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Blood
Brothers
Année :
1990
Genre : shoot'em up
Développeur : TAD Corporation
Distributeur : Fabtek
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Les
flyers européen et américain (cliquez sur
l'image pour une version plus grande).
Merci au site Arcade Flyer Archive !
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Deux
années après le succès commercial de Cabal,
Tad Corporation remet le couvert pour nous servir sa suite,
Blood Brothers. Le côté opportuniste
de la démarche transparaît curieusement dans l'objectif
du jeu : ici, la destruction systématique de tout
ce qui bouge ou est de trop dans le paysage n'est plus guidée
par un quelconque idéal teinté d'humanisme, mais
par la soif de l'or...
Dans
ce titre à l'ambiance Western, il vous est proposé
d'incarner l'un des deux frères de sang en question :
soit le cow-boy armé de ses colts, soit l'indien équipé
d'une carabine (il n'y a en pratique aucune différence
entre les personnages, leurs armes disposant de la même
puissance de feu, de munitions illimitées et d'une cadence
de tir surréaliste). Les frangins sanglants vont devoir
s'associer pour venir à bout du gang de "Big Bad John"
qui s'est emparé de l'or circulant dans la région
de Dodge City. La poursuite de ce noble objectif va entraîner
quelques dommages collatéraux puisque vous serez amenés
à raser plusieurs villages ainsi qu'à faire un
bon nombre de veuves et d'orphelins, aussi bien parmi les pionniers
que les natifs-américains...
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Un
gameplay optimisé pour une action non-stop. |
À
l'instar de son aîné, Blood Brothers
est un shoot'em up à 1 ou 2 joueurs, utilisant une perspective
à la 3ème personne, se déroulant dans des
stages sans scrolling et dont la quasi-totalité des décors
sont destructibles. À l'aide du joystick et du bouton
de tir, vous devez utiliser un réticule de visée
(en permanence à l'écran), pour abattre les ennemis,
tout en interceptant leurs tirs lorsqu'ils menacent votre personnage.
Les autres boutons disponibles servent à effectuer une
esquive (pendant laquelle le héros est invulnérable
un court moment), ainsi qu'à lancer des bâtons
de dynamite, pratiques pour faire le ménage dans les
rangs adverses et lors des combats contre les boss, mais limités
en nombre. La maniabilité assez particulière du
titre nécessite un léger temps d'adaptation ;
elle est cependant optimisée par rapport à Cabal,
où le TrackBall équipant la borne favorisait les
faux mouvements ainsi que les esquives involontaires, effectuées
avec ce même dispositif.
Une
fois que vous avez assimilé les contrôles, il ne
vous reste plus qu'à tuer tout le monde ! Une barre
graduée sert d'indicateur pour la progression dans le
niveau : il vous faut abattre le maximum d'opposants pour
la remplir et passer au tableau suivant. Évidemment,
tous les adversaires n'ont pas la même valeur et en éliminer
certains permet de remplir la jauge plus rapidement qu'avec
d'autres. Au début, le challenge proposé par les
ennemis ne semble pas très relevé, mais au fur
et à mesure de votre progression, ils vont se faire plus
nombreux, plus rapides et meilleurs tireurs ! Dans le feu de
l'action, des cibles "spéciales" passeront de temps en
temps à l'écran : cochon sauvage, civil,
chef indien... N'hésitez pas à les flinguer
pour obtenir des power-ups temporaires (sous forme de shotgun,
fusil mitrailleur...) ou quelques bâtons de dynamite supplémentaires.
Il n'y a pas de limite de temps visible pour terminer un niveau,
mais lorsque le joueur a tendance à traîner, un
phoenix servant de timer vient le harceler : tout contact
est à éviter, sous peine de perdre une vie.
The
Wild Wild West
Si
les mécanismes du jeu restent grosso modo les mêmes
que ceux de Cabal,
il faut bien reconnaître que les graphismes ont subi un
sacré lifting avec un gain considérable dans la
finesse des décors, beaucoup plus colorés et détaillés :
des affrontements en pleine ville jusqu'aux embuscades dans
les Rocheuses, la qualité reste au rendez-vous. Il en
va de même pour les sprites des héros comme ceux
des ennemis, bénéficiant d'animations soignées.
La partie sonore n'est pas en reste avec des musiques et bruitages
un peu plus variés que dans le précédent
opus.
Concernant
le design du titre, outre l'inspiration "Far West" les développeurs
ont laissé libre cours à leur imagination en dotant
Blood Brothers d'un bestiaire original, digne
des Mystères de l'Ouest. En dehors des traditionnelles
hordes de cow-boys et d'indiens, vous serez confronté
à des machines de guerre anachroniques : zeppelins
équipés de mitrailleuses lourdes, batteries de
missiles déguisées en chariots, tanks.... Si tout
cela paraît peu vraisemblable, on se laisse prendre par
l'ambiance et surprendre même lorsque des créatures
fantastiques viennent en renfort à l'ennemi : Serpent
Gigantesque, Oiseau Roc...
Le
jeu se décompose en 5 stages, comprenant chacun 4 tableaux,
et se concluant par un affrontement contre un Boss :
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Stage
1 : Libérez Dodge City et ses environs. |
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Stage 2 : mine, rocheuses et ville en
feu sont au programme de ce niveau. |
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Stage
3 : La poursuite des bandits va vous conduire aux confins
de l'Etat. |
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Stage
4 : Vous pénétrez sur les terres ennemies :
"Big Bad John" n'est plus très loin. |
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Stage
5 : Du village des bandits à la forteresse finale,
terminer le jeu ne sera pas de tout repos... |
Un
titre qui casse la baraque
Comme
son prédécesseur, Blood Brothers
propose une forte interactivité avec les décors
des niveaux : bâtiments, faune ou flore, presque
tout est susceptible d'être détruit, pulvérisé,
réduit à néant ! Le jeu intègre
aussi quelques notes d'humour noir : en détruisant
les façades des maisons, vous pourrez surprendre les
occupants dans leur vie privée avant de les descendre...
On pourrait éventuellement s'offusquer de toute cette
violence gratuite mais bon, elle revêt un aspect cartoon
et il y a eu pire depuis...
L'annihilation
des ennemis et décors, en plus d'être un bon défouloir,
permet de récolter de précieux points : Blood
Brothers a été clairement pensé
pour faire du scoring, notamment lors du mini-jeu des boîtes
en fer blanc (présentes dans plusieurs niveaux), qu'il
faut faire valser dans les airs le plus longtemps possible,
en tirant constamment dessus (et tout en terminant le tableau,
ce qui n'est pas facile). Le joueur adroit obtient ainsi l'occasion
de donner un sérieux coup de boost à son score
personnel et il peut même se retrouver récompensé
par des vies ou des power-ups supplémentaires !
Cette initiative bienvenue est cependant gâchée
par la présence d'un malheureux glitch dans le 2ème
tableau du premier stage, qui permet d'engranger des points
jusqu'à faire sauter n'importe quel highscore...
Sortez
le goudron et les plumes !
C'est
un accueil plutôt frileux qui attend Blood Brothers
à sa sortie dans les salles d'arcade : l'enthousiasme
suscité par Cabal
semble loin et le lancement simultané de Nam 1975,
sur le tout récent système de SNK (l'inoubliable
MVS ^^), aura certainement apporté une rude
concurrence. Le jeu ne fera donc l'objet d'aucune adaptation,
officielle du moins : Wild Guns, développé
sur la Super Famicom en 1994, par Natsume, s'en inspire
fortement... De son côté, Tad Corporation terminera
son voyage au Far West et dans les contrées du jeu video
avec Heated Barrel, en 1992.
Sodom
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Commentaire
de eSceNeKCAP, le 17.05.2006
Blood
Brother est un jeu pour lequel l'adjectif excellent
relèverait de l'euphémisme. Ce jeu, c'est
du bonheur en barre pour diverses raisons :
D'abord ça défoule comme rarement. Il faut
se voir avec ses munitions infinies en train de défourailler
dans le tas, rasant les arbres et les montagnes, démolissant
maisons, cartonnant chevaux et cavaliers, atomisant trains,
avions et zeppelins. Les explosions partent dans tous les
sens, au rythme rapide et régulier des deux colts
du héros.
Les armes bonus apportent un réel plus, puisqu'elles
permettent de réaliser un fantasme remontant à
Predator : on peut désormais raser la forêt
à moindre effort avec sa sulfateuse. Dans l'histoire
des jeux vidéo, il n'y a guère que Serious
Sam pour rivaliser avec tant de puissance brute
et bas du front. Ne venez pas me parler de votre Metal
Slug avec le petit gun pour petite nature. D'ailleurs,
c'est trop laid : il faut marteler le bouton pour que les
tirs sortent : n'importe quoi ! Idem pour Contra
3, avec ses explosions atomiques qui font pitié.
Puis les adversaires sont bien trop intelligents, ils font
des pièges, lancent des grenades en se planquant...
Non, il n'y a guère qu'avec Serious Sam
et ses décapités chargeant le héros
avec des bombes dans chaque main en gueulant, histoire de
se faire remarquer, ou peut-être House of
the Dead et ses zombies cinglés, qu'on peut
retrouver cette ambiance.
Dans Blood Bros, les adversaires ne sont
pas futés, ils sont physiques. Ils sautent dans tous
les sens, font des roulés boulés mal animés,
tirent selon des trajectoires improbables, traversent l'écran
en courant. Ils rappellent les fourmis qui viennent squatter
votre nappe de pique-nique, et c'est pour cela que c'est
si bon de les décimer : ils l'ont bien cherché.
Certes, des jeux comme Track and Field
permettent au moyen d'actions basiques et éreintantes
de parvenir à un but, libérant le joueur lambda
(qui n'a pas joué à Blood Bros
ou le cas échéant n'a rien compris aux jeux
vidéo) de sa frustration quotidienne. Mais ils oublient
l'essentiel : la visualisation par le joueur de ce but.
Youpi, on est arrivé premier, on a une médaille
d'or, on a humilié son adversaire.
Non, le jeu vidéo ça n'est pas ça,
ça n'est pas la haine de son adversaire, ça
n'est pas l'accomplissement d'un but abstrait.
Le jeu vidéo, c'est défourailler comme un
malade dans le décor pour raser des arbres, des stalagmites,
des chariots miniers, éclater des portes derrière
lesquelles se cachent des couards. Blood Bros,
c'est trop bon : tu tires à côté du
méchant, mais ça fait quand même un
truc (voir ce stage où l'on détruit carrément
des montagnes), c'est encore plus marrant que de tirer sur
des hordes d'Indiens et de Cow-boys.
Mieux, ce jeu concrétise le rêve refoulé
de tout mégalomane : dominer son univers. Mais où
des jeux pour intellectuels style Populous
vous font construire des villes (en gros être un dieu-citoyen),
Blood Bros vous donne à voir un
monde que vous dominez totalement (on est face à
l'écran, avec une profondeur de champ/d'action infinie,
puisque même les tous petits méchant là,
tout au fond, qui essayent de se cacher derrière
un pot de fleur, sont vulnérables à vos coups
de pétoire) et dans lequel vous imposez votre loi.
On se prend même à trouver plein de raisons
quand on descend un abruti à la gâchette facile
qui traverse l'éran en faisant des roulades, voire
à leur donner des petits noms...
Enfin, ce jeu est bien, car il est fondamentalement contre
toute forme de discrimination, puisque le cow boy et l'indien
sont potes : beau message de fraternité, après
des années de racisme ordinaire envers les natifs
américains ; et plus que ça, on dégomme
tout sans distinction : végétal, minéral,
mécanique, animal (tout est bon dans le cochon, bâtons
de dynamite et fusil mitrailleur inside), humain (vieux,
jeunes, femmes (stage 1-1 on la tue pas mais bon...), cow
boys, indiens).
Je marche à fond dans ce message universaliste :
pour réconcilier les peuples, jouons à dégommer
tout ce qui bouge (ou pas).
Bref, en cette période de révisions pré-examen,
Blood Bros, c'est la soupape de sécurité
indispensable, le jeu le plus bourrin, le plus vil, le plus
jouissif, le plus tout de tous les temps.
Je m'en vais sur la musique complétement débile
de fin destage, quand fier du devoir accompli votre avatar
se met à danser comme un abruti hystérique
en traversant les restes du champ de bataille.
Peace.
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