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Mountain King

Année : 1982 à 1984
Systèmes : ColecoVision, C64, Atari 400/800, 2600, 5200
Supports : cartouche, cassette
Éditeur : CBS

 


La Couronne du Roi sur la Montagne a toujours été l'obsession de l'Explorateur. Indiana Jones, Benjamin Gates, Pitfall Harry et les autres peuvent bien aller courir après des chimères ; lui, au moins, sait pertinemment que cette couronne existe, et qu'elle est cachée dans un sanctuaire secret. Après des années de recherches et de moqueries de la part de ses collègues, il a enfin réussi à localiser ce sanctuaire. La couronne n'attend plus que lui. Seul, il se décide à partir pour la ramener et montrer à ses " estimés " confrères qui avait raison.

La cartouche CBS...
L'écran titre sur ColecoVision.

Mountain King (le Roi de la Montagne en français) est un jeu très stressant. Pour gagner il faut respecter plusieurs étapes, l'une après l'autre, et recommencer à zéro en cas d'échec : c'est surtout ceci qui rend le jeu stressant (je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est pénible, mais au bout de la 5ème tentative c'est quand même un peu le cas).

 

Trésor, mon Trésor !

La première étape est la plus simple. Incarnant l'Explorateur, armé d'une simple torche, vous allez vous promener dans les mines sous la Montagne et récolter de l'or. Ses reflets brillent dans le noir, et vous n'avez qu'à l'empocher quand vous passez devant. Vous allez ainsi parcourir les galeries dans tous les sens, amasser de plus en plus d'or... Les chauve-souris qui volent ici et là ne présentent pas de danger : à ce stade, le seul obstacle à vos agissements est une énorme araignée qui se cache au plus bas de la mine. Si vous avez le malheur de vous faire toucher, elle tisse une toile autour de vous. Vous devez alors à tout prix réussir à vous libérer avant qu'elle ne revienne, sous peine de finir en casse-croûte.

Le début du jeu. Seul en haut de la Montagne.

Cachés dans les coins sombres, dix coffres attendent d'être découverts... On ne les voit que grâce à la torche, qui diffuse une lumière bleue près de vous. Ouvrir un coffre peut être payant, mais peut libérer les deux chauve-souris blanches, Gardiennes de la Couronne, qui vous en feront voir des vertes et des pas mûres à l'avenir ; pour le moment elles sont inoffensives.
Attention, quand vous éclairez votre route avec la torche, vous ne pouvez pas ramasser d'or... N'est pas Docteur Octopus qui veut.

Petit à petit, bravant le temps qui passe, les chutes (qui vous étourdissent si vous tombez de trop haut, mais qui ne vous tuent jamais), le labyrinthe sommaire, vous arrivez à obtenir suffisamment d'or pour que l'Esprit du Feu apparaisse.

 

Esprits, êtes-vous là ?

La seconde étape est de trouver l'Esprit du Feu. Mais pour cela il faut avoir réuni suffisamment d'or. Et là, ça se complique un tantinet.

L'Esprit du Feu est invisible, il ne peut être repéré que par la torche, ou éventuellement par un petit éclair jaune de temps en temps. Pour le dénicher, vous devez parcourir la mine tout entière (sans oublier d'en profiter pour vous en mettre plein les poches), jusqu'à ce que vous entendiez une petite mélodie... qui devient de plus en plus forte au fur et à mesure que vous vous en rapprochez. Oui, c'est bien l'Esprit du Feu qui joue cette petite musique. Mais se repérer au son n'est pas toujours évident : si parfois l'Esprit du Feu se trouve à des endroits faciles d'accès, il n'est pas rare que vous vous rendiez compte qu'il est juste devant vous... de l'autre côté d'un précipice, et que pour y accéder vous allez devoir faire un sacré chemin !

L'Esprit du Feu à gauche, et L'Esprit à la Tête de Mort à droite, apparaissent dans la lumière de la torche.

Atteindre l'Esprit du Feu est parfois une promenade de santé, parfois une gageure... Mais c'est indispensable pour passer à la suite. Pour le ramasser, vous devez vous agenouiller : aussitôt, un halo brillant vous entoure. C'est le moment de vous rendre à l'entrée du temple, caché au centre de la Montagne. Vous allez à présent faire la rencontre d'un autre esprit : l'Esprit à la Tête de Mort. Comme son nom l'indique, c'est une énorme tête de mort, qui ne vous laissera entrer dans le temple proprement dit qu'à une condition.

Toujours entouré par le halo brillant, vous devez vous agenouiller (encore) devant l'Esprit à la Tête de Mort et lui faire l'offrande de l'Esprit du Feu. Seulement alors, vous serez autorisé à monter jusqu'au réceptacle dans lequel se trouve la Couronne du Roi de la Montagne.

 

La couronne

Dès que vous la voyez, vous ne pouvez pas vous en empêcher : vous la mettez sur votre tête. À partir de cet instant, (si ce n'était pas le cas avant parce que vous les aviez libérées d'un coffre), les deux Chauve-Souris Gardiennes se mettent en chasse. Un intrus a osé dérober le trésor, il est hors de question qu'elles le laissent sortir de la mine ! Elles vont parcourir les couloirs au hasard, volant en ligne droite d'un côté de l'écran vers l'autre. Si elles vous touchent, elles vous dérobent la Couronne si durement gagnée, et la remettent à sa place sur l'autel... Vous devez alors tout recommencer : récolter suffisamment d'or pour que l'Esprit du Feu se mette à chanter, trouver celui-ci et l'apporter au Gardien...

Offrande puis récupération de la Couronne. Les Chauve-Souris Gardiennes se mettent en chasse.

Il n'est pas rare de devoir recommencer plusieurs fois de suite à cause des Chauve-Souris Gardiennes... Or les gisements d'or, s'ils sont très nombreux, ne sont tout de même pas inépuisables.

Mais si vous arrivez à éviter les Chauve-Souris Gardiennes qui ne vous lâchent pas d'une semelle, si vous arrivez à grimper tout en haut de la plus haute montagne, là où brûle le Feu Perpétuel, la Couronne toujours ceinte sur votre tête... alors c'est vous qui devenez le nouveau Roi de la Montagne.

 

Le jeu

Comme je le disais plus haut, Mountain King est un jeu stressant.

Gagné de justesse ! Au sommet la Montagne, avec la Couronne.

Stressant parce qu'il est parfois difficile de gérer correctement un saut d'une plate-forme à l'autre. Stressant parce qu'il n'y a rien de pire que d'arriver à un niveau de la victoire et de se faire piquer la Couronne à ce moment-là. Stressant aussi parce que l'Esprit du Feu a la fâcheuse tendance d'obliger à se retaper la moitié du labyrinthe une fois qu'on l'a déniché.
Mais il est malgré tout prenant, parce qu'assez bien conçu et difficile pour avoir envie de s'accrocher, quitte à pousser des jurons abominables quand on se plante. La difficulté est assez élevée, surtout que dans les niveaux avancés, l'Esprit de Feu ne reste présent que le temps de deux couplets de la musique... avant d'exploser, dévoré par son propre feu. Une flamme apparaît à sa place, si l'Explorateur la touche il meurt brûlé.
Dans tous les cas, un compte à rebours vous tiendra en haleine, car il est impossible de penser à se promener pour le plaisir.

Versions Atari 2600...
... 5200, quasiment identique à la version 400/800...
... et Commodore 64.

Et pour le reste ?
La première version du jeu est la version Atari 400/800, programmée par E.F. Dreyer.
Graphiquement, la Coleco m'avait habitué à mieux : l'écran à dominante noire et jaune est assez terne ; mais certaines contraintes dues au gameplay (la lampe, les éclairs de l'Esprit du Feu) m'amènent à penser qu'il n'était pas possible de mettre plus de couleurs à l'écran. Par contre, les sprites auraient pu être plus travaillés.
Bizarement, la version C64 est plus riche en couleurs mais paraît plus grossière... allez comprendre.

Note : les captures d'écran que vous voyez sont les plus précises que j'ai pu faire, les graphismes de ce jeu se prêtent mal à une réduction. J'en suis désolé.

Le son de Mountain King est réduit au minimum, sauf les deux musiques très sympas, morceaux version Coleco de "Peer Gynt - Suite n°1" composée par Edvard Grieg. La première mélodie, qui est jouée par l'Esprit du Feu, reprend le thème "La Danse d'Anitra" ; la seconde, qu'on entend en intro et une fois que l'Explorateur a récupéré la Couronne, est le morceau archi-connu "Dans le Hall du Roi de la Montagne". Ces deux musiques sont tout de suite reconnaissables, la Coleco se défend tout de même bien.
En bonus, vous trouverez ci-dessous des liens vers les versions MIDI des deux musiques qu'on entend dans le jeu, que vous puissiez vous faire une idée :
- la Danse d'Anitra (http://www.metronimo.com/fr/puzzle/midi/grieg3.mid)
- Dans le Hall du Roi de la Montagne (http://www.metronimo.com/fr/puzzle/midi/grieg4.mid)

L'araignée emprisonne l'Explorateur, telle Arachne se jetant sur Frodon...

L'animation est relativement fluide, enfin selon les standards de l'époque. L'Explorateur reste au centre de l'écran, c'est tout le paysage qui défile autour de lui. Les mouvements des sprites sont simples, sans plus.

Pas grand chose de plus à ajouter. Personnellement, je l'ai trouvé difficile mais intéressant, plus abouti dans le gameplay que bien d'autres de la même période. Ce n'est pas un monument dans la ludothèque de la Coleco, mais il présente bien plus d'intérêt que les Schtroumpfs, même s'il est moins beau !

Mountain King n'a pas été testé dans Tilt à l'époque de sa sortie : il est passé inaperçu (en tout cas, je ne l'ai vu nulle part en test, ni dans aucun tableau récapitulatif lors des numéros spéciaux Tilts d'Or). Je serais curieux de savoir combien d'entre vous y ont joué...

 

JPB

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Votre avis nous intéresse

10/12/2007 - Sodom

A l'occasion d'un petit tour d'horizon des jeux sortis en priorité ou en exclusivité sur Atari 8-bits, je me suis attardé un moment sur Mountain King ; comme cela a été dit dans l’article de JPB, puis sur ce topic - et je ne peux qu’enfoncer le clou - le jeu est assez difficile au premier abord : il faut prendre le temps de s’habituer à la maniabilité particulière de l’Explorateur, ainsi qu'à cette curieuse tendance du joueur débutant qui consiste à rater la plupart de ses sauts, avant de chuter de plusieurs niveaux pour mieux se faire dévorer par l’araignée qui le guettait depuis les bas-fonds ; vu sous cet angle, on peut concevoir que Mountain King n’ait pas déchaîné l’enthousiasme des foules au moment de sa sortie…

Cependant Mountain King dévoile des richesses insoupçonnées au joueur un tantinet assidu - masochiste diront les mauvaises langues - qui se sera donné le mal d’essayer encore et encore de dérober la couronne du roi de la montagne. Une fois passée la période d’apprentissage, le gameplay devient intuitif et il est enfin possible de se laisser bercer par l’ambiance du jeu, tout simplement excellente : les reflets de l’or dans l’obscurité des galeries, le faisceau bleuâtre de la torche perçant les ténèbres à la recherche d’un coffre ou de l’esprit du feu, les chauves souris voletant ici et là… L’esprit de l’aventure souffle sur Mountain King, on s’attendrait presque à croiser Indiana Jones au détour d’une galerie !

Et que dire de l’utilisation ingénieuse des musiques de la suite « Peer Gynt » ?
Qu’il s’agisse de la danse d’Anitra - permettant au joueur de s’orienter « à l’oreille » vers la cachette de l’esprit du feu - ou de la marche du Roi de la Montagne dont le tempo s’accélère au fur et à mesure de votre remontée à l’air libre avec la couronne, je n’ai pas souvenir d’un jeu vidéo à ce point capable de mettre en valeur des airs du répertoire classique.

Pour les deux du fond que ça intéresse – oui vous là, assis à côté du radiateur - Mountain King c’est le bien : jouez-y et n’oubliez pas d’aller faire une grosse bise à l’araignée de ma part ^^