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Utopia
Année : 1981
Système : Intellivision
Développeur : Mattel
Éditeur : Mattel
Genre : Simulation
Par Serpico (05 juin 2006)

1981 : comme l'équipe interne de Mattel ne dispose pas de licences aussi populaires que celles d'Atari, elle essaye de compenser par une originalité accrue. De ce bouillonnement créatif ressortent des titres véritablement précurseurs. Utopia est de ceux là, puisqu'il annonce à la fois la vague des Sims-Like et des RTS. Excusez du peu...

Diriger une île tropicale

Le but est simple. Le joueur gouverne une île et doit assurer, au terme de son mandat, un niveau de vie supérieur à celui de l'île mitoyenne contrôlée par l'autre joueur. Le mandat du joueur est découpé en tours. La durée du mandat ainsi que la rapidité des tours sont paramétrables, ce qui permet des parties « éclairs » ou de longue haleine.
Pendant un tour, le joueur gère son île en temps réel : achat de nouvelles unités, pêche miraculeuse ou attaque des bâtiments adverses.

Assurer la prospérité...

Àla fin de chaque tour, un score est calculé en fonction de la population et de son niveau de vie. C'est aussi le moment où l'on engrange les recettes consécutives à l'activité de l'île. Ces dernières permettent d'acheter de nouvelles unités :

  • Les champs nourrissent la population à raison d'un champ pour 500 âmes.
  • Les logements augmentent le niveau de vie, également à raison d'un logement pour 500 âmes.
  • Les usines permettent d'accroître les revenus, mais augmentent également le taux de mortalité à cause de la pollution.
  • L'école augmente le niveau de vie des habitants et la productivité dans les usines.
  • L'hôpital fait baisser le taux de mortalité et augmente également la productivité.
  • Le fort protège les terres et côtes environnantes de toute attaque, que ce soit des insurrections, des raids de pirates, des patrouilleurs adverses.

Le joueur peut également acquérir un chalutier pour aller pêcher au milieu des bancs de poissons qui se déplacent aléatoirement le long des côtes. Gare aux bancs de sables et aux bâtiments ennemis !

Nuire à son adversaire...

Le joueur peut aussi acheter un patrouilleur pour aller couler les bateaux de pêche adverses, ou protéger sa propre flotte. Last but not least : il est aussi possible de fomenter une révolte chez son adversaire pour détruire aléatoirement une de ses unités si chèrement acquises.
Lorsque la prospérité n'est pas au rendez-vous (famine ou manque de logement), des révoltes spontanées peuvent aussi apparaître dans votre île.

Et profiter des opportunités...

Chaque partie est différente grâce aux événements aléatoires. Les renversements de situation sont donc courants : pluie salvatrice pour les récoltes ou cyclone destructeur... des dépressions traversent aléatoirement la région. Des bateaux pirates contrôlés par l'ordinateur écument également les côtes pour couler vos navires, et de lucratifs bancs de poissons se déplacent le long des côtes, favorisant l'une ou l'autre des îles.

Le père de Sim-City et de Warcraft

On retrouve ainsi tout le piment des jeux de stratégie et de gestion futurs. Le joueur se demande sans cesse s'il doit privilégier :

  • La quantité (multiplier les champs et les habitations pour augmenter la population) ?
  • La qualité (construire des écoles et des hôpitaux) ?
  • Le profit (des usines et des bateaux de pêche pour accélérer le développement) ?
  • La sécurité (protéger ce qui a été fait avec des forts et des patrouilleurs) ?
  • La guerre (harcèlement de l'adversaire au risque de représailles incessantes ou préparation de la grande offensive) ?

Il est à noter que c'est l'un des rares jeux Intellivision à vraiment tirer profit du contrôleur de la console, puisque chaque touche du pavé numérique correspond à l'achat d'une unité du jeu (le raccourci clavier avant la lettre). La maîtrise des contrôles est donc aussi une arme pour aller plus vite que son adversaire.
Les graphismes sont encore frustes mais l'interface préfigure sans nul doute celle de Sim City. Le son est plus inspiré : pluie diluvienne, explosion, rugissement du vent à l'approche d'un cyclone, etc. Seul bémol : il est impossible de jouer contre l'ordinateur. La partie solo se réduit donc à battre son score dans le temps imparti (du pur Sim City, donc).

Bien que peu poussé par le marketing qui préférait des jeux d'action simples, ce jeu s'est vendu à 250 000 exemplaires. Ses auteurs sont Don Daglow (design, programmation, graphismes), Kai Tran (graphismes) et Russ Lieblich (sons).

Don Daglow, qui a collaboré à de nombreux autres jeux par la suite (voir sa notice sur Wikipedia), mérite de rentrer au panthéon des jeux vidéos... et par la grande porte s'il vous plait ! Il est possible également de jouer gratuitement et légalement à Utopia depuis ce site.

Serpico
(05 juin 2006)
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