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Goindol
Année : 1987
Système : Arcade
Développeur : SunA
Éditeur : SunA
Genre : Casse-briques
Par Tonton Ben (06 mai 2013)

J’adore le casse-briques, sous toutes ses formes. Du pionnier Breakout à la référence Arkanoid, du minimaliste Casse-Briques sur Microvision au sophisitiqué Breakline, j’adore les casse-briques. Et il y en a un que j’ai souvent vu dans les salles d’arcade, et pratiqué : Goindol.

C'est Goindol ! Oui, ce jeu est coréen

Goindol, à part son titre bizarre, est très facile à reconnaître dans une salle d’arcade : c’est celui où l’on voit des dinosaures avec un petit homme préhistorique qui descend de l’écran accroché à des ballons. C’est surtout un jeu d’arcade coréen, de SunA. Laissez-moi vous parler de cette boîte deux minutes.

Hard Head et Rough Ranger
Best of Best et Back Street Soccer
Ultra Balloon et Hard Head 2.

SunA, fondé en 1985, est l’un des tous premiers développeurs de jeux d’arcade de Corée.Son catalogue est assez varié, et ses productions présentent pas mal de ressemblances avec d’autres titres de l’époque. Ainsi, Hard Head (1988) est un mélange de Super Mario Bros et de Bubble Bobbleavec tout de même pas mal d’éléments originaux, et qui aura une suite. Super Ranger (1988) est lui en revanche un repompage éhonté de Rolling Thunder. Best of Best (1994), un jeu de baston assez déjanté. Back Street Soccer (1996), un jeu de foot de rue dont les sprites rappellent furieusement ceux de Street Hoop sur Neo Geo (même s’il s’agit de basket pour ce dernier). Ou encore Ultra Ballon (1996), un clone sans vergogne de Bubble Bobble. Là, normalement, vous avez une idée du contexte.

L’objectif du jeu est très simplement résumé en un écran.
Le début de l’aventure !

Goindol, donc, est un casse-briques sorti en 1987, soit la même année qu’Arkanoid II : Revenge of Doh, et est l’un des premiers jeux d’arcade développé en Corée. Vaguement fondé sur un thème préhistorique (Goindol veut dire dolmen en coréen), le but de Goindol est bien évidemment de vous défaire des 100 niveaux du jeu. Je ne vais pas vous refaire les bases du casse-briques, elles sont inchangées dans Goindol. Le jeu s’est néanmoins permis quelques ajouts.

Avec la super balle, c’est tout de suite plus simple.
Le bonhomme tombe, il faut le dégommer (60 coups).

Le plus flagrant est la présence du bonhomme préhistorique. Il apparaît de nulle part depuis une espèce d’œuf sur la rangée de briques la plus élevée, puis se balade, et balance des objets incongrus sur le terrain : cube, pneu, partie de moteur... Ces objets ne sont pas dangereux pour le pad que le joueur contrôle, mais peuvent en revanche rentrer en collision avec la balle, et modifier sa trajectoire.

Niveau suivant, à dos de... char d’assaut.
Voilà voilà. La brique +, si vous l’attrapez, c’est niveau terminé plus niveau bonus.

Et ce n’est pas le seul élément perturbateur : deux kickers tirés des flippers sont installés sur chacun des tableaux et rajoutent aux trajectoires vite aléatoires de la balle, et sur certains tableaux, une tête aztèque, ou de sphinx, gobe la balle lorsqu’elle atterrit dans son visage, et la recrache dans le sens opposé duquel elle est venue. Toujours dans la thématique du flipper, un spinner flanqué d’un 777 est planté au beau milieu de chaque tableau, et des trous sont parfois présents afin d’emprisonner la bille et de la recracher ailleurs. Certains tableaux ont également deux compteurs qui changent à chaque coup reçu : s’ils tombent sur le même numéro, le niveau se termine.

Un beau décor différent vous attend à chaque bonus stage.
Un exemple de niveau bien relou : seule la brique rouge est destructible. Bonne chance.

Pour le reste, du très classique si vous avez pratiqué Arkanoid II : des bonus tombent régulièrement et viennent ajouter quelques options supplémentaires : pad agrandi, balle plus grosse et plus puissante, tir, et même la complétion du niveau en cours.

Chaque tableau est un défi en soi avec tous ces éléments, si on y ajoute l’agencement parfois esthétique, souvent complexe des briques, et la disposition de leur résistance. Certaines sont indestructibles, le niveau se finissant lorsqu’on en détruit une en particulier. Parfois, le bonhomme préhistorique tombe de son support, et une phase de shoot apparaît où il faut le dégommer, avec à la clé un bonus. De même, des niveaux bonus dans lesquels il faut dégommer en temps très limité les briques à l’écran afin de faire apparaître un décor pittoresque et décrocher un autre bonus sont accessibles lorsqu’on finit le tableau précédent prématurément.

Une seule brique en plein milieu à dégommer pour finir le tableau... ça peut être long.
Entre le terrain de jeu assez bas, et les kickers sur les côtés, ça peut vite tourner à l’imprévisible.

Sur le plan de la réalisation, je ne vais pas vous mentir : virez la préhistoire, l’Aztèque et le flipper, et vous avez Arkanoid II. Même le contour délimitant le terrain est recopié sur son modèle, ça vous donne une idée de la chose. Attention, Goindol n’est pas mauvais : c’est un clone de très bonne qualité d’Arkanoid II qui se contrôle de la même façon en arcade, avec une molette, croisé avec un flipper. La maniabilité est bonne, mais le jeu est assez dur, et surtout, il présente peu de renouvellement et finalement peu de surprises. On aurait pu s’attendre à un peu plus de délires visuels comme ceux vus au démarrage de la partie (un tricératops à deux têtes, un char d’assaut...), rien de plus, et c’est dommage, Goindol aurait gagné à développer un peu plus son propre univers visuel à défaut de révolutionner le genre. De fait, il restera une exclusivité arcade, assez commune cependant dans nos salles.

Tonton Ben
(06 mai 2013)
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