la sortie, mais comme c'est stupéfiant ! Vous gagnez encore ! Pour le coup, vous vous sentez seul, c'est vrai que la came isole (et faites pas attention si dans un coin, l'Affreux dit Ziak !) - NB : oula, qu'est-ce que je tiens ! Devinez le parcours !

À ce niveau d'excellence, il convient de saluer comme il se doit l'effort de notre Thésée du dimanche en le gratifiant d'un solide "Mazette, quel Mazien !"

Là, l'outrage est à son comble. Dans un effort monstrueux, votre adversaire part d'un train de Sarkozy pour se ruer vers la sortie, vous plantant là comme une limace asmathique.

Amateurs de labyrinthes, vous l'aurez compris, Midway en cette année 1976 aura pourvu à votre bonheur avec 4 malheureux kilo-octets. De temps en temps, je me fais une ou deux parties et je considère comme un succès le fait d'en réussir 3 à la suite. Résistez à l'envie de pauser l'émulateur au début de chaque tableau, vous verrez, c'est beaucoup moins simple qu'il n'y paraît !!!