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Ecco : The Tides of Time
Année : 1994
Système : Game Gear, Master System, Mega-CD, Megadrive
Développeur : Novotrade International
Éditeur : Sega
Genre : Action / Plate-forme
Par Rudolf-der-Erste (30 octobre 2006)

Le dauphin Ecco n'est pas du genre à faire le gogol pour attraper du poisson. Oh non ! Il ne mange pas de ce poisson-là si j'ose m'exprimer ainsi. Comme je vous l'ai dit dans mon premier article, Ecco est un véritable héros. Après un long voyage à travers le temps et l'espace, il est parvenu à sauver ses compagnons enlevés par les Vortex. Un vrai héros, vous dis-je, pas comme Flipper l'usurpateur. Mais c'est avec cet épisode sorti en 1994 qu'Ecco va définitivement entrer dans la légende.

Après avoir vaincu la reine des Vortex, Ecco est revenu dans sa baie. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Hélas, ça ne va pas durer car la reine des Vortex n'est pas morte, bien au contraire. En réalité, Ecco l'avait attaquée par surprise et avait profité de sa faiblesse temporaire pour sauver ses amis. Mais la reine a suivi Ecco dans sa fuite et décidé de former un nouvel essaim sur Terre : elle s'apprête à envahir le monde. Tout ce récit est conté dans l'introduction ci-dessous, qui se met en place automatiquement si on reste un moment sur l'écran titre sans appuyer sur un seul bouton. C'est un récit hors-champ, car quand on commence une nouvelle partie, les dauphins ne sont absolument pas au courant de ce qui se trame. Contrairement au premier épisode et au volet Dreamcast/PS2, l'élément perturbateur se produit bien après le premier niveau (plus précisément à partir du troisième) et l'histoire se développera progressivement. Ainsi, ce jeu contient une véritable scénarisation. Je reviendrai plus tard sur cet aspect du jeu.

Ecco : Les Marées du Temps (titre français) repose en partie sur les acquis du premier épisode, mais il améliore bon nombre d'aspects. Ainsi, les graphismes se sont sensiblement améliorés et sont plus agréables à regarder. Les couleurs sont plus chaudes et les décors en deviennent plus conviviaux. Les environnements sont plus nombreux et variés que dans le premier. Les paysages sont sublimes et certains contribuent à donner au jeu une ambiance poétique et rassurante. Ah, ce fameux niveau (et sa musique inoubliable qu'on n'entend nulle part ailleurs) où l'on nage aux côtés des baleines bleues... D'autres paysages, au contraire, sont très inquiétants comme la baie crépusculaire (et son clair de lune) ou les environnements bio-mécaniques, mais ces endroits-là n'en sont pas moins fascinants.

Les musiques, toujours signées Spencer Nielsen, sont absolument remarquables, et comme pour le premier épisode en symbiose avec le décor. Les différentes mélodies sont pour la plupart douces et donnent au jeu un caractère spirituel, zen. Le joueur est comme bercé par ces mélodies reposantes. Mais pour ne pas trop endormir le joueur, le jeu comporte également son lot de thèmes rapides et dynamiques, comme le délicat niveau Tube of Medusa où il faut battre de vitesse une méduse géante. Enfin, on compte des musiques très étranges voire inquiétantes. Celle de Lunar Bay, par exemple, nous met presque mal à l'aise du fait que cet endroit est envahi par les Vortex. Idem pour celle de Sea of Darkness, très inquiétante. Toutes ces musiques conditionnent à elles-seules l'ambiance du jeu et il est très difficile de les oublier : elles sont presque obsédantes. Bien entendu le style est très particulier et ne plaira pas forcément à tout le monde, mais l'ensemble ne laissera personne indifférent tant les thèmes sont travaillés et léchés.

Parlons maintenant du gameplay qui a été enrichi depuis le premier épisode. Les bases du premier Ecco ont été conservées : il exécute exactement les mêmes mouvements que dans le premier, et la « carte » est toujours présente (en bien plus joli). Mais les développeurs ont introduit dans ce jeu de nombreuses nouveautés : si les « glyphes » sont toujours présents, d'autres cristaux ont été ajoutés. Ainsi certains, au lieu de nous donner une clé, libèrent directement des passages barrés par des blocs. Ce sont des interrupteurs, en quelque sorte. D'autres cristaux peuvent maintenant servir de check points dans certains niveaux. Il suffit de les percuter avec le sonar pour qu'ils s'allongent. Si on meurt, on recommencera à cet endroit. Par contre, quand on redémarre à ce point-là, il ne faut surtout pas oublier d'envoyer un autre sonar afin que le cristal s'allonge à nouveau, sinon on recommencera le niveau du début en cas de nouvelle mort. Ces cristaux sont vraiment utiles dans certains niveaux assez longs.

Dans beaucoup de niveaux, on peut trouver un pulsar. Si on chante en direction de celui-ci, il nous donne des pouvoirs. Ainsi, en appuyant deux fois de suite sur le bouton A, le sonar qu'on envoie se fragmente et se propage dans tout l'espace environnant, créant une attaque dévastatrice. C'est très pratique pour se débarrasser des ennemis qui nous entourent. En plus on peut utiliser ce pouvoir autant de fois qu'on veut tant qu'on ne quitte pas le niveau. Ces pulsars sont localisés sur la carte sous forme de courbes. Vraiment les développeurs ont tout fait pour nous simplifier la vie. Le jeu est sensiblement moins dur que le premier.

Je vais parler de la nouveauté la plus flagrante : les métasphères. Elles permettent à Ecco de se transformer en animal. Ainsi, il peut devenir un oiseau et passer au-dessus des obstacles. Il faut alors faire attention aux chutes de pierres et aux aigles qui sont évitables sans trop de problème. Par contre, la maniabilité est assez délicate au début, même si on s'y habitue au bout d'un moment. Fort heureusement ces phases sont courtes. La métasphère peut aussi nous transformer en méduse, en requin et même en vortex. La transformation la plus originale du jeu se trouve vers la fin, mais je vous laisse la surprise. Croyez-moi, cette dernière métamorphose vaut le coup d'œil : ça tient du génie. On peut néanmoins reprocher le fait que ces métamorphoses auraient gagné à être un peu plus exploitées, mais ce n'est pas grave pour autant.

Autre nouveauté : dans plusieurs niveaux, on sera amené à franchir des portails, conçus spécialement par les Atlantes pour les dauphins. Il s'agit en fait d'une sorte de téléporteur. Quand on franchit un portail, on se retrouve dans un petit niveau qui défile inlassablement de l'arrière-plan vers le premier plan. Ainsi, Ecco est vu de dos et les ennemis qui se rapprochent face. Le but est de passer à travers un certain nombre d'anneaux afin d'être téléporté vers une autre partie du globe, ce qui facilite grandement les voyages contrairement au premier épisode où Ecco devait se farcir tout le trajet à la nage. On n'a droit qu'à quelques erreurs (signalées par des anneaux en haut à gauche de l'écran). Si on en commet trop, la téléportation échoue et on se retrouve au début du niveau, obligé de franchir à nouveau le portail. Il faut faire attention aux obstacles et aux ennemis, que ce soient des méduses ou des requins. On peut éviter toute blessure en les attaquant : il suffit juste de foncer dessus en appuyant sur B. Par contre, il vaut mieux éviter d'utiliser le sonar. Celui-ci peut être pratique pour détruire certains ennemis, mais il détruit également les anneaux qui apparaissent devant nous, donc le jeu considère à ce moment-là que vous avez raté un anneau. Les anneaux apparaissent la plupart du temps sous l'eau, mais il peut y en avoir au-dessus de la surface. Dans ce cas-là, il faut sauter au bon moment. Au début c'est facile, mais quand vers la fin on a affaire à des requins (et autres joyeusetés du même genre), ce sera un peu moins évident (mais pas trop difficile non plus).

Enfin, dernière nouveauté (sauf si j'en oublie) : le choix de la difficulté. Au début du jeu, on a le choix entre accéder à l'écran de mot de passe, au mode facile, au mode normal et au mode difficile. Je ne sais plus trop s'il y a une différence entre facile et normal, mais le mode difficile apporte trois niveaux supplémentaires ainsi que des modifications dans certains autres. Par exemple, des barrières supplémentaires peuvent apparaître. Je peux vous citer un niveau où il faut retrouver les bébé orques et les ramener à leur mère. En facile il y en a quatre, en difficile il y en a carrément huit. Sinon, je n'ai pas eu l'impression que les ennemis infligeaient plus de dégâts, à part quelques boss. Bref le mode difficile vaut le coup car il apporte des changements subtils.

Venons-en maintenant à un aspect que j'avais promis de détailler : la scénarisation du jeu. Je ne vais pas vous révéler le scénario à proprement parler, mais plutôt le déroulement du jeu. Tout commence dans la baie des dauphins. Tout auréolé de sa victoire très récente contre les vortex, Ecco, acclamé par les siens, décide de partir en voyage. C'est l'occasion pour le joueur de s'habituer aux mouvements du dauphin et de prendre connaissance des mécanismes du jeu. Dès le début Ecco va utiliser un des portails dont j'ai parlé plus haut, afin de se téléporter dans une autre partie de l'océan. Ainsi, tout va pour le mieux, le joueur erre sans but à sa plus grande surprise. Aucun incident ne survient... jusqu'au milieu du troisième niveau. C'est à ce moment-là qu'Ecco perd les pouvoirs que lui a donnés l'astérite : il ne peut plus respirer sous l'eau. C'est cet élément perturbateur, lié à l'introduction, qui va tout déclencher. Si Ecco a perdu ses pouvoirs, c'est qu'il est forcément arrivé quelque chose à l'astérite.

C'est dans ce contexte qu'Ecco va rencontrer Trellia, un dauphin du futur. Celui-ci lui apprend que le cours du temps a été fendu en deux suite à un incident. Du coup il existe deux futurs possibles : celui qu'aurait dû connaître la Terre et celui, ténébreux, où les Vortex ont pris possession du monde. C'est le premier futur qu'Ecco va d'abord visiter, emmené par Trellia : Ecco se retrouve propulsé dans un monde utopique qui a atteint un certain degré de spiritualité. Les dauphins ont évolué physiquement, ils sont plus grand et leurs nageoires se sont agrandies. Ils ont acquis une nouvelle forme de sagesse, d'intelligence et de divinité et sont désormais capables de voler au-dessus des airs. Ils possèdent également des pouvoirs télékinésiques. Le paysage a été complètement remodelé, avec notamment l'apparition de bassins suspendus au-dessus des eaux. On a également l'impression que les mers et océans ont acquis une âme, une véritable conscience. Les musiques qu'on entend dans ce futur utopique s'inscrivent pleinement dans la veine New Age de la série et contribuent grandement à l'aspect zen du titre. C'est absolument fascinant.

Autre particularité de ce monde : des tubes suspendus qui s'élèvent très haut vers le ciel et permettent de relier les océans entre eux. Les niveaux se déroulant à l'intérieur de ces tubes sont l'occasion d'admirer le paysage terrestre à des centaines de mètre d'altitude. Dans un de ces niveaux il faut suivre le défilement de l'écran et prendre garde à ne pas tomber. Attention, le scrolling est plus rapide en mode difficile, donc ne vous étonnez pas si vous ratez un embranchement parce que vous n'avez pas été assez rapide. Dans un autre niveau, l'écran ne défile pas, mais il faut monter au sommet. Par contre, attention à la méduse rouge (invulnérable bien sûr). C'est un niveau un peu stressant car il faut monter à toute vitesse pour ne pas se faire attraper par la méduse, le tout sur une musique bien rythmée. En mode facile, ça va encore, mais en difficile il y en a deux : une en bas et une vers le haut. Je vous rassure, vous n'aurez jamais affaire à deux méduses en même temps, mais ça n'empêche pas ce niveau d'être un peu délicat en mode difficile.

Tous ces niveaux constituent un véritable passage d'anthologie et seront magnifiquement repris dans le volet Dreamcast/PS2 avec son célèbre niveau Hanging Waters (lui-même anthologique).

Alors qu'on en a pris plein les yeux et les oreilles, c'est le dur retour à la réalité puisque vous devez quitter ce futur pour revenir au présent. Au début le choc est un peu rude car on aurait tellement aimé en voir plus, mais toutes les bonnes choses ont une fin, et Ecco doit continuer sa quête. Maintenant que notre héros sait pourquoi il a perdu ses pouvoirs, il doit enquêter sur les circonstances du drame qui s'est produit quelque temps plus tôt.

Depuis son départ pour le futur, le temps a passé et les choses ont évolué dans le présent. Contrairement au premier Ecco, les niveaux font réellement avancer l'histoire de façon progressive. Désormais le monde n'est plus aussi sûr qu'avant puisque les Vortex commencent à apparaître un peu partout. Au lieu de mettre en scène une domination Vortex immédiate, le jeu met plutôt en place une invasion lente et progressive. Au fur et à mesure qu'on avance dans le jeu, on « sent » que le temps presse car la présence Vortex se fait de plus en plus forte. Ainsi, une certaine angoisse se manifeste et monte de plus en plus. On commence réellement à avoir peur à partir du niveau Sea of Darkness qui comporte un certain nombre de Vortex. C'est un niveau très sombre (il se passe dans les fonds abyssaux) où la seule manière d'obtenir de la lumière durant quelques secondes est d'envoyer un sonar dans le vide. On sera également confronté à des sortes de serpents de mer géants qui n'ont absolument rien à faire sur Terre. Bref on se sent réellement impliqué dans la sauvegarde de la planète.

Plus tard cette inquiétude s'estompe au profit de l'apaisement vu que les Vortex disparaissent temporairement. Cette fois vous passez à une courte phase d'exploration, absolument indispensable car décisive pour la suite du scénario. C'est l'occasion d'admirer les très beaux paysages qu'offre le jeu. Après un dur retour au présent, nous commençons enfin à apprécier cette époque à sa juste valeur. Les graphismes sont très chaleureux et enchanteurs. Nous sommes plus que jamais déterminés à sauver le monde que les Vortex s'apprêtent à envahir et à détruire. Le niveau avec les baleines bleues et sa musique inoubliable nous incitent réellement à préserver toutes ces merveilles.

Ensuite, l'inquiétude revient en force avec le niveau Lunar Bay où les Vortex ont élu domicile. Cet environnement crépusculaire n'est pas rassurant du tout et la musique, planante, a un côté extraterrestre. La lune qu'on aperçoit au ciel est assez glaçante. Il faut se frayer un chemin en évitant les attaques des Vortex. C'est en ce lieu vidé de tout organisme terrestre que l'invasion Vortex a débuté. Paradoxalement, c'est un niveau absolument magnifique graphiquement et esthétiquement. L'ambiance, en partie conditionnée par la musique, est à la fois oppressante et envoûtante.

Plus tard, Ecco devra visiter un monde alien bio-mécanique très triste : le futur des Vortex. C'est le monde le plus étrange du jeu, mais aussi le plus pessimiste et sombre. Les créatures extraterrestres qui y vivent sont très inquiétantes. Cette fois, Ecco est vraiment seul : c'est le seul organisme terrestre présent dans ce monde cruel. La progression est plus déroutante, mais heureusement elle n'est pas pénible pour autant. Même si on nage dans des tubes d'eaux, beaucoup de passages se passent à l'air libre. On est très souvent amenés à rebondir sur les murs et les parois pour avancer. Par ailleurs, la gravité joue contre nous (ou en notre faveur suivant les circonstances) car à certains endroits Ecco se retrouve brutalement propulsé vers le haut et se met à flotter dans l'air. Parfois il faut se jeter littéralement dans le vide afin que le changement de gravité nous ramène vers le haut quelques mètres plus loin. C'est très déstabilisant. Ce futur a beau être fascinant, on n'a pas envie que la Terre ressemble à « ça » à l'avenir et on est davantage encouragé à la sauver des envahisseurs Vortex.

Globe Holder, le quatrième niveau se passant dans ce monde, est assez délicat car il faut détacher une sphère dans une pièce exiguë sans se faire écraser contre les murs. Mais ce niveau constitue un moment-clé du jeu. En connaissant la technique, ça passe sans trop de problème.

Ensuite, de retour dans le présent, Ecco va devoir mettre un point final à tout ça. Pendant que ses compagnons retiendront les Vortex dans le niveau Lunar Bay, notre héros en profite pour infiltrer leur repaire. On se retrouve dans une sorte de vaisseau qui est une version « light » du niveau Welcome to the Machine. Je sens que de mauvais souvenirs ressurgissent. Rassurez-vous, ce niveau est bien plus simple et court que son homologue. Si on chante en direction d'un cristal présent sur le lieu, des poussières s'éparpillent un peu partout. En cours de route il ne reste plus qu'à envoyer son sonar en direction d'une de ces poussières qui indiquera la route à suivre. C'est très utile pour anticiper les changements de direction du scrolling.

En mode difficile, il y a même un niveau supplémentaire (intitulé New Machine) qui se passe intégralement dans ce genre de niveau. Là aussi il faut suivre le scrolling afin de ne pas sortir de l'écran. Les poussières dont j'ai parlé plus haut sont toujours là pour nous indiquer le chemin. Bref ce passage est tout à fait faisable sans difficulté. Rien à voir avec la difficulté ahurissante du niveau Welcome to the Machine dans le premier épisode.

Enfin, il est temps d'affronter la reine des Vortex qui fait office de boss final, et... j'ai éprouvé la plus grande frustration de ma vie de joueur en voyant la fin du jeu !

Le premier Ecco était déjà excellent, le deuxième est absolument sensationnel. C'est un jeu qui a tout pour lui : graphismes excellents, bande-son épatante, difficulté bien dosée, univers envoûtant, déroulement équilibré et homogène... L'apparition d'une véritable scénarisation apporte un énorme plus car on se sent davantage impliqué dans l'histoire. Il y a toujours quelques petits défauts comme la maniabilité un peu délicate de l'oiseau. On aurait également voulu que le pouvoir de métamorphose soit un peu mieux exploité. Mais tous ces petits détails n'enlèvent absolument rien à la grandeur de ce chef-d'oeuvre.

Cette série aurait dû connaître un troisième épisode, mais hélas il n'a jamais vu le jour. Ainsi, la fin d'Ecco : Les Marées du Temps est extrêmement frustrante. En effet, après le combat final, les choses ne se passent absolument pas comme prévu et le jeu se termine en plein suspense. Cette fin très abrupte a surpris plus d'un joueur tant elle est pleine de mystère. Les paroles finales sont très énigmatiques, si bien qu'on est incapable de déterminer si le jeu se termine bien ou mal.

Beaucoup de questions restent également en suspens. L'astérite, par exemple, est une créature qui reste bien mystérieuse. On ne sait pas qui elle est réellement, ni quel est son rôle, et encore moins quelles sont ses motivations. Quand elle nous a envoyé dans la préhistoire, on a l'impression qu'elle nous a manipulés vu qu'il s'y est produit un paradoxe temporel. Était-ce un test ou un défi ? Toujours dans les questions sans réponse, on a l'impression qu'Atlantis se trouve également au cœur du problème. Que sont devenus les Atlantes réfugiés dans le passé ? La machine à remonter le temps serait-elle la source de tous les problèmes ? Enfin, on ne sait pas exactement ce que sont devenus les Vortex (les termes de la conclusion sont assez évasifs), et on ne parvient pas à expliquer le comportement d'Ecco à la toute fin du jeu. Qu'est-ce qui lui a pris d'agir ainsi ? Est-il définitivement « perdu » comme le suggère la conclusion ?

C'est donc en arrivant à la fin du jeu qu'on se rend compte que le scénario est bien plus complexe qu'il en a l'air. Bien entendu, je n'ai pas spécialement envie de connaître absolument toutes les réponses aux questions que je me suis posées, car il faut bien que ce jeu conserve une partie de son mystère. Mais on sent bien que la série est inachevée, que la boucle n'est pas bouclée. Annunziata a dit au cours d'une interview qu'il gardait des éléments scénaristiques sous silence. Cela veut-il dire qu'il compte enfin réaliser le troisième épisode ? Je n'ai aucune envie de m'avancer de peur d'être déçu par la réponse, même si j'ai vraiment envie de connaître la suite. Depuis 2002, Appaloosa n'a fait aucun jeu marquant, mais c'était déjà le cas après Ecco : Les Marées du Temps.

D'ici là, je vous invite à découvrir un autre chef-d'oeuvre qui n'a absolument aucun lien scénaristique avec les épisodes Megadrive : l'épisode Dreamcast/PS2 intitulé Ecco the Dolphin: Defender of the Future.

Rudolf-der-Erste
(30 octobre 2006)
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