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Moonstone
Année : 1991
Système : Amiga
Développeur : Mindscape
Éditeur : Mindscape
Genre : Jeu de Combat (VS fighting)
Par Tonton Ben (26 avril 2004)
Profitez de l'intro, c'est le seul moment ‘propre'.
On peut être druide et être à la mode californienne.

Dans une mesure de prévention de l'innocence de votre progéniture, éloignez les enfants de ce test. Non, il ne s'agit pas de Fascination ou de Virtual Valérie (ni même de Bomb'X), les pervers peuvent sortir de la salle. Oui, la petite porte, là-bas, au fond.

Ici, c'est surtout dans le cas où vous avez déjà surpris vos bambins à prendre du plaisir dans la torture de petits rongeurs, insectes ou camarades de classe. Ce jeu pourrait légitimer leurs actions, ou leur apprendre de nouveaux jeux dans la cour de l'école. Perso, j'étais au collège lorsque j'ai découvert Moonstone, et j'avoue que j'aurais bien tenté d'instaurer des parties live pendant les récrés. Juste comme ça, pour voir.

Un écran de titre sombre comme l'ambiance. Brrrrr !!!
La carte du jeu, bien vaste.

C'est littéralement le sous-titre du jeu, on ne manque pas d'humour chez Mindscape. La trame de fond est assez simple : quatre chevaliers sont mandatés par la guilde des druides pour retrouver la moonstone, afin de calmer la lune, qui a tendance à taper un peu trop sur le système des bestioles de la région, devenues incontrôlables et particulièrement agressives. Il s'agit en somme d'une véritable compétition, chaque prétendant bossant pour lui. Rajoutez les commentaires de feux Guy Lux et Léon Zitrone, et on se croirait presque dans Intervilles. Quelle bande de farceurs, ces druides.

Ahlala la vachette s'amuse avec le concurrent bleu, Léon !
Décidément, c'est pas son jour, à notre sympathique participant !

Le point fort du soft, c'est incontestablement son mode de jeu à quatre. Tout le fonctionnement de Moonstone repose là-dessus : quatre chevaliers de couleurs différentes, qui explorent quatre contrées distinctes sur la carte, quatre clés pour l'accès à la vallée et quatre pierres de lune représentant les quatre périodes de l'astre. Les phases de jeu sont ainsi découpées en tours, ou chacun à droit de se déplacer sur la carte et de tenter de découvrir, dans un premier temps, les quatres clés nécessaires pour explorer la terre du milieu (non, pas celle avec les hobbits et le gros neunoeil, suivez quoi), chacune se trouvant dans un des coffres de chaque région. Le problème, c'est que chaque endroit à parcourir est habité par un autochtone qui ne semble pas apprécier les tournois du style. Au menu, Trolls nauséabonds, créatures des marais, ogres lanciers, singes agressifs... Un bestiaire très complet est proposé, et souvent en groupe, le nombre d'adversaire étant généré aléatoirement à chaque confrontation.

Faut bien le secouer, sinon la pulpe elle reste en bas...
Arf ! Tout cassé le joujou ?

Dès lors, le jeu passe en mode combat, en vue de côté, avec la possibilité de se déplacer en profondeur. On se rapproche beaucoup plus d'un Golden Axe en un contre un, écran fixe, que d'un Street Fighter 2. Sauf que la palette de coups est bien plus étoffée qu'avec le titre de Sega : dans la pleine tradition de la jouabilité Amiga, tous les mouvements se font en maintenant le bouton du joystick et en activant une des huits directions (dans le même esprit que First Samurai ou Body Blows). Résultat : attaque piquée, tranchage vertical ou horizontal, esquive, contre... Toute la panoplie des mouvements du p'tit boucher illustré est ici représentée, pour le bonheur des poètes et des âmes légères. Comble du bon goût, les coups fatals sont une explosion de couleur (rouge), et proposent quelques spécialités variées comme la décapitation, l'empalement, voire même l'explosion, et ce valable aussi bien pour l'adversaire que pour vous ; c'est le petit aspect fun qui pimente les parties à plusieurs, surtout lors des confrontations entre joueurs. On est en plein dans le jeu gore, pas de doutes. A noter que Moonstone est sorti un an avant Mortal Kombat en arcade.

Je détestais qu'on me fasse ça à la piscine.
Aïe ! Ca pique.

À chaque victoire, un coffre avec des goodies qui peut renfermer potions, bagues magiques, parchemins de protection, et bien sûr de l'or (des villes sont accessibles pour dépenser son argent). L'expérience monte aussi, et à chaque victoire, les statistiques de force, de constitution ou d'endurance peuvent être augmentées. Et puis, au bout d'un moment, si vous êtes chanceux et encore en vie, vous trouverez quatre clés ouvrant l'accès à la vallée. Attention, la difficulté s'accroît encore un peu plus, puisqu'il faudra affronter une bestiole plus coriace encore. De même, de temps en temps, un dragon survole les contrées de Moonstone, et peut s'abattre sur l'un des participants. Et là, bien bonne chance pour s'en débarrasser. Seuls des artefacts permettent de l'éviter, ou de l'invoquer sur un adversaire.

Ah, enfin un écran sans violence.
J'me ferais bien de belles moustaches comme ça, moua.

En cas de victoire, l'une des quatre pierres est à vous. Mais ce n'est pas encore fini. Il va falloir rapporter l'objet tant convoité aux druides, et ça ne va pas être facile. D'une part, parce que la pié-pierre, on ne la donne pas n'importe quand (non mais c'est quoi ces manières !) : il faut respecter le phase de la lune qui correspond à celle de la pierre possédée, ce qui signifie, à moins d'avoir une chance de c..., de patienter jusqu'au bon créneau. Evidemment, on ne vous laissera pas tranquille, puisque non seulement vos adversaires humains peuvent toujours venir vous chercher des noises, histoire de vous éliminer de la partie ou tout du moins de récupérer votre bien, mais en plus, surviennent dans cette phase des chevaliers noirs, pas très contents de voir se dérouler ce genre d'épreuve (des rabat-joie, quoi). Et ils sont vraiment coriaces.

Viande de singe au menu ce midi.
Il va pas rester calme longtemps celui-là...

Graphiquement, Moonstone, ça chatouille la rétine, même si le rendu est un peu étrange : pas de dégradés caractéristiques des capacités graphiques de l'Amiga, mais un dessin qui remplit tout à fait son rôle, avec des décors fixes réussis et variés qui donnent vraiment l'impression d'être peints à la main. Il faut néanmoins se faire visuellement à la carte au début, ce n'est pas un modèle de clarté. Ses possibilités sonores sont tout de même réduites au minimum syndical, les bruitages étant très bien réalisés mais le tout manquant de musique, présente lors des chargements et des séquences cinématiques. Non, l'atout technique du soft, c'est l'animation. Ahhhhh... alors là, c'est superbe, les p'tits gars de chez Mindscape ont mis tout ce qu'ils avaient dans les mouvements des sprites. Les mouvements sont très bien décomposés, et on sent qu'ils ont pris du plaisir à créer toute cette boucherie visuelle, étape par étape, histoire qu'on ne loupe rien de la scène.

La page d'inventaire, avec le contenu d'un coffre à droite.
Raaah comment on fait pour le latter, lui ???

Le résumé est un peu facile, mais tout de même, Moonstone, c'est le jeu qu'il fallait avoir à l'époque lorsque les cousins squattaient le dimanche après-midi après le repas de famille. Avec deux manettes, voici un jeu de baston conçu pour de l'éclate à quatre sans trop de temps mort, mâtiné d'un brin de recherche. De prime abord, le niveau de jeu est relevé, certes. Mais on finit rapidement par découvrir les techniques spécifiques à chaque type d'adversaire afin d'en venir à bout. Et là où la plupart des jeux ne proposent que le mode deux joueurs sur Amiga, Moonstone s'impose comme le loisir incontournable pour ceux qui pratiquent le jeu vidéo en groupe, et qui n'aiment pas trop attendre. Enfin, pas autant que sur un Pinball Fantasies, surtout lorsque le p'tit neveu vient de gauler sa troisième extra ball.

Tonton Ben
(26 avril 2004)
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