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The NewZealand Story
Année : 1988
Système : Arcade, Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, C64, FM-Towns, Master System, Megadrive, NES, PC, PC Engine, X68000, ZX Spectrum ...
Développeur : Taito
Éditeur : Taito
Genre : Arcade / Action / Plate-forme
Par Tonton Ben (20 mai 2013)

Attention, jeu culte ! Parce que l’arcade, ce n’est pas uniquement des types en karategi qui se mettent sur la poire, ou des vaisseaux qui massacrent la moitié des espèces extra-terrestres de l’univers. Non, c’est aussi l’histoire dramatique d’un kiwi jaune en baskets qui part récupérer sa famille enlevée par un léopard des mers. En Nouvelle-Zélande. Non, je n’ai encore rien bu.

Un kiwi (fruit).
Un kiwi (oiseau).
Un kiwi (héros de jeu vidéo).

Laissez-moi vous présenter Tiki. Il a de belles baskets, il est jaune, et d’après les programmeurs, c’est un kiwi de Nouvelle-Zélande qui vit avec sa copine Phee-Phee et ses potes dans un jardin zoologique sur l’île du nord. Un jour, un léopard des mers venu de l’océan Antarctique kidnappe tous les kiwis afin de les revendre. Tiki s’échappe, et part à la recherche de Phee-Phee et de ses copains.


Voici un drame moderne en trois actes : une communauté paisible, un être malfaisant
qui sème le malheur, et le courage qui ose affronter l’adversité.
Vas-y Tiki ! Pète-lui sa gu... !

Et c’est parti pour 16 niveaux avec Tiki aux commandes d’un des jeux de plateformes les plus connus de l’arcade, et qui a été également un succès sur micros et consoles, avec un éventail d’adaptations conséquent. Pourquoi ce succès ? Par sa réalisation, principalement, et peut-être aussi parce que les jeux de plateformes purs et durs en arcade, à part Blue’s Journey sur Neo Geo, ça ne court pas les rues.

Premier écran, l’action n’a pas encore
démarré : je compte 10 ennemis
à l’écran !
Voici la cage à trouver dans chaque niveau.
Des flèches indiquent toujours
le chemin à suivre.

Dans The NewZealand Story, chaque niveau est calé sur le modèle suivant : Tiki doit retrouver une cage dans laquelle est enfermé un kiwi (pas le fruit, l’espèce de poussin jaune, là, suivez un peu). Le problème est que les niveaux sont très vastes, avec des parcours multiples partant dans les huit directions et formant un labyrinthe. Ces parcours sont littéralement truffés de pièges mortels et de plateformes étroites, et sont remplis de hordes d’ennemis aussi variés que nombreux et agressifs. Ah oui, on est en arcade, donc le temps est limité. Bon courage !

Tirer sur ce ballon libèrera les ennemis
qui m’attendent derrière le panneau.
J’ai déjà du mal à éviter les pointes,
voilà que des lézards sur des ballons
apparaissent de nulle part !

La première caractéristique de The NewZealand Story est la configuration des niveaux : le terrain est délimité et contenu dans un rectangle (un radar indique en permanence la position de Tiki et celle de la cage), dont tout l’espace sera utilisé. L’on va donc assez rapidement monter, descendre, aller de gauche à droite, bref, passer notre temps à casser le schéma classique des jeux de plateformes depuis Super Mario Bros qui se bornent à avancer de gauche à droite. Ensuite, le terrain est tout sauf sûr : si les trous sans fond sont inexistants, les pointes, la lave, et autres surfaces mortelles sont omniprésentes, et on les traverse en général sur des plateformes plus petites que nos pieds. Un soin tout particulier a été apporté au level design, vicieux au possible, et il faudra régulièrement traverser des passages étroits calculés au pixel près où tout écart est fatal ; sauf qu’on dirige Tiki au joystick, et qu’en général, il a une horde d’ennemis aux fesses.

Ce bâton ne vous rappelle rien ?
Boss ! La baleine (à bosse).

La dernière caractéristique du terrain est qu’il se décline sous trois formes : à pied, sous l’eau et dans les airs. En effet, à part les plateformes, Tiki va devoir régulièrement plonger : une jauge d’air se vide alors progressivement et se recharge à l’air libre. Mais une bonne partie du jeu va se dérouler dans les airs : de nombreuses sections ne sont pas accessibles par un simple saut (Tiki sait sauter), il va falloir emprunter un des nombreux véhicules volants du jeu. Petit problème : ils sont quasiment tous dans les mains des ennemis qui débarquent sans prévenir et se jettent sur lui.

À la surface de l’eau, on peut abattre les
ennemis en leur crachant dessus !
Le genre de situation-type : des pointes,
un ballon, et des poursuivants.
Les passages sont calibrés.

Pour se défendre, Tiki manie l’arc et balance des flèches à un rythme soutenu. D’autres d’armes peuvent être obtenues : bombes, bâton de feu (du même style que celui des mages dans Bubble Bobble), et même laser. Tiki peut tirer en sautant, lorsqu’il est sur un véhicule, mais pas sous l’eau ; il peut néanmoins cracher de l’eau lorsqu’il est à la surface. Tous les ennemis n’ont besoin que d’un coup de n’importe quelle arme pour être vaincus, et à l’exception des hérissons, le contact avec eux n’est pas fatal.

Les ennemis sont de toutes sortes : chats volants, chauves-souris, clowns, ours funky, cochons, grenouilles, anémones... Ils apparaissent pour la plupart par surprise, par des portails qui s’ouvrent soudainement au passage de Tiki, et ils chevauchent tout et n’importe quoi : ballons, canards, zeppelins, soucoupes volantes... tous ces véhicules volants peuvent être volés par Tiki et utilisés. Taito vient d’inventer le concept de Grand Theft Auto dix ans avant le début de la série !
Enfin, quatre boss vont donner du fil à retordre, et se combattent à la fin de chaque monde, dans une pièce dédiée, le final se jouant évidemment contre le léopard des mers.

Les derniers niveaux sont un véritable
challenge (Tiki dérape sur la glace...)
Un challenge très très relevé !

The NewZealand Story est un jeu dur et exigeant. Il demande une très bonne connaissance des mécanismes du jeu, et des réflexes d’acier. Les derniers niveaux sont à la limite de l’extrême, et s’il n’y avait pas de système de checkpoint, seraient infaisables. Si vous doutiez encore de la richesse de ce jeu, sachez que de nombreuses warp zones sont cachées dans tous les niveaux, on les fait apparaître en tirant à certains endroits, ou en passant à travers certains murs ou sols creux. Les warp zones mènent à des bonus, mais également à un niveau caché commun. Il est même possible de sauter des niveaux, et de revenir en arrière ou d’accéder à des zones de niveaux précédents inaccessibles autrement ! Le level design est décidément très poussé.

Bienvenue au paradis ! Notez l’auréole sur la
tête de Tiki (les ennemis en ont une aussi).
Si vous passez sous la vierge Marie,
vous obtiendrez la vraie sortie !

Comble du raffinement : la heaven zone. À partir de la moitié du jeu, si vous perdez votre dernière vie de votre crédit à cause d’un projectile, le Game Over n’est pas immédiat : Tiki se retrouve au ciel ! Si vous survivez au niveau spécial dans les nuages (il y en a trois différents), rempli de pièges et d’ennemis, et si vous trouvez la sortie cachée, alors le jeu vous donne une nouvelle chance ! Attention, n’allez pas dans les bras de la vierge Marie qui vous attend dans le niveau, c'est un leurre qui vous mène droit au Game Over. C’est tout bonnement génial !

Et voici ce qui se passe si vous allez voir
la vierge : Game Over !
La carte du jeu se dévoile au fur et à mesure.

Côté réalisation, on nage en plein âge d’or de Taito période Bubble Bobble et Rainbow Islands : tout le monde est mignon ; les décors, malgré le peu de couleurs, présentent des tons vifs ; quant aux sons, c’est dans la même veine, so cute. Ce qui contraste avec l’action du jeu puisque tout l’environnement cherche à vous trucider par n’importe quel moyen : les chatons lancent des haches, Tiki se prend pour Rambo avec son arc... The NewZealand Story est un jeu violent, on y meurt avec une étonnante régularité. Mais c’est surtout un jeu très bien pensé, original, et bien fini, une vraie référence.
The NewZealand Story, fort de son succès en arcade, a été adapté sur quasiment tout ce qui a existé au moment de sa sortie, et les supports plus récents ont connu sa réédition dans les compilations Taito Memories. La Nintendo DS a même eu droit à un remake, The NewZealand Story Revolution. Toutes ces adaptations font honneur à leur support, et diffèrent de façon variable de l’original, certaines se fondant sur la deuxième version arcade du jeu.

Voici le premier niveau de la version originale du jeu, comparez avec l’image au début de l’article.
Le niveau de difficulté augmente très vite dans cette version.

Deux versions ? Oui. Comble du plaisir, il se trouve que la version arcade a été refaite ; certaines sources affirment que c’est la version Megadrive, à l’instar de Toki, qui a eu droit à une version remixée, et qui serait à l’origine de cette réédition. Toujours est-il qu’en fonction de la version du jeu, en arcade, vous n’aurez pas droit aux mêmes niveaux ! Si les thèmes graphiques sont les mêmes (avec quelques différences graphiques cependant, la nouvelle version étant un peu plus riche), les labyrinthes ne sont pas les mêmes, et sont bien plus durs dans la version originale. De mémoire, j’ai toujours vu en France la nouvelle version, j’ai découvert l’ancienne ultérieurement par le biais de l’émulation. Toutes les images présentes dans cet article sont tirées de nouvelle version (sauf mention contraire). Deux versions différentes du jeu, c’est quand même la classe !

Une warp zone !
Et voici le fameux niveau secret,
on y revient régulièrement par petits bouts.

Si vous ne connaissez pas ce jeu culte, essayez-le, mais soyez prêts à essuyer une certaine difficulté. Si vous cherchez du challenge, allez-y, c’est une vraie perle de Taito. Même si le jeu ne connaîtra pas de suite, on considère Liquid Kids comme son successeur spirituel (comme Rainbow Islands pour Bubble Bobble). Mais c’est une autre histoire.

Tonton Ben
(20 mai 2013)
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