
Sublime packaging et l'écran titre, qui n'est pas en reste.
Flashback
1996 : une année fort sympathique. Je me souviens que les premières images de Final Fantasy 7 faisaient à chaque fois leur effet dans la presse spécialisée, mais là n'est pas le sujet du jour. Alors que je déambulais tranquillement dans un de mes coins favoris de la capitale ou les boutiques de jeux import sont légion, une boite Super Famicom (SNES japonaise) attira mon attention. Une boîte sublimement belle représentant un énorme dragon en plein ciel bleu, le tout entouré d'un blanc éclatant. Le détail qui me fit chavirer : le mot Square Soft gisait sur l'objet comme une invitation à la magie et au rêve. Après avoir mutilé mon compte bancaire de l'époque, Bahamut Lagoon (BL) était mien.

Carte des Lagoons et Byuu, le valeureux héros de BL.
C'est quoi ça ?
Après cette intro sirupeuse, entrons dans le vif du sujet. Le scénario vous met dans la peau du brave Byuu, un guerrier bien sympatoche mais comme tout héros de jeux vidéo, sa vie va basculer. Ici il est question de dragons, les dragons-dieux précisément. Nos héros ont la lourde tâche de les réveiller, ce qui n'est pas sans poser quelques difficultés.

Matez-moi ces graphismes ! Les sprites et les décors sont impressionnants
BL est un Tactic-RPG, genre qui se déroule d'une manière presque toujours identique et le jeu de Square ne fait pas exception à la règle. Tout d'abord, il y a la phase scénaristique, faite de discussions, de ballades et d'achats d'items, comme un RPG classique quoi. Ensuite vient le moment de guerroyer, en ayant préalablement fait le choix de votre équipe et la gestion qui leur incombe.
Ce genre de jeu se veut très « chapitré » ou structuré si vous préférez. Une fois la guerre remportée, le scénario continue, le joueur assiste à quelques scènes, se promène à nouveau et customise son équipe en attendant le prochain affrontement. Mais comme Square fait rarement les choses comme son voisin, BL intègre une gestion de dragons captivante.
Je m'explique : chaque équipe (composée de quatre personnages) possède son propre dragon. Au début du jeu, ces bestioles sont jeunes et les élever, tel un Tamagotchi, devient vite passionnant. Tout les items à votre disposition (armes, potions, armures, etc.) font office de nourriture. L'évolution et les habilités du dragon dépendent des objets ingurgités. Les possibilités sont immenses. Durant les guerres, quand une équipe termine son attaque, vous donnez une directive au dragon correspondant qui, selon les situations, charge aléatoirement l'ennemi qui lui convient ou se replace différemment sur la carte. Le résultat d'un bon élevage peut rendre vos bestioles dévastatrices et les affrontements n'en seront que plus simples et jouissifs. Tout ces paramètres font de BL un titre très accrocheur.
Les menus présentent des similitudes avec les Final Fantasy, l'ergonomie étant une fois de plus à l'honneur. Les déplacements aériens de Lagoon en Lagoon, avec votre base volante, apporte une autre touche d'originalité.

Un dragon (encore jeune ici) contre une armée et la mythique cathédrale du jeu.
Magistral
Visuellement, BL mit tout le monde sur les fesses à sa sortie. Les graphismes font partie des plus fins jamais vus sur SNES, mais la beauté du jeu vient essentiellement du design, peu commun et ennivrant. Les sprites impressionnent tout autant. La bande son reste une des plus belle de la machine, tantôt mélancolique, tantôt épique. Elle transporte loin, très loin. BL symbolise parfaitement ce que représentait Square à l'époque, une usine à hits dont presque chaque titre faisait l'événement. Bref, BL se révèle indispensable, en tant que Tactic-RPG mais aussi en tant que jeu vidéo tout simplement. La cartouche (de 24 Mb, soit 3 Mo) ne connaîtra aucune traduction même si le faire en japonais ne tient pas du miracle.

Byuu a l'extérieur de la base volante et les menus.
À ce propos, je vous conseille un site merveilleux ou nombre de RPG jamais sortis en occident au moment de leurs parutions sont ici traduits en français, ce qui est le cas de Bahamut Lagoon, traduit intégralement dans la langue de Molière !
http://terminus.romhack.net/
Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?!
Bruno, dont le dragon est le signe chinois ! Comme par hasard...