Il
y a des héros, comme ça, que l’on admire
quand on est gosse. Batman ? Non, c’est un parvenu, il
n’a aucun superpouvoir. Superman ? Quand on met son slip
au-dessus de son pantalon… Non, le seul, le vrai, l’unique,
le plus fort, c’est : Superfrog, la grenouille justicière
! Rien que de l’écrire comme ça, je trouve
que ça en jette.
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Il est pas bô, mon héros ? |
Bonjour l’aventure… |
Moi,
j’aimais bien Léguman…
Super-garnouille
a beau être super fort, il n’en est pas moins dedans
jusqu’au cou. En effet, il n’a pas toujours été
grenouille : une sorcière malfaisante a enlevé
sa copine, et a transformé le bô jeune prince fringuant
qu’il était en batracien inoffensif. Jusqu’à
ce qu’il tombe sur une bouteille de Lucozade, le soda
qui sponsorise, façon Zool,
le jeu. Et paf, une gorgée du breuvage, et l’ami
vert devient… Superfrog ! Toutes mes félicitations
au passage aux scénaristes de Team 17, pour ce grand
moment d’intrigue, au moins aussi recherchée que
celle de Wonder
Dog. Et en plus, je parie qu’ils sont mieux
payés pour la trouver que moi pour l’écrire.
J’enrage. En tout cas, toute cette tragédie grecque
est magnifiquement retranscrite dans une introduction animée
par un grand Monsieur de l’Amiga, Eric Schwartz.
Elle est magnifique à regarder, et elle pose d’emblée
les jalons de l’aventure.
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| Gaffe
au hérisson ! |
Drôle d’ambiance de fête. |
…
il y avait Super-Dupont aussi…
Alors,
ni une, ni deux, Super-Kermit enfile une cape rouge, et se jette
à la poursuite de sa bien-aimée, à travers
six mondes composées de quatre niveaux. Le but de chaque
étape est de collecter un nombre précis de pièces
(servant à acheter ladite boisson ?), ce qui a pour effet
d’ouvrir la porte de fin du niveau, à rallier pour
passer au suivant. Simple ? Pas tout à fait. L’architecture
des niveaux est particulièrement tordue. Sans ne jamais
tomber dans l’excès du labyrinthe, ceux-ci proposent
néanmoins des chemins multiples et des interconnections
en pagaille, puisque, après tout, il va falloir les parcourir
jusque dans les moindres recoins pour amasser la monnaie en
quantité suffisante. Le terrain de jeu n’est donc
jamais linéaire, et l’exploration part dans les
quatre directions. Tout comme l’aventure, qui va propulser
notre héros croassant depuis ses contrées verdoyantes
jusqu’à l’espace, en passant par un château
lugubre, une fête foraine, les pyramides d’Egypte
et même une époque glaciaire !
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| M’man,
y’a une momie ! |
Un
fruit givré pour le dessert ? |
…
et le Concombre masqué…
Evidemment,
le challenge se trouve renforcé par la présence
de bestioles ne présentant pas ou peu de signes manifestes
d’agressivité, mais dont le contact entraîne
une baisse significative de la barre de vie du héros
: abeilles, escargots, bonshommes de neige, momies, robots,
tortues… Ainsi qu’une bonne tripotée de pièges
en tout genres qui augmentent encore plus la difficulté
: champs de pieux, flotte, flammes, trous masqués dans
le sol, boules avec ou sans pointes, portes à déverrouiller…
Heureusement, Super-Rainette a ses super-techniques-qu’elles-sont-vraiment-trop-puissantes
: il peut en effet lancer, s’il en trouve une, une baballe
verte dans plusieurs directions sur ses adversaires, planer
dans les airs au moyen de sa cape (s’il a ramassé
les ailes qui activent l’option), augmenter sa vitesse
avec le bonus approprié, et même devenir invincible
temporairement (on ne voit alors plus que ses yeux à
l’écran) ! La technique maîtresse et archi-classique,
mais bougrement efficace, reste tout de même le saut à
doigts palmés sur les ennemis. Signalons également
la présence de nombreux bonus à ramasser, souvent
planqués derrière murs secrets à découvrir.
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| Jolie
statue… |
…et joli soleil… |
…
Georges de la Jungle…
La
jouabilité est au rendez-vous dans Superfrog,
c’est d’ailleurs le point fort du titre ! En effet,
le héros répond au quart de tour, se déplace
avec une vélocité féroce et une rapidité
décoiffante (presque aussi rapide que le hériss…,
enfin, tout le monde a compris), pratique des sauts impressionnants,
et n’est soumis à aucun effet d’inertie.
Au moins, sur ce coup-là, personne ne viendra se plaindre.
L’animation est parfaite, le scrolling principal, et unique
soit dit en passant, se déplace sans afficher la moindre
saccade, tout comme l’ensemble des éléments
animés à l’écran, un vrai bonheur.
L’ambiance cartoon est renforcée par un graphisme
contouré très enfantin, mais très réussi,
ainsi qu’une musique propice à la dérision
et des bruitages du même acabit. Même la difficulté
est très bien dosée, jamais trop pesante, mais
assez présente pour que l’on se démène
dans les niveaux. Des mots de passe sont donnés entre
les niveaux lors d’un jeu bonus sous la forme d’une
machine à sous. Très bien réalisée,
cette dernière peut également, avec beaucoup de
chance, augmenter le nombre de vies. Le problème, c’est
qu’il faut gagner à ce jeu pour avoir le mot de
passe, et ce n’est pas toujours évident.
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| Celui-là,
je lui rentre dans les boulons ! |
Mieux que le casino de Dunkerque ! |
…
enfin, des modèles pour la jeunesse !
Tout
le savoir-faire de Team 17 est mis à contribution dans
ce titre qui a fait beaucoup parler de lui à sa sortie
sur Amiga. Une conversion Pécé
plus discrète mais tout aussi réussie a également
vu le jour. Face à une concurrence acharnée dans
son domaine sur Amiga, Superfrog s’est
taillé une très bonne réputation, grâce
à ses qualités de jeu indéniables, et son
humour fondé principalement sur l’autodérision.
Une communauté dévouée à la grenouille
est même présente sur le net, avec son forum. Et
tous les super héros n’ont pas droit à ce
genre de consécration.
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| Mais,
mais… c’est… l’autre jeu, là,
de Team 17 !! |
Tiens
bon, ma belle (c’est celle en blanc) ! |
Tonton
Ben, froggie (et fier de l’être).