Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Battle Isle : la série
Année : 1991
Système : Amiga, Windows
Développeur : Blue Byte
Éditeur : Blue Byte
Genre : Stratégie

Battle Isle 3/ Battle Isle 2220

Année : 1995
Système : PC
Développeur : Blue Byte
Editeur : Blue Byte
Support : CD

NB : Aucun logiciel de capture d'écran ne marchant, j'ai dû faire une capture vidéo du jeu et prendre des captures d'images de celui-ci.

Battle Isle 2 ayant à peine 1 an au compteur, Blue Byte sort une suite au jeu qui se nomme donc Battle Isle 3 : L'ombre de l'empereur. Autant le dire tout de suite, c'est un Battle Isle 2.5 puisque la firme de Düsseldorf reprend tel quel le modèle sous DOS en le faisant fonctionner sur Windows 95 (ce qui, irrémédiablement, le rend plus difficile à faire marcher de nos jours), non sans apporter des améliorations plus ou moins bienvenues qui permettent de le distinguer du reste de la série.

En fait, il s'avère qu'en se penchant un peu sur l'histoire du développement de ce Battle Isle 3, on apprend qu'en fait il s'agissait d'une extension pour le deuxième épisode comme Titan Legacy, sauf que le jeu a évolué comme jeu à part entière, sûrement à cause de Windows 95 qui venait tout juste de s'imposer dans le monde PC et du fait que quasiment tous les développeurs de cette plateforme s'empressaient de développer dessus (en grande partie grâce à Direct X).

Battle Isle 3 est toujours un wargame au tour par tour hexagonal dans lequel on doit diriger une armée vers la victoire. Le jeu (vu l'un des titres de celui-ci) se déroule 20 ans après les événements de Battle Isle 2 : Val Harris a eu un fils, Ben. Seulement, ce dernier n'a franchement pas l'intelligence de son père et est d'une arrogance extrême. Le jeu débute par une séance du conseil où Ben affiche son mépris pour le peuple kaïen, race du nord de Chromos qui sont rentrés souvent en guerre avec les Drulliens. Ce qui exaspère les représentants kaïens et en particulier Karo, qui finit par annoncer le retrait du groupe kaïen du conseil. Elle décide de rentrer au pays mais son avion se crashe (accident ou tentative de meurtre ?). Karo survit et finit par arriver dans la tombe d'un ancien empereur drullien dont l'esprit a été conservé dans une machine faite par ses soins. Vassius (c'est son nom) souhaite aider Karo dans sa lutte contre l'oppression drulliene en lui donnant le commandement d'unités d'élite et ses compétences. Une nouvelle guerre s'annonce sur Chromos.

La première chose que l'on remarque dans Battle Isle 3 est que Blue Byte a créé une fonctionnalité que je n'ai quasiment jamais revue dans un jeu : un système qui configure lui-même le son et la vidéo et permet d'aider le joueur à faire refonctionner le jeu en cas de plantage. Ce système est assez difficile à décrire mais grâce à lui, il est encore possible de faire tourner le jeu sans trop de problème. D'ailleurs ce système a dû être instauré à l'époque où les plantages étaient légion, bien dommage que ce soit le seul jeu à ma connaissance à avoir un tel dispositif.

Autre chose que l'on remarque dès le début, Blue Byte a carrément fait appel à des comédiens pour faire toutes les vidéos. La firme de Düsseldorf a donc cédé à une mode très en vogue à l'époque : l'utilisation de véritables acteurs pour raconter l'histoire (ce sont d'illustres inconnus, Blue Byte reste une modeste société de développement). Autant vous dire d'emblée, les vidéos à elles seules ont classé Battle Isle 3 comme nanar vidéoludique : costumes improbables, mise en scène suspecte, utilisation de fond vert pour l'arrière-plan, doublages médiocres... En fait, je soupçonne l'une de ces vidéos d'être à l'origine d'un fameux meme visuel avec un type grimé en costume de Saddam Hussein. En plus, elles sont dans un format mouchoir de poche (320x240) qui les rendent peu lisibles de nos jours.

Ces fragments de vidéos vous montrent leur qualité dans le jeu.

Passé le côté très kitsch des vidéos, Blue Byte en a profité pour repenser l'ergonomie du jeu et ce dès le menu du jeu : oui, contrairement à son grand frère, on accède à un menu classique et clair qui permet aux novices de s'y retrouver et d'accéder à chacun des modes : campagne, solo, multijoueur local et en ligne. Aussi, la firme allemande a quasiment abandonné les codes permettant de sélectionner les missions afin d'adopter le classique bouton pour chacune d'entre elles.

Le menu du jeu, plus épuré et simple à utiliser (ne vous préoccupez pas du bug graphique à l'arrière plan lié à la carte graphique de mon portable).

L'aire de jeu a été améliorée : elle dépasse le 320X240 du jeu précédent et permet d'afficher beaucoup de fenêtres différentes et donc plus d'informations : écran principal, minimap, écran d'information détaillé des unités, un écran du terrain qui affiche la valeur défensive et un dernier écran qui montre des informations de moindre importance (graphique du nombre d'unités de chaque camp, unités détruites, alliances et top 5 des meilleures unités).

Le jeu est devenu aussi beaucoup moins avare en explications : une aide en ligne permet de connaître les différentes icônes du jeu. Le système de combat a été amélioré : désormais, on sait avec quelle arme l'unité attaque, les cibles qu'elle peut atteindre et sa puissance. L'expérience gagne deux points de plus et surtout un gros défaut de son prédécesseur a été éradiqué : Blue Byte a fait d'énormes efforts pour le temps de tour de l'ordinateur soit le plus court possible, même avec une armée énorme. Le résultat est saisissant : les tours deviennent fluides, rapides et plaisants à jouer. Même les écrans de combats ont été rendus plus rapides tout en conservant le même style que son prédécesseur.

L'écran de bataille, divisé en plusieurs écrans qui peuvent s'ouvrir avec les icônes en bas. Les fenêtres sont personnalisables aussi bien en taille qu'en position.

Mais, outre les vidéos, Battle Isle 3 souffre de deux écueils : la musique, toujours en midi. Ca n'aurait pas été un problème si elle avait la même qualité que les compositions du second opus. Malheureusement, on a affaire à des musiques rocks beaucoup moins inspirées que l'épisode précédent (en grande partie à cause du General Midi qui rend très mal les guitares électriques) et qu'on trouvera un peu quelconques (à part le thème principal).

Comme dit au début de l'article, Battle Isle 3 est une version 2.5 : il n'y a aucun changement dans le gameplay du jeu, tout est identique. Déplacements, combats, ravitaillements, gestions des villes... Le jeu se joue quasi exactement comme Battle Isle 2 et les graphismes sont repris tel quels (avec des couleurs de joueurs différents). C'est un détail, me direz-vous, sauf que bon nombre de joueurs avaient espéré franchir le même gouffre technologique qu'entre Battle Isle 1 et 2.

De ce fait, avec le jeu quasi identique au précédent mais des musiques moins bonnes, des vidéos franchement mauvaises, Battle Isle 3 n'est pas franchement recommandé par les joueurs de wargame qui préfèrent son grand frère. Toutefois, le débutant y trouvera son compte avec un épisode qui s'est grandement amélioré sur l'ergonomie du jeu et sa simplicité (s'il fait abstraction de la musique et des vidéos). Reste que le choix d'aimer le deuxième ou le troisième épisode est à la discrétion de chacun.

Vactum !