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Wrath of the Black Manta
Année : 1989
Système : NES
Développeur : Kyugo Boueki
Éditeur : Taito
Genre : Action / Plate-forme
Par Tienou (02 juillet 2007)

Ahhh les années 80 ! La nuque longue, les fringues fluos... les ninjas. Hé oui, les ninjas firent partie intégrante des années 80 au même titre que le LSD fit partie intégrante des années 70. Ahhh les années 70, la liberté sexuelle, les pattes d’eph, la musique.... Mais je m’égare.

Dans les années 80 donc, les Américains décidèrent de remettre le ninja au goût du jour. Faisant fi de toute vérité historique (les ninjas étaient en fait des assassins/voleurs sans aucun code d’honneur), ils décidèrent de faire de ces guerriers des défenseurs de la veuve, de l’orphelin et de l’opprimé. Et donc pendant dix ans on a eu droit à tout un tas de films plus souvent mauvais que moyens mettant en scène des ninjas se battant contre plein de méchants très méchants.

Deux exemples de ces films injustement oubliés

Mais les éditeurs de jeux vidéo ne laissant jamais passer une mode sans la presser comme un citron, on eut droit aussi à une avalanche de jeux avec des ninjas, allant du meilleur au plus mauvais (de Shinobi chez SEGA à Ninja Golf sur Atari 7800).

Je vous conseille l’excellent papier de Ratonlaveur sur ce jeu, et celui, non moins sympathique, de petitevieille chez Push-Start.

Enfin comment ne pas parler du phénomène Tortues Ninja, qui bien qu’arrivé un peu plus tard en France, prend racine aux Etats-Unis dans les années 80.

Les films des Tortues Ninjas étaient destinés à un public jeune, ce qui n’était pas le cas du comics à ces débuts

Venons-en au sujet qui nous intéresse aujourd’hui : Wrath of the Black Manta, un jeu TAITO de 1989 sorti sur NES. Je me souviens bien de cette époque où l’information sur les jeux vidéo était à des années lumière de celle qu’on peut avoir aujourd’hui, et où on pouvait encore acheter un jeu sans en avoir jamais entendu parler. C’était l’époque du coup de cœur sur une image du jeu derrière la boîte ou pour l’illustration de sa jaquette. Et c’est justement ce qui m’a décidé à acheter ce jeu-ci : son emballage, que je trouvais magnifique.

Superbe, isn’t it ? Par contre, si j’étais tombé sur l'édition US (à droite), je n’aurais pas acheté le jeu.

Wrath of the Black Manta nous met dans la peau d'un ninja, réveillé en pleine nuit par son maître pour aller sauver des enfants enlevés par une bande mafieuse spécialisée dans la drogue, et dont le chef se nomme El Toro. Le but de cette bande est de rendre les enfants accros à la poudre afin d'en faire de bons vendeurs une fois lâchés dans les rues. TERRIBLE !

Un ninja reste habillé pour dormir au cas où, on sait jamais!
Un des enfants que vous allez devoir sauver.

Le jeu se déroule sur cinq niveaux. On commence et finit à New York, en passant par Rio et le Japon. Bon, à vrai dire, l’emplacement des niveaux n’est pas très important puisqu’une grande partie du jeu se déroule en sous-sol ou en intérieur, la NES ne pouvant afficher des dizaines de décors différents.

Le jeu se déroule beaucoup en sous-sol
Le premier Boss (Tiny) impressionnant pour l’époque

La vue est de côté, en 2D, comme la plupart des jeux de cette époque. Notre ninja peut attaquer à distance en envoyant un shuriken ou au corps à corps avec une attaque à l’épée. De même, notre héros possède deux sauts : un saut périlleux avec une amplitude plutôt faible et un saut droit avec une amplitude plus élevée. Par ailleurs, à certains moments précis du jeu, le gameplay s’orientera plutôt vers le shoot’em up. En effet, dans un premier temps il faudra voler les... heu... "deltaplanes" de méchants ninjas afin de couvrir une distance importante sans toucher le sol, et dans le dernier niveau qui se passe dans un building notre ninja devra emprunter de nombreux ascenseurs, ce qui donnera lieu a des phases de shoot durant lesquelles on voit le héros de dos, en transparence. Ces phases sont bienvenues car elles cassent agréablement l’enchaînement de sauts/castagnes du reste du jeu. Un autre petit plus : certains ennemis habillés en rouge peuvent être interrogés en s’approchant suffisamment d’eux, ce qui peut donner lieu à de savoureux dialogues.

Homme en rouge : "Ok Ok, je vais parler !"
Black Manta : "Dis moi tout ce que tu sais"
Homme en rouge : "Je ne sais rien, je ne peux rien te dire".
Le joueur : "Ahhh bon ben je continue alors ?"

Heureusement notre ninja n'a pas que ses pauvres étoiles et épées pour se défendre. Son maître lui a appris plusieurs techniques destructrices bien pratiques dans certains passages, ainsi que contre les Boss. Quatre sont accessibles dès le premier niveau, et le maître en enseignera de nouvelles avant chaque nouveau stage. Les passages en deltaplane sont nettement simplifiés par ces techniques. El Toro quant à lui demande d'utiliser quatre de ces techniques pour s'avouer vaincu. Ces sorts sont très simples à sortir puisqu'il suffit de maintenir une direction appuyée tout en gardant le bouton A pressé le temps que la jauge de pouvoir se remplisse.

L’écran de choix des sorts
Le ninja peut envoyer des missiles

Au niveau technique, le jeu se situe dans la moyenne des titres de l'époque. Les ennemis ne sont pas très nombreux (moins de dix classes différentes sans les boss), la musique est sympathique mais assez répétitive et les graphismes bien que pauvres en couleurs n'ont pas trop mal vieilli. Mais comme le jeu se finit rapidement, tout cela n'est jamais un handicap et je ne saurais trop conseiller aux amateurs de ce type de soft de l'essayer s'ils ont trois ou quatre heures à tuer (en utilisant les sauvegardes, je sais je suis faible). Enfin il faut aussi voir le côté sympathique de ce jeu dans son décalage, avec des dialogues souvent amusants à leurs dépens et un message tellement gentil et matraqué qu'il donne la sensation d'avoir affaire à un must du genre.

Ohh les méchants !!
L’image de fin où on voit que le ninja enlève son masque devant son maître (mais pas pour dormir)
Tienou
(02 juillet 2007)
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