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Epic Pinball & Silverball
Année : 1993
Système : PC
Développeur : Epic Megagames
Éditeur : Epic Megagames
Genre : n/a
Par Tonton Ben (27 décembre 2004)

Epic Pinball
Année : 1993
Système : PC
Développeur : Epic Megagames
Éditeur : Epic Megagames
Supports : Disquettes

Mario, Sonic, et tous les autres, c'est sympa, mais au bout d'un moment l'implacable combat de l'homme face à la machine de pistons et de métal se fait sentir : c'est l'appel du flipper. Tout y est : le bistrot enfumé, le demi au comptoir, et la clope sur le bord de la vitre ; tout, sauf... la thune. Que faire lors des fins de mois difficiles ? Une seule solution : Epic Pinball !

Epic Megagames, qui a forgé sa réputation grâce au système de distribution si révolutionnaire du shareware (pratique qui a consisté en la distribution de jeux et d'applications par correspondance, après avoir proposé une version bridée mais gratuite), avec des titres comme Jill of the Jungle et One Must Fall 2097, s'attaque au marché florissant mais monopolisé par 21st Century et leurs Pinball Dreams et autres Pinball Fantasies.

Pas évident, alors, de faire son trou alors que la concurrence est rude : mais Epic va jouer sur les faiblesses des autres prétendants : la diversité. Grâce à Epic Pinball, le joueur va avoir accès à pas moins de treize tables ! Avec des scrollings moins vastes, qui permettent un contrôle plus facile de la bille, des flippers aux styles radicalement différents, à la résolution graphique bien plus fine que ses concurrents, et un environnement sonore marqué du sceau des demomakers (ces groupes qui s'illustrent dans la création de clips sur ordinateur aux musiques électroniques), Epic Pinball devient rapidement la référence des flippers en cette année 1993.

Tout est là : l'affichage digital, les tilts hyper sensibles au milieu comme sur les côtés, et la possibilité de jouer à quatre et de sauvegarder ses scores. Il y a encore des sceptiques ? Jugez plutôt à la présentation des tables ci-après...

Super Android

Super Android, la première des treize tables d'Epic Pinball, et qui a d'ailleurs connu des modifications depuis la première version du jeu (notamment la pitite cache au milieu à gauche), plaira aux accros de la rampe. Deux bumpers et trois cibles pour six rampes, ici le joueur va accumuler de l'énergie au moyen de séquences précises (suivre les flèches rouges).

Attention, Super Android est une table rapide, où la bille en fer peut facilement partir en tout droit... Une bonne table, qui paraît simpliste au premier abord, mais qui demande de la rigueur, très bonne pour s'échauffer.

Crash 'N Burn

Avec Crash 'N Burn, on aborde une table technique et difficile. Dans la peau d'un pilote de F1, il va falloir pousser la vitesse au maximum pour enchaîner les pole-positions et les victoires. Mais à la manière d'un champion de grand prix, le joueur doit gérer parfaitement les angles, particulièrement retors. Avec un panneau central dégagé, et à l'aide de deux pâles supplémentaires (dont une ridiculement petite), ici tout se joue à la capacité du joueur à claquer la bille dans des angles précis, et ce avec une forte vitesse.

Dans Crash 'N Burn, les scores peuvent afficher de gros écarts, selon que l'on soit en forme ou non... pour des joueurs expérimentés.

Excalibur

Amateurs de flippers de la vieille époque, réjouissez-vous ! Voici Excalibur, qui exploite toutes les caractéristiques des vieux Bally et consorts. Sur le thème classique de l'épée mythique du Roi Arthur, Excalibur ne possède aucune rampe élevée, ce qui la rend caractéristique des tables antiques ; seule la glissière de fond, ainsi qu'un autre plus petite entourant les bumpers, permettent à la bille de prendre de la vitesse, et d'enclencher ainsi le tourniquet. N'oublions pas la bille de force à son opposé, un autre grand classique des tables d'antan.

Une table certes sommaire, mais qui présente des objectifs simples et clairs. Les vrais défis se relèvent souvent sur cette table, où il n'y a pas de place pour les artifices.

Pot of Gold

Pot of Gold est une table déconcertante. Avec grande glissière extérieure, ses deux rampes plates intérieures, et surtout sa double boucle imbriquée, les passionnés des circuits elliptiques seront comblés. Mais mis à part son design surprenant et sa palette sonore au goût discutable, ainsi que son thème de jeu original, Pot of Gold est une table un peu confuse, où l'on ne saisit pas toujours très bien les objectifs à remplir.

Table moderne et originale, Pot of Gold compte sûrement autant de fans que de détracteurs.

Magic

Ahhhhh, Magic. Je ne cacherai pas plus longtemps mes sentiments particuliers pour cette table si atypique. Magic se définit tout simplement comme l'ancêtre d'Excalibur, qui brillait déjà par son design vieillissant. Ici, il n'y a même plus de glissière, juste six bumpers, un sélecteur de points, et une cible bonus ; sans oublier, bien sûr, les ineffables lettres multiplicatrices d'entrée qui ne peuvent être activées qu'une fois par bille. Et comme il n'y a pas de coursives de secours aux extrémités des pâles, la sortie est sanctionnée immédiatement.

Magic, c'est le duel contre la machine, le un-contre-un technique où chaque point se mérite. Pas d'effets spéciaux, même pas de musique, ici c'est du sérieux. Une table géniale, pour les vétérans.

Jill of the Jungle

Bon, alors, les p'tits farceurs de chez Epic n'ont pu s'empêcher de rendre hommage à leur égérie : Jill of the Jungle, qui a fait les beaux jours de la plate-forme sur Pécé. Alors, entre deux grandes rampes, peintes sur le grand plateau, on y trouve les principaux ingrédients qui ont fait le succès de la belle, ambiance sonore comprise.

Malheureusement, l'on s'aperçoit vite que cette table reste un peu trop vide. Pas de grandes quêtes, ni de gros défi à relever, ainsi qu'une certaine répétition dans les actions font que Jill of the Jungle ne se montre pas à la hauteur de ses espérances.

Deep Sea

Deep Sea, avec ses graphismes tendances bandes dessinées, ses couleurs bleues pastel, et ses deux grandes rampes, convient parfaitement aux novices, ainsi qu'à celles et ceux qui n'en peuvent plus de perdre la bille trop rapidement. Tout y est fait pour rassurer le joueur : les bumpers protégés dans leur petit enclos donnent le maximum de points, les cibles et les trous engagent les objectifs, et les fameuses rampes qui cassent le semblant de rythme que la bille, en plastique, pourrait prendre. Quant aux coursives de sortie, leurs entrées étroites conjuguées avec les rebonds de la bille font qu'elles sont rarement empruntées.

Deep Sea propose des parties plaisir d'une incroyable longévité (à éviter à plusieurs), où l'on a vraiment l'impression d'être une bête de flipper.

Enigma

Jusqu'ici, l'objectif d'un jeu vidéo sur la thématique des flippers était de coller le plus près possible à la réalité, en essayant de proposer des sensations comparables à ces nobles machines de café.

Mais Epic Megagames, qui ne recule devant rien, ose l'impensable et crée une table totalement irréelle : Enigma.

Avec ses formes surréalistes, et ses téléportations improbables, Enigma demande au joueur de claquer les bumpers qui apparaissent au gré des niveaux. Avec un challenge novateur, et particulièrement difficile, cette table offre un défi intriguant, certes inintéressant à plusieurs, mais qui peut se révéler fascinant en solo.

Cyborgirl

Première des cinq nouvelles tables ajoutées dans la dernière version d'Epic Pinball, Cyborgirl marque la différence graphique, et cherche à équilibrer la prédominance des tables classiques avec un challenge plus moderne, remplie de demi-rampes et de couloirs de fond.

Le thème comme l'architecture rappelle Super Android ; l'absence d'objectifs précis recentre le débat sur le cumul de points. Cette table se distingue également par la surprotection de la bille : pas de coursive de sortie à gauche, et un pont de redirection protège les premières erreurs sur le côté droit. Les débutants seront ravis de pouvoir s'exprimer sur Cyborgirl.

Pangaea

Malgré son design particulier, et son thème jurassien discutable, Pangaea justifie clairement sa présence par sa table rapide, couplée à une bille particulièrement lourde. Ici, tout se joue à la rampe, les objectifs se débloquent et se maîtrisent grâce aux symboles éclairés qui indiquent les combos à réaliser.

Attention, toutes les rampes sont dirigées, à leur source, vers le puits central ; toute lancée qui n'est pas franche revient dangereusement vers la sortie. Et comme les élastiques latéraux ne sont pas bien grands, mieux vaut savoir comment contrôler sa bille. Une table difficile, et intéressante.

Space Journey

A l'inverse de Pangaea, Space Journey se présente de prime abord comme une table très esthétique, avec moult dégradés de couleurs, et des formes de rampes alléchantes. Malheureusement, l'aventure spatiale tourne vite court, puisque l'on s'aperçoit rapidement que Space Journey souffre de trajectoires implacables, et ce dès le premier lancement. Alors que la rampe de gauche est quasiment inaccessible, les coursives de sortie le sont bien trop souvent. De plus, l'ajout d'un point de butée, façon Pinball Dreams et Pinball Fantasies, déstabilisera les joueurs qui n'y sont pas habitués, et renforcera l'idée que cette table fait tout pour raccourcir les parties.

Toy Factory

Moins expéditive que la précédente, Toy Factory subit tout de même encore quelques trajectoires directes inévitables. Ainsi, malgré son thème prometteur, il faut bien avouer qu'il ne se passe pas grand-chose dans cette fabrique de jouets.

Dommage, car face aux autres tables présentes dans Epic Pinball, Toy Factory se retrouve reléguée au rang des flippers moyens.

African Safari

Dernière arrivée des cinq tables rajoutées, African Safari ne bouleversera pas plus l'ordre établi, sûrement à cause de son entrée en matière calamiteuse. Il faut bien avouer, aussi, qu'en orientant la rampe de lancement directement sur le puits central, même symboliquement protégé par un point de butée, ne constitue pas la meilleure idée de nos amis de chez Epic.

Malgré ses rampes fantaisistes, et ce joli lion si bien dessiné, African Safari, ainsi que ses deux précédents collègues, ne valent pas tripette comparées aux autres tables de la collection Epic Pinball.

Silverball
Année : 1993
Système : PC
Développeur : Epic Megagames
Éditeur : Epic Megagames
Supports : Disquettes

À quelques mois près, Epic Megagames, devant le succès d'Epic Pinball, se risque à la sortie d'une version commerciale, directement distribuée en magasins, et nommée Silverball. Livrée avec cinq tables à la base, la dernière version de Silverball connaîtra deux flippers supplémentaires transfuges d'Epic Pinball, soit un total de sept plateaux.

Si la technique n'a pas évolué, le moteur étant le même que son prédécesseur, Silverball se justifie par des tables différentes, et au moins aussi intéressantes que les précédentes...

Fantasy

Fantasy, c'est un peu l'équivalent de Super Android dans Epic Pinball : une table standard, ni mauvaise, ni exceptionnelle. Fondée sur l'univers héroic-fantasy, cette table propose, selon votre niveau, soit un bon challenge, soit un échauffement de qualité.

Fantasy, c'est un savant mélange, très bien équilibré, entre une belle rampe, une glissière, quelques trous et des bumpers ; quelques objectifs intéressants sont à remplir, grâce au livre de magie ; le but étant de faire grimper au maximum le multiplieur.

Force est de constater que Fantasy est toujours agréable à jouer, mais il lui manque ce petit plus qui lui permettrait d'accéder dans la sphère des tables exceptionnelles.

Nova

Chose étonnante, certaines versions (dont les dernières) de Silverball n'ont pas réussi à intégrer correctement la table Nova. Quel dommage, car ce plateau est intéressant, du moins pour celles et ceux qui se concentrent sur la précision lors d'une partie de flipper. Dans cette reconstitution d'aventure spatiale, tout est une question de rampes. Le problème est que ces éléments sont enchaînés, et que par conséquent, tout démarre par la rampe centrale, un passage obligé qu'il faudra absolument maîtriser.

Nova, c'est un peu comme Crash 'N Burn : de la précision, du timing, avec des objectifs longs à tenir, cette table est faite pour les minutieux.

Blood

Blood, c'est le paradis de la rampe. C'est aussi une table remplie de fun, malgré son aspect dépouillé, et son thème assez vague. Tout y est : trois rampes, des bumpers, une coursive et des cibles, pas de quoi s'ennuyer.

Blood, c'est une table qui ne propose pas d'objectifs subliminaux, mais qui est particulièrement pensée pour les points. Cette table propose un challenge à l'ancienne, mais avec une technologie récente.

Alors, pour celles et ceux qui n'ont pas peur du tout droit, Blood est un terrain propice à l'affrontement sans vergogne.

Snooker Champ

A l'instar d'Excalibur ou de Magic, Snooker Champ fait partie de mes préférées, puisqu'elle officie dans un genre que, décidément, Epic a su maîtriser : le rétro-flipper.

J'irais même jusqu'à affirmer que Snooker Champ surclasse ses congénères dans le domaine, tant l'agencement de cette table est réussie : pas de rampe superflue, pas même une seule coursive, mais des bumpers, des couloirs, des loquets et une pléthore de cibles qui constituent le coeur de cette table.

Si l'on ajoute un design particulièrement soigné (qui rappellera Eightball Deluxe, dans un thème similaire), et un fun incroyablement présent, Snooker Champ est LA table incontournable de Silverball.

Odyssey

Odyssey, c'est une table qui m'a toujours intrigué. Avec un design particulier, sur la thématique de la mythologie grecque, il faudra ici rassembler différents artefacts symboliques grâce à des combos de rampes et de coursives. Pas de bumper, à peine quelques cibles et une pâle supplémentaire, le joueur devra tout miser sur les rampes et sur leurs enchaînements..

Une fois encore, il manque un je-ne-sais-quoi pour transformer Odyssey en une table incontournable. Celle-ci reste tout de même plaisante, il n'aurait fallu pas grand-chose pour qu'elle devienne un chef d'oeuvre.

Warbot

Celles et ceux qui ont suivi cet article avec assiduité auront aisément reconnu la table Excalibur, qui a juste subi un lifting graphique pour l'occasion. Aucun changement n'a été apporté à la table en elle-même. Personnellement, je préfère la thématique des Chevaliers de la Table Ronde.

Duel

Quant à Duel, il s'agit ni plus ni moins que de Magic, avec un légère modification dans le coin supérieur gauche. Rien de fondamentalement bouleversant, me direz-vous, et vous aurez raison.

Encore une fois, je donnerai l'avantage au premier arrivé, même si, sur ce coup-là, c'est plus serré. Il est dommage qu'Epic se soit contenté d'adapter purement et simplement une table existante, même si cela signifie que Magic, tout comme Excalibur, méritaient de figurer dans la version commerciale.

Tonton Ben
(27 décembre 2004)
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