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La
boîte du jeu. Merci au site Mobygames ! |
Prologue
Afin
de débuter cet article, je m'en vais vous raconter une
histoire... Il fut un temps où le jeu vidéo perpétuait
la tradition orale, un temps où l'on se racontait nos
exploits vidéoludiques dans les cours de récréation,
Internet et ses forums ne faisant pas encore partie du quotidien
de tout un chacun. Alors oui, ce bouche-à-oreille répandait
certaines rumeurs difficilement vérifiables, mais cela
a également créé des héros. Oui,
des héros…
À
cette époque, un jeu en particulier monopolisait les
discussions. La légende racontait que certains joueurs
qui s'adonnaient à ce jeu avaient réussi à
désamorcer toutes les bombes près du barrage,
à se frayer un chemin jusqu’au Technodrome et même
à finir le titre en question. Bien sûr, la plupart
du temps, c’était le « grand frère
du cousin du voisin » qui avait réussi cet exploit,
donc forcément c'était impossible de vérifier
si cette performance avait vraiment eu lieu. Cependant, on y
croyait tous, et cela nous poussait à jouer sans cesse,
mais la sanction était la même pour chacun d'entre
nous, à savoir un impitoyable Game Over.
C’est
de ce fameux jeu dont je vais vous parler à présent…
COWABUNGA
!
Si
cette interjection ne vous dit rien, c’est que vous avez
moins de 18 ans ou que vous viviez dans une cave durant les
années 90. "Cowabunga", c'est en effet le cri de guerre
des célèbres Tortues Ninja. Créé
en 1983 par Kevin Eastman et Peter Laird, le comic book Les
Tortues Ninja (Teenage Mutant Ninja Turtles en
version originale) conte l’histoire de quatre tortues
exposées à un liquide mutagène et qui ont
été alors transformées en créatures
humanoïdes.
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Initiées
par le maître Splinter (un rat lui aussi exposé
à ce mutagène) à l’art du Ninjutsu,
les quatre tortues luttent contre le maléfique Shredder
et contre son gang des Foot qui sévit dans les rues de
New-York. Bien sûr, les tortues vont tout mettre en œuvre
pour cacher leur existence aux yeux des habitants de Big Apple,
et du coup elles vivent dans les bas-fonds des égouts
de la mégalopole. Ces personnages que tout le monde connaît,
ce sont bien sûr Leonardo, Raphaël, Donatello et
Michelangelo, ces noms ayant été donnés
par le vieux Splinter lui-même (l'histoire de la BD raconte
qu'il a trouvé ces noms alors qu'il lisait un livre sur
la Renaissance Italienne).
L’apogée
de ce comics se situe dans les années 1990. À
cette époque-là, divers produits estampillés
Tortues Ninja voient le jour : goodies, jouets, bandes
dessinées, dessins-animés, films... La folie Tortues
Ninja bat son plein.
Les
Tortues Ninja, le jeu vidéo.
L'éditeur
Japonais Konami, flairant la bonne affaire, obtient les droits
de la licence et l’adapte sur la console la plus populaire
du moment, à savoir la NES de Nintendo. Le titre
est extrêmement attendu, vu le succès de la licence,
et du coup un bundle Tortues Ninja (jeu + console NES)
sort dans le commerce. Il est très facile aujourd’hui
de se procurer le jeu mais il faut savoir qu'à sa sortie
(en 1989 aux États-Unis et au Japon, puis en août 1990
chez nous) il était en rupture de stock un peu partout,
au grand désespoir des mamans désirant combler
êtes de fin d’année.
Teenage
Mutant Ninja Turtles (renommé en Europe Teenage
Mutant Hero Turtles) est un jeu d’action/plates-formes
en 2D. Dans ce titre, vous pouvez diriger chacune des quatre
tortues, chaque personnage ayant une arme différente
: un katana pour Leonardo, un bô (un bâton de combat)
pour Donatello, des nunchakus pour Michelangelo et des saï
pour Raphaël. Le saï et le nunchaku sont les armes
les plus rapides, alors que le katana et le bô sont celles
avec la plus grande allonge.
Chaque
tortue a une barre d’énergie qui lui est propre
et qui diminue à chaque coup reçu. La grande idée
du jeu, c’est que vous pouvez jongler entre ces différents
personnages en appuyant sur le bouton Start quand vous le désirez.
Dès qu’une tortue n’a presque plus de vie,
vous pouvez la mettre au repos en en sélectionnant une
autre. Les continues n’étant pas infinis, cela
a son importance.
Des
pizzas disséminées un peu partout tout au long
de l'aventure permettent cependant de retrouver des forces (les
Tortues Ninja étant connues dans le comic book pour leur
consommation massive de pizzas). Une fois que l'une de vos tortues
est tombée au combat, il sera possible de la récupérer
en la délivrant (mais pour cela il vous faudra d’abord
la trouver dans les différents niveaux du jeu). Des armes
secondaires sont aussi présentes, avec par exemple des
shurikens en quantité limitée que vous pourrez
utiliser en appuyant sur le bouton Select de votre manette.
Leo,
Don, Raph, Mikey et vous.
Le
jeu est composé de cinq niveaux, ce qui peut sembler
court (pourtant c’est nettement suffisant, et vous comprendrez
pourquoi un peu plus loin). Chaque niveau comporte deux phases
: le jeu alterne entre des passages vus de haut (à la
Zelda) pour les phases de déplacement sur la carte, et
des passages vus de côté pour les séquences
d’action.
Par
exemple, dans le premier niveau qui se déroule dans les
rues de New-York, la carte permet de faire le déplacement
entre chaque bouche d’égout que vous devrez visiter.
C'est en effet dans les sous-terrains de la ville que vous commencerez
votre aventure en recherchant April O'Neil, une journaliste
connaissant les Tortues Ninja et qui est devenue depuis leur
précieuse alliée. April a été capturée
par l'horrible gang de Shredder et elle est retenue prisonnière
dans les égouts. Ce premier monde vous met dans l’ambiance
avec de nombreux ennemis issus du comic book et du dessin-animé,
dont Bebop et Rocksteady, les deux hommes de main de Shredder
(un phacochère et un rhinocéros ayant muté
eux aussi) qui font office de boss de fin de niveau.
Dès
le deuxième niveau, les choses se corsent. Vous voilà
sur un barrage et vous devez désamorcer dix bombes sous
peine de voir l'édifice exploser. C’est le moment
de plonger dans l’Hudson River car, n’oubliez pas,
le temps vous est compté. Cette étape (durant
laquelle les phases d'action se jouent sous l'eau) est extrêmement
difficile car il vous faudra éviter les algues et les
barrières électriques, ainsi que d’autres
obstacles tout aussi dangereux. Dix bombes en deux minutes...
Ici, pas de checkpoint : vous perdez, vous recommencez. Un cauchemar…
Les
niveaux suivants se ressemblent quelque peu : les tortues traverseront
l'aéroport de New-York (le niveau se déroulant
de nuit), des grottes et enfin le fameux Technodrome (la base
des "méchants" dans l'univers des Tortues Ninja). Chaque
niveau se termine bien sûr par un combat contre l'un des
sbires de Shredder. Entre chaque monde, de petites cinématiques
plutôt bien réalisées finissent de mettre
dans l'ambiance de la bande dessinée.
Il
vous faudra bien du courage pour arriver jusqu'au Technodrome,
la difficulté du jeu allant crescendo tout au long de
l'aventure. Teenage Mutant Ninja Turtles est
l'un des titres les plus difficiles de la NES et rares
sont les joueurs en avoir vu le bout. Ne comptez pas non plus
sur des mots de passe pour ne pas avoir à tout recommencer
à chaque partie. Et bien évidemment, vous aurez
en tout et pour tout deux continues pour espérer voir
le générique de fin. Bonne chance !
Malheureusement,
la progression dans le jeu est rendue encore plus périlleuse
à cause de quelques soucis techniques. Collisions hasardeuses,
sauts plus que litigieux, bugs, ennemis traversant les murs,
quelques ralentissements (lorsque trop de sprites apparaissent
à l'écran), level design injustement sadique...
De plus, le titre semble quelque peu déséquilibré
vu que trois des quatre tortues ont des armes de faible ou de
moyenne portée, et vous comprendrez vite que Donatello
et son très long bâton sont votre planche de salut.
Le
jeu, déjà dur à la base, n’est donc
pas aidé par sa jouabilité. Cependant, Teenage
Mutant Ninja Turtles est un titre très bien
réalisé, avec de beaux graphismes, des sprites
détaillés et des couleurs bien choisies. De plus,
la musique de Keizou Nakamura (compositeur de tous les jeux
Tortues Ninja chez Konami, dont le fameux Turtles
in Time sur Super Nintendo) est de qualité,
ce qui était une marque de fabrique chez l'éditeur
nippon à cette époque.
Malgré
ses quelques défauts, Teenage Mutant Ninja Turtles
est un très bon jeu qui a une place dans le cœur
de nombreux joueurs, et ce en dépit d'une difficulté
légendaire. La licence y est sûrement pour beaucoup,
mais ce serait injuste de limiter ce titre uniquement au nom
Tortues Ninja. Quoi qu'il en soit, le jeu est l'un
des plus gros succès commerciaux de la NES,
et avec près de 4 millions d'exemplaires vendus, il représente
l'une des plus grosses ventes pour un jeu non estampillé
Nintendo sur la machine de Big N.
Épilogue.
Aujourd'hui,
je peux affirmer que la légende dont je parlais au début
de l'article était peut-être fondée. Car
18 ans après la sortie de ce jeu, j’ai réussi
à le finir, après bon nombre de vies perdues et
de continues consommés. Qui sait, je serai peut-être
un jour le fameux voisin dont les gens parlent lorsqu'ils évoquent
Teenage Mutant Ninja Turtles...
Lap4523