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Shinobi
Année : 1987
Système : Arcade ...
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Action / Arcade / Beat'em all
Par Laurent (27 août 2000)

Avant d'accéder à une reconnaissance mondiale grâce aux bornes développées sous la direction de Yu Suzuki (Outrun, Space Harrier, Afterburner...), Sega a participé efficacement à l'écriture de l'histoire de l'arcade dans les années 70 et 80. Shinobi est ainsi une de ses meilleures créations. Apparu en 1987, le jeu vous met dans la peau d'un shinobi, catégorie de ninjas apparue au XVe siècle dans le Japon féodal, qui doit démanteler un réseau de trafic d'enfants. Pour ce faire, il faut traverser de nombreux niveaux (cinq missions de deux ou trois stages) peuplés d'ennemis qui vont du ninja ennemi au guerrier armé d'un sabre et d'un bouclier. Chaque niveau est présenté par un écran qui met en place le contexte sous la forme d'une fiche de mission.

Le magie permet de se sortir des mauvais pas. Les puristes ne l'utilisent qu'en cas d'absolue nécessité

Le héros peut lancer des shurikens ou abattre ses ennemis au katana lorsqu'il sont plus près. Occasionnellement, il peut aussi tirer au pistolet. Les balles se déplacent à la même vitesse que les shurikens, mais sont deux fois plus meurtrières. Très agile et bondissant, le shinobi peut sauter sur des plateformes situées 4 ou 5 mètres au dessus de lui. Enfin, en cas de grand danger, il pourra exécuter une invocation magique qui bloque l'action pendant quelques secondes et tue tous les ennemis présents à l'écran. Ce sort n'est utilisable qu'une seul fois par niveau, et il vaut mieux le garder en réserve pour le combat contre les boss (il leur enlève une bonne moitié de leur énergie). Ceux-ci sont présents à chaque fin de niveau et très variés. On combattra ainsi un Ninja géant, un hélicoptère d'où surgissent des dizaines d'ennemis, ou encore une sorte de statuette, avant d'affronter le boss final, un guerrier capable de se rendre invisible.

Les environnements sont très variés, mais les ennemis se répètent

Après chaque mission, on a droit à un bonus stage qui a beaucoup fait pour rendre le jeu très populaire. On doit y abattre des Ninjas en lançant des dizaines de shurikens. On voit au premier plan les mains du héros, comme dans un FPS, et les ennemis partent du fond du décor pour tenter d'arriver au premier plan par une succession de sauts. Si on parvient à tous les éliminer, on gagne une vie, sinon on peut admirer un ennemi en gros plan superbement dessiné.

Shinobi est très inspiré de Rolling Thunder sorti peu avant, mais surclasse ce dernier sur la durée par la qualité de son level-design, qui ne faiblit jamais, sans oublier les personnages, très charismatiques et renouvelés tout au au long du jeu (même dans la toute dernière mission on en découvre). Comme son modèle, c'est un jeu très difficile, traître et vicieux. Cependant, il est possible avec un long et douloureux entraînement (comparable à celui dispensé par les senseïs japonais) de le finir. Les graphismes sont fins et agréables, tout en couleurs pastels, et les environnements traversés vont du quai d'un port à une forêt de bambous, en passant par des cavernes et des mines, pour finir dans une demeure japonaise typique. Les musiques (de Yuzo Kushiro, compositeur célèbre qui débutait alors chez Sega) sont géniales, très connues des fans, mais il n'y en a que 5 différentes. Les effets sonores, très secs et percutants, contribuent à l'impression de précision chirurgicale qui se dégage du jeu.

Dans certains niveaux, l'action se passe sur deux plans

À noter tout de même que le boss final est d'une difficulté monstrueuse, mais j'ai vu un jour un joueur spécialisé en venir à bout tout en m'expliquant, d'un air détaché, et à demi tourné dans ma direction, comment s'y prendre tandis que sa main droite munie d'une cigarette mitraillait le bouton de tir, répandant de la cendre partout. Ce genre de spectacle effarant ne se voit que dans le bruit et la fumée d'une salle d'arcade des années 80.

Shinobi a été adapté sur micro (ST et Amiga, ainsi qu'une bonne conversion sur CPC 6128), mais impossible de rendre la frénésie du jeu sur un support autre que la borne d'arcade. Une suite, appelée Shadow Dancer est apparue deux ans plus tard, mais c'est un jeu très proche de l'original dans le principe, qui a tout de même ses fans, notamment Bruno, qui vous en parle dans son article.

Laurent
(27 août 2000)
Sources, remerciements, liens supplémentaires :
Une reprise d'une des musiques de ce jeu est disponible en mp3 sur la page Gromix :
http://www.grospixels.com/site/remix.php
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