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Prehistorik 2
Année : 1993
Système : PC (DOS) ...
Développeur : Titus Software
Éditeur : Titus Software
Genre : Plate-forme
Deux beaux écrans titres pour un deuxième épisode : c'est Prehistorik 2 !

Deux ans après un premier épisode réussi, Titus Software remet le couvert avec un deuxième opus des aventures de l'homme de cro-magnon le plus affamé de l'histoire des jeux vidéo : Prehistorik 2.

Gaffe à l'interrupteur, il éteint la lumière !
Efficace, le maillet...

Alors, comme ça, vous voulez un semblant de scénario, histoire de se motiver ? Oki. Prehistorik 2, c'est tout simplement l'illustration de la dure loi de la jungle : manger ou être mangé. Une fois de plus, afin d'assouvir une fringale démesurée, notre vaillant et sympathique héros, à l'œil vif masqué par une coupe de cheveux très rock ‘n roll, repart en chasse et débusque tout ce qui bouge, histoire de calmer ses crampes d'estomac. Mais il n'est pas dit que la faune locale, ainsi que les autochtones guère plus évolués que notre guerrier affamé, se laisseront faire...

Le briquet est parfois très bien planqué.
Classique, mais efficace, un piège où on laisse souvent de nombreuses vies.

Dès la prise en main de la bête, l'évolution (si l'on peut utiliser ce terme pour caractériser un univers comme celui de Prehistorik) depuis le premier épisode saute rapidement aux yeux. Car Prehistorik 2 s'affirme comme un jeu de plates-formes dans la lignée des autres productions de Titus, telles que The Blues Brothers, Moktar, ou Super Cauldron. Finis les écrans fixes et la jauge de nourriture à remplir, le schéma de progression se veut ici classique : dix niveaux qui reprennent les thèmes développés dans le premier volet, c'est à dire les montagnes, la jungle et la forêt, les glaciers, et enfin une forteresse, avec pour unique objectif une sortie de niveau à trouver, sous la forme d'un feu tricolore, et qui s'active une fois le briquet ramassé pour allumer la bouteille de butagaz de camping, afin de chauffer la marmite.

Les niveaux bonus sont terribles !
Les mots de passe sont aussi bien planqués que dans Moktar.

Alors que ses premières aventures n'avaient pas vraiment mis en valeur ses capacités athlétiques, l'ami à la grosse dalle se meut dans Prehistorik 2 avec une aisance fort agréable. Il court avec une grande vélocité, saute de plate-forme en promontoire, et frappe avec son gourdin dans plusieurs directions, voire même avec un maillet gros calibre, ou des espèces de tomahawks s'il en trouve. Mais il peut également marcher en prenant la posture du gars-qu'a-vraiment-vraiment-faim, et rebondir sur le crâne de ses ennemis, et ce afin d'atteindre des endroits plus élevés, ou bien pour augmenter un multiplicateur de points s'il abat la bestiole qui lui sert de trampoline. Il a l'œil si perçant qu'il peut aussi améliorer son champ de vision (très pratique pour voir venir les dangers), et surtout, il pratique toujours le deltaplane, introduit dans le premier épisode. Ce dernier est présent dans la plupart des niveaux, souvent bien planqué, et avec un peu d'élan, il permet de découvrir de nombreux lieux inaccessibles autrement.

Le frigo bonus, qui apparaît avec les cinq lettres !
Mais qu'est-ce que je vois... une glace géante !

Car le gros intérêt de Prehistorik 2 se situe dans l'exploration des niveaux ! De mémoire de joueur, j'ai rarement connu un jeu de plates-formes regorgeant d'autant d'objets planqués, de raccourcis, et de passages invisibles. Les fans de Super Mario World seront comblés, puisqu'un pourcentage indique à la fin de chaque niveau le taux d'exploration. Cette valeur comprend tous les bonus à ramasser, ou à découvrir dans le décor à coups de gourdin (gâteaux, bibelots, cartes à jouer, Gameboy...), les vies supplémentaires et les grosses récompenses (grappes de raisin géantes, jambonneaux...) souvent en hauteur, et accessibles par des plates-formes cachés à débusquer, et en général toutes les grottes à visiter, les entrées et raccourcis cachés, les faux précipices... et les mondes bonus. En effet, certains niveaux proposent une sortie alternative, qui débouche sur un stage bonus au design rappelant les rêves d'Obélix dans "Astérix et Cléopâtre" ("quand l'appétit va, tout va..."). Comme si tout ceci ne suffisait pas, il est possible de faire apparaître un réfrigérateur géant en collectant les cinq lettres du mot bonus, disséminées ça et là. Et si vous tombez sur un couteau, une fourchette et une cuillère, tous les ennemis se transforment en saucisses, fraises et autres mets délicats... À déconseiller à celles et ceux qui tentent désespérément de suivre un régime.

Gaffe à la guêpe ! Mais comment attraper le hamburger ?
Un boss moins dur qu'il n'y parait.

Le bestiaire reste également familier aux possesseurs du premier épisode, puisqu'on retrouve les sempiternels ours, araignées, tortues, aigles, dragons verts, pingouins, tribus adverses... et des pitits nouveaux, tels que les écureuils volants, guêpes géantes, et des nouveaux boss, venant conclure une thématique de niveaux : entre le gorille gangsta' rappeur qui barre le chemin, la souche d'arbre agressive, et le minotaure qui garde des trésors alimentaires, la quête de nourriture ne se résumera pas en une simple balade apéritive. Car notre héros n'est pas bien résistant, il ne possède que trois cœurs de vie, qu'il perd à chaque mauvais contact. Originalité fort intéressante, en cas d'agression de la part d'un ennemi, il est possible, en se vengeant rapidement sur sa personne, de reconstituer le cœur de vie perdu en ramassant les six os qu'il lâchera juste après avoir reçu un bon coup de massue sur le cassis. Heureusement, la maniabilité tient la route, le personnage présente une bonne inertie, réagit rapidement, même s'il ne peut pas trop enchaîner les coups.

Il faut se servir des guêpes pour franchir le précipice.
Trouver les bonus... c'est épuisant.

Si, à la surprise générale, le jeu est sorti en exclusivité sur Pécé, le support VGA 256 couleurs donne à Prehistorik 2 une palette graphique chatoyante, grâce à des dessins réussis des sprites jusqu'aux décors. Un joli scrolling différentiel, si rare sur Pécé, donne un volume agréable aux niveaux. Bon, ne vous attendez pas à du multi-parallaxe, il s'agit simplement d'une image de fond fixe, de très bonne qualité, sur laquelle défile le plan principal, mais l'effet atteint son objectif. Côté animations, celles des sprites sont excellentes, avec une mention spéciale pour le héros aux attitudes grotesques et aux mimiques drôles, ainsi que pour les tronches que tirent les ennemis qui volent dans le décor lorsqu'ils ont pris leur claque. L'ambiance cartoon marche du tonnerre, à mi-chemin entre la famille Pierrafeu et le flim RRRrrrr !!! Malheureusement, Titus n'arrive toujours pas à nous proposer un scrolling de qualité sur Pécé, et celui-ci ne déroge pas à la règle qui a régi leurs titres précédents sur cette machine. L'écran scrolle d'un coup lorsqu'on s'approche du tiers du champ de vision, ce qui sclérose un peu la jouabilité, tant le risque de foncer tête baissée dans un piège est grand. On est obligé de progresser par étapes, sans aller trop vite, sinon c'est la sanction.

Ne faites pas attention au bug de couleur, le gorille est vraiment dangereux.
Un écran que l'on voit un peu trop souvent.

Car ce jeu, même s'il est mieux dosé qu'un Ricard, pardon, qu'un Moktar, ne fait pas dans la facilité. Il est conseillé de faire le plein de vies dans les premiers niveaux, parce qu'arrivé dans les niveaux glaciaires, la difficulté monte d'un sérieux cran. Il n'y a pas de continues, juste des checkpoints en cours de niveau, et si des mots de passe sont délivrés, tout comme Moktar, afin de pouvoir reprendre la partie ultérieurement sans tout recommencer (mais avec trois vies, bonne chance), ils sont quasiment toujours bien planqués, et le chemin principal ne permet pas de les découvrir. Faire une carte détaillée de ce jeu relève de l'impossible, tant les secrets foisonnent. Pour donner une idée, je n'ai jamais réussi à atteindre les 100% du premier stage, et pourtant j'y ai découvert au moins cinq passages planqués, et autant de caches à bonus : tout ceci me vaut un piètre 51%...

Le niveau final, vraiment trop difficile.
Le boss final, dans toute sa splendeur.

Titus dévoile dans ce titre tout son savoir-faire, et parvient, une fois de plus, à créer un challenge qui se démarque de ses autres productions. Plus classique que les autres jeux de plates-formes estampillés Titus, Prehistorik 2 déborde néanmoins de fun, et s'est facilement imposé comme une référence du genre sur Pécé, connu pour être, entre autres, le parent pauvre de ce type de jeu.

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