Le
8 juillet 2009 sort simultanément sur XBLA et PS Store
Battlefield 1943, une espèce de remake de l’illustre
Battlefield 1942 qui fit les beaux jours du pécé
multijoueur en 2002, et sur lequel votre serviteur a eu l’occasion
de passer de nombreuses nuits en réseau local avec ses
petits copains d’armes. Le souvenir poignant de ces escarmouches
endiablées m’a poussé à m’engager
sur ce nouveau Battlefield sur XBLA, au prix de 1200 MS Points
(12,99€ pour les possesseurs de PS3 sur le PlayStation
Network), avec l’espoir de retrouver ces sensations disparues.
J’avoue
que le premier contact ne fut pas celui que j’espérais.
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Un écran titre minimaliste et des menus
pauvres en sélection. Le premier contact avec le
jeu est timoré, surtout lorsqu’on a connu
Battlefield 1942. |
Malgré la présence du thème musical inoubliable
de Battlefield 1942 dans le menu principal, celui-ci est chiche
en options : pas de mode solo (ok, Battlefield est un jeu orienté
multijoueur, mais c’est toujours sympa de pratiquer les
bots pour s’entrainer ou de profiter d’une trame
scénaristique), pas de personnalisation de profil, non,
juste le mode multi, un mode aérien (on en reparle plus
bas), et les timbres qui font office de récompenses pour
les divers actes et progressions acquises.
Battlefield
1943 prend même des allures de démo payante lorsqu’on
lance une partie : seules trois cartes terrestres sont disponibles,
plus une spécifique au combat aérien, toutes centrées
sur la bataille du Pacifique. Exit l’Europe, l’Afrique
du Nord et la Russie qui faisaient le charme de Battlefield
1942, et donc son nombre conséquent de terrains de guerre,
bonjour les confrontations U.S. Vs Japon.
Nous
aurons donc la chance de réécrire l’histoire
sur les îles suivantes :
Île de Wake :
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L’Île
de Wake, avec sa configuration particulière en
V, et son lagon au centre. |
En réalité un atoll de trois îles conquises
par les Américains en 1899 et abritant une base militaire.
Elle fut attaquée par les forces japonaises le lendemain
de l’assaut de Pearl Harbor. Après un premier assaut
maritime japonais repoussé le 11 décembre 1941,
précédé et suivi de bombardements de l’île,
les Américains capitulent le 23 décembre malgré
une résistance héroïque (900 victimes japonaises
contre 119 américaines). Les Américains commenceront
la reconquête de l’île le 24 février
1942 et les dernières forces japonaises capituleront
le 4 septembre 1945, non sans avoir exécuté tous
les prisonniers américains condamnés aux travaux
forcés.
Dans
Battlefield 1943, Wake est aux mains des Japonais, les Américains
tentant de prendre l’île en débarquant depuis
un porte-avions. L’île forme un croissant de terre,
peu élevé mais escarpé sur les flancs,
avec un lagon au milieu. La base japonaise se trouve au centre
du croissant, le porte-avion américain flotte à
l’opposé. En plus de la base aérienne, quatre
points de drapeaux à conquérir ou à défendre
se trouvent répartis équitablement sur chaque
branche du croissant. Toute la difficulté consiste à
tenir ces points, puisqu’on peut passer rapidement d’un
côté à l’autre de l’île
en traversant le lagon via des embarcations. L’île
n’étant pas large, il n’y a qu’une
route qui la traverse d’une pointe à l’autre.
Les rencontres sont fréquentes et mortelles, il y a peu
d’échappatoires.
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Les
bombardiers attaquent la base aérienne de Wake.
Cette carte est idéale pour les aviateurs : il
n’y a pas de relief. |
Iwo
Jima :
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La
fameuse photographie de Joe Rosenthal des soldats américains
plantant la bannière étoilée sur
le Mont Suribachi. |
Certainement
la bataille la plus connue après celle de Pearl Harbor,
du fait de la photographie de Joe Rosenthal des forces américains
plantant le drapeau des États-Unis sur le mont Suribachi, la
bataille d’Iwo Jima est aussi la plus meurtrière.
Cette île volcanique japonaise a abrité jusqu’à
22.000 défenseurs, qui ont quasiment tous été
tués lors de l’assaut américain débuté
le 19 février 1945. Il y aura jusqu’à 70.000
marines impliqués dans l’assaut. Si le Mont Suribachi
qui surplombe l’île est pris le 23 février,
le dernier blockhaus japonais ne sera pris que le 23 mars. Seuls
1000 Japonais seront faits prisonniers ; près de 7000
marines seront morts sur l’île (environ un tiers
des marines tués pendant la Seconde Guerre mondiale).
Battlefield
1943 propose bien évidemment de rejouer l’assaut
américain (de 1945, cherchez l’erreur). Là
encore, les Américains démarrent d’un porte-avions,
tandis que les Japonais commencent sur l’île. Iwo
Jima est une île un peu plus large que la précédente
mais sans véritable route. Si la topographie est assez
plate, le Mont Suribachi situé à la pointe sud-ouest
offre une vue très haute du théâtre des
opérations, et se montre difficilement prenable, donnant
lieu à des combats acharnés. Le terrain situé
au centre de l’île, entre le mont Suribachi et la
base aérienne japonaise, est lui aussi un point de combat
fort, notamment par la présence d’un phare très
convoité par les snipers. La plage de débarquement
est la cible principale du mont Suribachi. Un bunker situé
aux portes de la base japonaise sert de défense arrière,
la base étant assez bien protégée et difficile
à prendre (sauf si tout le monde se bat du côté
du mont ou du phare).
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Aperçu
d’Iwo Jima, avec le Mont Suribachi au fond.
Le phare est également l’un des points stratégiques
de l’île. |
Guadalcanal :
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Soldats
américains traversant la rivière Tenaru
de Guadalcanal. |
Cette île occupée par les Japonais dès le
début de l’opération Pearl Harbor devait
être une base stratégique dans les plans d’occupation
japonaise du Pacifique. Alors que les Japonais commencèrent
début juillet 1942 à construire un aérodrome
à la pointe de Lunga, les Américains débarquèrent
par surprise le 7 août 1942 et prirent facilement cet
objectif occupé par du personnel dédié
à la construction. Le 20 août, l’aérodrome
fut opérationnel, les premiers avions américains
débarquèrent. Par manque de moyens, l’occupation
américaine n’avait pas pu s’étendre
au-delà de la base et les Japonais débarquèrent
à l’est de l’île. Après plusieurs
batailles d’initiative japonaise (Opération Ka,
Bataille des Salomon orientales, Bataille de la côte Edson),
la Bataille de Cap Espérance empêche le débarquement
de nouvelles forces japonaises le 11 octobre et permet aux Américains
de passer d’une stratégie défensive à
une stratégie offensive. Avec l’arrivée
de renforts américains, une nouvelle attaque japonaise
du 23 au 26 octobre se solda par de lourdes pertes japonaises
(3000 tués contre 500 côté américain).
Au même moment, la Bataille des Îles Santa Cruz
empêche de nouveau l’arrivée de renforts
japonais. En novembre, la bataille navale de Guadalcanal réduit
à 1/5ème les renforts japonais prévus (2000
hommes au lieu de 10.000). En décembre, les Américains
ne cessent d’amener de nouvelles troupes, soit 60.000
soldats américains contre 8000 Japonais repoussés
au nord de l’île. La bataille de l’Île
de Rennell fut décisive, et les derniers survivants japonais
quittèrent Guadalcanal le 7 février. En tout,
24.000 soldats japonais sont morts durant cette campagne, contre
6600 marines. Guadalcanal fut la première étape
de reconquête du Pacifique par les Américains.
Dans
Battlefield 1943, Guadalcanal est une île longue et très
escarpée, qui fait le bonheur des snipers. Deux bunkers
à l’ouest et à l’est de l’île
menacent une petite base centrale, les trois points étant
assez élevés. En contrebas, au nord et au sud,
deux autres points sont à la merci des véhicules
qui peuvent faire le tour de l’île par deux routes
différentes. Les Américains commencent donc à
l’ouest de l’île, dans le fameux aérodrome,
les Japonais sont à l’est. La petite base centrale
est certainement la plus difficile à tenir, à
la merci des snipers, de l’infanterie et surtout des attaques
aériennes (elle n’est pas dotée de DCA).
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Le
terrain est déjà moins propice aux pilotes,
même si certains points sont très découverts.
Les occasions d’embuscade sont nombreuses sur Guadalcanal. |
Mer
de Corail :
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Photographie japonaise du
USS Lexington sous le feu ennemi dans la Mer de Corail.
Le bâtiment américain n’y survivra
pas. |
La Bataille de la Mer de Corail s’est déroulée
au nord de l’Australie du 4 au 8 mai 1942 et fut la première
bataille uniquement aéronavale de l’histoire.
En effet, cette bataille a opposé par avions interposés
deux porte-avions japonais, Shokaku et Zuikaku, et un troisième
porte-avions léger, Shoho, à deux porte-avions
américains Lexington et Yorktown. Chaque camp possède
également une force de croiseurs. À l’origine des
combats, les Japonais avaient pour objectif d’envahir
Port Moresby au sud de la Nouvelle-Guinée. Les Américains
ayant intercepté le plan grâce à leur service
d’écoute, se sont interposés afin de contrecarrer
l’opération. Après une phase initiale de
cache-cache, les deux camps finissent par se repérer
mutuellement, et puisque chaque flotte est hors de portée
de canon de l’autre, les forces aériennes décollent
des porte-avions pour couler l’autre flotte. L’affrontement
sera découpé en deux engagements les 7 et 8 mai
1942, au cours desquels bombardiers, torpilleurs et chasseurs
crachent leurs munitions. Si côté américain,
le USS Lexington est coulé et le USS Yorktown est gravement
endommagé, côté japonais, seuls le Shoho
est coulé et le Shokaku endommagé. La victoire
est japonaise mais le bénéfice est américain
: non seulement Port Moresby a été préservé
de l’invasion japonaise mais de plus les deux porte-avions
japonais restants ne pourront être engagés dans
la bataille de Midway le mois suivant (le Zuikaku a perdu la
plupart de ses avions tandis que le USS Yorktown sera réparé
et opérationnel à temps). La Bataille de la Mer
de Corail a empêché l’invasion de l’Australie
par le Japon et marqué l’arrêt de la progression
japonaise dans la zone.
La
Mer de Corail est une carte particulière dans Battlefield
1943, puisque, conformément à sa réalité
historique, il n’y a aucun engagement au sol. Chaque camp
commence d’un côté de la carte, sur un des
porte-avions, et doit garder la suprématie aérienne
matérialisée par trois zones spécifiques
qui servent de drapeaux. Il est possible d’aller attaquer
les porte-avions adverses avec son appareil pour abattre les
unités sur le pont. Pour séparer chaque camp,
un ensemble d’îles au relief très prononcé
ajoute à la difficulté de pilotage et d’esquive
: il n’est pas rare de s’écraser sur les
flancs de montagne, faute de trajectoire non maîtrisée.
Globalement,
la volonté des développeurs est de simplifier
les mécanismes de jeu avec, par exemple, un passage de
cinq classes de personnages dans Battlefield 1942 à trois
classes distinctes :
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Les déflagrations sont innombrables dans Battlefield
1943, occasionnant à chaque fois des effets saisissants,
qu’ils soient visuels ou sonores. |
Le nombre de véhicules disponibles a lui aussi été
revu à la baisse : un seul type de char léger,
à deux places (un conducteur et un tirailleur), ainsi
qu’un modèle de jeep à trois places, une
barge de débarquement, et un modèle de chasseur
à une place par camp. Des DCA peuvent être contrôlées
à divers endroits des cartes, ainsi que des mitraillettes
fixes. Enfin, petite nouveauté, trois bombardiers peuvent
être appelés pour une intervention massive : un
bunker de communication surmonté d’une antenne
est accessible sur chaque carte. Celui qui y rentre prend alors
le contrôle d’une escadrille de trois bombardiers,
lâchant au bon vouloir du joueur une salve de bombes sur
le point voulu. Cette option est de prime abord difficile à
maitriser, l’escadrille n’étant pas très
manœuvrable (il faut énormément anticiper
les trajectoires), et l’on n’a droit qu’à
un coup. Mais le joueur peut alors voir l’ensemble de
la carte sur laquelle les joueurs adverses apparaissent.
Le
fonctionnement du jeu reste équivalent à celui
de son aîné : suivant le mode appelé «
Tickets et points de renforts », le but de chaque camp
est de réduire à zéro le nombre de tickets
adverse, en occupant le plus de points de renforts possible.
À chaque fois que le joueur meurt, le nombre de tickets de son
équipe descend. Le joueur peut ensuite réapparaitre
à l’un des points de renfort disponible de son
camp et changer de classe s’il le désire.
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Le
fameux poste de communications, objet de toutes les convoitises…
… tout comme les drapeaux. |
Alors, Battlefield 1943, version au rabais ? Pas du tout. Tout
d’abord, le moteur du jeu a été revu à
la hausse, il s’agit désormais du Frostbite Engine,
qui provient de Battlefield: Bad Company, sorti en 2008. C’est
très beau, véloce et ajoute au réalisme
ambiant. Les contrôles et les mécanismes de jeu
sont eux tirés de Bad Company 2 : il n’y a plus
de barre de vie, des dégâts immédiats trop
importants entrainent la mort, mais des blessures superficielles
se résorbent rapidement. Les munitions sont illimitées,
moyennant ravitaillement aux points de capture. Mais surtout,
les bâtiments et végétations sont destructibles,
le théâtre des opérations témoignant
au fur et à mesure de l’âpreté des
combats. Des effets supplémentaires d’éblouissement
face au soleil, ainsi que l’assourdissement lorsqu’une
explosion surgit à proximité du joueur achève
l’immersion dans l’action.
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Les véhicules sont la marque de fabrique de la
série, et permettent la coopération, qu’on
soit mitrailleur…
…ou chauffeur, la coordination est essentielle. |
Ensuite,
Battlefield 1943, c’est l’assurance d’être
plongé au cœur de l’action au bout d’une
poignée de minutes, sur quatre cartes très bien
fichues, pouvant abriter jusqu’à 24 joueurs. Dans
les faits, vous êtes systématiquement intégré
dans des parties remplies, au cœur de l’action, avec
un cycle rapide des cartes. On se retrouve rapidement à
jouer des heures sans s’en rendre compte, et sans avoir
géré un seul paramètre de connexion. Et
au final, on se dit que quatre cartes, c’est bien mieux
qu’une vingtaine dont la qualité est parfois discutable.
Au
final, Battlefield 1943 est un titre indispensable dans toute
logithèque Xbox 360 et PS3, du fait de sa qualité,
de son prix réduit et de sa promesse de parties immédiates
remplies de joueurs comme si vous étiez en LAN.
Tonton
Ben, le Ben Affleck du Pacifique (sans Jennifer Lopez).