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Starcraft
Année : 1998
Système : Mac, PC
Développeur : Blizzard Entertainment
Éditeur : Blizzard Entertainment
Genre : Stratégie Temps Réel

Les Zerg

Il y a des millénaires, une race énigmatique, les Xel-Naga, créèrent les Zerg sur la planète Zerus. Les Xel-Naga venaient de créer les Protoss, mais les considéraient comme un echec. Pour éviter de commettre les mêmes erreurs, ils fabriquèrent une conscience unique qui, à elle seule, pourrait diriger l'intégralité des Zerg où qu'ils soient. L'Overmind était né. Les Zerg ont la faculté impressionnante de pouvoir convertir le patrimoine génétique des races qu'ils rencontrent au leur. Les créatures "intégrées", une fois mutées, sont méconnaissables, tranformées en animaux assoiffés de sang. L'expansion des Zerg fut tellement fulgurante qu'elle surprit les Xel-Naga, qui furent très vite annihilés par leur propre création. L'Overmind créa les Cerebrates, sortes d'émissaires qui peuvent contrôler une partie de l'armée Zerg. Libre, l'Overmind entreprit d'intégrer encore plus d'espèces, et répandit les Nuées Zerg à travers l'espace, touchant les colonies Terran.

Caractéristiques

Les Zerg sont radicalement différents des Terran ou des Protoss : c'est une race taillée pour l'attaque, entièrement organique. Le point central de chaque base Zerg est la Hatchery (et ses mutations en Lair et Hive), car toute la production Zerg est centralisée. La Hatchery génère spontanément jusqu'à 3 larves qui pourront à leur tour muter en diverses unités terrestres ou volantes. Les Drones (les péons Zerg) seront la colonne vertébrale de l'effort de guerre Zerg, car en plus de ramasser les ressources, ce sont eux-mêmes qui se transformeront en bâtiments. Les Zerg ne peuvent construire que sur le Creep, sorte de bave gluante violette. Seule la Hatchery et l'Extractor peuvent être construits sans Creep. Le Creep peut être étendu grâce à des bâtiments appelés Creep Colony (qui sont le coeur de la défense Zerg, car ils pourront muter en Sunken et Spore Colony, au choix). La défense Zerg est assez efficace, mais la meilleure des défenses pour un Zerg sera un mix entre des Sunken et Spore Colony accompagnées d'Hydralisks.

Une base Zerg a un avantage crucial sur ses opposants : elle occupe peu d'espace car tous les bâtiments peuvent être collés les uns aux autres, grâce à la production centralisée. Vu que les bâtiments sont vivants, une base Zerg palpite, respire, dégouline... personnellement, j'ai vraiment aimé les Zerg. De plus, l'une de leurs grandes forces est que l'intégralité des unités et constructions peuvent se régénérer totalement si on leur laisse assez de temps. Aussi, avec l'upgrade approprié, toutes les forces terrestres peuvent s'enfouir dans le sol, devenant indétectables pour les forces ennemies (tant que celles-ci n'ont pas d'unité Detector à proximité). À l'image de certains bâtiments, les Mutalisks peuvent muter en Guardian contre une certaine quantité de ressources.

Je le disais plus haut, les Zerg sont taillés pour l'attaque car leurs unités de base (Zergling et Hydralisk) coûtent peu cher et sont très efficaces. Une seule larve donne 2 Zerglings pour 50 minerais (soit le même prix qu'un Marine), une Hydralisk ne coûtant que 75 Minerais et 25 Vespene, ce qui fait des Zergs la race la plus encline aux rushs éclairs, à base de Zerglings. Pour les joueurs non aguerris, je précise que la définition du "rush" est une course à celui qui produira une petite quantité d'unités le plus vite possible pour les envoyer attaquer la base adverse. Les Zergs sont d'excellents rushers, car leurs Zerglings sortent très tôt dans le jeu, et bien que faibles ils sont redoutables. L'un des pires ennemis des Zerg est le Reaver. Cette chenille mécanique Protoss est capable de décimer des douzaines d'Hydralisks en un rien de temps.

Drone
Zergling
Hydralisk
Ultralisk
Defiler
Overlord
Mutalisk
Guardian
Queen
Scourge

Les Protoss

Race de fiers et puissants guerriers, les Protoss ont eux aussi été créés par les Xel-Naga. Implantés sur la planète Aiur ils se sont rapidement étendus, montrant de grandes affinités avec la technologie. Ils furent organisés en Tribus distinctes mais vivèrent en parfaite harmonie. Cependant, les Xel-Naga poussèrent trop loin l'évolution des Protoss et ceux-ci virent leur égo enfler. Les tribus s'éloignèrent d'abord les unes des autres, mais un Protoss nommé Khas réussit à les réunir en fondant le Khala, sorte de religion. Le Khala évolua en un système de castes : les Judicators sont un rassemblement d'anciens qui gouvernent tous les Protoss à l'aide de la loi du Khala, les Khalai représentent la majorité de la population Protoss (scientifiques, industriels...), et les Templars sont les défenseurs sacrés d'Aiur, possédant des pouvoirs psioniques immenses.

Les Protoss étendirent grandement leur zone d'influence, cachant toujours leur présence. Lorsqu'ils virent arriver les Terran dans leur espace, ils les trouvèrent intéressants mais furent atterrés (c'est le cas de le dire) par la vitesse à laquelle les Terran vidaient les planètes de leurs ressources naturelles. Et lorsque Tassadar, l'un des plus grands Templars, découvrit que la colonie de Chau Sara avait été totalement envahie par une forme de vie ayant décimé les Terran établis sur place, il brûla la surface de la planète sur ordre des Judicators. Mais trop de planètes commencent à être envahies par les Zerg, et Tassadar refuse d'éradiquer les Terran en même temps que les Zerg. Ce dernier est alors proclamé hors-la-loi.

Caractéristiques

Les Protoss requièrent une attention particulière car ils se jouent d'une toute autre manière : les unités Protoss sont très fortes, mais aussi très chères. L'unité de base, le Zealot, coûte le double d'un Marine (mais fait 2 fois plus de dégâts). Jouer Protoss demande énormément de ressources et une micro-gestion de chaque unité (en particulier les Templars), ce qui est bien plus compliqué que de mener une horde d'êtres sanguinaires au combat.

La base Protoss ressemble à une base Terran : chaque bâtiment produit ses propres unités. Mais là ou les Protoss ont un avantage, c'est que les Probes (les péons Protoss) n'ont pas besoin de construire un bâtiment ou muter (ce qui dans tous les cas, monopolise un péon) : ils se contentent de demander la téléportation du bâtiment, après quoi ils peuvent retourner ramasser les ressources : on gagne un temps précieux.

Toute l'armée Protoss (bâtiments compris) possèdent 2 barres d'énergie : le bouclier (qui se recharge lentement) et la vie proprement dite, ce qui les rend un peu moins vulnérables aux sorts comme le Plague du Defiler. La vie, elle, ne se régénère pas.

L'inconvénient des Protoss est que leurs bâtiments permettant d'augmenter leur Supplies (les Pylons) servent aussi à étendre leur base : ces constructions alimentent les bâtiments à proximité. Vous l'aurez compris : détruisez les Pylons, et toute la base Protoss sera paralysée, Canons à Photons compris. La défense Protoss est la plus faible du jeu : il ne faut pas beaucoup de temps pour écrouler les Canons à Photons. Ils compensent par des unités très puissantes, mais assez difficiles à maîtriser. C'est bien pour cela que l'on finit la campagne solo avec eux.

Probe
Zealot
Dragoon
Templar
Reaver
Archon
Shuttle
Scout
Carrier
Arbiter
Observer

You want a piece of me, boy?

Au cours des 30 missions du soft (10 pour chaque race), on découvrira l'incroyable densité du scénario : les Protoss ont des origines communes avec les Zerg (et leur vouent une haine sans bornes), une trahison côté Terran et à l'origine de nombreuses catastrophes (et de l'add-on)... même le monde natal des Protoss sera touché par cette guerre stellaire.

Au début de chaque mission, un écran explique les détails de ce qui incombe au joueur. Ces briefings sont passionnants, car ils ne se contentent pas de donner une liste d'ojectifs et développent l'intrigue, mettent en place les personnages importants de l'histoire (Jerrigan, Mengsk, Raynor, Tassadar, l'Overmind...)... Cette richesse narrative est indéniablement un des gros atouts de Starcraft face à ses concurrents.

Un briefing de mission Zerg
Les reavers portent bien leur nom...

Pour apprécier la campagne de Starcraft à sa juste valeur, il est indispensable de faire dans l'ordre les missions des Terran, des Zerg et enfin des Protoss. Vous pourrez évidemment jouer comme il vous plait, mais le jeu indique clairement que si vous n'avez pas fini les autres missions vous risquez d'être largué par l'histoire, et franchement, louper le meilleur scénario de RTS que j'aie jamais vu serait du gâchis.

Les premières missions sont somme toute très simples car il faut bien se familiariser avec les contrôles, le mode de fonctionnement et les raccourcis claviers. Ensuite les choses se corsent : les objectifs se multiplient, et ennemis aussi. Les objectifs sont assez diversifiés pour créer des situations nouvelles (comme par exemple 2 factions contre vous, ou encore une armée limitée qui ne peut être renforcée), et on aura même droit à des missions en intérieur. De plus l'IA est suffisamment futée pour donner du fil à retordre même aux plus aguerris.

Au cours des missions, on sera amenés à diriger les héros : ce sont soit des unités normales faisant plus de dégâts qu'elles devraient (dans le cas de Raynor ou le Général Duke dans leurs Battlecruisers, Fenix en tant que Zealot), soit des unités spéciales (comme Kerrigan). Dès lors qu'ils sont présents dans une mission, ils ne doivent pas mourir, sous peine de devoir recommencer.

Les terrains de jeu sont suffisamment variés pour qu'on ait l'impression d'être sur des mondes bien distincts : jungle, roche en fusion, plate-forme spatiale... Chaque carte solo est une réussite et propose plusieurs stratégies pour arriver à vaincre l'ennemi. Les plus tatillons d'entre vous me feront remarquer que le système de jeu présente une petite incohérence : en effet, on se retrouve à moissonner des cristaux et ramasser du gaz sur des plates-formes spatiales... Mais bon, il faut vraiment vouloir trouver le petit grain de sable, car Starcraft est vraiment un chef d'œuvre. Petit bémol : le jeu ne gère que 2 niveaux d'élévations, et bien que des malus soient présents pour les unités au niveau du sol qui tirent sur un ennemi en hauteur, c'est franchement peu quand on compare à la gestion du relief de Total Annihilation, par exemple.

En général, quand on met ce paquet de Battlecruisers dans une base ennemie, c'est gagné pour vous (contre le CPU)
Une mission Zerg en intérieur.

Autres marque de fabrique d'un jeu Blizzard : les cinématiques font l'objet d'un soin particulier et Starcraft ne déroge pas à la règle. Des séquences très réussies ponctuent chacune des campagnes. Certaines sont plutôt anodines, mais d'autres sont absolument dantesques : la scène de destruction de l'Amerigo, un Science Vessel qui a été contaminé par les Zerg dans le plus pur style Alien, ou l'attaque de Dragoons camouflés sur une base Terran... Tout un programme. À noter également que chaque unité dispose de son portrait animé et si on se risque à cliquer plusieurs fois sur une unité elle commence à délirer ou menacer le joueur... Certaines répliques sont tordantes avec des références à des films célèbres (Full Metal Jacket, Apocalypse Now, Aliens...) ou même des clins d'œil à Diablo.

Wanna turn up the heat ?

Côté graphisme, le jeu tourne en 640*480 et ne réclame pas une configuration de l'autre monde pour tourner correctement (un Pentium 133 avec 64Mo de RAM suffit largement), même dans les cartes multijoueurs. Les graphismes sont chatoyants, les couleurs très bien choisies, les unités sont identifiables d'un seul coup d'œil... C'est une franche réussite. Les explosions, animations des différentes unités ou bâtiments sont également magnifiquement réalisées. Les musiques ne sont pas en reste : chaque race possède 3 thèmes musicaux bien dans l'esprit, mes préférés étant ceux des Terran. Longtemps après avoir lâché le jeu on se prend à fredonner ces mélodies. Les sons sont également très bons. Explosions, tirs et bruits organiques bizzares sont convaincants : l'ambiance sonore est un sans faute. Mais là aussi (décidément, ça va devenir l'un de mes leitmotiv), préférez jouer en anglais. La qualité des doublages français n'est pas catastrophique, mais franchement les voix US ont un tel panache et une telle force de conviction qu'on est littéralement aspiré par l'intrigue : les doubleurs ont fait un boulot remarquable.

L'interface est très intuitive et relativement simple pour être rapidement apréhendée. Pour gagner du temps et être encore plus efficace, il sera préférable d'utiliser la pléthore de raccourcis clavier pour arriver plus vite à ses fins. Une anedote : lorsque mes amis de LAN et moi-même étions de vrais férus de Starcraft, il nous arrivait souvent de parler en raccourci clavier, par exemple : "ouais, hier je me suis fait 2 IA sur The Hunters, j'ai blindé de defense : 3 BB, avec quelques BT devant et derrière, quelques T en siège, et après mass Boris, j'ai tout rasé" (les Boris, c'était notre sobriquet pour le Battlecruiser, car le commandant du vaisseau a un très fort accent russe). Comme vous le voyez, les raccourcis sont tellement variés que quelqu'un d'entraîné comprend parfaitement la phrase au desssus. Si vous ne comprenez pas, vous savez ce qu'il vous reste à faire : essayez le jeu !

Une base Zerg avancée (remarquez le bâtiment en train de muter en bas à gauche).
Attaque de Carriers. Chacun de ces vaisseaux porte 8 intercepteurs, je vous laisse imaginer l'horreur quand 12 de ces machins attaquent en même temps.

Comme tout bon RTS, il fallait que Starcraft soit bien affûté pour les affrontements multijoueurs. La aussi, mention très bien. Les races totalement différentes et les terrains bien étudiés ont fait naître des bijoux de stratégies tout autour du monde, et en LAN, c'est un bonheur (testé et approuvé par votre serviteur de nombreuses fois à 6 ou 8 joueurs). On peut même se mesurer à des joueurs tout autour du monde grâce à Battle.net, qui a le mérite d'être gratuit. À noter que Starcraft est encore très joué de nos jours (près de 10 ans après sa sortie) et qu'il est encore considéré comme l'un des meilleurs RTS jamais produits. Il est même pratiqué comme un sport de haut niveau en Corée : pour avoir vu des vidéos d'affrontements entre les meilleurs joueurs de Corée, je peux vous dire que les combats sont dantesques. Il est amusant de noter que le dernier patch en date de Starcraft est sorti début 2006, preuve de l'affection que porte Blizzard à son bébé.

Je ne puis conclure sur Starcraft sans vous parler de StarEdit. En effet, les développeurs du jeu ont eu l'excellente idée de fournir aux joueurs un utilitaire pour créer leurs propres cartes multijoueurs, et même mieux : leurs propres campagnes ! Via un système très simple de triggers (entre autres choses), il est aisé de mettre en place des campagnes entières, entièrement scriptées. Certaines créations de fans rivalisent avec les missions du jeu original. J'ai moi-même pu m'y essayer et il est très simple de faire des scénarios avancés.

Voici l'interface claire de StarEdit : en 2 minutes jai pu peupler ce petit bout de carte sans aucun souci.

Preuve que cet utilitaire est très facile d'accès : des fans ont créé des campagnes non officielles qui prennent place après Brood War ou sont constituées de missions annexes. Allez voir le site Campaign Creations (en anglais uniquement).

2 add-ons non officiels sont sortis avec la bénédiction de Blizzard : Insurrection et Retribution. Chacun de ces data disks comporte 30 missions et des tonnes de cartes multijoueurs. Ils sont de bonne facture, mais moins inspirés que Brood War, l'add-on officiel. Le seul portage sur console concerne la version N64, distribuée quasi confidentiellement. À ce que j'ai pu en voir, le travail est réussi. À noter que Starcraft 64 comprend aussi l'add-onBrood War.

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