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Roc'nRope
Année : 1983
Système : Arcade, Atari VCS, Colecovision
Développeur : Kosuka
Éditeur : Konami
Genre : Arcade
Par JPB (17 décembre 2012)

Comme ce fut le cas pour Venture ou Looping, voici un petit jeu d'arcade que j'ai découvert grâce à ma console Coleco. Visiblement assez méconnu, il s'agit d'un jeu de plateformes proposant quelques nouveautés amusantes. Je vais vous raconter tout ça.

Deux flyers. Cliquez sur l'un d'eux pour une version plus grande.
Merci au site Arcade Flyer Archive !

Les survivants

Vous incarnez un explorateur à la recherche du mythique Oiseau d'Or. À force de recherches et de recoupements, vous avez découvert qu'il se trouve dans une contrée encore inexplorée, et vous vous y êtes aussitôt rendu. L'Oiseau d'Or y est bien présent, mais hélas il n'est pas seul : il est vénéré - et certainement retenu de force - par des hommes des cavernes et des dinosaures, qui se sont alliés pour repousser tout envahisseur, vous en l'occurrence.

L'écran titre.
Petite introduction.
L'Oiseau d'Or perd quelques plumes.

Vous allez ainsi escalader plusieurs niveaux, en haut desquels niche l'Oiseau d'Or, pour le délivrer et vous enfuir avec lui. Rien ni personne ne vous détournera de votre but !

Premier de cordée

Escalader est bien le mot qui convient. Au début de chacun des quatre tableaux, vous commencez en bas de l'écran tandis que l'Oiseau d'Or, lui, est tout en haut. Vous disposez d'un lance-harpon (un tir à la fois, on le lance avec le premier bouton) qui est votre seul moyen de grimper.

Lorsque vous l'utilisez, vous ne pouvez pas choisir l'angle de tir : comme vous le voyez sur les captures ci-dessous, la corde est peu inclinée par rapport à l'horizontale (une dizaine de degrés). Et votre harpon n'a pas une longueur illimitée : à vous donc de vous placer convenablement pour que votre tir aille là où vous le voulez.

Début du premier tableau.
C'est parti !
Je suis presque en haut !

Vous plantez automatiquement un pieu dans le sol à l'emplacement de votre tir. Ensuite, un coup de manette vers le haut pour lever les bras et vous accrocher à la corde, et hop ! vous grimpez. Si vous n'avez pas levé les bras, vous continuez à vous déplacer sur le sol.

Pour descendre d'une plateforme, vous devez utiliser les lianes ou stalactites disséminées un peu partout : en fait, si vous chutez d'une hauteur supérieure à la taille de l'explorateur, c'est la mort. C'est utile à savoir car lorsque vous êtes accroché à votre corde, vous pouvez la lâcher quand vous voulez, pourvu que la chute ne soit pas trop importante.

Chaque fois que vous atteignez l'Oiseau d'Or, celui-ci s'envole jusqu'au tableau suivant, avec vous agrippé à ses plumes.

Vertical Limit

Vos adversaires sont de deux sortes : les hommes des cavernes et les dinosaures ; mais ils ne diffèrent que par leur aspect visuel car leur comportement est identique.

Ces empêcheurs de grimper en rond arpentent les galeries, passent par des grottes (attention : ils en sortent sans prévenir, ne traînez pas devant), montent et descendent à l'envi d'une plateforme à l'autre... Bref, ils se baladent chez eux. On ne peut pas dire qu'ils se précipitent tous vers vous : seuls les plus proches de vous tentent de vous attraper. Un simple toucher est fatal.

Début du deuxième tableau.
Sur la corde, vers un œuf.
Gagné : l'Oiseau d'Or m'emporte vers
la suite de mes aventures !

Vous apprendrez vite à connaître leurs mimiques. En dehors du fait qu'ils peuvent changer de direction à n'importe quel moment, ce qui est dangereux, il y a en revanche toujours une petite animation qui se joue avant qu'ils ne se mettent à grimper ou descendre d'une plateforme : ceci vous permet d'agir en conséquence (vous pousser la plupart du temps).

Il existe un autre ennemi, qui n'est pas dangereux aux premiers tableaux : l'Oiseau Roc, un ptérodactyle qui passe en haut de l'écran, de la gauche vers la droite. Aux niveaux avancés, il transporte un gros rocher qu'il peut lâcher à tout moment pour tenter de vous écrabouiller. Jetez toujours un œil sur lui par précaution.

Vous avez un avantage sur tous vos adversaires : vous disposez d'une lampe-torche (second bouton de tir), qui vous permet d'éblouir quelques secondes l'Oiseau Roc, un dinosaure ou un homme des cavernes trop pressant. Le rayon de votre lampe est bien entendu très court, mais l'utiliser au bon moment peut vous sauver la vie. Attention : votre ennemi n'est pas arrêté si vous l'éblouissez alors qu'il est en train de sauter, il faut impérativement qu'il soit au sol pour que ça fonctionne.

K2

Vos adversaires sont assez intelligents pour utiliser votre corde. Si vous voyez un autochtone s'arrêter près du piolet planté dans le sol, arrêtez-vous tout de suite : s'il décide de vous suivre sur la corde, il va d'abord la secouer pour essayer de vous faire tomber. Si vous avancez à ce moment-là, c'est effectivement ce qui se passe...

Début du troisième tableau.
Un homme des cavernes me poursuit !
Je suis mort, je m'effondre.

Une fois que votre adversaire est engagé sur la corde, il va logiquement vous poursuivre (vous en avez un bon exemple sur la capture d'écran ci-dessus au centre). Heureusement, vous avez deux solutions pour vous en débarrasser :
- la première est de vous retourner et de l'éblouir : il va alors lâcher la corde.
- la seconde est plus amusante : comme je l'indiquais plus haut, vous n'avez droit qu'à un seul tir de harpon à la fois. Si vous parvenez à grimper sur la plateforme au bout de la corde, vous pouvez lancer un nouveau harpon : tous les ennemis qui se trouvaient sur la corde précédente (qui disparaît alors) sont aussitôt précipités dans le vide.

Cliffangher

Deux éléments sont à mettre à votre profit.

Le premier, ce sont les deux plumes de l'Oiseau d'Or disséminées dans le tableau. Les ramasser vous octroie des points supplémentaires ; mais contrairement au fil conducteur de l'histoire, n'avoir récupéré aucune des plumes n'a aucune conséquence dans le déroulement du jeu : il faut simplement atteindre l'Oiseau d'Or à chaque tableau, sans autre impératif.

Début du quatrième tableau.
Il convient de s'arrêter
pour ne pas se faire emporter.
Un coup de lampe torche,
ça éblouit bien !

Le second élément est plus intéressant : il y a toujours deux œufs de l'Oiseau d'Or, eux aussi posés au hasard dans le tableau. Si vous en ramassez un, à l'instar des pastilles de Pac-Man, vous devenez provisoirement invulnérable. L'effet ne dure que le temps d'une petite musique (8 secondes à tout casser) mais pendant ce temps, tout ennemi touché ou aveuglé est éliminé du tableau et vous gagnez des points supplémentaires. Attention toutefois à ne pas vous faire toucher juste au moment où l'effet disparaît...
Comme pour les plumes, il n'est pas obligatoire de récupérer les œufs.

127 heures

Peu d'infos circulent sur le net à propos de ce jeu.

J'ai réussi à m'enfuir avec l'Oiseau d'Or.

Roc'n Rope propose en tout cas une réalisation soignée. Les graphismes sont simples mais suffisamment précis et colorés pour qu'on s'amuse à diriger l'explorateur au milieu des dinosaures et des hommes des cavernes ; le look des personnages est très cartoon, c'est sympa. Les éléments d'acrobatie (échelle et tourniquet) du troisième niveau, et la chute d'eau infranchissable du quatrième proposent des alternatives aux jeux de plateformes déjà rencontrés, c'est original et amusant à gérer.

Les animations sont toutes simples, de côté pour la marche, de dos pour l'escalade. Petite mention au changement de plate-forme des adversaires, indiquée chez les hommes des cavernes par un piétinement sur place, et chez les dinosaures par un rugissement... Mais dans l'ensemble rien de spectaculaire, c'est juste bien réalisé.

Les bruitages sont très simples. Quelques sons pour le déplacement de l'explorateur, le lancer de harpon, l'utilisation de la lampe, l'élimination des adversaires... C'est vite réglé de ce côté-là !
Chaque tableau est rythmé par une petite musique différente, agréable mais assez répétitive au bout d'un moment ; on n'y fait finalement pas énormément attention quand on joue. Il y a aussi le jingle qui retentit après avoir ramassé un œuf, et chaque victoire fait entendre une jolie mélodie, plus longue quand on a réussi à passer les 4 niveaux. Là encore, rien de spectaculaire.

Au final la réalisation n'est pas impressionnante mais bien fignolée, pour avoir un jeu coloré et rapide.

7 ans au Tibet

À ma connaissance, seules deux conversions officielles sont sorties à l'époque : pour Atari 2600 et ColecoVision.

Version Atari 2600.
Version ColecoVision.

Je n'ai pas connu la première, mais comme je l'ai expliqué au début de cet article, j'avais acheté la cartouche pour la Coleco et j'ai beaucoup joué à cette version. Si graphiquement elle est un peu en dessous de l'arcade, et ne propose que 3 des 4 niveaux (comme d'habitude avec les conversions Coleco), elle est très bien réalisée compte-tenu des capacités de la machine, et on s'amuse bien avec quand même. J'aime particulièrement le sprite des dinosaures, ils ont l'air tout "meugnons"... jusqu'à ce qu'ils rugissent bien sûr.

Conclusion

Voilà un jeu à essayer sans se prendre la tête. L'idée de construire soi-même son parcours est intéressante, et permet de renouveler un peu le genre du jeu de plateformes. Le look du jeu est sympa, de nos jours on pourra s'y adonner avec plaisir le temps de quelques parties.

JPB
(17 décembre 2012)
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