Dans la lignée des Ghost’n Goblins et autres Rastan, sortant (enfin !) du carcan pseudo-moyenâgeux pour annoncer la vague de l’Asie triomphante, voici le don de Capcom fait au monde lors de cette mémorable année 1987 qui vit fleurir par ailleurs tant de hits, j’ai nommé :

Une superbe intro
Comme d’habitude, le royaume de Chine légendaire connaissait la paix et la prospérité depuis de longues années… jusqu’à l’arrivée d’un Seigneur Noir qui décida de capturer tous les enfants et de les emmener dans sa tour maléfique…

Le jeu
Et c’est là que vous entrez en scène… dans une Chine de pacotille, vous, moine guerrier allez traverser une succession très variée de salles pour progresser jusquà votre but, la libération de tous ces petits innocents… Il y a une trentaine de scènes différentes, toutes très réussies, et c’est ce qui fait de prime abord l’intérêt de ce jeu nanti d’une ambiance magique :


Lee Wong, notre héros, face à « Garou », le premier Boss, bien vite rectifié à grand coups de hache de guerre… et Arthur, son glorieux ancêtre de Ghost’n Goblins.
 Une salle plate-forme difficile, avec les mythiques Balloons Fighters !
|  Une salle aérienne remplie de serpents cracheurs ( notez la cape qui vous permet de voler) |
La tactique
Autant le dire tout de suite, Tiger Road est le digne successeur de Ghost’n Goblins… Un jeu de plate-forme-combat très difficile, comme il y en avait à l’époque. Quiconque a un peu remué les joysticks en salle d’arcade au milieu des année 80 pourra vous le dire. Les jeux étaient très linéaires et entre eux, les joueurs avaient ce mot pour qualifier le parcours d’un joueur adverse voué à la défaite : « Tu fais pas comme d’habitude !! ». En effet, chaque salle a son système, son principe, chaque boss sa technique, qu’il faut respecter sous peine de mort. Mais Tiger Road apporte une évolution très intéressante : des Stages Bonus, où non content d’améliorer le score ( toujours bien vu des joueurs ), il est possible d’améliorer les capacités propres du personnage : Il y en a 4, situés immédiatement après le boss de fin de niveau., et les finir est en soi un match dans le match…
La Patte de Tigre
La réussite aux Stages Bonus est une nécessité absolue si vous voulez terminer le jeu tranquilement, les boss ne posant alors pas de difficultés si vous arrivez à réussir aux quatre épreuves. La subtilité est que le bonus est décalé : Si vous ne réussissez que le stage IV, vous n’aurez que la vie en plus : il faut réussir au moins deux des quatre stages pour la patte de tigre, trois pour la force double, etc.
La patte de tigre ne peut donc s’obtenir qu’à l’issue du stage II, après réussite au I ( le plus dur ). C’est en fait une arme qui permet le tir à distance :
La patte de Tigre : Mettez un tigre dans votre émulateur !

Subtilité : La Patte de Tigre ne fonctionne que tant que la vie du perso est « dans le vert » ( voir flèche )
Les Bosses ( enfin, les Boss au pluriel !!)
Pas de grands jeux sans Boss de haut niveau, et justement, Tiger Road est bien fourni, voyez plutôt :
 Ryuken, un gros beauf’ qui de temps en temps se jette sur vous…assez facile. |  Broth, un sorcier volant tout ce qu’il y a de plus pénible…Il tue du premier coup. |
 Goku, un sournois lanceur de schlass’, qui fait joujou avec un cimeterre énorme et rousteur. |  Mes préférés ! Gukaï, véritables frères Bogdanoff ( en moins chevelus !) , veulent vous faire découvrir leur « Temps X » à grand coups de surin ! |
 Le boss de fin : une horreur sans nom sans la Patte, une simple formalité avec… | |
Pour conclure :
Tiger Road est un jeu difficile…mais faisable. Capcom a apparemment rendu une copie bien plus lisible qu’avec Ghost’n Goblins où la difficulté était exagérée jusqu’au ridicule (et qui reste pourtant un de mes favoris). Ici, tout est délicat, rien n’est infaisable. Sachez vaincre aux bonus stages, et le jeu deviendra même facile : Une prime aux bons joueurs, aux patients, à ceux qui n’hésitent pas à recommencer encore et encore (NdL : Précisons quand même que Tiger Road n'a pas été développé par Capcom, contrairement à G'n'G, mais par Romstar, tout comme Gunsmoke (1985), Trojan (1986) ou Side Arms (1988), avec lesquels on peut lui trouver une certaine similitude sur le plan graphique et surtout sonore. Ces trois jeux font partie des meilleures bornes d'arcade de leur époque).
Un jeu qui reflète l’époque où le joueur était respecté (« Thank you for playing ») et où il était possible de briller sans trop de monnaie. Voyez la différence avec l’arcade d’aujourd’hui (à tout le moins, ce qu’il en reste !). Un jeu où l’on sent une recherche, une minutie du détail… regardez le boss de fin, n’annonce-t-il pas Mr. Bison, de SF2 ? Bref, un jeu formidable, injustement méconnu, très dense, très riche, très varié. Que demander de plus ? Ah oui, pour finir : merci, Capcom !


La séquence de fin, qui arracherait une larme à un fer à souder…trop mimi !

Il faut rendre à César…
Vincent Pays