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Fire Pro Wrestling - La série
Année : 1989
Système : Arcade, Game Boy, Megadrive, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES, Wonderswan
Développeur : Human
Éditeur : Human
Genre : Jeu de Combat (VS fighting) / Sport

Fire Pro Wrestling Combination Tag
(PC Engine - 1989)

Il n'en a pas l'air comme ça, mais ce premier Fire Pro Wrestling est peut-être le meilleur jeu de catch disponible sur une console de salon lors de sa sortie. Sa panoplie impressionante de coups, son mode 4 joueurs et surtout son gameplay exemplaire et innovateur en font une expérience de choix pour ceux qui se seraient lassés de l'amusant Pro Wrestling sur Nes qui, depuis sa sortie en 1986, pouvait être considéré comme la référence du genre.

Alors certes techniquement il n'a pas fière allure : les couleurs sont fades, et les sprites des catcheurs sont raides comme des piquets. Il faut les voir se déplacer avec deux étapes d'animation faisant bouger leurs jambes tandis que le haut du corps de moufte pas ! Fort heureusement, l'animation des diverses prises se révèle un peu plus convaincante, et c'est tant mieux car elles sont ici très nombreuses et leur exécution a du déclencher des cris admiratifs de la part des joueurs de l'époque. Le marteau-pilon, le coup de la corde à linge, la prise en 4, la powerbomb, ou le splash depuis le haut de la troisième corde, de nombreuses manœuvres sont à la disposition du joueur et sont exécutables facilement à partir de 3 boutons. Le bouton « I » permet ainsi de frapper debout ou en courant, de réaliser une attaque du haut des cordes, et de placer jusqu'à 4 prises différentes au contact. Le bouton « II » permet plus ou moins la même chose, mais également d'envoyer son adversaire dans les cordes pour l'accueillir ensuite avec un coup dévastateur lorsqu'il revient vers le joueur. Enfin le bouton « Run » permet de courir (ça ne pouvait pas mieux tomber !) et d'exécuter des prises de soumission.

Matches en équipe et nombreuses prises disponibles au programme.
Le marteau-pilon est une des prises les plus dévastatrices.

La grande force de ce premier Fire Pro Wrestling, et ce qui deviendra une des marques de fabrique de la série, est d'innover avec une jouabilité assez subtile qui renvoie aux oubliettes l'habituel bourrinage de boutons qu'on trouve quasi-systématiquement dans les autres simulations de catch. Ainsi, lorsque les adversaires parviennent au contact, ils se saisissent automatiquement et, après un petit instant, changent légèrement de position. C'est à ce moment-là qu'il faut entrer la commande de la prise qu'on souhaite exécuter. Le joueur qui parvient à obtenir le meilleur timing réussissant à placer son coup. Enfin... pas forcément ! Car Fire Pro Wrestling gère aussi une hierarchie des coups, certains étant plus dévastateurs que d'autres. Or, si une prise trop forte est placée trop tôt dans le match, elle a toute les chances de se faire contrer. Cela donne des matches plus subtils et tactiques, et surtout plus variés grâce aux nombreux coups disponibles.

Un superbe dropkick parfaitement exécuté !
Il est possible de sauter sur son adversaire du haut des cordes.

Mais au fait, tous ces coups spectaculaires, qui donc les exécute sur le ring ? Le

casting
de Fire Pro Wrestling, et ce sera le cas dans la plupart des suites, est fictif. Fictif, mais très inspiré des stars qui ont marqué le catch des années 80 au Japon. Les noms des catcheurs, comme Victory Musashi ou Tommy Bomber peuvent laisser perplexes les fans, mais les illustrations dans l'écran de sélection et la panoplie de coups de chaque lutteur ne laisse aucun doute (les sprites en revanche sont difficilement reconnaissables). Ainsi, ce costaud moustachu portant chapeau de cowboy et mettant KO ses adversaires avec son « western lariat » (coup de la corde à linge) ne peut être que Stan Hansen, le violent américain qui sème la terreur à la All Japan Pro Wrestling. Et ce charismatique lutteur au long menton qui use de l'enziguiri (coup de pied sauté derrière la nuque), c'est forcément Antonio Inoki, le leader de la New Japan Pro Wrestling. Même si les sprites ne permettent pas toujours de bien reconnaitre ces stars, Human a fait un bon travail en créant des héros de pixels très fidèles à ces héros du ring dans leurs coups et leurs attitudes.

L'écran de sélection des lutteurs.
Écran d'avant-match : Jumbo Tsuruta contre Dos Caras.

Les modes de jeu sont peu nombreux mais il y a tout de même de quoi faire. Tout d'abord le mode « simple » permet à 2 joueurs humains de s'affronter mais également à un joueur solo de tenter de battre tous les catcheurs du jeu l'un après l'autre. Et il faudra pour cela rassembler suffisament de point pour progresser jusqu'au match suivant sachant qu'une victoire par tombé ou soumission rapporte 5 points, une victoire par disqualification (adversaire compté à l'extérieur) rapporte 4 points et un match nul (pas de gagnant à la fin du temps règlementaire) permet de ramasser 2 tout petits points.
Ensuite, le mode « tag » qui donne son nom au jeu permet de se livrer à des combats par équipes jouables jusqu'à 4 simultanément grâce à un multitap. Mais un joueur accompagné du CPU ou une équipe de 2 joueurs peut également choisir d'affronter les autres équipes du jeu selon le même modèle que le mode solo. C'est l'occasion de mentionner que ces « tag » apportent encore plus de dynamisme à l'action avec des changements de partenaires, des interventions illicites et des prises à 2 contre 1 !
Le dernier mode disponible est un match à élimination par équipes opposant 2 équipes de 5 catcheurs qui s'affrontent en 1 contre 1.

Les différents modes de jeu disponibles.
Attention à ne pas se faire disqualifier en restant trop longtemps hors du ring.

La réalisation, comme on l'a vu plus tôt, n'est pas ce que la PC Engine offre de plus éblouissant, loin de là. Mais ce n'est pas honteux non plus. Un arbitre est ainsi présent sur le ring et suit l'action de près, l'ombre des catcheurs est dessinée lorsqu'ils s'envolent pour porter une prise aérienne, le public est assez varié et coloré et même un peu animé (des flashes se déclenchent pour immortaliser l'action), et enfin il est possible de faire saigner son adversaire ! Et puis les portraits des catcheurs sur les écrans de sélection sont vraiment très bons. Les musiques, bien qu'assez nombreuses, sont plus douloureuses qu'autre chose en revanche et les déplacements et prises des catcheurs manquent singulièrement d'étapes d'animations.

Mais cette réalisation en demi-teinte n'entrave en rien la jouabilité du titre qui est vraiment efficace. Une fois le timing à appliquer bien maitrisé, les matches s'enchainent avec une fluidité exemplaire grâce à des contrôles qui répondent toujours au doigt et à l'oeil.

Un petit mot sur la notice fournie avec la HU-Card. Cette dernière présente chacun des 16 catcheurs présents avec tous leurs coups, mais également un dessin assez... euh... particulier. Le style épuré est bien différent des illustrations présentes dans le jeu et donne une touche « amateur » assez sympathique au produit !

Extrait de la notice « artisanale » de ce premier Fire Pro Wrestling.

Avant d'en terminer avec ce premier opus, résumons les trois points marquants qui ont fait son succès et qui sont les bases de toute la série de Human :

  • Le système de « timing » pour placer ses coups.
  • La large panoplie de prises, toutes extrêmement fidèles à la réalité.
  • Le casting rassemblant les stars de diverses fédérations, permettant au joueur de réaliser des « dream matches ».

Enfin, voici le casting des catcheurs présents dans ce premier épisode.
Ils sont répartis par équipes (et on ne peut pas les séparer en mode « tag »). On y retrouve vraiment la crème de la scène puroresu de la décennie 1980, sauf Giant Baba qui sera étrangement souvent absent des premiers épisodes de la série, peut-être parce que sa célèbrité et les liens très étroits qu'il entretient avec de nombreux médias auraient pu poser des problèmes à Human, ou bien peut-être parce que le moteur du jeu ne permet alors pas de faire s'affronter des sprites de tailles différentes ?

Équipe 1 : King Fighters
Victory Musashi (Antonio Inoki / New Japan Pro Wrestling) & Saeba Akira (Akira Maeda / New Japan Pro Wrestling & Union Wrestling Forces)

Antonio Inoki est l'une des plus grandes stars du Puroresu et le fondateur de la NJPW, fédération de catch numéro 1 au Japon. Influencé par Karl Gotch, il développe un style qui se veut réaliste et veut prouver au monde que le catch est le sport de combat numéro 1. Ses coups favoris sont Enzuigiri kick (coup de pied sauté derrière la nuque) et Manji-Gatame (prise de la pieuvre).
Dans les années 2000, Inoki quittera la NJPW pour lancer une fédération de MMA (UFO) puis encore une fois de catch (IGF).
Akira Maeda est un shootfighter célèbre pour son investissement dans les fédérations UWF et Rings en plus de son temps à la NJPW. Véritable « tueur » sur le ring, il est expert en arts martiaux et est passé maitre dans l'usage de nombreuses prises de soumission. Il incarne le catch « réaliste », technique et violent, très loin du « sport-spectacle » auquel la discipline est habituellement associée. À la fin de sa carrière active, il se lance dans le MMA.

Équipe 2 : Baku Raihou
Tomy Bomber (Jumbo Tsuruta / All Japan Pro Wrestling) & Thunder Ryu (Genichiro Tenryu / All Japan Pro Wrestling)

Jumbo Tsuruta est le protégé de Giant Baba à la AJPW. Excellent technicien, il a participé à l'épreuve de lutte greco-romaine aux Jeux Olympiques de 1972. De carrure imposante, il délivre de terribles back-suplex, powerbomb, ainsi qu'un vicieux coup de genou en courant. Il affronte les meilleurs catcheurs du monde pendant les années 80, puis devient le premier adversaire emblématique de Mitsuharu Misawa au début des années 90.
Genichiro Tenryu est un ancien sumo qui commença sa carrière à la AJPW sous la tutelle de Giant Baba avant de fonder les fédération SWS en 1990 et WAR en 1992. Très charismatique et l'un des catcheurs les plus respectés dans le monde,il a participé à Wrestlemania 7 et à deux Royal Rumble. Il est célèbre pour sa powerbomb.

Équipe 3 : Midnight Revolution
Hurricane Rikimaru (Riki Choshu / New Japan Pro Wrestling) & Zombie Masa (Masa Saito / New Japan Pro Wrestling)

Riki Choshu est un combattant explosif qui a eu un impact majeur sur le style de catch pratiqué au Japon avec ses coups portés très violemment. Il a passé les meilleures années de sa carrière à la NJPW et a inventé la prise de soumission sasori-gatame (prise du scorpion / sharpshooter) qu'il utilise comme prise de finition si son vicieux coup de la corde à linge ne suffit pas.
Masa Saito est une légende du catch qui s'est produit partout dans le monde dans les années 70 et 80 après avoir participé aux jeux olympiques de 1964. Il a décroché de nombreux titres prestigieux aux USA à la NWA, WWF et AWA ainsi qu'au Japon à la NJPW. Technique est puissant, il a également entrainé de nombreuses stars comme Riki Choshu.

Équipe 4 : Devil Pirates
Pirate 1 (Billy Gasper / NJPW) et Pirate 2 (Barry Gasper / NJPW)

Les frères Gasper n'ont pas marqué l'histoire du puroresu mais ces personnages étaient relativement populaires à la NJPW quand le premier Fire Pro Wrestling a été publié. C'est un fait peu connu mais on trouvait sous les masques à cette époque l'un des frères Orton : « Cowboy » Bob Orton Jr (le père de Randy Orton).

Équipe 5 : Violence Monsters
Stan Bison (Stan Hansen / All Japan Pro Wrestling) & Big the Great Bull (Bruiser Brody / All Japan Pro Wrestling)

Stan Hansen est un catcheur texan violent et impitoyable entrant toujours sur le ring avec son lasso et son chapeau de cowboy ! Bien que populaire aux USA, Hansen est surtout connu au Japon puisqu'aucun autre catcheur étranger n'y a réussi aussi bien que lui, principalement à la AJPW. Son Western Lariat (coup de la corde à linge) est dévastateur !
Bruiser Brody est un catcheur américain, sauvage et violent, incontrôlable sur le ring ! Son style est plus proche de la baguarre que de la lutte et sa prise de finition est une descente du genou explosive. Malheureusement, il décède dans des circonstances douteuses tout juste avant la sortie de ce premier Fire Pro Wrestling.

Équipe 6 : Dimention Express
Mascara Condor (Mil Mascaras / catcheur Mexicain) & Mascara Eagle (Dos Caras / catcheur Mexicain)

Bien que considéré comme un poids lourd au Mexique, Mil Mascaras a l'image d'un catcheur virevoltant au Japon puisqu'il a fait découvrir aux fans nippons les acrobaties qui font tout le sel de la Lucha-libre avec des manoeuvres aériennes à couper le souffle. Sa carrière d'acteur est également légendaire dans son pays natal.
Dos Caras est une légende mexicaine de la Lucha libre qui fit souvent équipe avec Mil Mascaras au Japon. Il est le père de la star de la WWE Alberto Del Rio.

Équipe 7 : Crazy Barbarians
Bloody Alen (Bad News Allen / Freelance) & Mad Tiger (Tiger Jeet Singh / Freelance)

Bad News Allen est un bagarreur américain patibulaire, le genre de gars qu'il ne faut pas trop énerver ! Ancien judoka ayant gagné une médaille de bronze aux jeux olympiques de 1976, il devient ensuite une star du catch aux USA, au Canada et au Japon. Il utilise l'Enzuigiri, comme Antonio Inoki auprès duquel il s'est entrainé au début de sa carrière.
Tiger Jeet Singh est un catcheur complètement fou venu d'Inde. Entrant sur le ring avec un sabre serré entre ses dents, il n'hésite pas à mordre, griffer ou étrangler ses adversaires. Tous les moyens sont bons. Sa carrière au Japon commence à la NJPW après une altercation musclée avec Antonio Inoki dans un centre commercial !

Équipe 8 : Urban Blasters
Night Blaster (Road Warrior Hawk / Freelance) & Iron Blaster (Road Warrior Animal / Freelance)

A-t-on besoin de présenter Hawk et Animal, les Road Warriors, également connus en tant que « Legion of Doom » ? Ces deux géants américains vêtus de cuir sont reconnus comme l'une des plus grandes équipes de tous les temps et ont catché partout dans le monde, entre autres à la WCW et à la WWF ou ils ont connu un immense succès. Au JApon on les a surtout vus à la NJPW, particulièrement Hawk qui formera l'équipe des Hell Risers avec Kensuke Sasaki.

En plus de ces personnages jouables, si vous parvenez à terminer le jeu 2 fois, vous aurez le privilège d'affronter deux légendes du ring : RJ Phase (alias Lou Thesz) et Carlos Krauser (alias Karl Gotch) !

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