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Moktar
Année : 1991
Système : Amiga, Atari ST, PC
Développeur : Titus Software
Éditeur : Titus Software
Genre : Plate-forme
Par Tonton Ben (22 mars 2004)
Oui, c'est bien Vincent Lagaf', pas de doute.
L'écran titre. D'autres volumes étaient prévus ?

Phénomène bien connu dans les jeux vidéo, le participation d'une marque dans un soft comme Chupa-Chups avec Zool, ou 7up pour Cool Spot a permis dans l'ensemble des créations de bonne facture. La transposition d'un flim en jeu, par contre, n'a pas toujours été une expérience heureuse, que le flim ait été une réussite (T2) ou non (Cool World), certains développeurs s'étant malheureusement spécialisés dans cet exercice (qui a dit Ocean ?). Que doit-on penser alors, d'un jeu de plates-formes mettant en scène un présentateur de jeux télé français, ancien GO du Club Med, et qui s'inspire du personnage tiré de son plus gros succès musical ? Oui, c'est bien Vincent Lagaf' qui se cachait derrière cette phrase compliquée. Bon, on se dit comme ça, bah c'est pas très grave, vu le nombre de sorties de jeu à l'époque ça ne fera qu'une daube de plus.

Et bien même pas, c'est ça le pire. J'aime Moktar, je l'avoue sans vergogne. Tant pis pour les conséquences.

Le début du jeu, à Paname.
Un beau passage secret !

Il est bô, le lavabô.

Là, évidemment, les arguments pro-vidéoludiques se fondant sur le développement de l'intellect chez les adolescents viennent d'en prendre un sacré coup dans les gencives. Mais qu'est-ce qui a pris à Titus Software de vouloir adapter la Zoubida à la sauce Blues Brothers (licence ô combien plus prestigieuse) ? Si les mauvaises langues répondront ‘la thune offerte avec', il n'empêche qu'ils l'ont fait, alors n'ergotons pas plus longtemps sur le sujet.

Moktar met en scène le personnage du même nom, cherchant désespérément à rallier Marrakech. Voilà pour le scénario. Comment ça c'est court ? Vous ne vous attendiez quand même pas à un story board de 15 pages ! L'intérêt se situe évidemment dans le parcours de notre sympathique héros partant de Paris.

Quand Moktar se fait toucher, il traverse l'écran.
Le métro de Paris...

Il est làid, le bidàit.

Ce périple digne d'un Ulysse des temps modernes se déroule sur 16 niveaux, principalement dans la capitale française, car c'est bien connu, le vendredi soir à 17h00, quand on a passé le périph', ça roule tout de suite mieux. Et quand le Boulevard des Maréchaux est bloqué, mieux vaut passer par les toits, le métro, les catacombes voir même les égouts, il y a moins de monde. Enfin ça, c'est vite dit, car les locaux que Moktar va croiser sont aussi hargneux que leur réputation l'affirme : clodos, concierges mal lunés, supporters du P.S.G et loubards chargés à la bière, toute la ville se jette sur lui. Et comme Moktar est un douillet, non seulement il perd pas mal d'énergie à chaque mauvais contact, mais il est de plus projeté assez loin (les Blues Brothers, eux, restaient assommés sur place), ce qui est souvent fatal dans les situations périlleuses ou d'équilibre.

Des catacombes...
...aux pyramides égyptiennes.

Il est naze, ce refrain.

Pour se défendre, Moktar peut ramasser et balancer tout ce qu'il trouve, bouteilles, poubelles, caddies... Directement à la face des ennemis, ou s'il est en hauteur il peut lâcher l'objet ; de cette manière, ce dernier n'est pas perdu et peut resservir. Moktar peut également grimper sur la plupart, et les empiler (avec un peu d'habitude), de façon à atteindre certaines hauteurs inaccessibles. De même, la baballe bleue ou le ressort permettent de sauter bien plus haut. Quant aux skateboards et autres tapis volants, ils permettent une facilité de déplacement que l'on maîtrisera assez vite. Il est absolument vital d'être le plus économe possible avec l'ensemble des éléments trouvés, car il s'agit du seul moyen d'occire les brutes qui vous agressent. Et surtout, grâce à leur empilage, ils donnent accès à des passages secrets extrêmenent nombreux. Sans atteindre le nombre ahurissant de passages planqués dans Prehistorik 2, on en dénombre un bon paquet, et des vicieux. Pensez aussi aux portes secrètes, aux murs creux... Il y a même dans un certain niveau, une sortie spéciale qui donne le mot de passe du stage (ils l'ont planqué les chacals !) et qui permet d'esquiver quelques niveaux suivants !

Moktar approche du but !
Un tapis volant, c'est quand même bien pratique.

Et pourquoi pas un jeu avec le groupe Licence IV ?

Puisque l'on aborde la question, le système de mot de passe donne la possibilité de reprendre le jeu là où on l'avait arrêté, petite nouveauté chez Titus Software. Le problème, c'est qu'il n'est pas donné au début où à la fin de chaque stage, il est contenu dans une lampe à génie, qui est elle-même disséminée dans chaque niveau. Si les premières sont inratables, ce n'est plus tout à fait le cas par la suite. Sinon les niveaux sont bien fichus, bourrés de pièges, et proposent souvent plusieurs itinéraires. Graphiquement, on reste dans le même style que les Blues Brothers, avec un peu plus de variété et un style graphique peut-être plus bande dessinée qui s'affirmera encore dans Prehistorik 2. Le scrolling est fluide sur Amiga et ST, saccadé sur PC (comme le prédécesseur). La musique est honorable et variée, sans plus. Les bruitages, eux, sont médiocres comme trop souvent chez Titus software. Ce qu'on retiendra surtout du jeu, c'est sa grande difficulté : certains passages demandent une précision diabolique, les ennemis sont rapides et il n'est pas rare de perdre alors qu'on allait atteindre le mot de passe. Attention, frustration garantie !

À noter pour les allergiques à Lagaf', une version identique du jeu intitulée ‘Titus the Fox', où le renard mascotte a remplacé Moktar. Evidemment, le scénario ne tient plus debout. Je suppose qu'il s'agit d'une version pour les américains, la zoubida ne s'étant peut-être pas vendue aussi bien (à moins qu'une version en anglais chantée par Céline Dion existe ?). Pour la curiosité, possesseurs de la version PC, si vous lancez le jeu sur votre machine actuelle, un petit texte d'accueil apparaîtra !

Tonton Ben
(22 mars 2004)
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