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Star Trek : 25ème Anniversaire
Année : 1992
Système : Amiga, Mac, PC
Développeur : Interplay
Éditeur : Interplay
Genre : Point'n click
[voir détails]
Par JPB (26 juillet 2010)

L'espace apparaît. Des étoiles remplissent le champ de vision. Un point parmi elles se met à grossir, et soudain il n'y a plus de doute : c'est un vaisseau spatial qui s'approche de nous à toute vitesse. À peine le temps de le discerner (une soucoupe à l'avant et deux nacelles à l'arrière) qu'il est déjà passé et nous laisse sur place, disparaissant dans le noir de l'espace. Puis, une autre vision de ce même vaisseau, au design décidément plus complexe qu'on pourrait le croire au premier abord, nous le montre alors qu'il se met en orbite autour d'une planète inconnue. Et pendant ce temps, une voix déclame ces mots : Espace, frontière de l'infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial. Sa mission : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger, avancer vers l'inconnu.

Première vision de l'Enterprise.

Le générique de Star Trek est devenu culte. La musique d'Alexander Courage, et les paroles prononcées par James T. Kirk, font vibrer ceux qui connaissent la série aux toutes premières notes. Il y aura plusieurs versions en français (enfin : en québécois) et la plus entendue lors de la série est celle que j'ai écrite plus haut. La version originale en anglais, elle, n'a jamais changé depuis plus de quarante ans : Space: the final frontier. These are the voyages of the starship Enterprise. Its five-year mission : to explore strange new worlds, to seek out new life and new civilizations, to boldly go where no man has gone before.

Le logo (d'abord jaune, puis bleu, il redeviendra jaune par la suite).

Il y aurait tellement à dire sur Star Trek qu'une trentaine de pages ne suffiraient pas... Depuis 1966, la série et tous les dérivés continuent d'attirer les gens, et nul doute que ça n'est pas près de s'arrêter...

PREMIÈRE PARTIE : STAR TREK À LA TÉLÉ ET AU CINÉMA

Note : tout d'abord, ceux que la série proprement dite n'intéresse pas pourront aller directement page suivante, où sont traités les jeux, en cliquant sur le lien tout en bas de cette page. Ensuite, je vais tout au long de cet article traiter uniquement des épisodes ou films dans lesquels sont présents les personnages de la série originale, c'est à dire Kirk, Spock, McCoy et les autres membres de l'Enterprise NCC-1701. Ne connaissant pas les séries dérivées (Star Trek Next Generation, Star Trek Deep Space Nine, Star Trek Voyager ou Star Trek Enterprise...) je laisse le soin aux connaisseurs de le faire.

STAR TREK : La série originale (STAR TREK : TOS)

En France, malgré quelques rares épisodes diffusés les dimanches après-midi sur TF1 autour des années 1982-83, Star Trek n'est pas très connu. Il faut attendre 1986, année de création de La 5 (la fameuse chaîne disparue en 1992) pour que cette série passe au premier plan. Diffusée à 19H30 (voir la bande-annonce de la chaîne), c'est l'engouement général pour ces hommes dans leur vaisseau spatial, avec le Vulcain si logique, le docteur coléreux et ce "tombeur" de capitaine Kirk. Vu le succès de Star Trek, La 5 diffuse également les trois longs-métrages existant à l'époque, et c'est pendant cette période faste que sort Star Trek IV : Retour sur Terre au cinéma. Puis petit à petit, Star Trek disparaît du prime time et du paysage audiovisuel, mais trop tard : les trekkies français sont désormais bien présents.

Star Trek ne date pourtant pas des années 1985. Quand on le découvre vraiment en France, la série a déjà 20 ans. Mais téléportons-nous un peu dans le passé...

Genèse

Gene Roddenberry était à l'origine un policier de Los Angeles. Après avoir été pilote lors de la Seconde Guerre Mondiale, puis pilote de ligne pour la Pan Am, il décida de se mettre à l'écriture de scénarios, principalement pour des séries policières. Mais rapidement, l'idée lui vint de se lancer dans la Science-Fiction : il voulait concurrencer Buck Rogers, donner un coup de jeune aux séries de science-fiction de l'époque. Ses sources furent des romans de Van Vogt ou de Eric Frank Russel, ainsi que des films tels que Planète Interdite (1956).

Et voilà Gene Roddenberry avec un concept novateur : la Terre du 23ème siècle, où le racisme, la maladie, la famine n'existent plus, et où des races extra-terrestres sont soit déjà connues, soit découvertes au cours des épisodes. Dès le départ, connaissant la pingrerie des studios, plusieurs solutions furent prises pour réduire le budget. La plus amusante est le téléporteur : il aurait été trop cher de filmer des séquences de décollage ou d'atterrissage pour chaque épisode ; et finalement la téléportation, le mot "Énergie" suivi du bruit du téléporteur, sont indissociables de Star Trek. Un autre concept fut celui des mondes similaires : l'existence des planètes de classe M, autrement dit proches de la Terre ou de Mars, permettait ainsi de s'affranchir de costumes compliqués, de scaphandres ou de différences de gravité ; de simples petites prothèses et des teintures de peau suffiraient dans tous les cas. Roddenberry signa un contrat de 3 ans avec le studio Desilu, alors moribond. L'accord arrangeait les deux parties : d'une part le studio permettait de réaliser l'épisode-pilote de Star Trek, dans des coûts raisonnables bien entendu, et d'autre part s'il était choisi par un grand réseau télé, cela renflouerait les caisses de Desilu.

Le script du premier épisode, "La Cage", fut d'abord proposé à CBS. Roddenberry fut soumis à un véritable interrogatoire de la part de toute la direction du studio, pour s'entendre dire au final qu'ils refusaient son projet et lui préféraient une production à eux, jugée plus traditionnelle : Perdus dans l'Espace. En fait, Roddenberry fut très amer, car visiblement CBS lui soutira toutes ses astuces pour diminuer au maximum les coûts des épisodes, afin de les utiliser pour leur série.

Roddenberry proposa alors son script à NBC, qui le trouva intéressant, et lui accorda une somme de 20 000 dollars "en avance sur scénario" afin de le réaliser. Il s'y attela séance tenante, avec l'aide de nombreuses personnes de Desilu, dont je parlerai dans la partie sur le tournage de la série. "La Cage" fut tourné fin 1964 ; on y trouve le Capitaine Christopher Pike (incarné par Jeffrey Hunter), secondé par Numéro Un (que joue Majel Barrett) et l'officier scientifique Spock (Leonard Nimoy), qui se rendent sur Talos IV suite à un signal de détresse.
L'épisode-pilote fut proposé peu de temps après aux dirigeants de NBC. Ils le visionnèrent, furent conquis par la réalisation et le concept, à tel point qu'ils applaudirent à la fin de la projection ; néanmoins, ils le trouvèrent "trop cérébral" et donc, invendable. De plus, Numéro Un était autant détestée par les hommes (qui jugeaient une femme inapte à un tel poste) que par les femmes (qui la trouvaient "ennuyante et agressive") : il fallait se débarrasser d'elle, ainsi que de ce "martien enfantin qui rend le feuilleton idiot". Mais chose extraordinaire, preuve de leur intérêt, ils demandèrent un second pilote à Roddenberry, plus axé action et respectant leurs desiderata.
Pour info, "La Cage" sera ré-exploité plus tard, lors de la première saison, dans un épisode en deux parties : "La Ménagerie".

Le second pilote fut tourné en juillet 1965. Roddenberry explique :

La Chaîne me dit de me débarrasser de Numéro Un, le premier lieutenant féminin, et également de me débarrasser de ce "bonhomme martien"... autrement dit : Spock. Je savais que je ne pouvais les garder tous les deux, je dotai donc Spock du stoïcisme de l'officier féminin, et j'épousai l'actrice qui jouait Numéro Un. Dieu merci, ce ne fut pas l'inverse. Je reconnais que Leonard est mignon, mais...

Intitulé "Où l'Homme dépasse l'Homme", on y trouve une nouvelle distribution des personnages : Kirk, Spock, Scotty y sont présents ; Sulu également - mais à un autre poste ; mais ni McCoy ni Uhura ne sont là. L'intrigue est effectivement plus axée "action" : deux membres de l'équipage, le commander Gary Mitchell (joué par Gary Lockwood, qu'on verra un peu plus tard dans 2001 : l'Odyssée de l'Espace) et Elisabeth Dehner (incarnée par Sally Kellerman), sont touchés par des radiations qui leur font perdre la raison à mesure qu'ils développent des pouvoirs surhumains ; Kirk doit choisir entre tuer son ami ou le sauver, sans mettre en péril son équipage.

Cette fois, l'épisode fut approuvé et le lancement de la série commença aussitôt.

Tournage

Ce fut grâce à quelques personnes que la série fut possible. Il convient de les nommer ; la plupart d'entre elles étaient présentes dès le premier épisode-pilote.

- Tout d'abord, Matt Jefferies. Directeur artistique, c'est lui qui au départ créa le design de l'Enterprise, mais aussi la passerelle, les ponts, etc. Son rôle augmenta jusqu'à ce qu'il soit responsable de pratiquement tous les éléments techniques, comme les autres vaisseaux, les décors, les maquettes... Son nom apparut en hommage dans certains épisodes, car il fut utilisé pour les tubes de Jefferies, ces fameux petits corridors plus ou moins inclinés, qui mènent à des éléments essentiels de l'Enterprise (mais si, on voit souvent Scotty allongé dans le tube en essayant de rafistoler des circuits).

La grande maquette (3 mètres) de l'Enterprise.
Elle se trouve désormais au Smithsonian
National Air and Space Museum (cliquez ici pour la voir).
Les plans du premier Enterprise.
Cliquez sur l'image pour une version plus grande.

- Ensuite, Bill Theiss. C'est à lui que revint la responsabilité des costumes. Non seulement leur création, mais leur réalisation. Et aussi du coup, la préparation de chaque costume pour chaque acteur, qu'il soit régulier ou qu'il ne soit présent qu'une seule fois, dans chacun des épisodes.
- Irving Feinberg, avec ensuite Carl Biddiscombe et Marvin March, étaient chargés de découvrir des objets qui puissent être utilisés dans la série comme outils ou décors. Par exemple, le tricordeur de McCoy qui lui sert à examiner un malade, est en fait une salière un peu remaniée. Vu l'implication de Feinberg, on se mit à appeler ce genre d'objets des "feinbergers". D'autres petits gadgets du futur, faciles et peu chers à construire furent également créés dans cette optique, comme le fameux Tricorder de Spock ou le communicateur (par Wah Chang). Les Phaseurs (armes laser) furent réalisés par John Jefferies.
- Pour finir, les effets spéciaux furent réalisés par Jim Rugg.
Vous trouverez plein de souvenirs et de croquis ici : http://www.ottens.co.uk/forgottentrek/tos_1.php.

Autres personnes indispensables : les auteurs. En plus de Gene Roddenberry lui-même, de nombreux écrivains de science-fiction furent mis à contribution pour les épisodes : Richard Matheson, Gene L. Coon, Robert Bloch, Norman Spinrad, Harlan Ellison, Theodore Sturgeon... N'oublions pas Dorothy (D.C.) Fontana, qui pendant des années était la secrétaire de Roddenberry. Si ça vous intéresse, la liste complète en anglais des auteurs des épisodes est ici.

Enfin, parlons de la musique. Comme je le disais au début de cette page, le thème principal de Star Trek fut créé par Alexander Courage. Celui-ci explique qu'il s'était inspiré de "Beyond the Blue Horizon" par Richard Withing, et de symphonies de Gustav Mahler. Ce thème fut par la suite repris à toutes les sauces, notamment dans les films ultérieurs, mais aussi en versions s'éloignant plus ou moins de l'original. Vous voulez en savoir plus ? Cette page en anglais vous intéressera sûrement.
Pour des raisons budgétaires, les musiques créées dans certains épisodes furent réutilisées dans d'autres : seuls 31 épisodes sur les 79 eurent des morceaux spécifiques. Bien sûr, les thèmes devaient introduire de l'action, du sentiment, du suspense... et la synchronisation parfaite de la musique avec les images a donné du fil à retordre à toute l'équipe.

Scotty dans un des Tubes de Jefferies.
Un dessin de la passerelle.

Le tournage eut lieu sur 3 saisons bien distinctes.
- Lors de la première (diffusée dès le 8 septembre 1966), tout le monde travaillait et découvrait les marques ; c'était l'époque du développement des personnages, de leurs relations entre eux, de l'univers dans lequel ils jouent. Il est partout fait mention de la bonne entente de toute l'équipe, acteurs et gens de l'ombre, ainsi que du professionnalisme de chacun. Résultat : pour une série qui venait de naître, et qui faisait ce qu'aucune autre n'avait fait auparavant, les épisodes étaient pour la plupart intéressants et leur réalisation était sans reproche.

- La seconde saison (diffusée dès le 15 septembre 1967) fut la plus intéressante, grâce à plusieurs facteurs : tout d'abord, les acteurs avaient pris leurs marques, connaissaient bien les décors et étaient familiarisés avec les gestes à effectuer, les procédures à refaire minutieusement pour les effets spéciaux (comme pour le film de la téléportation), et leurs propres personnages. Ensuite, les auteurs se surpassaient, notamment Gene L. Coon et Dorothy Fontana (qui créaient des scénarios originaux ou corrigeaient ceux d'autres personnes), ce qui fit qu'on obtint à cette époque les meilleurs épisodes de Star Trek, comme "Le Mal du Pays" ou "Tribulations" qui force le ton de la comédie.

- La troisième saison (diffusée à partir du 20 septembre 1968) faillit ne jamais voir le jour. Ce fut grâce aux fans Bjo et John Trimble, qui parvinrent à motiver un nombre impressionnant de signatures, que NBC fut inondé de lettres de protestation et accepta d'allouer des crédits pour la filmer ; mais d'une part, la somme fut très réduite, et d'autre part l'horaire de diffusion fut volontairement mal choisi : alors qu'il était convenu que Star Trek serait diffusé le lundi à 19H30, la série fut placée le vendredi soir à 22H00, quand tous ceux qui aimaient la série profitaient du début du week-end hors de chez eux. Autre aspect navrant : la production commençait à censurer les épisodes (il n'y a qu'à voir les réactions concernant le premier baiser interracial à la télé, entre Kirk et Uhura) ; elle demandait également que la série ressemble de plus en plus à Perdus dans l'Espace, et on vit donc apparaître des monstres et des scripts qui étaient très éloignés de ce qui avait fait le succès de Star Trek. Tous ces éléments, combinés au malaise grandissant de l'équipe et au départ de personnes indispensables (retrait de Roddenberry vers la production, départ de Gene L. Coon et de Dorothy Fontana), firent que les épisodes considérés comme les plus ridicules furent réalisés à cette époque, notamment "Le Cerveau de Spock". Faute d'audience, Star Trek s'arrêta après le 79ème épisode, diffusé le 3 juin 1969.

L'équipage de l'Enterprise (avec Christine Chapel) sur la passerelle.

La liste des épisodes est disponible ici, et vous trouverez une liste plus détaillée en anglais à cette adresse.

Une petite remarque sur la version française : elle provient de la firme québécoise Sonolab, basée à Montreal. Les textes en français étaient une adaptation faite par Michel Collet et par Régis Dubos. Au Québec, cette série est connue sous le nom de Patrouille du Cosmos ; en France, diffusée seulement à partir de 1982, elle est connue sous son nom original Star Trek et toujours diffusée avec le doublage québécois de 1969. Vous aurez la liste des doubleurs sur cette page.

Contexte : Starfleet et ennemis

La Terre fait partie de la Fédération Unie des Planètes. La charte de la Fédération est signée à San Francisco en 2161, au terme d'une guerre ayant opposé les Romuliens aux forces armées de différentes planètes parmi lesquelles la Terre. Les peuples fondateurs de cette organisation sont : les Humains, les Vulcains, les Andoriens, les Tellarites, les Dénobuliens, les Rigelliens, les Corridans, les Alpha Centauriens, les Trills, les Arcturiens, les Izarites, les Boliens, les Pandrilites, les Grazerites, les Efrosiens et les Denoviens (ouf !).
L'adhésion à la Fédération n'est théoriquement soumise qu'au respect de certains principes éthiques - qui pourraient se résumer aux Droits de l'homme appliqués à tous les peuples de la Galaxie - mais dans les faits, d'autres critères (tels que le niveau de développement ou la situation géopolitique) entrent eux aussi en ligne de compte.
Sa loi fondamentale implique la mutualisation des connaissances et elle offre des garanties constitutionnelles à tout individu résidant sur un des mondes qui la constituent ou voyageant dans l'espace qu'elle contrôle.
En 2373, la Fédération compte plus de 150 membres (planètes, colonies, systèmes stellaires et autres entités politiques) répartis dans un rayon de 8 000 années-lumière.

Les logos de la Fédération Unie des Planètes et de Starfleet Command.

Starfleet est le "bouclier" de la Fédération face à l'ennemi, mais son rôle principal reste scientifique et diplomatique. Il s'agit d'une armada de vaisseaux spatiaux, dont le rôle était au départ d'explorer l'univers (les armes embarquées sur les vaisseaux ne servaient que pour se défendre). Petit à petit l'organisation a pris de l'importance, et elle comprend maintenant plusieurs branches (médecine, espionnage, exploration...) Toute personne voulant s'engager dans Starfleet doit entrer à l'Académie de Starfleet.
Les vaisseaux de Starfleet ont souvent un look similaire, avec une soucoupe et des cylindres placés de manières différentes. Les plus connus sont les vaisseaux de classe Constitution, comme l'Enterprise.

Le travail d'un fan. Cliquez sur l'image pour une version ÉNORME (7368x2587 !) sur le site de cette personne.

En face de la Fédération, on trouve les Romuliens et les Klingons.
Les Romuliens (traduits par Romulanais en québécois) sont en fait des Vulcains qui, des milliers d'années auparavant, ont rejeté la logique et se sont expatriés, sous la direction de S'Task. Aujourd'hui, ils sont natifs de la planète Remulus, sous les ordres du Praetor. La Zone Neutre sert de zone tampon entre leur empire et la Fédération. C'est un peuple guerrier, dont l'organisation martiale ressemblerait à la Rome antique. Physiquement très proches des Vulcains, ils ont également un code de l'honneur très strict.
Les Klingons (traduits parfois en québecois par Kligons), quant à eux, sont originaires de la planète Kronos (Qo'noS en klingon). Leur constitution est encore plus étrange que celle des Vulcains ou des Romuliens : ils ont deux foies, deux cœurs à huit chambres, 26 côtes, trois poumons et plusieurs estomacs (cette particularité est appelée brak'lul et leur donne une grande résistance). Ils présentent également une crête osseuse sur le haut du crâne, qui sert à signifier l'appartenance à une de leurs Maisons. Leur société ressemble à un système féodal : des familles de haute lignée sont regroupées en clans et forment le Haut Conseil Klingon, chargé de gouverner. Eux aussi ont un code de l'honneur très important.

L'apparence des Romuliens et des Klingons dans le premier Star Trek.
À gauche, le Romulien au premier plan est l'acteur Mark Lenard, qui incarne aussi Sarek, le père de Spock.

Il est parfois fait mention des pirates Orions, mais ils restent anecdotiques dans la série d'origine.

Personnages

Le succès de la série tient principalement au fait que dès le départ, Roddenberry a voulu faire des personnages simples et réalistes, qui soient le cœur de la série : pour lui, si ces personnages sont suffisamment intéressants, tout le reste suivra, même s'il s'agit de science- fiction. Voici les les plus importants, qu'on retrouve régulièrement dans les épisodes une fois qu'il sont apparus dès la saison 1. Il s'agit aussi des membres de l'équipage qu'on retrouve dans le jeu Star Trek : 25ème Anniversaire.
Une petite remarque à propos de Chekov, le seul personnage régulier qui fut intégré au début de la 2ème saison. Une rumeur, démentie par la suite, attribuait sa création suite à une lettre de la Pravda, qui regrettait qu'aucun Russe ne soit présent dans l'équipage, alors que le premier homme dans l'espace fut Youri Gagarine. En fait, la véritable raison était qu'il s'agissait d'un hommage à Davy Jones, du groupe The Monkees, dont Chekov reprend le look, afin d'augmenter l'audience auprès des plus jeunes.

Commençons par le trio de tête de l'Enterprise.

Capitaine James Tiberius Kirk (William Shatner).

Né sur Terre, à Riverside dans l'Iowa, le 22 mars 2233. Après 4 ans à l'Académie de Starfleet, il est promu lieutenant sur le Farragut en 2254, sous les ordres du capitaine Garrovick. Il devient le plus jeune capitaine de la Fédération en 2265, lorsqu'il obtient le commandement de l'Enterprise pour sa mission de 5 ans.

Kirk est charismatique, car il est juste, droit, et est prêt à tout pour son vaisseau et son équipage ; pour lui, impossible d'envoyer un de ses hommes là où lui-même n'irait pas, ce qu'il fait parfois plus que de raison. Il tient toujours compte des avis de ses subordonnés, même s'il a toujours le dernier mot. Le plus important trait de caractère de Kirk, c'est qu'il ne s'avoue jamais vaincu : déjà à l'Académie, il a recommencé trois fois la simulation du Kobayashi Maru, le "scénario voué à l'échec", et la troisième fois il a réussi - en trichant et en reprogrammant les ordinateurs pour que la simulation soit réalisable.

Kirk est un humaniste, il préfère toujours la discussion au combat, et tentera toujours de sauver la vie, même celle d'un ennemi ; mais s'il faut combattre, c'est un fin stratège, qui a lu nombre de batailles des temps jadis - et comme on l'a vu, ne cède jamais au désespoir. Dernier aspect de Kirk : c'est un tombeur, ses conquêtes sont innombrables, mais il revient toujours à son seul véritable amour : l'Enterprise.

Premier Officier Spock (Leonard Nimoy).

Né à Shi'Kahr sur Vulcain, en 2230, d'un père vulcain (Sarek) et d'une mère terrienne (Amanda Grayson). Refusant de suivre les traces de son père à l'Académie de Vulcain, il entre en 2252 en tant que cadet dans l'Académie de Starfleet, pour servir sous les ordres du capitaine Pike à bord de l'Enterprise. Il devient Premier Officier en 2265 sous les ordres de Kirk.

Spock, mi-humain mi-vulcain, semble être une énigme pour tout l'équipage. Affichant en toutes circonstances une certaine équanimité, on lui reproche d'être insensible, sans cœur, parfois même d'être "plus vulcain qu'un vulcain". Avant tout, il faut savoir qu'il est faux de dire que les Vulcains n'ont pas d'émotions : simplement, ils tentent de les maîtriser à tout prix. Ainsi, autrefois les Vulcains étaient extrêmement guerriers, et c'est la conversion à la logique par Surak qui les a conduits à ce qu'ils sont ; ceux qui ont refusé cette doctrine se sont expatriés et sont devenus les Romuliens.

Spock a donc des émotions, mais sa moitié humaine lui donne plus de mal à les maîtriser, ce qui entraîne parfois des situations parfois cocasses, mais parfois fort désagréables. Au fur et à mesure de la série, on apprend de plus en plus d'informations sur le mode de vie des Vulcains (ne ratez pas "Le Mal du pays" où il retourne sur Vulcain pour se marier), on découvre ainsi - entre autres - qu'ils ont du sang vert, le cœur à la place du foie, qu'ils ont une paupière interne en cas d'éblouissement trop important, et qu'ils sont dotés d'une force surhumaine. De plus, Spock est un télépathe de contact : il peut connaître les pensées d'un être qu'il touche. On se rend finalement compte qu'en plus de sa loyauté indéfectible à Kirk et à l'Enterprise, il ne manque pas d'humour, qu'il traduit discrètement en levant le sourcil droit.

Médecin-Chef Leonard McCoy (DeForest Kelley).

Né sur Terre, dans le Mississippi, en 2227. Il entre à l'Université du Mississippi en 2245, puis à l'école de Médecine dès 2249 jusqu'en 2253. Il devient le Médecin-Chef de l'Enterprise en 2265.

McCoy est tout le contraire de Spock. Médecin bougon, facilement irritable, il possède au départ des connaissances en chirurgie qu'il pratique sur Terre. Mais suite à son divorce, il décide de s'enrôler dans Starfleet et embarque sur l'Enterprise. Il y apprend de nombreuses techniques dans tous les domaines de la médecine, notamment sur l'anatomie des Vulcains en général et de Spock en particulier. Il ne rate d'ailleurs pas l'occasion de le "chatouiller" sur ce point, mais il est souvent remis à sa place de manière logique. McCoy est le Médecin-Chef du vaisseau, ce qui lui donne le droit de démettre Kirk de son commandement s'il le juge inapte.

McCoy, que le capitaine surnomme "Bones" (traduit en québécois par "prof" dans la série), est capable de râler à propos de tout et n'importe quoi, mais ses sujets de prédilection sont Spock et le téléporteur, qu'il ne supporte pas de peur qu'il tombe en panne pendant qu'il transite. En dépit de ses protestations régulières, il ne s'avoue pas plus vaincu dans le domaine de la médecine que Kirk au commandement du vaisseau. Vous verrez ainsi dans l'épisode "Les Mines de Horta" qu'il arrive à soigner un extraterrestre minéral avec du plâtre... après avoir râlé, protesté que c'était impossible, et déclamé : 'Bon sang, Jim, je suis médecin, pas maçon !'

Vu leur antagonisme, Spock et McCoy ne ratent jamais une occasion de se chamailler (alors qu'ils s'estiment énormément, on le devine au fur et à mesure de la série, mais on en aura la preuve dans Star Trek II et Star Trek III) ; leurs piques sont toujours attendues. Elles sont devenues au fil des épisodes une marque de fabrique de Star Trek, on les retrouvera bien sûr dans le jeu. Quelques exemples :

En examinant les Tribules à l'infirmerie ("Tribulations") :
McCoy : De quoi s'agit-il, Spock ?
Spock : Il y a quelque chose d'inquiétant à propos de ces Tribules.
McCoy : Oh ? Ne me dites pas que vous en êtes amoureux ?
Spock : Allons, pas d'insultes, docteur. Ils me font penser aux lys de la vallée. Ils sont statiques, ils ne se donnent aucune peine. Mais ils semblent avoir un gros appétit. Je n'en vois pas l'utilité première.
McCoy : Est-ce que toute chose doit être nécessairement utile pour vous ? Ils sont soyeux, ils sont adorables, on dirait de la fourrure, et ils émettent un gentil gazouillis.
Spock : Comme si on mettait de l'hermine sur un violon, docteur. Mais je ne vois pas tellement l'avantage.
McCoy : C'est une des nombreuses caractéristiques du genre humain, d'aimer les animaux, surtout lorsqu'ils sont gentils comme eux.
Spock : Docteur, je connais bien le genre humain et ses caractéristiques. Je dois même reconnaître que je suis parfois pris de court, quoique je m'entraîne à ne pas me laisser emporter par ses méandres.
McCoy : Spock, je ne sais pas grand choses sur ces Tribules, mais sachez que j'ai découvert une petite chose à leur contact.
Spock : Et quoi donc, docteur ?
McCoy. Je les aime. Beaucoup plus que je ne vous aime, vous !
Spock : Docteur ?
McCoy : Oui ?
Spock : Il y a malgré tout une chose agréable dans leurs caractéristiques.
McCoy : Bien, laquelle ?
Spock : Quand il le faut, ils savent se taire. Si vous voulez bien m'excuser...

Spock (légèrement excédé, façon vulcain) et McCoy, examinant les Tribules (voir dialogue ci-dessus).

Mais c'est surtout le caractère de Spock, sa façon de penser littérale et logique, et parfois son physique (notamment ses oreilles) qui sont mis en avant pour les situations comiques. La présence de McCoy n'est pas toujours indispensable, même si elle apporte un plus certain :

À la fin de la mission sur Gamma Trianguli VI ("La Pomme") :
Spock : On peut dire que nous avons donné au peuple de Vaal la pomme, la connaissance du bien et du mal, et en conséquence ils seront eux aussi chassés du Paradis.
Kirk : Docteur, est-ce que je l'ai bien compris ? (en regardant Spock) : Me distribuez-vous le rôle de Satan ?
Spock : Mais non, capitaine, je...
Kirk : S'il y a quelqu'un sur ce vaisseau, qui ressemble même de loin... (il tourne autour de Spock et regarde ses oreilles) à Satan...
Spock : Je ne connais personne qui réponde à cette description, capitaine.
Kirk : Non, Monsieur Spock ? Eh bien, moi non plus.

En salle de réunion, Kirk interrogeant Chekov ("Tribulations") :
Kirk : M. Chekov, à combien serons-nous de l'avant-poste Klingon le plus proche en continuant notre trajectoire ?
Chekov : Ah ! Un parsec, chef. On sera si près qu'on sentira leur parfum.
Spock : C'est absolument illogique, enseigne. Les odeurs ne peuvent se propager dans le vide de l'espace.
Chekov : Je faisais petite plaisanterie.
Spock :Extrêmement douteuse, enseigne.

Pour conclure, on peut dire que Kirk représente l'action, Spock la logique, et McCoy l'émotion. Kirk doit composer avec ses deux amis pour trouver la solution à un problème, vu que chacun lui propose une facette de la solution.

Continuons maintenant avec les officiers supérieurs :

Ingénieur en Chef Montgomery Scott (James Doohan).

Né en 2222 (en écosse, sur Terre ? En tout cas ses ancêtres sont écossais et il s'en vante). Il entre à l'Académie de Starfleet en 2240 jusqu'en 2244. Jusqu'en 2265, il sert en tant qu'ingénieur sur 11 vaisseaux. Il devient Ingénieur en Chef sur l'Enterprise en 2265.

Scotty est l'ingénieur-miracle. Il est capable de réparer n'importe quelle pièce de l'Enterprise ; d'ailleurs, il voue à son vaisseau une admiration encore plus intense que Kirk (et qu'à Kirk) : ainsi, dans l'épisode "Tribulations", quand les Klingons insultent son capitaine, il conseille à ses amis de ne pas se lancer dans la bagarre ; mais quand l'un des Klingons ose dire que l'Enterprise est une poubelle, Scotty ne se contrôle plus et fonce dans le tas ! Cet aspect protecteur envers son vaisseau trouve une autre façon de se montrer, lorsque Kirk demande à pousser les moteurs de l'Enterprise à fond : Scotty gémit en protestant sur le sort qu'on fait subir à "ses pauvres moteurs", alors qu'il est tout à fait conscient de leur excellent fonctionnement. Dans "L'équipage en Folie", il annonce d'ailleurs : 'à moins que des petits rigolos se mettent à prendre des douches tout habillés, mes moteurs sont capables de n'importe quoi.'. Il est souvent mis à contribution par Spock pour concrétiser les théories de ce dernier. C'est un brillant cerveau, un technicien hors-pair, et un grand amateur de Scotch.

Officier des Communications Nyota Uhura (Nichelle Nichols).

Née sur Terre, aux états-Unis d'Afrique, en 2239. Elle entre à l'Académie de Starfleet en 2257 jusqu'en 2261. Elle intègre l'Enterprise en 2265 en tant qu'Officier des Communications.

Uhura (dont le nom est bizarrement traduit en québécois par "Ohara") est la plupart du temps à son poste, le décodeur dans l'oreille, mais il lui arrive aussi de se retrouver en salle de téléportation. Son courage n'a d'égal que sa beauté et sa loyauté envers ses amis. Et pour le reste, même Kirk a mis du temps à comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une simple standardiste dotée de superbes jambes, mais bel et bien d'une xéno-linguiste capable de parler et décrypter de très nombreuses langues, et d'améliorer le traducteur universel. Elle chante souvent, ce qui remonte le moral de l'équipage dans les moments difficiles ; parfois, Spock l'accompagne avec sa harpe vulcaine.

Officier Timonier Hikaru Sulu (George Takei).

Né sur Terre, à San Francisco, en 2239. Il entre à l'Académie de Starfleet en 2255 jusqu'en 2259. Il intègre l'Enterprise en 2265 en tant qu'Officier Timonier (pilotage du vaisseau).

Sulu a toujours rêvé de piloter un vaisseau de classe Constitution comme l'Enterprise. Ses capacités de pilote sont inégalées, souvent Kirk reconnaît que seul Sulu pouvait venir à bout de manœuvres délicates. L'autre attribution de Sulu est l'armement. Il a une passion pour la botanique, la gymnastique ; mais il s'intéresse particulièrement aux armes de l'ancien temps et pratique l'escrime (comme on le voit dans l'épisode "l'équipage en Folie", où son enthousiasme n'a rien de feint). Il se considère un peu comme le D'Artagnan des temps modernes. Toujours de bonne humeur, il a de plus un rire communicatif qui ne laisse personne de marbre. Dans Star Trek VI, il sera le capitaine de l'Excelsior - oui, le vaisseau trafiqué par Scotty dans Star Trek III...

Officier de Navigation Pavel Andreïevich Chekov (Walter Koenig).

Né en 2245 (sur Terre ?). Il entre à l'Académie de Starfleet de 2263 à 2267. Il intègre l'Enterprise en 2265 en tant qu'Enseigne, au poste de Navigation.

Chekov est un des plus jeunes membres de l'équipage de l'Enterprise. Il vient de Russie, ce que confirment son nom, son accent, et le fait qu'il ne puisse s'empêcher de ramener le moindre élément de conversation à la Russie (ce qui fait sourire tout l'équipage - sauf Spock). Il a le rang d'Enseigne au départ, et il est affecté à la navigation, la sécurité, et la tactique. Son enthousiasme et son impétuosité le mettent parfois dans des situations délicates (encore que dans l'épisode "Les Années Noires", cette impétuosité le fait entrer dans un bâtiment, et ce qu'il y trouve le terrorise sur le coup - et lui sauve la vie, sans compter celle des autres). Sous l'égide de Kirk, il va petit à petit réussir à se contrôler et à être plus réfléchi, et il va également beaucoup apprendre de Spock, au point d'être Commandant en Second plus tard sur le Reliant (dans Star Trek II).

D'autres personnages gravitent plus ou moins régulièrement dans l'Enterprise : l'infirmière Christine Chapel (Majel Barrett, ex-Numero Un de "La Cage"), et la "secrétaire" de Kirk : Janice Rand (Grace Lee Whitney). Le but de Star Trek était de montrer ce groupe de personnes soudées, afin qu'elles deviennent familières aux téléspectateurs, et qu'il soit agréable de suivre leurs aventures.

En Guest Stars, invités de marque apparaissant dans un épisode, on trouvera David Soul (Starsky et Hutch) dans "La Pomme", Ricardo Montalban (L'île Fantastique) dans "Les Derniers Tyrans", Keye Luke (Kung Fu, Gremlins...) dans "La Colère des Dieux", Joan Collins (Dynasty) dans l'excellent "Contretemps", John Colicos (Galactica) dans "Les Arbitres du Cosmos"...

Et n'oublions pas deux personnages particuliers : Roger C. Carmel qui incarne l'inénarrable Harry Mudd dans "Trois Femmes dans un Vaisseau" et "Mudd", et William Campbell qui joue le rôle de Trelane dans "Le Chevalier de Dalos" ; ces deux personnages ont visiblement marqué les esprits, puisqu'on retrouve le premier dans un des scénarios du jeu Star Trek : 25ème Anniversaire, et le second dans une des missions du jeu suivant : Star Trek : Judgement Rites.

Comme vous le voyez, les invités ne manquent pas tout au long des trois saisons.

STAR TREK : après la série, le dessin animé et les films

Vous êtes toujours là ? Tant mieux ! Je vais aller plus vite à partir de maintenant. Voici les suites de la série, gardant encore une fois l'équipage d'origine.

STAR TREK : The Animated Serie (TAS)

Suite au succès de la série, NBC décida de sortir un dessin animé destiné aux enfants. 22 épisodes de 26 minutes furent réalisés par Filmation, produits d'une part par Gene Roddenberry et D.C. Fontana, d'autre part par Norm Prescott & Lou Scheimer (vous les connaissez : ils ont réalisé Les Maîtres de l'Univers, Waldo Kitty, Tarzan, Zorro, Blackstar, et j'en passe...) Le dessin animé permit de créer des planètes, des extraterrestres, des vaisseaux qui auraient été irréalisables dans la série... Les acteurs originaux prêtèrent leurs voix aux personnages ; en revanche la version québécoise fut réalisée par une nouvelle société, les voix sont donc différentes de celles de la série.

Les épisodes de Star Trek : TAS furent diffusés entre le 8 septembre 1973 et le 12 octobre 1974 aux USA. Au Québec ils passèrent dans les années 75, et seulement en 1998 en France.
Un site complet se trouve ici.

STAR TREK : Le film

Un immense et mystérieux nuage se dirige droit vers la Terre. Toute tentative de l'attaquer ou de l'étudier s'est soldée par un échec. L'Enterprise est le seul vaisseau de la Fédération qui puisse intercepter l'intrus et découvrir ce qui s'y cache...

À la fin de la série, Roddenberry proposa à Paramount de continuer l'aventure Star Trek en produisant un film. Dès 1975, des projets furent mis en chantier, mais rien ne put convaincre la société, qui décida de lancer, plutôt qu'un film, une nouvelle série : Star Trek phase II. Mais le succès au cinéma de Rencontres du Troisième Type lui fit changer d'idée, et Paramount accepta finalement la production du film. Tout fut modifié depuis le projet précédent. En 1978, un battage médiatique fut lancé sur sa prochaine sortie, avec Robert Wise aux commandes.

Le film sortit fin 1979 et eut un succès mitigé. On critiqua surtout le manque d'action et la surenchère des effets spéciaux (pensez à la scène où on découvre le nouvel Enterprise, qui dure au bas mot cinq minutes, pour rentabiliser le coût de la maquette et de la prise de vue !) Mais Star Trek : the Motion Picture rapporta suffisamment d'argent pour qu'une suite soit mise en chantier. Si vous voulez des infos (en anglais) complémentaires, je vous invite à vous rendre sur Wikipedia.

STAR TREK II : La Colère de Khan

Alors qu'il est en cours d'études planétaires dans le système Ceti Alpha, une erreur de cartographie amène l'équipage du Reliant à libérer Khan, exilé sur une planète devenue morte. Khan n'a qu'une idée en tête : se venger du capitaine Kirk, qu'il juge responsable de son exil, et pour cela il est prêt à tout.

Les critiques négatives du premier film entraînèrent le rejet de Roddenberry par Paramount ; de producteur, il devint simple consultant, et fut remplacé par Harve Bennett. Au début, les choses ne se présentèrent pas très bien : déjà, on récupéra le plus d'éléments possibles de Star Trek : the Motion Picture ainsi que de Star Trek phase II pour rogner au maximum sur le budget accordé, bien moins élevé que pour le film précédent ; mais surtout, le réalisateur Nicholas Meyer n'avait jamais vu un seul épisode de Star Trek...

On décida que le nouveau film serait bien plus axé action que le premier ; quoi de mieux, pour cela, que de faire ressortir un méchant de la série ? Le choix se porta sur Khan Noonien Singh, interprété par Ricardo Montalban dans l'épisode "Les Derniers Tyrans" : Khan, un surhomme du 20ème siècle, tentait de s'emparer de l'Enterprise.

Le film eut beaucoup de succès dès sa sortie en salles en 1982 : il est considéré comme un des meilleurs films de l'univers Star Trek. Je me rappelle de l'avoir vu au cinéma quand j'avais une douzaine d'années, et je l'avais adoré (alors que je n'avais encore pas vu d'épisodes de la série). Des infos (en anglais) ? Pas de problème, c'est ici.

STAR TREK III : La Colère de Khan

Kirk apprend que l'âme de Spock a été transférée dans l'esprit de McCoy. Tous décident de récupérer le corps de Spock, déposé sur Genesis, mais cette planète provoque bien des convoitises... Et pour y accéder, Kirk va violer de nombreuses règles de la Fédération.

Le succès de Star Trek II entraîna un nouveau film, réalisé par Leonard Nimoy lui-même. Il commence juste après la fin du film précédent (on peut regarder Star Trek II, III et IV comme une seule histoire coupée en trois parties), du coup on retrouve facilement ses marques. Seul changement notable : le Lieutenant Saavik est désormais jouée par Robin Curtis (au lieu de Kirstie Alley qui demandait trop d'argent). Parlant acteurs, ne ratez pas l'excellent Christopher Lloyd (Doc Brown dans Retour vers le Futur) qui joue le Klingon Kruge !

Le film est agréable, mais assez mystique : on aime ou on n'aime pas, pour moi c'est limite. Enfin, il y a des passages cultes, comme celui où... allez, je me lance (spoiler) : celui où Kirk fait exploser son Enterprise... C'est aussi dans ce film qu'on voit McCoy reconnaître sa profonde amitié pour Spock. En tout cas, le film sortit en 1984 et le succès fut au rendez-vous. Encore une fois, si vous voulez en savoir plus, suivez ce lien.

STAR TREK IV : Retour sur Terre

Rentrant sur Terre dans un vaisseau Klingon après avoir sauvé Spock, l'équipage de l'Enterprise assiste à une dégradation soudaine de la météo sur toute la planète, provoquée par une sonde extraterrestre en orbite. Il s'avère qu'elle essaie de communiquer avec des baleines, mais celles-ci ont disparu des dizaines d'années auparavant. La Terre est menacée : Kirk et ses hommes décident de remonter le temps pour ramener un couple de baleines à leur époque.

C'est la fin de l'histoire commencée avec Star Trek II. Le film fut à nouveau réalisé par Leonard Nimoy. Le thème fut celui, toujours amusant, du voyage dans le temps. En dehors de ça, peu de changements par rapport aux deux films précédents.

Le film eut un beau succès en 1986. Certaines scènes devenues mythiques me plaisent énormément : Spock qui fait une prise vulcaine à un gars qui écoute la musique à fond dans un bus, Scotty qui parle à un Macintosh en utilisant la souris comme micro... Un beau message écologique sur le thème "sauvons les baleines", mais a-t-il été suivi ? Ici vous trouverez le lien vers les infos habituelles en anglais.

STAR TREK V : L'Ultime Frontière

L'équipage de l'Enterprise doit se rendre sur Nimbus III pour secourir des otages. Une fois sur place, ils découvrent que le responsable de la situation est Sybok, demi-frère de Spock : son objectif est d'obtenir un navire pour rallier la mythique planète Sha-Ka-Ree et rencontrer Dieu.

William Shatner avait accepté de jouer dans Star Trek IV, à condition qu'il réalise le film suivant ; c'est donc lui qui se retrouva aux commandes de Star Trek V. Il parvint à convaincre Harve Bennet de le produire, alors que celui-ci voulait prendre du recul. Le script fut réécrit plusieurs fois. Il semble que Shatner eut de nombreux déboires pour arriver au bout du tournage.

Le film eut peu de succès et les critiques furent pratiquement toutes négatives. D'ailleurs, il eut la "récompense" d'être le pire film de 1989 ; Shatner, lui, reçut le prix du pire acteur et du pire réalisateur, et DeForest Kelley celui du pire second rôle... Mauvaise année pour la série !

Personnellement, c'est le film que j'aime le moins : je considère qu'il est trop mystique et que les personnages ne sont pas crédibles pour un sou (surtout Sybok... d'où sort-il celui-là, je vous le demande !) Le lien vers les infos en anglais est là.

STAR TREK VI : Terre Inconnue

À la suite de l'explosion de la lune Praxis, source d'approvisionnement de l'empire Klingon, ceux-ci demandent à faire la paix avec la Fédération. Pour signer le traité, le Chancelier Gorkon doit être escorté sur Terre par l'Enterprise ; mais le Klingon est assassiné, son vaisseau endommagé, et toutes les preuves sont contre Kirk et son équipage...

C'est le dernier film dans lequel se retrouvent tous les membres d'équipage d'origine de l'Enterprise. Au départ, le film devait montrer des éléments antérieurs à la série originale, mais l'idée fut abandonnée au vu des réactions des fans. En plus des acteurs habituels, on trouve Christopher Plummer qui joue Chang, et David Warner qui incarne Gorkon. Paramount se demandait s'ils allaient arriver à corriger le tir après les critiques désastreuses sur Star Trek V.

Le film sortit fin 1991, lors du 25ème anniversaire de Star Trek. Il fut bien accueilli, et reçut même un Saturn Award pour le meilleur film de science-fiction. Il pose les bases des séries suivantes. Vous en saurez plus ici.

STAR TREK

Alors qu'il est en mission pour examiner un orage spatial, l'USS Kelvin est attaqué par un immense vaisseau qui en surgit. C'est un bâtiment Romulien ; son commandant, Nero, exige la venue du capitaine du Kelvin à son bord. Celui-ci s'exécute mais se fait tuer par Nero. Le commandant en second du Kelvin, George Kirk, reste aux commandes de son vaisseau endommagé ; pour protéger la fuite de l'équipage dans des navettes de secours, il se sacrifie et lance le Kelvin droit au cœur du bâtiment ennemi. Sa femme, réfugiée dans l'une des navettes, accouche de James Kirk.

Vingt ans plus tard, suite à une discussion avec Uhura dans un bar, James Kirk fait la connaissance du capitaine Pike : celui-ci propose à Kirk de s'enrôler dans Starfleet pour faire hommage à son père, et le met au défi de faire mieux que lui : avoir sauvé 800 personnes pendant les quelques minutes de son commandement. Kirk accepte le défi, et rejoint l'Académie en même temps que McCoy - dont il fait la connaissance dans le vaisseau qui les y emmène. Spock, quant à lui, est déjà membre de Starfleet, c'est notamment lui qui a programmé le test du Kobayashi Maru que Kirk réussit en trichant... Mais les évènements vont se précipiter et l'aventure va rapidement commencer.

Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas vu le film... Mais vous pouvez y aller les yeux fermés : c'est un excellent film de divertissement pour ceux qui ne connaissent pas la série, et pour les fans, il est suffisamment bien construit pour ne pas briser les conventions connues depuis des années.

Le nouveau design de l'Enterprise, très réussi.
Cliquez sur ce lien pour voir l'évolution du vaisseau depuis la première série jusqu'à aujourd'hui.

Ce nouveau film, réalisé par J.J. Abrams et sorti en 2009, a eu un énorme succès. Voulu comme un coup de jeune à la série, il a parfaitement rempli son but. Mais qu'a-t-il de particulier ?
Les scénaristes (Roberto Orci et Alex Kurtzman) ont opté pour une réalité alternative. Un élément antérieur au départ de l'Enterprise pour sa mission de 5 ans va modifier tout l'univers, et donc le futur des personnages : c'est un paradoxe temporel, la base exacte est un "univers divergent par changement du passé". Ça paraît bizarre dit comme ça, mais si vous avez lu l'histoire ci-dessus, vous aurez compris que dès le départ les choses ont changé : Kirk naît dans l'espace et non sur Terre, et ce n'est que le moindre des changements...

Scotty, McCoy, Uhura, Kirk, Spock, Sulu et Chekov : ils sont tous là.

Bien entendu, on découvre de nouveaux acteurs qui reprennent les rôles des mêmes personnages : Chris Pine (Kirk), Zachary Quinto (Spock), Karl Urban (McCoy), Zoë Saldaña (Uhura), John Cho (Sulu), Anton Yelchin (Chekov), Simon Pegg (Scotty). D'autres grands noms font partie de la distribution (Eric Bana, Ben Cross, Winona Ryder, Bruce Greenwood... Et Leonard Nimoy !!)

Je le disais plus haut, le succès a été au rendez-vous, non seulement de la part du public, mais aussi du milieu du cinéma : Star Trek a été nominé pour 4 Oscars, et a reçu celui du meilleur maquillage. Vous trouverez les habituelles infos en anglais à cette adresse.

STAR TREK : Into Darkness

Un acte de terrorisme est perpétré contre les Archives de Starfleet, par un dénommé Harrisson, ancien membre des forces secrètes. L'état-major de Starfleet se réunit pour tenter de mettre la main sur lui, mais Harrisson élimine la plupart des capitaines présents à cette réunion, dont Christopher Pike, avant de s'enfuir. Kirk est bien décidé à retrouver Harrisson pour se venger. Mais les choses ne sont pas aussi simples...

La suite, sortie en 2013, avec la même équipe (acteurs et réalisateur), et la présence de Benedict Cumberbatch dans le rôle de Khan (hé oui, l'histoire reprend les bases de Star Trek II, avec le personnage de Khan, incarné par Ricardo Montalban à l'époque - et je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler).

Le film est très sympa, et se laisse regarder avec plaisir ; pour les fans, on y trouvera des références et une scène inversée par rapport à ce dont on se rappelle dans Star Trek II, ce qui est franchement amusant. C'est aussi la dernière apparition de Leonard Nimoy, décédé le 27 février 2015.

On attend désormais Star Trek Beyond, qui doit sortir en 2016 sous la direction de Justin Lin (principalement connu pour les derniers Fast & Furious).

Conclusion

J'espère que vous avez apprécié cette petite orbite autour du noyau principal de Star Trek, et que je n'ai été ni trop long, ni trop barbant. Mais ça me semblait nécessaire... Star Trek est bien plus qu'une simple série des années 60, comme vous avez pu vous en rendre compte.

De nos jours, les trois coffrets de la série d'origine sont disponibles en DVD, et depuis peu en réédition remasterisée Blu-Ray ; pareil pour les 6 films.
Attention tout de même au sujet de Star Trek : the Motion Picture - Director's Cut dont les dialogues en français ont été complètement réenregistrés dans la version DVD, pour permettre de rajouter les scènes coupées directement dans le film : ceux qui connaissent les répliques du film par cœur auront bien du mal à le regarder, avec de nouveaux dialogues et de nouvelles voix... Heureusement, la version Blu-Ray reprend les voix françaises et le découpage du film tels qu'à l'origine.

Si vous n'en avez pas assez, vous trouverez peut-être aussi les romans, qui étaient disponibles en France au format poche chez Fleuve Noir ; mais depuis quelques années il devient difficile de les dénicher en neuf, il vaut mieux passer par les brocantes. Certains valent vraiment le détour, je vous conseille "Sur Ordre du Médecin", "La Chanson d'Uhura", "Le Fils du Passé" et "Retour sur Sarpeidon" qui sont - à mon sens - de vraies perles. Plus d'infos sur ce lien.

Et pour finir, voici quelques liens intéressants :
- un site très complet : http://www.webtopaze.com/index.php
- de superbes fonds d'écran de l'Enterprise, version 2009, réalisés par Tobias Richter : http://trekmovie.com/2009/02/23/first-look-at-tobias-richters-uss-enterprise-wallpapers
- la non moins superbe vidéo qu'il a réalisée pour la Convention Star Trek en 2009 : http://vimeo.com/4474702
- je vous ai déjà abreuvés de liens vers Wikipedia tout au long de l'article, donc je ne les remets pas ici...

Il ne vous reste plus qu'à cliquer sur le lien ci-dessous pour être téléporté vers la seconde partie de ce dossier... énergie !

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