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Advance Wars (1 & 2)
Année : 2001
Système : GBA
Développeur : Intelligent Systems
Éditeur : Nintendo
Genre : Tactical-RPG

Tank à faire

Cela est d'autant plus bienvenu que le mode « libre » est, de loin, celui qui vous occupera le plus. Comme je disais, le mode « Campagne » vous fera déjà bien passer le temps, mais il a une autre utilité. Après chaque victoire, et selon votre performance, vous obtiendrez quelques piécettes vous permettant de débloquer de nouvelles cartes et de nouveaux généraux pour les affrontements libres. Dans celui-ci, vous pourrez affronter tant l'ordinateur que des adversaires humains sur un nombre assez impressionnant de nouvelles cartes, de quoi donner lieu à des joutes mémorables !
Ces missions complémentaires, ainsi que ce mode multi-joueurs, se rapprochent davantage de ce qu'étaient les Wars sur Famicom ou sur Game Boy. Elles mettent surtout l'accent sur l'originalité de leurs cartes, qui prennent des formes géométriques ou disposent les bases d'une façon rigolote. Je retiens notamment celle qui fait démarrer quatre factions dans les coins d'un carré parfait, et positionne toutes les villes, bases et aéroports au centre... Prises de bec garanties ! Bien entendu, et à l'époque, il fallait un câble link pour s'essayer à ces parties endiablées, impossible de se connecter en ligne. Chose notable, bien qu'assez répandue à l'époque, une seule cartouche de jeu était suffisante pour jouer jusqu'à quatre. Je n'ai jamais pu faire cela en mon temps, mais je ne doute point que cela a franchement contribué à la popularité de cet épisode.

Une fois encore, la clarté des situations est recommandable et même si graphiquement, le jeu est assez simple, c'est une de ses grandes qualités.

Ainsi, pour une première tentative hors des frontières japonaises, Advance Wars a été reçu avec un succès extraordinaire. Le contenu du mode « libre » était déjà à lui seul d'une solidité recommandable, mais le soin apporté à la campagne, son didactisme et son intelligence, a transformé ce qui aurait pu n'être qu'un jeu de niche en réussite exemplaire, susceptible d'attirer dans son giron des personnes peu enclines au genre comme ma petite personne. L'ordinateur permet de se familiariser assez doucement avec les enjeux du principe, et de prolonger sans heurt l'expérience auprès de véritables humains.
Même, je pense que les joueuses et les joueurs les plus assidus délaisseront rapidement les duels contre l'ordinateur car sa programmation est, hélas, assez faible ou, du moins, elle devient rapidement prévisible. On comprend rapidement qu'il privilégie certaines unités exclusivement, ce qui nous permet de lui tendre bien des pièges, dans lesquels il tombe à pieds joints. Même le mode « difficile » de la campagne, accessible une fois celle-ci finie une première fois, ne vous donnera guère de fil à retordre, exception peut-être de l'ultime mission qui, à ce jour, est sans doute la plus ardue de la saga à cause d'une configuration initiale bien désavantageuse. Reste cependant qu'Advance Wars demeure non seulement un excellent T-RPG, mais aussi une très bonne introduction à la série, y compris malgré les améliorations notables de sa suite directe...

Votre réussite dans la campagne vous servira à débloquer des cartes et des généraux pour le mode multijoueurs. Quant aux super-pouvoirs, ce sont toujours des moments forts de la bataille, mais ils sont loin de vous rendre invulnérables...

Advance Wars 2: Black Hole Rising
Game Boy Advance (2003)

Engagez-vous, rengagez-vous qu'ils disaient...

Advance Wars 2: Black Hole Rising, arrivé deux ans après le premier épisode, est tout ce qu'on peut attendre d'une suite : si l'essentiel n'a guère changé, les ajustements et les améliorations sont suffisantes pour s'attarder sur la chose. Le principe général, le fonctionnement des unités, la majorité des personnages sont les mêmes qu'auparavant : on peut donc s'y plonger sans mal si l'on connaît le premier épisode. Graphiquement, même, si le jeu est un peu plus joli, si les unités sont davantage distinctes les unes des autres, le bond n'est pas si marquant que cela. Le gameplay n'a pas non plus trop bougé, du moins pas dans les grandes lignes : seuls les pouvoirs, passifs et actifs, des généraux ont été un peu mieux équilibrés et même, ceux-ci ont à présent à leur disposition deux pouvoirs, le premier étant la variante plus faible du second, mais se déclenchant plus tôt.
Le mode « Histoire » a fait en revanche l'objet d'une petite refonte, en s'arrangeant pour consacrer l'essentiel de son économie à la lutte des factions historiques contre l'armée de Black Hole qui s'est dotée de quatre nouveaux généraux. Celle-ci, surtout, a lancé la construction d'un laser et de missiles à la puissance phénoménale, qu'il convient d'arrêter à tout prix. Bien que toujours autant « nanardesque », l'histoire nous permet surtout de ne pas avoir à sempiternellement diriger les équipes d'Orange Star et de varier davantage la cadence. Les nouveaux généraux, autant alliés qu'ennemis, sont du reste globalement intéressants et évitent un peu trop la redite. Là encore, je les présente en laissant sous silence un général bonus et surpuissant :

 Blue Moon 
Colin rejoint les rangs de Blue Moon et bénéficie d'avantages pécuniers : ses unités coûtent 20% moins chers, même si elles sont un peu moins puissantes, et son super-pouvoir lui permet de multiplier par 1,5 son pécule. Partant, et si on ne le bat point rapidement, force est à parier que l'on soit rapidement submergé par ses troupes.
Colin a beau être jeune et inexpérimenté, il submerge facilement l'ennemi de ses troupes bon marché.
 Yellow Comet 
Sensei, ancien maître de Kanbei, est le roi de l'aviation et notamment des hélicoptères de combat, qui voient leur puissance augmenter notablement. Ses super-pouvoirs sont peut-être les meilleurs du jeu, puisqu'ils font apparaître des troupes à pied, simultanément, dans toutes les villes possédées.
Même si Sensei est moins fort qu'Eagle dans les airs, il n'est pas à sous-estimer.
 Green Earth 
Jess est peut-être l'ajout le moins intéressant de cet épisode. Spécialiste des unités terrestres pour compléter le trio formé par Eagle et Drake, elle a un léger gain de puissance mais moindre que Max, par exemple. Son super-pouvoir remplit les réservoirs et les stocks de munitions de toutes ses unités, ce qui peut s'avérer intéressant sur les grandes cartes mais sert finalement peu.
Jess est hélas moins forte que ses corelegionnaires, même si sa mission dans le mode campagne rend justice à ses capacités logistiques.
 Black Hole 
Premier des généraux ennemis que l'on rencontre, Flak privilégie la force brute. Ses troupes sont un peu plus puissantes que la normale, mais sa guigne lui fait généralement infliger moins de dégâts que prévu.
Lash est une stratège affirmée : ses troupes bénéficient de davantage de défense grâce au terrain, et elles ne sont pas ralenties dans leur mouvement.
Adder ne possède aucun avantage passif, contrairement à tous les autres généraux, mais sa barre de pouvoir se remplit très vite. Ce dernier confère à toutes ses unités de la mobilité supplémentaire, ce qui le rend particulièrement puissant pour lancer des assauts éclairs, sans laisser l'opportunité à l'adversaire de l'atteindre auparavant.
Enfin, Hawke a des unités légèrement plus fortes que la normale mais surtout, ses super-pouvoirs ôtent un ou deux points de vie à toutes les unités adverses déployées. Si on n'y prend garde, l'on sera toujours en situation de faiblesse.
La troupe de Black Hole a des pouvoirs franchement puissants, que l'on aurait tort de sous-estimer.

Il est cependant dommage qu'au-delà de cela, les situations de jeu souffrent toutes d'un air de déjà-vu. On ne compte qu'une seule nouvelle unité, un Néo-Tank particulièrement puissant, ainsi que la possibilité, parfois, de lancer un missile sur l'ennemi, mais rien de plus : partant, et si l'on avait déjà le premier épisode, ce second ne s'imposait guère. Il reste cependant une addition agréable pour qui aurait envie de prolonger son expérience de jeu, et bien qu'il ne brille pas d'un génie particulier, les fanatiques le préfèrent généralement à l'autre, notamment car il équilibre bien mieux forces et faiblesses de ses généraux.
Me concernant, j'avoue également que s'il fallait n'en retenir qu'un, ce second épisode serait sans doute celui que je choisirais. Ne serait-ce, la possibilité de sélectionner, pour la campagne, autre chose que les troupes d'Orange Star le rend bien plus intéressant et son mode « Difficile », nonobstant l'ultime mission bizarrement tranquille, vous en donnera pour votre argent.

On trouve bien de nouveaux éléments, comme ces canons géants ou ces pipelines, qui bloquent y compris les unités aériennes, mais cela reste chiche.

War... war never changes

Terminons rapidement ce panorama, et évoquons rapidement le devenir de la série après ces deux épisodes. Les titres suivants, que ce soit sur Nintendo DS (Dual Strike et Days of Ruin) ou sur GameCube (deux Battalion Wars, en temps réel ceux-ci cependant), ont tous été reçus avec un intérêt poli, mais souvent dépassionné. Ce sont, à n'en point douter, de bons jeux, mais leur manque flagrant de renouvellement les rend superfétatoires pour qui a déjà essayé les épisodes précédents. Si vous les trouvez cependant à vil prix, je recommanderai cependant de vous y risquer, tant il serait surprenant d'en ressortir parfaitement déçu. Sachez également qu'il est possible de s'essayer à la série en ligne via le site AWBW (« Advance Wars by Web »), recréation intelligente des jeux Game Boy Advance et DS, et autorisant même des parties contre d'autres joueurs humains, tout cela via votre navigateur internet !
L'ultime actualité de la saga, à l'heure où j'écris cet article, est le remake piloté par WayForward, ceux-là même à l'origine de la saga Shantae, des deux premiers épisodes sur Nintendo Switch. Pour l'anecdote, le jeu aurait dû déjà sortir mais l'intensification de la guerre russo-ukrainienne en 2022 a conduit sagement Nintendo à le repousser. On peut les croire frileux, mais il faut savoir que le premier épisode sorti aux États-Unis le 10 septembre 2001, comme s'il était une malédiction particulière à cela. Car la guerre, on le sait, la guerre ne change jamais : même avec des couleurs pastel, et même avec un style anime.

Le remake des deux premiers épisodes, très astucieusement appelé « Re-boot Camp », troque le travail de sprites pour de l'animation 3D. Je trouve le rendu assez impersonnel, et on aurait pu s'attendre à de l'animation traditionnelle avec WayForward mais eh ! ne boudons pas notre plaisir.
MTF
(07 septembre 2022)
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