
NB :
toutes les captures d'écran sont tirées de la version Saturn
Réalisé
par le studio AM3 (aujourd'hui Hitmaker), Virtual On est sorti originellement
en arcade en Février 1995. Cependant, contrairement aux autres titres
de Sega commençant par "Virtua", la distribution de la borne
en France fut des plus confidentielles, et ce n'est que lors de sa sortie sur
Saturn que le jeu commença à se faire -légèrement-
connaître, en particulier grâce à sa démo jouable
proposée sur le CD Sega Flash n°3.
Virtual On propose au joueur d'incarner un pilote de Virtuaroid, un gigantesque
robot de combat anthropomorphe, dont la mission est de détruire une base
lunaire devenue hors de contrôle qui pointe un énorme rayon laser
vers la Terre. Quand je dis "incarner", c'est vraiment le cas: la
borne d'arcade est censée être une unité de simulation permettant
de repérer les pilotes d'exception (les Virtual On Positive) et de les
faire combattre les unités rebelles à leur insu, tranquillement
installés dans leur cockpit en plastique.
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La
borne. Plutôt classe, non ? |
Et
son substitut pour le salon, le Twin Stick. Plutôt imposant aussi. |
Le
jeu permet de choisir son VR parmi huit, aux caractéristiques et à
l'armement différent. Une fois le robot choisi, le programme de simulation,
composé de 5 combats, commence. Les combats réels sur la lune
n'arrivent qu'ensuite. Virtual On, entièrement en 3D, est en vue à
la troisième personne. On voit donc son robot en pied, et de dos. Les
commandes sont un peu particulières, puisque le panel de contrôle
est uniquement composé de deux sticks munis d'une gâchette et d'un
bouton sur le dessus. En orientant un stick dans une direction, le robot marche
d'un pas modéré. En orientant les deux dans la même direction,
il accélère légèrement. En appuyant sur un des boutons,
il effectue un dash, qui s'interrompt quand on en refait un dans la direction
opposée. Ecarter les sticks vers les côtés permet de sauter,
les rapprocher d'interrompre le saut rapidement. Cela permet également
de se mettre en garde ou de se baisser pendant que l'on tire. Enfin, écarter
les sticks dans le sens de la hauteur permet de tourner sur place.
Chaque
gâchette active une arme : l'arme gauche est une arme lourde (comme une
bombe), l'arme droite une arme légère (une mitraillette par exemple),
et la combinaison des deux enclenche l'arme spéciale. Il est bien entendu
possible de tirer en marchant, dashant en se baissant (en maintenant la garde)
et en sautant, et la position de tir influe sur sa forme et sa puissance.

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L'intro
est bien pêchue, bien qu'un peu pixellisée, comme toujours
sur Saturn. |
Un
casting alléchant |
Les
munitions des armes sont infinies, mais on ne peut pas les utiliser à
volonté pour autant ; chacune d'elles possède une jauge de charge,
qui diminue à l'usage et met un certain temps à se reconstituer.
Si vous essayer d'utiliser une arme déchargée, vous aurez droit
à une grosse croix rouge et un vilain bruit de buzzer. Pas de panique
cependant, on ne reste jamais plus de trois ou quatre secondes totalement désarmé.
Le gameplay est basé sur deux principes: le mouvement et le couvert.
L'adversaire n'est pas locké en permanence, et pour se retrouver face
à lui il y a trois moyens : bouger manuellement, sauter, ou tirer en
effectuant un dash. La première solution est longue et donc périlleuse,
on passe donc son temps à sauter dans tous les sens pour mettre l'adversaire
en joue. Le couvert ensuite : les combats se déroulent dans des arènes
fermées parsemées d'obstacles sur lesquels on peut monter, mais
qui servent surtout à se protéger, la garde n'étant efficace
que lors des corps à corps. Mais attention car certains tirs passent
à travers les obstacles... Les parties alternent donc entre les phases
de rush et de cache/recherche, et vont en général à 100
à l'heure. D'ailleurs la durée par défaut d'un round est
de 30 secondes, ce qui est en général largement suffisant pour
démonter l'adversaire.

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Du
napalm d'un côté, des roquettes de l'autre. La routine. |
Les
bombes font une excellente couverture. Ah, et elles froissent très
bien la tôle aussi. |
La
version Saturn est une conversion fidèle de l'arcade qui n'a pas trop
vieilli. Les robots sont joliment modélisés et ont bénéficié
d'un très bon chara-design (celui du chara-designer d'un bon nombre de
Gundam, ceci explique cela), seuls quelques décors sont un peu fades
(mais d'autres sont magnifiques), mais ils sont plutôt variés.
Mais le plus marquant est sans conteste l'animation des robots qui est criante
de fluidité, de réalisme (pour autant qu'on puisse juger du réalisme
de l'animation de robots géants) et surtout de naturel (pareil). Il faut
voir les méchas entamer leur course, puis la stopper par une roulade
avant de s'accroupir pour lancer une grenade tout en glissant... Le souci du
détail est omniprésent, comme le capot de la Saturn dorsale des
VR qui s'ouvre durant un dash. La bande-son, très dynamique avec deux
ou trois morceaux à tomber (ah, le thème D'apharmd et de Raiden...),
participe largement à l'incroyable pêche que dégage le soft.
D'ailleurs on retrouve ces deux thèmes sur certaines compilations Sega.
Sur
Saturn, en plus du pad classique, il est possible d'utiliser le Twin Stick dédié.
L'objet, plutôt imposant, facilite l'immersion en plus de permettre aux
fans de la borne de retrouver leurs sensations. Si l'objet est pittoresque,
force est pourtant de constater que la maniabilité est bien plus évident
au pad, en particulier pour l'usage de la garde (et donc des coups accroupis),
bien qu'on perde au passage les deux vitesses de marche.

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On
a droit à un Replay, qu'on peut même enregistrer, après
chaque round. |
Le
mode Versus. Quand Raiden fait mouche, ça fait très mal ! |
Le
mode solo ne propose que du classique, avec entre autres du Time Attack, et
le jeu est plutôt facile une fois qu'on a décrypté le jeu
de l'IA. Et même si on est souvent tenté de refaire une petite
partie comme ça, pour le fun, c'est évidemment à deux qu'on
s'amuse le plus. On peut en effet s'affronter en écran splitté,
verticalement ou horizontalement au choix, et alors les parties peuvent s'enchaîner
sans aucun temps mort pour peu qu'on trouve un partenaire motivé et au
même niveau. Surtout que c'est à deux qu'on découvre les
subtilités du jeu, qui sont plus nombreuses qu'il n'y parait au premier
abord (ne serait-ce qu'au niveau de l'usage stratégique des bombes),
et que donc le jeu dévoile tout son potentiel.
Pur
produit arcade, Virtual On est ce qui se fait de mieux dans le genre
"combats de méchas télécommandés en vue à
la troisième personne" (même s'il est certainement l'unique
représentant de ce genre), et a sans aucun doute servi d'inspiration
aux équipes de développement des DBZ Sparking. Evidemment on peut
ne pas accrocher, mais une fois qu'on y a goûté, difficile de ne
pas revenir dessus de temps en temps pour botter le train de cette garce de
Fei-Yen !

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La
couleur et la taille de Jaguarandi sont aléatoires. Pas sa puissance
de feu. |
Il
n'est pas beau ce clair de Terre ? |
A
noter que le jeu a quand même eu assez de succès au Japon pour
générer plusieurs suites, en arcade et sur consoles :
-
Virtual On: Oratorio Tangram (1998) a ainsi été adapté
sur Dreamcast, et importé aux US bien que certaines features aient disparu
au passage (comme la customisation de VR). Malheureusement le fait que le pad
DC comporte deux boutons de moins que le pad Saturn, alors que les mouvements
disponibles soient plus nombreux que dans le premier épisode oblige presque
à jouer au Twin Stick.
- Virtual On Force (2001) n'a connu qu'une version arcade
- Virtual On Marz (2003) n'est sorti que sur PS2.
Trivias
:
-
Virtual On est un des quelques jeux Saturn à posséder une version
SegaNet qui, comme son nom l'indique, permettait de jouer en réseau.
D'ailleurs c'est toujours possible au moment où cet article est écrit
(janvier 2009).
- Virtual
On a eu droit à un remake dans la gamme Sega Ages (n°31), et à
une version PC.
- Le Twin
Stick Saturn n'est pas très courant mais reste trouvable à des
prix raisonnables (j'ai eu le mien pour une quarantaine d'euros), contrairement
au Twin Stick Dreamcast qui est une vraie rareté.
- Le jeu
possède quelques cheats, qui doivent être exécutés
à l'écran titre :
-
Temjin et Viper II possèdent une attaque spéciale qui leur est
propre : durant un saut, il faut effectuer la combinaison suivante :
haut, haut+arme centrale. Ils plongent alors sur l'adversaire et infligent pas
mal de dégâts, mais les trois jauges d'arme se vident.
- Dans le
Sound Test on peut entendre des voix et des sons inédits, par exemple
le nom du dernier boss, Z-Gradt, comme s'il s'agissait d'un VR jouable. Or il
n'existe aucun code à cet effet.
- Il semble
qu'Apharmd a eu son petit succès puisque le personnage de Yoko, dans
Last Bronx, en est un clone au féminin.
- Il existe
plusieurs versions arcade de Virtual On : Oratorio Tangram : les versions
5.2 et 5.4 tournent sur Model 3, la 5.66 sur Naomi. La version Dreamcast, basée
sur la 5.4, a pour référence 5.45 car elle propose en plus des
décors de Virtual On. Il est d'ailleurs possible de choisir à
quelle version on veut jouer. La version arcade 5.66 propose trois nouveaux
VR. Un GD spécial a été édité pour que les
possesseurs de Dreamcast puissent customiser ces trois nouveaux robots, et transférer
leurs données dans la borne avec leur VMU.
Les
Virtuaroids :

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Temjin :
le Ryu du jeu. Il est, avec Raiden, le premier modèle produit.
C'est
un robot équilibré, idéal pour débuter.
Rapide et maniable, son arme droite fait pas mal de dommages en attaque
frontale, et son arme gauche fait un très bon bouclier. Son arme
centrale est quasiment inutile à distance mais mortelle au corps
à corps.
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Viper
II : Avec son look d'avion de chasse, on le jurerait venu
tout droit d'une série sentai. Viper II ressemble au Temjin en
plus léger et aérien. Il peut se maintenir très
longtemps en l'air et l'amplitude de ses sauts est impressionnante.
Ses roquettes et ses tirs de laser ont un bon rayon d'action, et son
arme centrale, une boule d'énergie, peut venir vous chercher
à l'autre bout du niveau. Revers de la médaille :
il est très frêle.
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Dorkas :
Un des VR conçus pour remplacer le modèle Raiden, trop
coûteux. Dorkas est le VR idéal pour combattre à
distance. Son arme gauche est une boule hérissée à
tête chercheuse, son arme droite des boules de feu flottantes
et son arme centrale une batterie de missiles au napalm. Malheureusement
pour lui il est très lent, ce qui le rend vulnérable à
mi-distance.
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Belgdor :
Une autre déclinaison du modèle Raiden. Plus léger
que Dorkas, il possède une puissance de feu moyenne mais de bonne
portée, en particulier grâce à ses missiles à
tête chercheuse.
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Bal
Bas Bow : Ce VR expérimental de toute nouvelle génération
n'a pas de jambes, mais flotte en permanence au dessus du sol. Sa mobilité
en l'air est exceptionnelle, meilleure même que celle du Viper
II. Il possède des lasers dirigeables par la pensée assez
coton à esquiver. Un robot intéressant à jouer
donc, dommage qu'il soit aussi moche.
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Apharmd :
un VR de l'armée, il est à Temjin ce que Ken est à
Ryu. Leur structure est similaire mais leurs attaques diffèrent
légèrement. L'arme droite d'Apharmd est moins puissante
en attaque frontale, mais son arme gauche possède une variante
moins étendue mais plus puissante. Et en plus il est super classe
avec ses tonfas et son stage a la meilleure musique du jeu.
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Fei-Yen :
conçue par une fillette de 10 ans, Fei-Yen est un mélange
improbable de Sailor Moon et d'un Super Saiyan. C'est le VR le plus
rapide du jeu, et le plus pénible à vaincre en solo. Ses
attaques sont facilement évitables tant qu'on n'est pas en l'air,
mais font très mal. Elle se transforme une fois qu'elle a perdu
la moitié de sa vie, et la puissance de ses attaques augmente
encore.
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Raiden :
Prototype extrêmement coûteux, à tel point qu'il
n'en fut produit que 26 en série. Raiden est puissant, lourd,
et résistant. Ses armes classiques sont relativement inefficaces
mais il dispose d'un puissant laser qui, bien placé, peut retirer
¾ de la barre de vie.
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Jaguarandi :
Il n'est pas vraiment un VR, mais un bug dans le programme de simulation,
qui se déclenche de façon aléatoire, puisque sa
taille et sa couleur varient selon les moments. Il ressemble beaucoup
à Raiden, en un peu moins puissant.
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Z-Gradt :
Le Boss du jeu qui menace la Terre de son rayon géant. Il possède
une puissance de feu dévastatrice, et est quasiment indestructible
en temps normal. Seule solution : attendre qu'il déploie
son canon et devienne ainsi vulnérable.
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Shenron
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