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Guardian Heroes
Année : 1996
Système : Saturn
Développeur : Treasure
Éditeur : Sega
Genre : Beat'em all
Par Tama (03 mars 2008)

Ou comment Treasure transcende le beat them all (inclus : la Genèse mythologique d'une passion, une exclusivité Grospixels)

Avant de commencer le récit proprement dit, il est nécessaire de narrer le conte de l'auteur, conte hautement nostalgique qui retrace, avec une exactitude et une rétrospective sur l'enfance laissant Freud sur le carreau, ses premiers émois vidéoludiques.

*son de harpe* C'est l'histoire d'un petit garçon qui, tout possesseur de Megadrive qu'il est, tombe amoureux de Streets of Rage. Il découvre, des étoiles dans les yeux, les joies de se balader dans la rue, l'envie de se défouler dans l'âme, et de cogner rageusement sur tous les mécréants qui pourrissent la ville. Il s'émerveille devant les coups de genou d'Axel, les manchettes de Blaze, les coups de coude d'Adam... Il appuie accidentellement sur le bouton A, découvrant le feu salvateur de la police balayant d'un coup tout belligérant n'ayant pas encore compris à qui il avait affaire (il découvrira plus tard qu'on n'appuie pas sur ce bouton A comme un demeuré, mais c'est une autre histoire...). Cette rencontre le marquera au fer rouge, le rendant inconditionnel du beat'them all. Alors il arpente les titres au hasard des consoles... Il est quelque peu déçu par Fighting Force, émerveillé par Street Gangs et Final Fight, à peine satisfait par Teenage Mutant Ninja Turtles 2, frustré par la difficulté de Golden Axe... Entre temps, il devient boulimique de Street Fighter 2, et commence à apprécier les RPG.

Le petit garçon, devenu assez grand pour pouvoir se payer une Saturn (et graver des jeux comme un sagouin, mais le conte ne le dit pas, alors chut !), prend un jeu au pifomètre, et tombe sur Guardian Heroes, intrigué qu'il est par les screenshots... Le jeune garçon tombe alors en pamoison (le conte est très hyperbolique). Remis de sa crise d'émerveillement, le jeune garçon se dit "diantre, que ce jeu est dantesque ! Il me tarde d'en parler autour de moi, par ma Foy !" (en fait, ce n'est pas exactement comme ça qu'il formule la chose, mais le conte est très lyrique également). Ce qu'il fait maintenant, prenant sa harpe et composant un récit lyrique faire rougir Homère de honte.

La boîte européenne et le CD japonais du jeu

*dliiiiing* Commençons par les présentations d'usage : Guardian Heroes sort en 1996 sur la Saturn. Le studio responsable du jeu n'est autre que Treasure, déjà rendu coupable par le passé de fabrication de perles telles que Gunstar Heroes, Dynamite Headdy ou Light Crusader (la Pythie, plongée dans le futur, me dit qu'ils perpétueront leurs méfaits des années plus tard).

Le jeu est un beat'them all 2D, mais la méthode de Treasure est connue de tous les bandits de grand chemin : le mélange des genres. Ainsi, GH (comme il est surnommé dans les milieux peu fréquentables) combine avec le beat'them all, le jeu de baston et le RPG ! C'est ainsi que commence mon récit de cette aventure pour le moins hors du commun...

Les héros de ce périple sont au nombre de 4 : Han, le guerrier dont la masse de muscles n'a d'égale que sa propension au bourrinage organisé ; Randy le jeune mage maitrisant une flopée de sorts offensifs ; Genjirô le ninja plus rapide que Lucky Luke et adepte des combos ; et enfin Nicole la prêtresse seule détentrice de sors de soin mais à la maîtrise magique hasardeuse... Un cinquième larron, très polyvalent, se joindra à eux une fois qu'ils auront terminé leur aventure en mode Normal...

Notre groupe fait la découverte d'une épée étrange. Alors qu'ils se reposent dans une auberge après leur périple, les soldats du royaume font soudain irruption, tentant de s'emparer de l'épée ! *thème à la harpe rapide, en ré majeur* Aidés par Serena, une ancienne commandante du royaume, ils s'enfuient du village et arrivent au cimetière... Mais c'est peine perdue, ils sont attendus à la sortie par Valgar, le commandant des chevaliers, accompagné d'un robot puissant ! C'est alors que l'épée s'illumine et va se planter dans un cercueil du cimetière, réveillant son propriétaire *thème diabolique, mi mineur* : le Golden Warrior, un guerrier mort-vivant ayant officié il y a des siècles pour le royaume. Ayant le réveil manifestement difficile, il dégomme le robot en un seul coup... et tente ensuite de s'attaquer au groupe ! Nicole lui dit alors, bien naïvement il est vrai, "please stop !"... et le géant s'arrête net. Effectivement, le détenteur de l'épée possède le pouvoir de commander le Golden Warrior, ce qui s'avérera être une aide cruciale par la suite. Nos amis décident de suivre les conseils de Serena et partent donc une nouvelle fois à l'aventure afin d'éclaircir le mystère de l'épée *thème épique*.
La suite, le jeu laisse le soin au joueur de l'écrire : en effet, il lui sera proposé à chaque niveau plusieurs embranchements scénaristiques, à lui alors de décider où aller et comment il veut régler certains problèmes. Le jeu proposant plusieurs fins différentes et plusieurs quêtes secondaires (l'épée ultime de Han par exemple), libre à lui de refaire le jeu dans tous les sens !

Nicole, magicienne pas très habile mais diablement efficace !

J'oriente mon second couplet sur le gameplay proprement dit. Le jeu suit un scrolling horizontal, et dispose de 3 plans (devant, au milieu, et en arrière), ce qui permet d'esquiver les coups et de préparer une contre-attaque. La répartition des boutons est simple : les touches directionnelles pour se déplacer, Haut pour sauter et Bas se baisser ; A pour la garde, B pour attaque normale, C attaque forte, L et R pour changer de plan, X pour donner des ordres au Golden Warrior et Z pour les sorts.

Pour ce qui est des sorts, il y a deux manières de les lancer : soit on appuie simplement sur Z pour afficher un petit menu défilant et on sélectionne son sort en appuyant de nouveau sur Z, soit on fait une commande précise. Par exemple, un Quart de Cercle+Z lancera un sort de Fireball ; Bas, Bas+Z donnera l'occasion à Randy de créer un cercle de glace, congelant tous les ennemis suffisamment futés pour marcher dessus ; Arrière, Bas, Avant+Z fera faire à Genjirô une trainée d'éclairs avec sa paume, etc.

Quand c'est l'anarchie, mieux vaut se décaler un instant pour revenir à la charge

Bien sûr, ces commandes concernent également les coups spéciaux des personnages : faire Bas, Bas+Attaque en étant au sol lancera une attaque ascendante, Bas, Haut+Saut en l'air permet de faire un double-saut, Quart de Cercle Avant+Attaque une attaque physique puissante. La plupart des mouvements sont simples à mémoriser, mais mieux vaut en retenir plusieurs, car ils sont extrêmement utiles et surtout participent grandement au sentiment de manipuler à un Street Fighter version beat'them all, ce qui est hautement jouissif. Particulièrement lorsque l'on joue à 2 (le mode Story est en effet jouable en coop'), où on peut construire de véritables stratégies permettant de se sortir du pétrin dans lequel les joueurs se mettent ! En effet les ennemis n'arrivent pas seulement par 2 ou 3, mais par dizaines, les effets spéciaux partant dans tous les sens, occasionnant parfois un désordre tel qu'il vaut mieux s'écarter de l'action, sous peine de sortir de la mêlée à l'horizontale... Un minimum de réflexion est donc nécessaire, surtout quand on est encerclé par des robots armés de lasers (au passage, C sert à contre-attaquer après avoir pris un coup, c'est salvateur !).

Pour le Golden Warrior, il suffit de se servir du bouton X et de choisir entre 5 ordres basiques : Follow, Wait, Attack, Defend et le très alléchant Berserk !

Le troisième ingrédient de cette recette hydromélique est la possibilité d'améliorer son personnage. Je m'explique de suite : à chaque fois que vous battez un ennemi, vous gagnez des points d'XP, qui vous font gagner de niveau quand vous en avez assez. Mais à la fin de chaque stage, on vous proposera d'augmenter les caractéristiques de votre héros d'un certain nombre de points (ce nombre étant décidé selon le nombre de niveaux gagnés). A vous de les répartir à loisir entre :

- Strength, la puissance de vos attaques physiques
- Vitality, le nombre d'HP
- Intelligence, la puissance et la portée de vos sorts
- Mentality, le nombre d'MP et la vitesse à laquelle vous les récupérez
- Agility, votre rapidité de déplacement, de frappe et la vitesse à laquelle vous vous remettez en position initiale après un coup
- Luck, la propension à faire des coups critiques et avoir des effets bénéfiques selon les sorts (pour Nicole par exemple, ses sorts ont des effets assez aléatoires)

Quand la situation s'annonce mal, ordonner au Golden Warrior de passer en Berserk sauve la mise !

Ceci ajouté aux choix scénaristiques, on dispose là un cocktail des dieux Beat'them all - baston - RPG absolument détonnant. D'autant plus que le soft est servi par une réalisation plus qu'à la hauteur compte tenu de la tonne de sprites affichés en même temps (malgré quelques ralentissements, mais rien de grave), ainsi que par des musiques sublimes qui, loin de mes thèmes à la harpe très bontempi, restent dans la tête pour difficilement en partir.

Je ne peux point finir cet éloge lyrico-ludique sans évoquer le mode Versus. Ce mode jouable à 6 via le Multitap de la console vous permet de jouer avec les 46 personnages du jeu (tous déblocables en Story), et de déterminer les règles du combat. Pour ce qui est des protagonistes, leur valeur au combat est certes inégale, mais ce mode est fichtrement bien fichu, très jouable, très tactique si il y a des personnages peu puissants dans l'arène... Ce mode finit d'exploser le compteur de la durée de vie du soft !

La gestion des plans est primordiale, sous peine de voir fondre ses HP comme glace au micro-onde !

Ainsi se finit mon pamphlet sur ce petit bijou de la pauvre boîte noire au symbole planétaire qui, telle Pandore devant porter la boîte aux mille maux, n'aura décidément pas mérité son sort *son à la harpe triste*. L'histoire se perpétuera néanmoins, car ces démons de Treasure sortiront sa suite sur Gameboy Advance (une première dans l'histoire du studio), ainsi que d'autres jeux tout aussi diaboliquement géniaux, mais ceux-ci, d'autres poètes s'en sont déjà chargés à ma place. Mais qu'ouïe-je ? Ma console rit de mon désarroi ? Mais oncques ne vit-on console s'esbaudir d'un honnête citoyen ! Elle me dit que l'important est de reprendre ma manette noire comme les Enfers, et de retourner déconstruire du démon... et elle a, ma foi, bien raison !

Tama
(03 mars 2008)
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