
Le début de l'aventure : aucune
indication sur ce qu'il faut faire n'est donnée, aucun texte n'apparaît
The Adventures of Young Merlin est un jeu assez obscur dans
la ludothèque de la Super NES, et c'est une injustice que j'entends réparer ici (ce soir).
Crée par le regretté studio Westwood Associates et édité par Virgin en 1993,
ce jeu vous met dans la peau de Merlin l'enchanteur, alors que le magicien n'en est qu'à ses débuts,
et pour cause : il est encore adolescent.


Une phase de surf sur un chariot dans
une mine, et une énigme à la Sokoban
Le but est d'aider Merlin à délivrer sa bien aimée,
quête au cours de laquelle il sera appelé à faire appel autant à ses méninges
qu'à son courage, et qui lui donnera l'occasion d'utiliser pour la première fois la magie.
Le jeu, totalement inclassable, se situe entre l'aventure et la plate-forme. D'un aspect enfantin, les
graphismes cachent la vraie nature du jeu, qui s'avère difficile et long.


Merlin recueille
un mot de passe de progression auprès d'une gentille fée, et parcourt
un labyrinthe végétal peuplé de buissons farceurs
La progression est basée sur une série d'énigmes et de missions confiées à
Merlin par des fées ou d'autres créatures diverses, qui en échange l'aident à
franchir des obstacles insurmontables au premier abord. Merlin trouve des objets, qui semblent ne servir
à rien, puis se révèlent indispensables bien après leur découverte,
alors que le joueur les a complètement oubliés. Une fois compris le système, on s'en
sort mieux, mais les premiers niveaux sont ardus, et on est souvent bloqué, l'aventure étant
totalement linéaire. L'exploration est aussi au rendez-vous, avec de grandes cavernes labyrinthiques,
ainsi que l'action avec des phases de combat à la difficulté parfaitement dosée.


Une porte magique donne accès au deuxième monde, Rainbow Land. Certaines
de ces fleurs sont des téléporteurs.
Young Merlin est un jeu de patience et de mémorisation. On fait souvent des retours en arrière,
pour actionner un bouton, qui lui même permet de ramasser un objet de l'autre côté
de la carte, qui lui même s'utilise près du bouton initial etc… On peut s'énerver
et tout laisser tomber après quelques heures (comme l'on fait beaucoup de joueurs apparemment vu
le peu de succès du jeu), ou se laisser bercer par l'atmosphère très dépouillée,
mais charmante, du jeu, propice à la rêverie. Il faut
dire que la bande sonore est un modèle du genre, avec une série de thèmes musicaux
dans un style médiéval d'apparence naïve, mais qui sont en fait des trésors
de composition (voir page Gromix pour des réinterprétations de deux
thèmes de Young Merlin).


Visite d'une maison et combat contre un boss
Les effets sonores sont assez rares, mais ponctuent l'action avec un humour très sympathique, et
il n'y a aucun dialogue parlé ni écrit : les personnages ne parlent que pour donner des
indices et s'expriment par des alignements d'icones montrant des actions à exécuter, ou
des objets à associer. De manière générale, Young Merlin est un jeu qui fait
appel au sens de l'observation et la soif de découverte. Il ne faut pas attendre que les objectif
soient servis sur un plateau.
Merlin apparaît sous la forme d'un gamin blond un peu maladroit, que l'on prend beaucoup de plaisir
à voir se casser la figure dès qu'un piège apparaît. Après
5 ou 6 heures de jeu en continu (il est possible à tout moment de consulter un indicateur qui indique
un mot de passe permettant, en l'entrant au début du jeu, de retourner directement au point où
on en était), le jeu se termine par un combat contre un boss énorme, dont il faut trouver
les points faibles plutôt que de l'affronter face à face.


Le niveau sous-marin (Merlin fait un bisou salvateur à une sirène) et entrée de la
mine surprennent par leur qualité graphique
En dehors de l'environnement champêtre qui ouvre le jeu, et procure
une sensation immersive qui s'est avérée délicieuse en ce qui me concerne, on traversera
des endroits souvent étranges, presque oniriques, comme ce champ de fleur géante ou ce niveau
sous-marin dans lequel il faudra faire régulièrement le plein d'oxygène en allant
embrasser des sirènes sur la bouche (une idée charmante et très représentative
du jeu).
Young Merlin n'a été adapté sur aucune autre plate-forme, et c'est un des jeux Super
NES dont je garde le meilleur souvenir.
Laurent