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Batman
Année : 1989
Système : NES
Développeur : Sunsoft
Éditeur : Sunsoft
Genre : Plate-forme / Action
Par Jika (24 mai 2010)

Lorsque Batman Arkham Asylum (2009, Rocksteady Studios) sortit durant l'été 2009, les critiques furent unanimes : le titre édité par Eidos était à coup sûr l'un des meilleurs jeux de l'année. Il est évident que les aventures de l'homme chauve-souris dans l'asile psychiatrique d'Arkham contituent l'une des plus brillantes adaptations du comics de Bob Kane en jeu vidéo. Alors oui, on ne peut qu'être d'accord avec les journalistes qui encensèrent à juste titre le soft de Rocksteady Studios, mais il est cependant difficile d'acquiescer quand certains d'entre eux virent en ce Batman Arkham Asylum le premier grand jeu vidéo faisant du Chevalier Noir son héros principal (comme ici par exemple). En effet, Batman n'a pas attendu 2009 et son 70ème anniversaire pour tenir la vedette de très bons jeux vidéo, et l'histoire vidéoludique est parsemée de grands titres proposant de l'incarner. On se souvient par exemple des années 80 où le jeu sobrement intitulé Batman (1986, Ocean Software) exploitait la 3D isométrique de manière fort convaincante dans un titre qui fit sensation à l'époque. Difficile également de passer sous silence deux fantastiques jeux 16-bits qui mirent en scène l'homme chauve-souris, à savoir le fameux The Adventures of Batman and Robin (1994, Konami) sur Super Nintendo, inspiré de la série animée culte du début des années 90, ainsi que le jeu sorti sur Megadrive et portant le même nom (1995, Clockwork Tortoise), véritable vitrine technologique de la machine de Sega. Plus récemment, on peut également citer le très sympathique Lego Batman (2008, Traveller's Tales) qui proposait un excellent jeu coopératif mettant en scène toute la petite ménagerie de Gotham City dans des décors faits de briques de Lego...

Alors certes, Batman Arkham Asylum est un excellent jeu, mais ce n'est en aucun cas la seule utilisation réussie de la licence de DC Comics dans le monde vidéoludique. Il existe d'ailleurs une autre adaptation de Batman qui a marqué bien des esprits de par le passé. Un jeu centré sur le Chevalier Noir sorti en 1990 en Europe, soit environ vingt ans avant le bébé de Rocksteady Studios. Ce titre, c'est le célèbre jeu de Sunsoft tout simplement nommé Batman, l'un des grands incontournables de la Nintendo 8-bits. Deux décennies avant sa virée dans l'asile d'Arkham, Bruce Wayne était déjà le héros de l'un des meilleurs jeux de l'année.

Environ 25 ans de jeu vidéo vus au travers de l'évolution de quelques uns des jeux estampillés Batman. De gauche à droite, et de haut en bas : Batman (ZX Spectrum, Amstrad CPC, MSX), Batman (NES), The Adventures of Batman and Robin (Super Nintendo), The Adventures of Batman and Robin (Megadrive), Lego Batman (Wii, XBox 360, PS2, PS3, PSP, DS, PC), Batman Arkham Asylum (XBox 360, PS3, PC).

C'est en 1990 que Sunsoft sortit en occident le jeu Batman pour la console la plus en vogue du moment, à savoir la NES. Sunsoft est une compagnie japonaise fondée en 1971, à la fois développeur et éditeur de jeux vidéo, et qui existe toujours à l'heure à laquelle cet article est écrit. Certes, Sunsoft n'est pas forcément le nom le plus connu auprès des joueurs européens, mais certains des titres développés et/ou édités par cette société jouissent d'une belle réputation sur notre continent. Parmi ceux-ci, on pense bien sûr aux jeux de la série Blaster Master, dont le premier volet sortit en 1988 sur NES, aux deux épisodes de Aero the Acro-Bat (sortis respectivement en 1993 et 1994 sur Super Nintendo et Megadrive), ou encore à Clock Tower 3 sur Playstation 2, arrivé dans nos boutiques en octobre 2003. De nos jours, Sunsoft n'édite presque plus de jeux en dehors du Japon, la compagnie ayant préféré concentrer ses activités autour du développement et de l'édition de RPG, de jeux de pachinko ou de jeux de mahjong sur l'archipel. La dernière production Sunsoft à avoir pu quitter les terres japonaises est d'ailleurs Blaster Master Overdrive, téléchargeable sur le Wiiware américain depuis le 8 février 2010... On peut dire que le jeu qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir Batman, fut développé et édité par un Sunsoft alors dans sa période la plus faste. On signalera d'ailleurs qu'une grande partie de l'équipe ayant œuvré sur Batman travaillera par la suite sur un autre soft de qualité, à savoir le jeu d'aventure Gremlins 2La nouvelle Génération sorti NESet en 1992 sur Game Boy.

Bien des années après, Batman est encore à ce jour l'une des plus grandes réussites de l'histoire de Sunsoft.

« Dis moi, petit... As-tu déjà dansé avec le diable au clair de lune ? »

Réplique mythique du fantastique Joker interprété par Jack Nicholson, cette citation est issue du film Batman de Tim Burton sorti en juin 1989 dans les salle obscures. Michael Keaton y incarnait un Batman aux prises avec son ennemi de toujours, celui qui a assassiné ses parents devant ses yeux, le Joker. Véritable blockbuster de cet été-là, le film de Tim Burton engendra un grand nombre de produits dérivés, provoquant une véritable « batmania » qui se répandit très rapidement au travers le monde. Le jeu Batman de Sunsoft, sorti en septembre 1990 en Europe (soit à peu près un an après sa sortie japonaise), est l'adaptation officielle de ce long-métrage mettant en scène le Chevalier Noir. Le jeu vidéo Batman est un titre d'action / plates-formes dans la plus pure tradition de ce genre si populaire sur la 8-bits de Nintendo. Des pièges à éviter, des ennemis à combattre et des précipices à franchir... La NES est en terrain connu, ce Batman se situant dans la directe lignée de certains des plus grands classiques de la ludothèque de la machine, à commencer par les Megaman de Capcom. Le joueur incarne l'homme chauve-souris tout au long d'une petite vingtaine de niveaux reprenant plus ou moins la trame du long-métrage, Sunsoft ayant pris quelques libertés avec le scénario original. Tout au long de l'aventure, le joueur pourra donc se déplacer, sauter et attaquer. En ce qui concerne les attaques, Batman aura à sa disposition quatre moyens de se défendre : ses poings, les batarangs (les fameux boomerangs ayant la forme de la chauve-souris qui sert d'emblème au héros), un lance-harpons, ainsi qu'une arme tirant trois projectiles à la fois (appelée « Dirk » en version originale). Cependant, le Chevalier Noir devra gérer son arsenal avec parcimonie étant donné que chaque arme (excepté ses poings) consomme des munitions, les batarangs, le lance-harpons et le Dirk consommant respectivement une, deux ou trois munitions à chaque utilisation. Bien sûr, Batman pourra en récupérer au cours de son périple mais dès que ces dernières viennent à manquer, le héros ne pourra plus compter que sur ses poings pour se frayer un chemin au travers des endroits les plus malfamés de Gotham City.

Le film Batman de Tim Burton demeure encore aujourd'hui l'un des meilleurs films de super héros jamais tournés. Le réalisateur retrouvera une seconde fois l'homme chauve-souris et son univers si particulier dans Batman Le Défi, sorti en 1992, avec cette fois-ci Danny DeVito dans le rôle du Pingouin et Michelle Pfeiffer en Catwoman.
De gauche à droite, le batarang, le lance-harpons et le Dirk. Batman devra jongler d'une arme à l'autre (en appuyant sur la touche SELECT) afin de progresser dans les niveaux des cinq mondes qui composent le jeu, tout en gérant ses munitions.

Au cours de l'aventure, Batman traversera plusieurs décors très variés. Ainsi, après s'être baladé dans les rues de Gotham City, l'homme chauve-souris se rendra dans une usine de produits chimiques, dans des conduits souterrains, dans une sorte de laboratoire et enfin dans la fameuse cathédrale de la ville, sublime décor de l'affrontement entre Michael Keaton et Jack Nicholson lors du dénouement du film. Tous les endroits que visitera Batman partagent le même aspect tortueux et sinueux, les niveaux du jeu ne se limitant pas à une simple progression de la gauche vers la droite. En effet, les différents lieux sont pour la plupart bâtis de manière à exploiter au mieux une spécificité du héros, à savoir sa capacité à rebondir sur les murs. Véritable caractéristique clé du jeu, ce mouvement permet à Batman de sauter sur une paroi et de rebondir dans la direction opposée, ce qui lui donne la possibilité d'atteindre des plates-formes en hauteur par exemple. Cette capacité à rebondir sur les murs a une double vertu : d'une part, elle apporte beaucoup de richesse au gameplay de plates-formes (tout en étant une vraie originalité par rapport aux autres jeux d'action de l'époque) et d'autre part, elle permet d'ouvrir le level design à une autre dimension, à savoir celle de la hauteur. Ce qui frappe d'ailleurs quand on s'essaie à ce Batman, c'est la verticalité du level design. Ici, le joueur devra progresser de manière latérale (de gauche à droite, et certaines fois de droite à gauche), mais également de manière verticale (de haut en bas, pour une ascension de plate-forme en plate-forme par exemple, mais aussi de bas en haut). Du coup, les niveaux ont cet aspect tortueux dont on parlait plus tôt, le joueur passant autant de temps à se défaire de ses ennemis qu'à essayer de progresser dans le niveau, à rebondir à droite ou à gauche pour atteindre une plate-forme haut perchée. On constatera par ailleurs que les game designers de Sunsoft ont fait le choix de proposer une vue assez éloignée du personnage, quitte à avoir de petits sprites à l'écran, afin de donner de l'espace au joueur, pour que ce dernier puisse évoluer dans les décors et voir précisément où il doit aller. La dimension « plates-formes » du titre s'en trouve fortement enrichie, le gameplay gagnant avec cette capacité de rebond sur les murs beaucoup de possibilités dans différents stages.

Quelques exemples de passage jouant sur cette fameuse capacité de rebond du héros. Un peu avant Batman, on trouve déjà cette possibilité de rebondir sur les parois dans Ninja Gaiden de Tecmo, sorti en 1988 au Japon sur NES (et en août 1991 chez nous, sous le nom de Shadow Warrior). Cependant, Batman tire nettement plus profit de cette capacité du héros dans la conception de ses niveaux, contrairement au titre de Tecmo où cette caractéristique semble un peu sous-exploitée.

Cliquez ici pour afficher le plan complet du dernier niveau du jeu, la cathédrale de Gotham City. Ce niveau est très représentatif du level-design tout en verticalité de ce Batman. Ici, le joueur devra rebondir sur les murs et les plates-formes pour grimper dans cette cathédrale tout en évitant les rouages mortels. Une fois arrivé tout en haut de la bâtisse, Batman affrontera le Joker dans un tête-à-tête final.

La faculté de Batman à rebondir sur les murs permet aux level designers de chez Sunsoft de laisser libre court à leur cruauté lors de la conception des différents niveaux. Par exemple si Batman veut franchir ce passage sans subir de dégât, il devra se laisser tomber du bloc où il se trouve (et surtout ne pas sauter pour ne pas toucher aux arcs électriques au plafond) et se faire rebondir au tout dernier moment sur la plate-forme de gauche, pour que le rebond soit suffisamment long afin qu'il évite le sol électrifié.

Beau comme un bat-camion

Batman est un jeu qui tire toute sa richesse de la finesse de son gameplay et de l'ingéniosité de son level design. Contrôler le Chevalier Noir dans les différents niveaux de ce jeu de plates-formes est un réel plaisir, le héros répondant au doigt et à l'œil. De plus, le soft bénéficie d'une réalisation technique de haute volée - Batman est très souvent considéré comme l'un des plus beaux jeux de la NES, ainsi que l'un des jeux les plus techniquement impressionnants sortis sur cette machine. Par exemple, contrairement à bon nombre de titres tournant sur la machine de Nintendo, Batman ne souffre pas du problème récurrent de la NES, à savoir le problème des sprites qui clignotent. Ici, tout est peaufiné, et aucun problème technique ne vient gâcher le plaisir des yeux. Car il s'agit bel et bien d'un véritable régal visuel, tant le titre propose des graphismes d'une qualité jamais vue sur cette machine. La finesse des décors est exemplaire, avec par exemple de superbes effets (en particulier la transparence des cascades et le rendu de l'eau), et surtout une profusion de détails dans les endroits traversés. Sunsoft a profité de la noirceur de l'univers de Batman pour proposer un graphisme jouant sur le « clair-obscur », avec de larges portions de décor entièrement noires et sans aucun pixel éclairé qui côtoient des zones beaucoup plus riches en détails. Du coup, les contrastes sont nettement plus forts, les ombres ressortent d'autant mieux, et l'univers ténébreux du Chevalier Noir est ici brillamment mis en valeur. De plus, le jeu reprend en partie certains décors du film original, et du coup Sunsoft a pu appuyer la direction artistique du titre sur l'aspect très gothique du Gotham City de Tim Burton. Tout ceci donne au titre une patte visuelle très marquée, mettant parfaitement en valeur la vision très noire, très sombre, que Burton a de l'univers de Batman. Ce soft est certainement l'un des jeux NES les plus agréables à regarder, et ce même aujourd'hui, le jeu ayant particulièrement bien résisté aux affres du temps. Enfin, tout ceci est encore sublimé par les superbes animations d'un Batman se déplaçant avec grâce et aisance, ainsi que par les incroyables musiques de Naoki Kodaka et de Nobuyuki Hara, les deux compositeurs attitrés de Sunsoft, dont les mélodies restent encore dans la mémoire de nombreux joueurs. Difficile alors d'attaquer ce Batman au niveau de sa réalisation technique et de sa direction artistique, tant l'ensemble paraît maîtrisé et inspiré.

Quelques-uns des plus beaux décors du jeu. Sur l'image en bas à droite, on remarquera également le combat contre le premier boss du jeu,Killer Moth, devant l'hôtel de ville de Gotham City.
Entre chaque niveau, une petite cinématique fait avancer la trame principale en reprenant certains plans célèbres du film initial.

Aujourd'hui, quand on pense aux jeux culte qui ont accompagné la riche histoire de la NES, on se souvient immédiatement de Super Mario Bros (1987, Nintendo), de The Legend of Zelda (1987, Nintendo) ou encore de Metroid (1988, Nintendo). A cette liste de classiques indémodables, il parait juste de rajouter Batman, le titre de Sunsoft faisant clairement partie des incontournables de la petite 8-bits de Big N. En effet, comme nous l'avons vu, le jeu est à la fois techniquement au summum de la machine, artistiquement très réussi, ainsi que très inspiré au niveau de son gameplay. Faire sauter le Chevalier Noir de plate-forme en plate-forme, rebondir sur les différentes parois et éliminer les ennemis rencontrés grâce à l'arsenal complet du Batsuit (le costume du héros)... Une formule qui fonctionne admirablement bien et qui a fait la renommée de Batman sur NES. La formule marchait d'ailleurs tellement bien que certains jeux essayèrent de reprendre ce gameplay avec plus ou moins de réussite. Parmi les titres sur lesquels l'influence du jeu de Sunsoft est évidente, on pense bien évidemment à Kabuki Quantum Fighter (1992, Human Entertainment), un excellent soft sur NES dont le gameplay rappelle fortement celui de Batman. Sunsoft signe avec Batman l'une des meilleures productions de son histoire et également l'une des meilleures adaptations de film en jeu vidéo, alors que très souvent ce genre de titre est synonyme de produit de mauvaise qualité. Ici, il n'en est rien et cette cartouche côtoie le sans-faute. On pourra uniquement lui reprocher une difficulté assez élevée (surtout lors des combats contre les boss, très difficiles à vaincre), rendant le jeu particulièrement délicat dans les deux derniers mondes. Rares sont en effet les joueurs qui ont réussi à terrasser le Joker lors de l'affrontement final au sommet de la cathédrale de Gotham City... Que cela ne vous effraie pas pour autant, et si vous ne connaissez pas encore ce titre, il pourrait être judicieux de vous y essayer prochainement. Vous serez surpris de voir à quel point le jeu a bien vieilli, car vingt ans plus tard, il se parcourt encore avec plaisir et revêtir le costume du Chevalier Noir est toujours aussi amusant. Comme quoi, que ce soit en 1990 sur une bonne vieille NES qui toussote, ou alors en 2010 sur une Xbox 360 ou une Playstation 3 crachant du polygone à tour de bras, incarner Batman a toujours été éel plaisir dans le petit monde du jeu vidéo.

Épilogue

Vous êtes encore là ? Je vois que le sujet vous intéresse... Alors suivez-moi, je vais vous donner quelques informations supplémentaires ainsi que quelques anecdotes sur ce jeu.
Direction la Batcave !

• En France, Batman connut les honneurs d'une campagne de publicité à la télévision. Ce spot de 1991 peut être vu ici.

• Une version légèrement différente du jeu que nous connaissons circule également sur Internet. Ce prototype diffère du jeu final essentiellement au niveau des cutscenes : en effet, dans cette version inédite du titre, les cutscenes font parfaitement le lien d'un niveau à l'autre alors que dans la version commercialisée du jeu, les stages s'enchaînent plus maladroitement. La fin du jeu diffère également beaucoup, vu que le combat contre le Joker n'était pas présent dans ce prototype. Une page très intéressante à propos des différences entre les deux versions est disponible ici.

Batman fut testé par Patrick Giordano (alias Matt Murdock) dans le Player One numéro 2 de octobre 1990. Il fut noté 95 %.

« Ok, c'est sans problème. Vous pouvez y aller, les yeux fermés. Batman, c'est du tout bon. Mais n'oubliez pas de les réouvrir, pour admirer les graphismes magistraux de ce jeu. Les couleurs ont cette touche sombre qui lui donne un look gothique. Les murs suintent, les cascades semblent couler au travers de l'écran... Sans oublier une bande son et des bruitages irréprochables (hhuuff ! Le bruit de la cape), et de superbes séquences animées, en guise de générique ou de récréation, entre les stages. C'est du très bon, parole de Matt! »

• Le jeu fut adapté sur Game Boy en 1990. La version pour la portable de Nintendo est également de très bonne facture mais elle diffère très fortement de celle qui nous intéresse ici, à savoir celle sur NES. Sur Game Boy, le héros est amputé de sa capacité de rebond et du coup, le jeu paraît moins riche au niveau de son level design. Notons cependant la présence de stages à bord du Batwing pour des équences de shoot them up assez sympa.

• Sunsoft sortira une autre version du jeu, toujours basé sur le film de Burton, mais cette fois-ci sur Megadrive. Cette version sortira cependant un peu plus tard à cause d'un problème de droits. Le jeu est encore plus éloigné de la version NES, vu qu'il s'agit ici d'un titre beaucoup plus orienté beat them all. Signalons enfin que l'on peut également voir dans cette version des niveaux de shoot , comme sur Game Boy.

• On précisera également pour l'anecdote qu'un autre jeu Batman estampillé Sunsoft verra le jour en 1990, cette fois-ci sur PC-Engine. Cette version, complètement différente des précédentes vues ici, est un jeu de labyrinthe faisant intervenir l'homme chauve-souris dans une sorte de Pac-Man vaguement scénarisé. Nettement moins marquante que la version NES du même éditeur, cette version demeure relativement inconnue aujourd'hui.

• Enfin, Sunsoft fera revenir Batman sur NES quelque temps après dans un jeu appelé Batman Return of the Joker (1992, Sunsoft). Le titre est très diffèrent du premier opus, tant au niveau du gameplay (beaucoup moins plates-formes ici) qu'au niveau de la direction artistique (ce deuxième volet étant basé sur le comics plutôt que le film de Burton, le jeu est nettement plus coloré). Tout comme son ainé avant lui, Batman Return of the Joker impressionnera par ses graphismes de qualité mais le jeu restera beaucoup moins dans les mémoires que le premier titre de Sunsoft. Le jeu sera porté par la suite sur Game Boy, ainsi que sur Megadrive (malheureusement, la version pour la 16-bits de Sega ne connaîtra pas les honneurs d'une sortie européenne). Signalons enfin que la musique du jeu dans sa version Megadrive sera signée Tommy Tallarico, le célèbre compositeur des bandes originales d'Earthworm Jim (1994, Shiny Entertainment) ou de Cool Spot (1993, Virgin Interactive), et à présent à la tête du show Video Games Live.

Jika
(24 mai 2010)
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