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Axelay
Année : 1993
Système : SNES
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Shooter
Par Lyle (11 septembre 2002)
La boîte du jeu (cliquez sur une image pour une version plus grande). Merci au site Mobygames !

Si les bons shoot'em up sur Super Famicom sont moins nombreux que sur Megadrive ou sur Coregraphx, on trouve quand même de quoi faire. Super Aleste, Area 88, Pop'n Twin Bee, Cho Jikuu Yosai Macross, Cotton 100%, Gradius 3, la série des Parodius ou encore R-Type 3 valent tous le coup d'être découverts et pratiqués par le retrogamer averti.

Pour autant, tous ces titres sont relativement classiques dans leur conception et leurs partis-pris de gameplay. C'est dire à quel point Axelay se démarque non seulement des autres shoots de la console, mais aussi du genre dans son ensemble. À sa sortie, il fut d'abord remarqué pour la représentation de ses niveaux verticaux et ses boss homériques. Si ces deux aspects contribuent indéniablement à la qualité du jeu, il en est d'autres qui pour être appréhendés nécessitent un bon nombre de parties. Si Axelay sort encore du lot aujourd'hui, c'est d'abord pour son gameplay et son atmosphère unique. Analyse d'un shoot'em up atypique.

L'intro

Axelay propose six niveaux à scrolling alternativement vertical et horizontal. Les niveaux horizontaux n'ont en eux-mêmes rien de notable comparés aux autres shoot'em ups. En revanche, les niveaux verticaux reposent sur un scrolling inhabituel qui fonctionne un peu à la manière d'un tapis roulant. Les décors et les sprites d'abord visibles à l'horizon finissent par s'étirer en descendant au niveau de votre vaisseau. Leur défilement est donc à la fois vertical et frontal. Qu'il plaise ou qu'il déconcerte, l'effet a le mérite d'être novateur et reste une ingénieuse substitution à la 3D d'aujourd'hui.

Niveaux à scrolling "vertical".

Première règle fondamentale du genre ignorée par Axelay : l'absence totale de bonus à collecter, ni en armes, ni en puissance de feu, ni en vies supplémentaires. L'armement, on le sélectionne avant chacun des niveaux. Le vaisseau est à chaque fois équipé de trois armes. Elles sont imposées au premier niveau, mais l'éventail de choix s'élargit au fur et à mesure. Il n'y a pas non plus de bombes dévastatrices pour en finir avec les boss les plus coriaces ou pour se tirer des situations désespérées. On dispose par contre d'armes secondaires utilisables à volonté, comme des missiles à faible cadence mais très puissants. La difficulté consiste surtout à atteindre l'ennemi avec.

Choix des armes en début de partie et gros plan sur le vaisseau.

Il existe une arme de base dont on peut difficilement se passer dans la plupart des niveaux, et qui conditionne en grande partie le gameplay de par son maniement assez curieux. Le vaisseau est équipé de deux tourelles latérales orientables avec un unique bouton de tir. En appuyant dessus, les missiles envoyés décrivent comme un arc de cercle allant de bas en haut et il suffit de relâcher le même bouton pour obtenir le mouvement inverse. Ce système permet ainsi une couverture à 360° des plus fiables, à condition d'être précis dans la pression du bouton de tir. Slalomer entre les tirs ennemis tout en ajustant constamment ses tourelles pour optimiser la protection de son vaisseau demeure l'un des grands plaisirs d'Axelay. Bien entendu, il existe des cas de figure où d'autres armes plus puissantes peuvent autant faire l'affaire.

C'est également par les armes que le joueur voit ses maladresses sanctionnées. Chaque impact de tir ennemi vous fait perdre une de vos trois armes et le quatrième est fatal. Mais une seule collision avec un décor ou un engin ennemi et c'est la destruction immédiate. Aux trois vies de départ s'ajoutent des vies supplémentaires une fois certains scores franchis. Le jeu n'est pas d'une difficulté insurmontable, même en Hard. Tout l'art d'Axelay réside dans la capacité à s'adapter à la nouvelle stratégie imposée par la perte irrémédiable d'une arme jusqu'à la fin du niveau.

Les différents stages vous emmènent dans les nuages, dans une base spatiale, au dessus d'une ville, dans une caverne, sur un lac de lave pour finir dans l'espace. Les obstacles dispersés çà et là constituent une difficulté à part entière. Il faudra se faufiler entre des chaînes de roches suspendues en l'air, se mouvoir dans le lac des cavernes ou éviter des jets de flammes. Chaque niveau met en scène un énorme boss de fin avec parfois un autre boss intermédiaire. En plus d'être impressionnants, leurs méthodes d'attaque sont souvent originales. Une araignée mécanique projette des lasers en forme de toile qui vous immobilise pour ensuite mieux vous viser. Alors que vous croyez abattre le boss du troisième niveau, il se transforme en un engin encore plus agressif. Le gardien des cavernes envoie des lasers qui modifient au hasard votre armement. Le boss final vous réserve lui une surprise terrifiante...

Exemples de boss.

Certains reprocheront à Axelay une certaine lenteur dans le déplacement du vaisseau. C'est dans l'absolu indiscutable, mais à aucun moment cela ne pose problème : d'une part la vitesse des tirs et appareils ennemis est ajustée en conséquence, d'autre part cela n'exclut en rien la nécessité pour le joueur de faire preuve d'agilité, à la fois pour esquiver et pour viser. En fait la faculté à bien viser serait même plus importante dans Axelay que dans la plupart des autres shoot'em ups, dans lesquels les cadences et l'amplitude du tir sont souvent telles que les cibles sont systématiquement atteintes quelque soit la position de votre vaisseau.

Non, dans Axelay, pas vraiment de destruction massive. On oserait presque un oxymore : c'est un shoot'em up calme, ce qui pour autant n'exclut pas le grand spectacle au moment des boss. Toujours est-il que le plaisir de jeu est bien là. Un reproche plus légitime se justifierait à propos du nombre de niveaux, qu'on pourra trouver trop réduit. Une bonne raison pour relever le défi en mode difficile, à l'issue duquel on pourra recommencer le jeu dans un niveau de difficulté encore supérieur. On rejoue aussi à Axelay avec plaisir car sa finition technique le rend digne des meilleurs titres de Konami.

Un niveau à scrolling horizontal et son boss.

Il y a enfin deux derniers aspects, d'habitude négligés dans les shoot'em up, qui ont peut-être involontairement fait d'Axelay un titre inoubliable pour bien des joueurs qui l'ont connu à l'époque : l'ambiance et les musiques, les deux étant ici intimement liés. Rares sont les shoots proposant des mélodies aussi variées et faisant preuve d'une telle cohésion vis-à-vis des décors et de leur thématique. Remarquez à titre d'exemple les effets de dispersion sonore dans la musique des cavernes. De plus, chaque thème musical est vraiment accrocheur. D'ailleurs en coupant le son, on a l'impression de ne jouer qu'à moitié au jeu, comme si le gameplay lui-même en était diminué. L'atmosphère d'Axelay est vraiment unique et se ressent comme une expérience totale impliquant, gameplay, bruitages, musiques et graphismes.

Sortir des sentiers battus s'est finalement avéré payant. Certains trouveront Axelay déroutant au premier abord, surtout s'ils espèrent y trouver une jouabilité de type arcade ou similaire à celle que propose « l'école » NEC, rapide, intense et chaotique à souhait. Il faut accepter son mode de jeu, étrange à première vue et pourtant intelligemment pensé, son rythme, son cadre et d'autres qualités pas forcément évidentes sur lesquelles les programmeurs ont mis l'accent. À la fin du jeu, une image salue le joueur : « See you in Axelay II ». Malheureusement, Axelay restera un prototype et un épisode unique. Dommage, car Konami aurait peut-être pu ajouter une autre grande série de jeux vidéo à son palmarès déjà exceptionnel.

Lyle
(11 septembre 2002)
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