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Les Voyageurs du Temps
Année : 1989
Système : Amiga, Atari ST, PC
Développeur : Delphine Software
Éditeur : Delphine Software
Genre : Aventure
Par Maze007 (10 août 2001)

En 1989, une onde de choc a traversé le paysage informatique Français pour le changer durablement dans les esprits (et surtout dans celui de votre serviteur). Cette onde était nommée Les voyageurs du Temps, une véritable bombe vidéo-ludique qui n'a pas à rougir, douze ans après, de la comparaison avec certaines productions que je ne citerai pas (par clémence). Un jeu d'aventure somptueux, intelligent... pour lequel les éloges ne tarissent toujours pas, pour ceux qui l'ont pratiqué.

Écrans d'introduction sur Amiga.

Recette d‘un alchimiste de génie

Faut qu'ça brille...
Oh-oh... Une pièce secrète...

"Un piège diabolique pour un enjeu colossal ! Une machination hors du temps qui dépasse les frontières de l'imagination... Une lutte à mort entre deux races d'un univers différent. La menace est là, tapie dans l'ombre attendant son heure depuis des millions d'années. Que pouvez-vous faire, vous, laveur de carreaux de cette fin du vingtième siècle ? Vous qui, par le hasard d'une porte entre-ouverte, avez découvert le piège effroyable qui se referme inexorablement sur l'humanité ?"

Ce petit texte était extrait de la page web de Delphine Software International. En résumé, prenez un trait de Terminator, un soupçon de Retour vers le Futur, une pincée de V et en mélangeant très fort (au shaker, pas à la cuillère comme pour la Vodka Martini de James c'est mieux) vous obtiendrez un scénar plutôt bien conçu, loin des nanars actuels...

Hier sur un building, aujourd'hui en pleine campagne...
Montrer patte blanche pour passer ?

Nous sommes en 1989 sur la façade d'un building, et rien ne nous destine à devenir le héros d'un périple temporel et intersidéral (rien que ça). Nous, tout ce que l'on fait c'est nettoyer ses carreaux en pestant contre cet andouille d'architecte qui à fait mettre des vitres sans teint : à cause de ce bachi-bouzouk on peut même pas mater les secrétaires (c‘est frustrant quand même). Mais c'était sans compter sur un patron qui passe son temps à vous harceler (vous voyez le petit chef qui n'a rien d'autre à faire de la journée que vous rallonger la vôtre) et sans penser que d'ignobles créatures de "l'outerspace" auraient la possibilité de voyager dans le temps pour envahir la Terre...

Mais pourquoi, me direz-vous, ces êtres supérieurs (n'allons pas les vexer) viennent-ils dans le passé ?

La réponse est simple : pour éviter l'invasion en l'an 4315 AD, les humains ont construit un bouclier de défense autour de la Terre, sur lequel ces soi-disants êtres supérieurs viennent se vautrer aussi connement qu'une otarie bourrée à la bière, et pour éviter de transformer le peuple Crughon en “Crash Test Dummies” ils ont regardé Terminator en boucle et ont trouvé la solution : voyager dans le temps pour poser des charges explosives là où seront installés les générateurs dans le futur...

4315, c'est pas la joie par ici...
Le métro fonctionne toujours.

Et de fil en aiguille vous allez vous trouver embarqué dans une quête pour sauver l'Humanité (rien que ça) en voyageant dans le temps (vous voyez le rapport avec le titre maintenant ?)

L'épreuve du temps

Bon, assez parlé du scénario : il faut vous en laisser un peu quand même... Le principe de jeu est d'une simplicité évangélique : un clic gauche pour se déplacer et un clic droit pour sortir le menu contextuel (examiner, déplacer, utiliser...) En bref, ce ne sont pas les commandes qui vous bloqueront dans ce jeu, mais plutôt le sadisme des concepteurs (une fois de plus) qui vous ont concocté des énigmes pas des plus simples et l'impossibilité de revenir en arrière (si vous avez oublié un objet, bah lancez votre dernière sauvegarde...) De surcroît, si vous mourez, même punition (sur ordinateur, à l'époque, vous connaissiez le syndrome du disk-jockey ?)

Finalement, la préhistoire c'est pas mieux...
Ciel, les Crughons !

Pour ce qui est des graphismes, même 12 ans après je les trouve toujours bluffants (mais pas autant qu'à l'époque). C'est très fin, même un peu trop parfois (le fameux drapeau rouge dans les toilettes...). Bravo à Éric Chahi (Another World).

La musique est signée Jean Baudlot (Bio Challenge, Croisière pour un Cadavre, Flashback) et une fois de plus c'est tout à fait dans le ton du jeu, rien de plus à dire.

La difficulté du jeu est assez élevée mais pas insurmontable (mais je réitère : pensez à sauvegarder souvent !!!) en bref du pur bonheur en 3 images de disk.

Pour conclure

"Oui, tu auras peur... Tu auras peur."
Vision de la technologie du futur.

Les jeux d'aventures m'ont rarement passionné comme celui-ci (à part peut être le Manoir de Mortevielle que j'espère avoir le temps de traiter bientôt). Ce jeu est un des premiers que j'ai acheté sur ST, et comble du bonheur il est intégralement en Français dans le texte (ce qui importait beaucoup pour le gosse de 11 ans de l'époque).

Tout ce que je peux vous dire de plus c'est de l'essayer... Bon voyage !

Pour info, les prix décernés :
  • le Tilt d'Or 1989 du Meilleur jeu d'aventure ;
  • le Tilt d'Or 1989 de la Meilleure musique ;
  • le 4 d'Or 1989 du Meilleur jeu français ;
  • le 4 d'Or 1989 du Meilleur jeu d'aventure ;
  • le 4 d'Or 1989 de la Meilleure compagnie française ;
  • le Best Overseas Game Indine 1989 de Londres ;
  • le Enchanted Realms 1989 du Meilleur jeu d'aventure (USA).
Maze007
(10 août 2001)
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